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Kazakhstan : Répression contre les détracteurs du gouvernement

Plus de 130 personnes ont été ciblées pour appartenance présumée à des groupes qualifiés d’« extrémistes »

Des militant·e·s du parti Koshe distribuaient des tracts à Nursultan, la capitale du Kazakhstan, le 8 février 2020, avant que ce parti ne soit interdit par une décision de justice. © 2020 Saniya Toiken, RFE/RL

(Berlin, le 7 juillet 2021) – Les autorités kazakhes ont ciblé au moins 135 personnes à travers le pays dans le cadre d'enquêtes et de poursuites pénales pour participation présumée à des groupes d'opposition politiques « extrémistes » interdits, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Au cours des trois dernières années, les autorités ont accru leur usage abusif d'accusations pénales vagues liées au crime d'« extrémisme » pour harceler et poursuivre les détracteurs du gouvernement. Cette répression viole les droits à la liberté d'expression et d'association.

« Plaider pour un changement politique au Kazakhstan, ou exprimer pacifiquement son soutien envers des groupes d'opposition politique, ne devrait  pas constituer un crime », a déclaré Mihra Rittmann, chercheuse senior sur l'Asie centrale à Human Rights Watch. « Les autorités kazakhes ont effectivement criminalisé l'expression d'opinions politiques non violentes et, ce faisant, ont violé de manière flagrante les droits humains fondamentaux. »

En avril et mai 2021, Human Rights Watch a interrogé sept personnes faisant l'objet d'une enquête, inculpées ou condamnées pour des accusations à motivation politique « d'organisation et de participation aux activités d'une association publique ou religieuse ou d'une autre organisation après une décision de justice interdisant leurs activités ou les lien avec l'extrémisme ou le terrorisme » (article 405 du code pénal du Kazakhstan). Human Rights Watch a également interrogé deux avocats basés à Almaty qui ont travaillé collectivement sur 10 de ces affaires depuis 2018, et a examiné des documents judiciaires pour neuf autres affaires et des dizaines d'articles de presse sur ces poursuites.

Depuis 2018, les autorités du Kazakhstan ont fréquemment harcelé, interrogé, détenu et poursuivi des membres (ou membres présumés) de groupes « extrémistes » interdits, y compris pour avoir participé à des rassemblements pacifiques.

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste, Fionnuala Ní Aoláin, après avoir visité le Kazakhstan en mai 2019, a exprimé sa « sérieuse préoccupation » concernant l'utilisation du terme « extrémisme » dans la loi et dans la pratique.

Communiqué intégral en anglais : en ligne ici.

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