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Une équipe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies appellent les autorités de la République démocratique du Congo à lever l’interdiction des rassemblements politiques publics dans la capitale, Kinshasa.

Cette interdiction « injustifiée » est le signe que « l’espace démocratique se dissipe rapidement en République démocratique du Congo, les organisations de défense des droits de l’homme et les partis d’opposition étant les plus touchés par la répression », ont souligné aujourd’hui ces experts dans une déclaration.

Depuis le début de l’année 2015, les autorités congolaises répriment systématiquement la coalition croissante qui appelle à une passation de pouvoir pacifique. L’interdiction de rassemblements politiques à Kinshasa a été prononcée juste après que les forces de sécurité ont répondu aux manifestations dans la capitale avec une force létale, tuant au moins 56 personnes pendant la semaine du 19 septembre, date à laquelle l’organisation de l’élection présidentielle devait être annoncée. Depuis lors, au moins quatre manifestations prévues ont été annulées après que les autorités ont décrété leur interdiction. Des interdictions similaires ont été décrétées à Kalemie et Lubumbashi, villes où résident plusieurs des principales figures d’opposition.

Les experts de l’ONU ont déclaré qu’une manifestation pacifique ne peut être restreinte que dans « des circonstances très précises et étroitement définies », conditions qui n’ont pas été remplies en RD Congo. « Étant donné que le pays se trouve dans une période électorale hautement contestée, les citoyens devraient avoir davantage d’espace pour exprimer leurs libertés fondamentales. »

Les experts ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’accord du « dialogue national » conclu récemment :

« L’interdiction de manifester et le ton restrictif de l’accord de Dialogue National sont des signes d’autant plus inquiétants que l’espace démocratique se dissipe rapidement en République démocratique du Congo, les organisations de défense des droits de l’homme et les partis d’opposition étant les plus touchés par la répression. »

La déclaration des experts intervient deux jours avant la date prévue d’une réunion publique organisée à Kinshasa par la coalition d’opposition appelée le « Rassemblement ». « Dans la perspective des manifestations à venir, en particulier celles prévues pour le 5 novembre, nous exhortons les autorités congolaises à révoquer leur décision d’interdire les manifestations », ont déclaré les experts.

Ces appels font écho aux déclarations publiées par de nombreuses organisations de défense des droits humains congolaises, y compris l’Association africaine de Droits de l’Homme (ASADHO), la Voix des sans-voix (VSV) et une coalition d’organisations de la société civile et de partis politiques, qui ont toutes dénoncé cette interdiction comme étant une mesure illégale allant à l’encontre des lois et de la constitution du pays.

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A team of United Nations human rights experts are calling on authorities in the Democratic Republic of Congo to lift a ban on public political meetings in the capital, Kinshasa.