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« Personne ne pourra s’échapper »

Crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par tous les camps au Burkina Faso

EN HAUT À gauche : Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Burkina Faso. © 2025 Stanislav Krasilnikov/RIA Novosti via AP. À droite : Iyad Ag Ghaly, chef suprême du GSIM. © 2012 Romaric Ollo Hien/AFP/Getty Images. EN BAS À gauche : Forces militaires burkinabè à Baraboulé, région du Sahel, Burkina Faso, lors de l’opération « Tchefari 2 », en décembre 2023. © 2023 RTB. À droite : Combattants du GSIM à Barsalogho, province de Sanmatenga, Burkina Faso, le 24 août 2024. © 2024 Privé.

Résumé

J’ai retrouvé ma famille et celle de mon voisin massacrées. Mes femmes [et] mes enfants étaient morts... Le seul survivant [de ma famille] était mon fils de 11 ans... J’ai trouvé les corps gisant au sol avec des balles dans la tête, la poitrine, le ventre. Mon petit garçon était blessé à la jambe gauche... Je l’ai sorti d’un tas de cadavres. J’ai trouvé cinq autres enfants blessés appartenant à la famille de mon voisin. 

Samer [nom fictif], habitant du village de Bouro, région du Sahel, février 2024

Le 14 décembre 2023, les forces militaires du Burkina Faso et leurs milices alliées ont tué 19 membres de la famille de Samer lors d’une attaque dans son quartier dans le village de Bouro.

Seul, au milieu des corps et de la dévastation, Samer s’est occupé de six enfants blessés. « J’ai commencé à les soigner avec ce que j’avais », a-t-il confié à Human Rights Watch. « J’ai fait des bandages avec des vêtements que j’ai déchirés. J’ai fait ça toute la soirée. Il n’y avait personne à Bouro. Tout le monde avait fui. » Samer a ensuite emmené les enfants et fui avec eux au Mali voisin.

Depuis 2016, des groupes armés islamistes mènent une insurrection contre le gouvernement du Burkina Faso. Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM ou Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM), lié à Al-Qaïda, le principal groupe armé islamiste au Burkina Faso, contrôle de larges pans du pays, où il attaque les forces de sécurité, tue des civils et pille leurs biens, provoquant la fuite de milliers de personnes.

« Ils ont commencé à tirer dans toutes les directions du camp et j’ai couru pour trouver un abri », Abdoul (nom fictif), un paysan de 39 ans qui vivait dans un camp de personnes déplacées internes dans le village de Goubré, région du Nord, a déclaré à Human Rights Watch en juin 2024. « Les gens criaient, il y avait beaucoup de panique car nous étions sur le point de recevoir de l’aide alimentaire. … Après ils ont brulé le camion qui transportait l’aide humanitaire. »

Le 22 mai 2024, des combattants du GSIM ont attaqué un camp de personnes déplacées à Goubré, tuant au moins 70 civils, en représailles contre les civils qui refusaient de rejoindre ses rangs.

En réaction aux attaques du GSIM, les autorités burkinabè ont lancé des violentes campagnes de contre-insurrection qui, depuis que les militaires ont pris le pouvoir en septembre 2022, ciblent de plus en plus les civils.

Human Rights Watch a documenté des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité généralisés commis par les forces burkinabè aux côtés de leurs auxiliaires, appelés Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), et ceux commis par le GSIM. Nos conclusions démontrent que les meurtres et autres abus graves à l’encontre des civils sont au cœur des tactiques militaires de la junte et de celles du GSIM.

Le présent rapport documente 57 incidents qui ont entraîné la mort d’au moins 1 837 civils dans 11 régions du pays entre janvier 2023 et août 2025. Lors d’une de ces attaques, le 25 février 2024, dans les villages de Nondin et Soro, dans la province du Yatenga dans le nord du pays, les militaires burkinabè ont exécuté sommairement 223 civils, dont au moins 56 enfants, les accusant de collaborer avec le GSIM. Dans une autre attaque, le 24 août 2024, le GSIM a tué au moins 133 civils, dont des dizaines d’enfants, dans la ville de Barsalogho, dans la province du Sanmatenga, en représailles contre la communauté locale que le groupe armé avait accusé de soutenir les VDP. Ces attaques et les autres incidents recensés dans ce rapport ne rendent pas pleinement compte de l’ampleur du bilan des civils tués dans ce conflit, car les incidents ne sont souvent pas signalés. D’après les Nations Unies, environ deux millions de personnes ont été déplacées par le conflit armé.

Abus par tous les camps au Burkina Faso
Incidents documentés par Human Rights Watch entre décembre 2022 et août 2025
GSIM
Militaire/ Volontaires pour la Défense de la Patrie
Détails de l'incident

Human Rights Watch a conclu que les abus perpétrés par les forces gouvernementales, y compris les VDP, et par le GSIM constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Les combattants de tous les camps ont commis les crimes de guerre suivants : homicide intentionnel, attaques contre des civils et des biens de caractère civil, pillage et saccage, et déplacement forcé. Les forces gouvernementales et les VDP ont également commis les crimes de guerre de torture ou de traitements inhumains et dégradants et de détention illégale.

Dans le cadre d’attaques généralisées ou systématiques contre des populations civiles, les meurtres et les déplacements forcés perpétrés par tous les camps constituent des crimes contre l’humanité. Les forces gouvernementales ont également commis les crimes contre l’humanité que sont l’emprisonnement arbitraire, la torture, les disparitions forcées et d’autres actes inhumains.

L’armée burkinabè et les VDP ont également commis des persécutions pour des motifs ethniques, visant spécifiquement la communauté peule, le deuxième groupe ethnique du pays. Dans de nombreuses attaques à travers le pays, ils ont pris pour cible des membres de la communauté peule, tuant des familles entières, incendiant et pillant leurs biens et déplaçant de force des centaines de milliers de personnes de leurs foyers.

Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte militaire du Burkina Faso et président du pays, a nié le fait que le pays se trouve dans une situation de conflit armé. Il a rejeté les témoignages des survivants d’atrocités et les rapports crédibles des médias et des groupes de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, les qualifiant de « faux » ou de « manipulations ». Les autorités militaires ont également démenti à plusieurs reprises les allégations de crimes graves perpétrés par leurs forces de sécurité et les VDP. Aucun des commandants des forces armées burkinabè ou du GSIM impliqués dans des crimes graves, y compris dans les cas cités dans ce rapport, n’a été traduit en justice, que ce soit au titre de la responsabilité pénale directe ou de la responsabilité de commandement.

Les recherches précédentes de Human Rights Watch, publiées dans des dizaines de rapports et de communiqués de presse entre septembre 2017 et mai 2022, ont documenté de nombreuses autres allégations crédibles d’atrocités perpétrées par tous les camps, ont fourni des informations sur la situation et le contexte et suggèrent un schéma préexistant d'atrocités de toutes les parties.

Le présent rapport est une première initiative pour documenter de manière systématique les abus en vue de rendre compte de l’ampleur et de l’impact du conflit au Burkina Faso. Il s’appuie sur un total de 450 entretiens, notamment avec 380 victimes d’abus, menés par Human Rights Watch entre mars 2023 et février 2026, à distance et en personne au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali. Le présent rapport repose également sur la vérification et l’analyse de photos, de vidéos, d’images satellites et de documents communiqués par diverses organisations et personnes, ainsi que d’autres informations accessibles au public, y compris des contenus diffusés sur les réseaux sociaux et des rapports officiels.

Suivi des victimes civiles et des incidents

Le nombre de pertes civiles dans le conflit qui frappe le Burkina Faso est inconnu, car aucun mécanisme n’est en place pour recenser les victimes. Certains chiffres sont disponibles, comme ceux du Armed Conflict Location & Event Data (ACLED) – une organisation non gouvernementale qui collecte et analyse des données sur les conflits dans le monde – qui indiquent qu’au moins 10 600 civils ont été tués depuis 2016. Cependant, de nombreux incidents ne sont pas signalés. En outre, la documentation effectuée par Human Rights Watch sur certains des mêmes cas, reposant sur les récits de témoins, a révélé un nombre plus élevé de victimes. Human Rights Watch a également constaté que le gouvernement supprimait ou minimisait souvent les données et les informations liées au conflit en interdisant aux médias de diffuser des reportages critiques, en bloquant l’accès aux sites Web des médias et des groupes de défense des droits humains, y compris Human Rights Watch, et en suspendant les licences des organisations non gouvernementales étrangères travaillant à la documentation des incidents de sécurité. Ainsi, les informations sur le conflit se limitent au narratif officiel du gouvernement, ce qui complique la rédaction de rapports exacts. Environ 56 pour cent des cas documentés par Human Rights Watch ne figurent pas dans la base de données ACLED, soulignant les difficultés de ce recueil de données.

© 2026 Matteo Bettini pour Human Rights Watch

Instabilité politique et restriction des droits et libertés

Le conflit a transformé la vie politique et civique au Burkina Faso. En 2022, le pays a connu deux coups d’État en l’espace de huit mois. En septembre 2022, le président Traoré a évincé le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui était au pouvoir depuis janvier 2022 après un coup d’État qu’il avait lui-même conduit pour renverser le président démocratiquement élu, Roch Marc Christian Kaboré. Sous la direction d’Ibrahim Traoré, la junte a invoqué la nécessité de contrer les activités des groupes armés islamistes comme prétexte pour supprimer les libertés et droits fondamentaux, notamment par le biais d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées et de la conscription illégale d’opposants politiques, de dissidents, de défenseurs des droits humains, de journalistes et de membres du personnel judiciaire. L’instabilité politique a permis aux groupes armés islamistes de gagner du terrain. Cela a également entraîné une détérioration de la situation des droits humains dans le pays et renforcé l’impunité pour les violations graves.

Abus commis par l’armée burkinabè et les VDP

Le président Traoré s’est fortement appuyé sur les forces auxiliaires VDP pour soutenir l’armée dans les opérations de contre-insurrection. L’armée et les VDP ont commis des crimes graves, notamment le meurtre et le déplacement forcé de civils, en particulier de personnes appartenant à l’ethnie peule, qu’ils accusent de soutenir l’insurrection. Ils ont tiré sur des civils qui se trouvaient sur le trajet de convois escortés par des militaires et, lors d’opérations de contre-insurrection à grande échelle, ils ont massacré des civils de différents groupes ethniques simplement parce qu’ils vivaient dans des zones contrôlées par le GSIM ou entretenaient des relations avec les Peuls locaux.

Les attaques contre des civils en représailles aux attaques du GSIM sont devenues une caractéristique de l’approche anti-insurrectionnelle de l’armée. Human Rights Watch a constaté que certaines attaques dirigées par l’armée burkinabè contre des civils constituent une forme de punition collective. Le droit international humanitaire interdit les peines collectives, définies comme la punition délibérée de personnes pour une infraction commise par d’autres.

Bouro, le village de Samer dans la région du Sahel, était l’un des 16 villages et hameaux au minimum attaqués par les forces gouvernementales et les VDP en décembre 2023, dans le cadre d’une opération punitive baptisée Tchéfari 2 (« Le miel des guerriers 2 »). Les soldats et les VDP ont ciblé des communautés vivant sous le contrôle du GSIM, tuant des centaines de civils. L’opération a été menée manifestement en représailles à une attaque majeure du GSIM contre les forces gouvernementales deux semaines plus tôt dans la ville de Djibo, située à 30 kilomètres, au cours de laquelle le GSIM avait tué plusieurs soldats et au moins 40 civils. Le gouvernement a qualifié l’opération Tchéfari 2 de « succès » contre le GSIM, alors qu’en réalité, il s’agissait d’une série d’atrocités contre des civils.

Abus commis par le GSIM

Le GSIM cible également les civils dans sa tentative d’imposer un contrôle territorial sur les zones rurales. Le groupe armé a utilisé la violence et la coercition pour assujettir les populations et a puni et déplacé de force des communautés qui refusaient de se soumettre ou qu’il accusait de soutenir les forces gouvernementales. Le GSIM a également assiégé des dizaines de villes et de villages à travers le Burkina Faso, déclenchant famine et maladies parmi les habitants et les personnes déplacées. En vertu du droit de la guerre, les sièges sont illégaux lorsqu’ils privent les civils de nourriture, de produits de première nécessité et d’aide humanitaire. Les combattants du GSIM ont posé des engins explosifs improvisés (EEI) sur les routes et détruit des ponts, des lignes électriques, des sources d’eau et des infrastructures de communication, nuisant de fait à la population civile. Ils ont également attaqué des convois humanitaires ainsi que des villages et des villes, exécuté sommairement des civils et enlevé des femmes et des filles.

Le ciblage de VDP par le GSIM

De nombreuses communautés sont devenues plus vulnérables aux attaques du GSIM depuis que le gouvernement civil dirigé par Roch Marc Christian Kaboré a créé les VDP en 2020 et que la junte militaire a procédé à un recrutement supplémentaire de VDP à la fin de l’année 2022. Lorsqu’une communauté compte des VDP parmi ses membres, le GSIM considère l’ensemble de cette communauté comme alliée aux forces de sécurité gouvernementales, ce qui en fait une cible de représailles, d’attaques et d’intimidation. Le GSIM a assiégé des localités où des VDP étaient présents, privant les civils de nourriture et de produits de première nécessité et limitant leur liberté de circulation. En général, le GSIM a ciblé des positions de VDP proches des civils dans les villes et les villages. Ainsi, lorsque le GSIM a attaqué une position de VDP, des civils ont également été exposés. « Depuis la création des VDP, c’est le chaos », a expliqué un réfugié burkinabè au Mali. « Si un village est épargné par les djihadistes [groupes armés islamistes] … [il] est ciblé par les VDP et l’armée, et si les VDP protègent un village, ou si un village abrite des VDP, ce village est ciblé par les djihadistes. »

La question peule

Les Peuls, qui sont disséminés dans la région du Sahel, représentent environ 8 pour cent de la population du Burkina Faso. Historiquement, ce sont des éleveurs de bétail et sont majoritairement musulmans.

Les forces gouvernementales et les VDP accusent les Peuls de soutenir le GSIM. Alors que le GSIM a concentré ses efforts de recrutement sur les jeunes désabusés appartenant à la communauté peule, exploitant la dégradation continue des moyens de subsistance des éleveurs peuls et la sous-représentation de la communauté au sein du gouvernement et de l’armée, les forces gouvernementales ont souvent échoué à distinguer entre les combattants peuls armés et les membres civils de cette communauté.

Lors d’une réunion en février 2023 avec les chefs peuls, le président Traoré leur a enjoint de « reconnaître que l’épicentre du terrorisme se situe dans des localités peules », ajoutant que les membres de la communauté devraient « appeler [leurs] proches à se détacher des forces du mal [les groupes armés islamistes] ». « Sinon », a-t-il poursuivi, « nous lancerons toutes nos forces dans la bataille et il y aura beaucoup de morts. Et ça sera plus compliquée pour votre communauté. Ça ne fait pas plaisir de tuer, mais si on n’a pas le choix, c’est la mort. »

Human Rights Watch a constaté que le ciblage des Peuls découle en partie de représentations et de stéréotypes largement partagés concernant leurs loyautés qui imprègnent l’armée et les VDP. Les plus hauts niveaux du gouvernement semblent soutenir l’action militaire contre les Peuls sur la base de ces représentations. Les preuves comprennent : la portée géographique du ciblage des civils et l’intensité croissante des violences contre les Peuls depuis que la junte actuelle a pris le pouvoir ; les déclarations anti-peules de hauts responsables, y compris le président ; et de nombreuses attaques qui démontrent une coordination étroite entre l’armée et les VDP à travers les unités militaires et les strates de la hiérarchie militaire. Dans l’ensemble, cela indique que le ciblage des Peuls va bien au-delà d’abus commis par des individus isolés et indisciplinés dans les rangs de l’armée et des VDP, et qu’il pourrait constituer une politique du gouvernement.

Un activiste de la société civile et détracteur de la junte, qui a été enlevé et illégalement enrôlé dans un groupe de VDP, a déclaré à Human Rights Watch que, alors qu’il était sur le point d’être libéré en septembre 2023, il a rencontré le lieutenant Aziz Pacmogda, alors chef de la garde présidentielle. L’activiste a raconté que Aziz Pacmogda lui avait demandé, ainsi qu’à une autre personne, « si nous pens[i]ons qu’il est facile de sécuriser le pays ». Aziz Pacmogda a affirmé que ceux qui sont allés en première ligne « ont vu que ce sont les Peuls qui sont les terroristes, il a dit, ‘Les gens disent que c’est de la discrimination, mais nous allons tous les tuer !’ »

La rhétorique anti-peule est largement répandue en ligne, avec des publications exaltées sur les réseaux sociaux qui dépeignent fréquemment tous les Peuls comme des membres de groupes armés islamistes et incitent à la haine et à la violence à leur encontre. Les influenceurs sur les réseaux sociaux et les partisans de la junte, appelés « Wayiyans », qui ont une forte présence sur les réseaux sociaux, y compris à travers des groupes connus sous le nom de BIR-C (Bataillons d’intervention rapide de la communication), semblent diffuser des messages négatifs coordonnés à l’encontre des Peuls.

Civils ciblés par les parties belligérantes

Même si les forces gouvernementales et les VDP ont ciblé de manière disproportionnée les civils peuls, les autres communautés n’ont pas été épargnées. Les civils ont décrit un sentiment d’être pris entre le marteau et l’enclume. Les membres du GSIM menacent de les tuer s’ils rejoignent les VDP, s’ils semblent collaborer avec l’armée ou s’ils ne respectent pas les exigences du GSIM ainsi que leur ’interprétation stricte de la charia, ou loi islamique. En parallèle, les forces gouvernementales imposent aux civils de révéler des informations sur la présence de groupes armés et appliquent des punitions collectives, y compris des meurtres, lorsque les personnes ne disposent pas ou ne sont pas en mesure de fournir de tels renseignements.

La stratégie de contre-insurrection du gouvernement semble échouer même selon ses propres critères : contredisant le gouvernement qui affirme avoir repris le contrôle du territoire, le GSIM a étendu son emprise et est présent dans la majeure partie du pays. De plus, les abus commis par l'armée burkinabè et les VDP ont alimenté davantage le recrutement par les groupes armés islamistes.

Justice et reddition des comptes

Dans un contexte d’abus généralisés, le gouvernement n’a traduit en justice aucun membre de ses forces armées pour des crimes graves. En novembre 2025, dans une décision rare, un tribunal militaire dans le nord-ouest du Burkina Faso a condamné six VDP pour meurtre et mutilation d'un cadavre. À quelques occasions, en réponse à des signalements déposés par des victimes et à des informations recueillies par des groupes de défense des droits humains, des organisations internationales et des médias, les autorités ont promis d’enquêter sur des rapports faisant état de meurtres de civils par l’armée et les VDP, mais ces engagements n’ont pas été tenus. Les enquêtes menées par le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme, qui traite de tous les crimes présumés commis par des membres de groupes armés islamistes, ont progressé lentement. En outre, le manque de ressources suffisantes du Pôle judiciaire spécialisé a contribué à saper les droits des suspects à un procès équitable.

En raison des graves préjudices subis par les civils dans le conflit et de la répression de la dissidence et des critiques publiques par la junte, les partenaires internationaux du Burkina Faso – y compris l’Union africaine, les Nations Unies, l’Union européenne et ses États membres, ainsi que les États-Unis – ont un rôle essentiel à jouer pour briser les cycles d’abus et d’impunité de longue date que connaît le pays et pour promouvoir la responsabilisation.

Le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) devrait ouvrir un examen préliminaire sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité perpétrés par toutes les parties au conflit au Burkina Faso depuis septembre 2022. La junte burkinabè, aux côtés de celles du Mali et du Niger, a annoncé son intention de se retirer de la CPI en septembre 2025. En vertu du Statut de Rome de la CPI, le retrait de la Cour est effectif un an après que l’État a officiellement notifié sa décision au Secrétaire général des Nations Unies.

Tous les gouvernements devraient mener des enquêtes et, le cas échéant, poursuivre efficacement les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes internationaux graves au Burkina Faso au titre de la compétence universelle et conformément aux lois nationales et aux normes internationales en matière de procès équitable.

Les partenaires internationaux du Burkina Faso devraient également envisager d’imposer des sanctions ciblées contre les commandants de l’armée et du GSIM impliqués à tous les niveaux de leurs hiérarchies respectives lorsque les responsabilités sont clairement établies, y compris celles mentionnées dans le présent rapport.

Les victimes disposent de voies de recours régionales limitées pour que justice soit faite. Suite au retrait du Burkina Faso de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ses citoyens ne peuvent plus faire appel devant la Cour de justice de la Communauté relevant de cet organisme régional. Le Burkina Faso s’étant détourné de la CEDEAO, il est peu probable que le gouvernement se conforme aux décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).

Commandants des forces armées burkinabè et du GSIM responsables de meurtres et d’autres abus

Les recherches ont révélé que les attaques les plus graves et les plus meurtrières menées contre les civils par les militaires burkinabè et les VDP pendant la période couverte par ce rapport, y compris les meurtres de centaines de civils près de Solenzo en mars 2025 et dans des villages et des hameaux au nord de Djibo en décembre 2023, ont été menées dans le cadre d’opérations de grande ampleur – Tourbillon Vert 2 et Tchéfari 2, respectivement – coordonnées par les forces gouvernementales et impliquant des soldats de l’armée régulière et des Bataillons d’intervention rapide (BIR), une force militaire participant aux opérations de contre-insurrection, ainsi que des VDP, agissant tous de concert. Ces opérations indiquent que les meurtres à grande échelle de civils étaient le résultat d’une politique gouvernementale.

Pour bon nombre des incidents documentés dans ce rapport, Human Rights Watch, en collaboration avec le groupe de recherche non gouvernemental Security Force Monitor, a établi la chaîne de commandement permettant d’identifier les membres des forces armées burkinabè qui avaient une responsabilité formelle sur les forces impliquées dans les abus. En vertu de la doctrine de la responsabilité de commandement, les commandants militaires et les autorités civiles peuvent être tenus pour responsables de crimes internationaux graves commis par leurs subordonnés lorsque les supérieurs avaient connaissance ou auraient dû avoir connaissance de ces crimes, mais n’ont pas pris de mesures raisonnables pour prévenir les crimes ou sanctionner leurs auteurs.

© 2026 Matteo Bettini pour Human Rights Watch

Le présent rapport nomme des militaires hauts gradés qui, selon Human Rights Watch, pourraient être responsables de meurtres et autres abus ci-après documentés au titre de la responsabilité de commandement.

En tant que président de la transition et commandant suprême des forces armées, le capitaine Ibrahim Traoré devrait faire l'objet d'une enquête impartiale pour responsabilité pénale concernant tous les abus commis par l'armée burkinabè et les VDP documentés dans ce rapport, qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement. Le général de brigade Kassoum Coulibaly, le général de brigade Célestin Simporé, le général de brigade Moussa Diallo, le colonel Théophile Nikièma, le colonel-major David Kabré et le colonel Adam Néré devraient également faire l'objet d'enquêtes afin de déterminer s'ils sont pénalement responsables au titre de la responsabilité de commandement des graves abus documentés dans ce rapport qui constituent des crimes internationaux graves.

Ce rapport – qui conclut que le GSIM a systématiquement pris pour cible des civils lors de nombreuses attaques à travers le Burkina Faso – désigne également de hauts commandants du GSIM impliqués dans des abus. Iyad Ag Ghaly, chef suprême du GSIM, et Amadou Koufa, commandant en second du GSIM, devraient faire l’objet d’une enquête impartiale pour responsabilité pénale concernant les abus commis par le GSIM documentés dans le présent rapport qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement. Jafar Dicko, leader du GSIM au Burkina Faso ; Ousmane Dicko, frère de Jafar Dicko et commandant adjoint du GSIM au Burkina Faso ; et Abou Hanifa, leader du GSIM au Niger mais opérant aussi dans le sud-est du Burkina Faso, devraient tous faire l’objet d’enquêtes pour déterminer s’ils sont pénalement responsables des abus commis par le GSIM documentés dans le présent rapport qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement.

Le gouvernement burkinabè devrait mener des enquêtes impartiales sur toutes les personnes et tous les incidents cités dans ce rapport pour leur responsabilité légale présumée concernant les crimes graves perpétrés au Burkina Faso et les poursuivre de manière appropriée dans le cadre de procédures pénales équitables.

La voie vers un Burkina Faso respectueux des droits sera difficile. Entre-temps, les civils subissent le terrible fardeau de groupes insurgés et d’un gouvernement militaire qui commettent des crimes atroces en toute impunité. La protection des civils et la reddition des comptes ne peuvent pas attendre.


 

Principales recommandations

Au gouvernement du Burkina Faso

  • Mener des enquêtes et sanctionner ou traduire en justice de manière appropriée, conformément aux normes internationales en matière de procès équitable, le personnel des forces de sécurité et les VDP ainsi que les membres des groupes armés islamistes responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres crimes internationaux. Rapidement rendre publiques les conclusions des enquêtes.

  • Collaborer avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples afin d’obtenir une assistance technique, financière et logistique pour les organes d’enquête et judiciaires nationaux.

  • Suspendre, le temps des enquêtes, le personnel des forces de sécurité et les VDP vraisemblablement impliqués dans des violations graves des droits.

  • Adopter des mesures solides au niveau national pour lutter contre la discrimination, la stigmatisation et la violence à l’encontre de la communauté peule, notamment en dénonçant publiquement les abus commis contre les Peuls.

  • Accroitre les ressources en vue de fournir un soutien en santé mentale aux membres des forces armées.

Aux forces armées du Burkina Faso

  • Ordonner publiquement à toutes les forces armées et aux VDP de respecter pleinement le droit international humanitaire et le droit relatif aux droits humains, y compris en prenant toutes les mesures possibles pour réduire au minimum les préjudices causés aux civils.

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils pendant les opérations de contre-insurrection et veiller à ce que ces opérations soient conformes au droit international humanitaire et au droit relatif aux droits humains.

Au GSIM

  • Mettre fin à tous les meurtres illégaux, les enlèvements, les pillages, les déplacements forcés et autres violations graves des droits humains, ainsi qu’aux menaces de violence contre les civils.

  • Ordonner publiquement à tous les combattants du GSIM de respecter les droits humains et le droit international humanitaire.

  • Assurer un traitement qui respecte les droits des combattants ennemis capturés lors des opérations, notamment en veillant à ce que tous les soldats et VDP capturés soient traités humainement.

  • Lever immédiatement les sièges sur les villages et les villes qui privent illégalement les civils d’un accès à la nourriture, à l’eau, aux produits de première nécessité et à l’aide humanitaire, et permettre la libre circulation des civils.

  • Permettre un accès total, sûr et sans entrave du personnel humanitaire et l’acheminement urgent de l’aide humanitaire dans les zones contrôlées par le GSIM.

Au Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale

  • Ouvrir un examen préliminaire sur la situation au Burkina Faso, y compris les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité présumés documentés dans ce rapport.

Au Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

  • Mener un suivi rigoureux et publier régulièrement des rapports publics sur la situation des droits humains au Burkina Faso, et prendre des mesures pour lutter contre l'impunité et promouvoir la reddition des comptes pour les violations graves.

À tous les gouvernements

  • Mener des enquêtes et, le cas échéant, poursuivre efficacement les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes internationaux graves au Burkina Faso en vertu du principe de compétence universelle et conformément aux lois nationales et aux normes internationales en matière de procès équitable.

  • User de la diplomatie publique et privée avec le gouvernement du Burkina Faso pour appeler les autorités à mener des initiatives de responsabilisation nationales équitables et efficaces et à annuler toute démarche visant au retrait de la Cour pénale internationale.

Aux partenaires internationaux du Burkina Faso, y compris l’Union africaine, les Nations Unies, l’Union européenne et les États-Unis

  • Imposer des sanctions ciblées, y compris des interdictions de voyager et un gel des avoirs, à l’encontre des commandants militaires, des autorités et des dirigeants du GSIM responsables de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre au Burkina Faso, y compris les personnes identifiées dans ce rapport.

  • S’abstenir de coopérer avec et de fournir à l’armée burkinabè un soutien militaire afin d’éviter que ce soutien ne soit utilisé pour commettre des abus.


 

Méthodologie

Ce rapport s’appuie sur 450 entretiens et sur la vérification et l’analyse de données en sources ouvertes, y compris des rapports de médias officiels et d’autres sources, de vidéos, de photos et des images satellites. Il documente 57 incidents dans 11 régions du pays, survenus entre janvier 2023 et août 2025.

Human Rights Watch a mené des entretiens à distance et en personne, entre mars 2023 et février 2026, au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Mali. Les personnes interviewées comprenaient 380 victimes et témoins d’attaques et leurs proches, ainsi que 70 chefs religieux et communautaires, VDP, anciens représentants du gouvernement burkinabè, experts sur la situation politique et sécuritaire au Sahel, journalistes, activistes de la société civile burkinabè, membres d’organisations internationales et diplomates étrangers. Au moins 220 entretiens ont été réalisés en personne au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Ghana, et 160 ont été réalisés par téléphone.

La quasi-totalité des victimes et des témoins d’abus interviewés pour ce rapport ont exprimé une anxiété extrême face à la question des représailles. Pour cette raison, Human Rights Watch a dissimulé les noms de toutes les personnes interviewées, ainsi que les détails d’identification, y compris certains lieux. Les noms des personnes interviewées ont été remplacés par des initiales qui ne correspondent pas à celles de leurs vrais noms.

Les entretiens ont été menés en français, en bambara, en fulfulde, en gourmantché et en mooré, avec parfois l’aide d’interprètes qui ont traduit les propos en français ou en anglais.

Les chercheurs ont informé toutes les personnes interviewées de l’objectif et de la nature volontaire des entretiens et de la manière dont Human Rights Watch utiliserait les informations ; ils ont obtenu le consentement de toutes les personnes interviewées. Tous les efforts ont été déployés pour respecter les meilleures pratiques en matière de recherche éthique et de documentation d’abus graves, tels que la torture, et pour limiter le risque de raviver les traumatismes pour les personnes survivantes. Pour les entretiens en personne, nous avons pris des mesures pour rencontrer les victimes et les témoins discrètement et en toute confidentialité. Nous avons informé toutes les personnes interviewées qu’elles pouvaient clore ou interrompre l’entretien à tout moment et pouvaient refuser de répondre à des questions ou d’aborder certains sujets. Nous n’avons pas fourni de rémunération pour les entretiens, mais nous avons couvert les frais de transport vers et depuis les lieux des entretiens au besoin.

La crédibilité de chaque source a été évaluée. Les chercheurs ont également examiné la véracité de leurs déclarations en corroborant les informations provenant de plusieurs autres sources et en déterminant la cohérence avec les tendances générales qui ont émergées au cours des recherches.

Pour documenter les abus présentés dans ce rapport, les chercheurs ont fait face à des défis importants. Les autorités burkinabè ont brutalement réprimé l’opposition et la dissidence et ont bloqué et suspendu les médias indépendants nationaux et internationaux, entretenant un climat de peur dans le pays. De plus, les restrictions de circulation et les risques d’attaques sur les routes par les parties belligérantes ont dissuadé certains potentiels témoins de voyager pour rencontrer les chercheurs.

Documentation des violences sexuelles liées au conflit

Au cours des recherches, l’équipe a entendu plusieurs signalements directs de violences sexuelles liées au conflit (VSLC). Il était difficile de documenter en détail ces cas sans risque pour la sécurité, la vie privée et le bien-être des victimes et des survivantes. Human Rights Watch a interviewé des représentants de quatre organisations multilatérales et de la société civile à qui les victimes et les survivantes de violences sexuelles auraient pu signaler les abus subis ou auraient pu être adressées pour des soins médicaux.

Human Rights Watch a également identifié la présence de multiples indicateurs d’alerte de VSLC, comme décrit dans le document de l’ONU « Indicateurs d’alerte précoce des violences sexuelles liées aux conflits » (Early-Warning Indicators of Conflict-Related Sexual Violence).[1]

Les indicateurs peuvent signaler l’existence d’un risque potentiel, d’un risque imminent ou de violences sexuelles en cours. Les exemples d’indicateurs de risque potentiel de violences sexuelles comprennent : les attaques de représailles contre la population civile pour son soutien perçu/sa collaboration avec l’« ennemi » ; et les individus armés effectuant des descentes et des fouilles dans les maisons, en particulier lorsque les femmes sont seules chez elles. Les exemples d’indicateurs de violences sexuelles en cours comprennent : des signes observables de saccage (maisons incendiées, cultures détruites, villages pillés, vêtements déchirés, femmes/civils déplacés) ; des éléments armés se livrant à des représailles violentes contre des civils à la suite d’opérations militaires ; des attaques contre des villages afin de reconstituer les stocks de nourriture, contre des fermiers se dirigeant vers les champs ou contre des femmes revenant du marché, associées à des enlèvements de civils pour porter les biens volés ; et des femmes/filles fuyant une zone où des éléments armés sont stationnés.

L’absence de ces facteurs n’exclut pas les violences sexuelles et leur présence ne les confirme pas non plus. De même, l’absence de cas entièrement documentés de VSLC dans ce rapport ne doit pas être considérée comme indiquant qu’aucune violence sexuelle liée au conflit n’a eu lieu dans cette période.

Ces dernières années, Human Rights Watch a documenté des cas de violences sexuelles liées au conflit au Burkina Faso, comme décrit plus en détail dans le chapitre « Contexte » de ce rapport.

Il n’existe pas de bilan officiel des morts dans le conflit au Burkina Faso, car aucun mécanisme national ne recense les victimes civiles. Les chercheurs de Human Rights Watch se sont appuyés sur les données d’ACLED, une organisation qui documente les conflits dans le monde entier, pour évaluer l’ampleur des événements violents contre les civils qui ont été signalés publiquement et pour lesquels ACLED a agrégé des estimations minimales du nombre de civils tués.

Pour déterminer le nombre de victimes civiles dans les incidents documentés dans ce rapport, Human Rights Watch a utilisé les chiffres fournis par les témoins, corroborés par d’autres sources indépendantes dans la mesure du possible. En cas de témoignages contradictoires, Human Rights Watch a cherché à vérifier les chiffres les plus fiables et a signalé les chiffres qui restaient incertains ou incohérents.

Les recherches de Human Rights Watch ont révélé que, dans certains des cas documentés dans ce rapport, en particulier ceux impliquant l’armée dans des abus, le nombre de victimes civiles était plus élevé que celui fourni par ACLED, notamment parce qu’ACLED a parfois utilisé des sources liées au gouvernement. Human Rights Watch a constaté que le gouvernement minimisait ou manipulait souvent les données et les informations relatives au conflit, ce qui a compliqué l’établissement de rapports précis.

Les chercheurs se sont aussi servis d’ACLED, entre autres sources, pour déterminer les dates approximatives des incidents car, dans de nombreux cas, les victimes et les témoins ne se souvenaient pas de la date exacte en raison du traumatisme et parce que des mois ou des années s’étaient écoulés depuis la survenue des incidents auxquels ils avaient assisté.

Les chercheurs ont analysé des photos et des vidéos prises pendant ou après les attaques qui leur avaient été envoyées directement, ainsi que des photos, des vidéos et du contenu écrit publiés sur les plateformes de réseaux sociaux, y compris ChirpWire (utilisé par le GSIM), Facebook, Instagram, Telegram, TikTok, YouTube, WhatsApp et X.

Dans la mesure du possible, les chercheurs ont géolocalisé les photos et les vidéos en établissant des correspondances entre des points de repère clés et des images satellites et des témoignages. Ils ont également examiné les horodatages des contenus publiés sur les plateformes de réseaux sociaux.

Ils ont analysé les images satellites des lieux où les incidents documentés dans ce rapport se sont produits afin de géolocaliser les photos et les vidéos, de vérifier et d’établir la chronologie des incidents et de détecter les signes d’incendie et de destruction. Ils ont aussi utilisé des images satellites des lieux des incidents pour surveiller les mouvements des forces et des équipements militaires, reconstituer les itinéraires des convois militaires, confirmer la construction et l’expansion de tranchées militaires, analyser l’expansion des emplacements de tombes après les attaques et documenter l’abandon de villages à la suite de déplacements forcés et du démantèlement de camps de personnes déplacées internes à la suite d’attaques.

De plus, les chercheurs ont analysé le contenu visuel ainsi que les légendes et les récits associés pour identifier les acteurs impliqués dans les attaques et recenser le nombre de femmes, d’hommes, de filles et de garçons qui ont été tués ou blessés. Human Rights Watch a consulté des médecins légistes qui ont analysé les blessures sur les photos des cadavres et ont communiqué leur évaluation des circonstances des décès. Des experts en armement de Human Rights Watch ont examiné du matériel visuel montrant des impacts de balles et des armes pour identifier l’équipement utilisé.

Human Rights Watch a conservé en toute sécurité les fichiers numériques des photos et des vidéos mentionnées dans le rapport. Dans la mesure du possible, les chercheurs ont inclus des liens directs vers les publications sur les réseaux sociaux dans les notes de bas de page correspondantes. Ils n’ont pas inclus de liens vers des images éprouvantes ou vers du contenu en ligne qui pourrait créer un risque pour la sécurité des personnes visibles sur l’enregistrement ou de la personne qui a créé ou publié le contenu. Les chercheurs se sont servis de ChirpWire, une plateforme de réseaux sociaux utilisée par le GSIM, pour accéder au contenu que les combattants du GSIM avaient publié. Dans ces cas, Human Rights Watch n’a pas fourni de liens directs vers les publications sur ChirpWire afin de ne pas amplifier le trafic vers le canal et le contenu publié, mais a conservé tous les éléments, y compris les métadonnées.

Human Rights Watch a développé un logiciel qui a extrait, transcrit et analysé 36 243 vidéos de la chaîne YouTube de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina Faso (RTB), ainsi que 2 476 publications sur ChirpWire entre le 15 septembre 2022 – peu de temps avant le coup d’État dirigé par le capitaine Traoré – et le 23 avril 2025. Le logiciel a ensuite filtré ce contenu et généré une base de données consultable qui a consigné des références aux activités armées au Burkina Faso, y compris des mentions concernant les opérations de combat, les déploiements géographiques d’unités militaires, les noms des membres de l’armée et du GSIM, les changements dans les grades militaires et les affectations dans les unités militaires. Ces informations ont permis aux chercheurs d’identifier les éléments clés de la hiérarchie militaire et de corroborer les témoignages portant sur toutes les parties au conflit. (Pour une description détaillée du logiciel et de la méthodologie utilisés, veuillez-vous reporter à l’Annexe II.)

Human Rights Watch s’est associé à Security Force Monitor, une organisation non gouvernementale spécialisée dans l’analyse des chaînes de commandement, pour obtenir des informations sur la chaîne de commandement concernant les membres des forces militaires burkinabè impliqués dans les abus documentés dans ce rapport. Cette partie des recherches s’appuie presque entièrement sur des sources accessibles au public, principalement des sources officielles telles que des lois et des décrets, et des sites Web officiels. Les chercheurs ont utilisé les médias d’État et, dans une moindre mesure, les médias indépendants pour retracer les chaînes de commandement établies dans les lois et les décrets, ainsi que les changements de nomination des commandants des unités militaires au fil du temps. Dans la mesure du possible, les chercheurs ont identifié les dates de début et de fin de fonction des commandants sur la base des dates des cérémonies de passation de commandement.

Le 22 décembre 2025, Human Rights Watch a écrit aux ministres de la Justice et de la Défense du Burkina Faso pour leur faire part des conclusions de ses recherches et pour demander des réponses à des questions spécifiques.[2]

Human Rights Watch a aussi transmis ses conclusions au Comité chariatique du GSIM au Burkina Faso le 16 janvier 2026.[3]


 

Glossaire

Principaux acteurs et principales alliances

  • ACLED (Armed Conflict Location & Event Data) : organisation non gouvernementale qui collecte et analyse des données sur les conflits dans le monde.

  • AES (Alliance des États du Sahel) : alliance intergouvernementale créée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger en septembre 2023, en tant que « pacte de défense mutuelle ». En juillet 2024, les trois dirigeants de l’AES ont annoncé leur intention de former une confédération.

  • BIR (Bataillons d’intervention rapide) : unités militaires spéciales déployées lors des opérations de contre-insurrection.

  • BSIR (Brigade spéciale d’intervention rapide) : vaste unité militaire dirigée par un commandant qui, depuis janvier 2024, contrôle les BIR ainsi que d’autres unités d’intervention rapide.

  • CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) : union politique et économique régionale de 12 pays d’Afrique de l’Ouest. Le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, a officiellement quitté le bloc en janvier 2025.

  • CEMAT (Chef d’état-major de l’armée de terre) : chef de l’armée (forces terrestres), sous le commandement du chef d’état-major général des armées.

  • CEMGA (Chef d’état-major général des armées) : commandant des forces armées, supervisant les forces comprenant l’armée, l’armée de l’air et les BIR.

  • CEMGAA (Chef d’état-major général adjoint des armées) : adjoint du chef d’état-major général des armées. Sous le président Traoré, cette personne assume aussi simultanément la fonction de commandant du COTN (voir ci-dessous) et de commandant de la BSIR.

  • COTN (Commandement des opérations du théâtre national) : centre de commandement des forces interarmées sous le contrôle direct du CEMGA, chargé de mettre au point, organiser et soutenir les opérations de contre-insurrection.

  • CPI (Cour pénale internationale) : en vertu de son traité, le Statut de Rome, la CPI, basée à La Haye, a pour mandat de juger les personnes soupçonnées d’avoir commis un génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou un crime d’agression qui relèvent de sa compétence.

  • EIS (État islamique dans la province du Sahel) : deuxième groupe armé islamiste le plus actif au Burkina Faso après le GSIM, anciennement appelé État islamique dans le Grand Sahara.

  • FDS (Forces de défense et de sécurité) : forces de défense et de sécurité du Burkina Faso.

  • Force conjointe du G5 Sahel : force militaire multinationale créée par le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie et le Niger en 2014 pour faire face à l’insurrection islamiste au Sahel. Elle a été dissoute en 2023.

  • GSIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) : affilié à Al-Qaïda, le GSIM est le groupe armé le plus actif de la région du Sahel.

  • VDP (Volontaires pour la Défense de la Patrie) : civils recrutés, entraînés, armés, financés et coordonnés par les forces armées burkinabè pour servir d’auxiliaires à l’armée.

Ethnies et langues

  • Bobo : groupe ethnique d’Afrique de l’Ouest principalement présent au Burkina Faso, représentant 3,4 pour cent de la population du pays. Les personnes bobo parlent la langue bobo.

  • Peuls (Fulbe dans leur langue ou encore Foulani) : groupe ethnique d’éleveurs essentiellement musulmans, présent en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est. Les Peuls représentent 8 pour cent de la population du Burkina Faso et forment la deuxième plus grande communauté du pays.

  • Fulfulde (ou fula) : langue parlée par les Peuls et l’une des quatre langues officielles du Burkina Faso.

  • Gourmantché : un des groupes ethniques du Burkina Faso, principalement présent dans les régions orientales du pays. La langue parlée par ce peuple est la langue du même nom, le gourmantché.

  • Mossi : plus grand groupe ethnique du Burkina Faso, représentant 54 pour cent de la population du pays.

  • Mooré : langue du peuple mossi, l’une des quatre langues officielles du Burkina Faso et la langue la plus largement parlée au Burkina Faso.

  • Rimaïbé : sous-groupe de Peuls qui parlent fulfulde et sont considérés comme les descendants de populations historiquement réduites en esclavage par les Peuls.

Remarque concernant la terminologie

Human Rights Watch utilise le terme « insurrection » pour décrire la campagne armée menée par les groupes armés islamistes contre les forces gouvernementales burkinabè au Burkina Faso depuis 2016.

Cartes des 13 anciennes régions telles que citées dans ce rapport et des 17 nouvelles régions [SL2.1]annoncées le 2 juillet 2025.  Données © 2025 Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Human Rights Watch emploie le terme « contre-insurrection » pour décrire les opérations militaires menées par les forces de sécurité burkinabè et les VDP alliés contre les groupes armés islamistes à travers le pays.

Human Rights Watch utilise les termes « milice » ou « miliciens » pour décrire les VDP. Les autorités burkinabè qualifient les VDP d’« auxiliaires des Forces armées nationales ».[4]

Le 2 juillet 2025, la junte a annoncé qu’elle redéfinissait les frontières des « régions » et des « provinces » du pays, portant le nombre total de régions à 17 (contre 13 à l’origine) et le nombre total de provinces à 47 (contre 45 à l’origine).[5] Elle a également renommé l’ensemble des 17 régions ainsi que 4 provinces, remplaçant les noms de l’époque coloniale par des noms qu’elle a qualifiées d’autochtones.[6] Selon le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, le nouveau découpage administratif vise à renforcer la présence de l’État sur le territoire.[7] Dans ce rapport, Human Rights Watch utilise les anciens noms des régions et des provinces parce qu’ils étaient en vigueur au moment des événements.

Le 12 janvier 2026, le capitaine Traoré a procédé à un remaniement ministériel et a rebaptisé le ministère de la Défense et des Anciens Combattants en ministère de la Guerre et de la Défense patriotique.[8] Human Rights Watch utilise la désignation précédente du ministère parce qu’elle était en vigueur au moment des événements.


 

I. Contexte : le conflit au Burkina Faso

Insurrections menées par les groupes armés islamistes

Le conflit au Burkina Faso a débuté en 2016, lorsque des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique sont entrés dans le pays depuis le Mali voisin.[9] Au cours des années qui ont suivi, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique dans la province du Sahel (EIS) ont étendu leurs zones d’opérations sur le territoire du Burkina Faso, menant des attaques à la fois contre les forces de sécurité gouvernementales et contre les civils.[10]

Le GSIM et l’EIS ont déstabilisé les gouvernements du Burkina Faso, du Mali et du Niger – qui étaient tous devenus des gouvernements militaires à la mi-2023 – dans leur quête pour instaurer un État islamiste dans la région élargie du Sahel. Les deux groupes armés diffèrent dans leur interprétation de la charia, ou loi islamique, et dans la façon dont ils traitent les civils ; ils s’affrontent fréquemment pour des questions de contrôle territorial, de ressources et de domination idéologique.

Les gouvernements faibles de la région, la disponibilité généralisée d’armes, la porosité des frontières nationales, le manque d’opportunités économiques et les divisions ethniques et sociales ont permis à ces groupes armés de recruter plus de membres, d’intensifier les attaques contre les forces de sécurité régionales et les civils, et de consolider et d’étendre leur présence dans diverses régions du Burkina Faso.[11] L’insurrection, initialement centrée sur la région administrative du Sahel au Burkina Faso, s’est depuis propagée à l’ensemble du pays : le GSIM est présent dans au moins 11 des 13 régions burkinabè et l’EIS est présent principalement dans les provinces du Seno et de l’Oudalan de la région administrative du Sahel.[12]

Des dizaines de milliers de civils sont morts pendant le conflit, qui a été marqué par des atrocités commises par tous les camps depuis son début. Les chiffres d’Armed Conflict Location & Event Data (ACLED), une organisation non gouvernementale qui collecte et analyse des données sur les conflits dans le monde à partir de diverses sources, montrent qu’au moins 10 600 civils ont été tués depuis 2016, dont plus de la moitié depuis que les autorités militaires actuelles ont pris le pouvoir en 2022. Ces chiffres constituent très probablement une sous-estimation approximative.

Le conflit a fortement touché certaines des populations les plus marginalisées au Burkina Faso, qui figure parmi les pays les plus pauvres au monde : plus de 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté mondial et le pays se classe au 186e rang sur 193 pour l’indice de développement humain.[13] Selon les Nations Unies, 6,3 millions de personnes, dont 3,4 millions d’enfants, avaient besoin d’une aide humanitaire au Burkina Faso en 2024. On estime que 1,1 million de ces personnes vivaient dans des villes et des villages assiégés par le GSIM.[14]

Le conflit a exacerbé une crise humanitaire existante et, en date de 2025, avait provoqué le déplacement de plus de 2,3 millions de personnes, soit environ 10 pour cent de la population. Parmi ces personnes, plus de 2 millions ont été déplacées à l’intérieur du pays et plus de 270 000 ont fui vers les pays voisins, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo.[15]

Coups d’État militaires et régression autoritaire

Les gouvernements burkinabè successifs n’ont pas été en mesure de contenir la propagation de l’insurrection, et l’armée a utilisé cet échec comme une justification pour s’emparer du pouvoir et retarder le retour à la démocratie civile.

En janvier 2022, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a pris le pouvoir au Burkina Faso.[16] Le coup d’État a eu lieu alors que les forces de sécurité étaient débordées et subissaient de lourdes pertes, et que les communautés dans le nord et l’est du pays étaient vulnérables aux attaques du GSIM et de l’EIS. Paul-Henri Sandaogo Damiba a exploité les griefs au sein des forces de sécurité et profité de l’isolement politique du président Roch Marc Christian Kaboré.[17] Il s’est engagé à lutter contre la corruption et à travailler avec le bloc régional de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en vue d’un retour à un régime démocratique.[18]

Huit mois plus tard, en septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré a renversé Paul-Henri Sandaogo Damiba lors d’un deuxième coup d’État, lui reprochant de ne pas avoir réussi à rétablir la sécurité.[19] Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a fui le Burkina Faso en 2023 et a cherché refuge au Togo, a été extradé du Togo vers le Burkina Faso en janvier 2026.[20] En mars 2026, des médias ont rapporté que depuis l'extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, les membres de sa famille n'ont pas eu de nouvelles de lui, aucun avocat ne lui a été attribué, et ses conditions de détention sont considérées comme précaires.[21]

Né en 1988, Ibrahim Traoré a rejoint l’armée en 2010 et a participé aux opérations de maintien de la paix de l’ONU au Mali en 2018.[22] Il a été nommé capitaine en 2020 et, lorsqu’il a pris le pouvoir, il était commandant du régiment d’artillerie stationné à Kaya, une ville du centre du Burkina Faso.[23]

Après avoir pris le pouvoir, Ibrahim Traoré est devenu le « président de la transition » en signant la Charte de la transition le 14 octobre 2022.[24] Celle-ci a remplacé la précédente Charte de la transition signée par Paul-Henri Sandaogo Damiba en mars 2022, pour se substituer à la constitution du Burkina Faso.[25] Ibrahim Traoré a promis des élections, mais à la place, il a renforcé l’autorité et suspendu les processus démocratiques.[26]

Ibrahim Traoré commande directement les forces armées et dirige le pays sans contrôles institutionnels. En septembre 2023, il a annoncé que les élections n’étaient plus une priorité en raison de la situation sécuritaire.[27] En mai 2024, à la suite de ce que la junte a décrit comme des consultations nationales – largement boycottées par l’opposition politique et les groupes de la société civile –, il a déclaré que son gouvernement resterait au pouvoir pendant cinq années supplémentaires.[28]

Le 1er avril 2025, Ibrahim Traoré a annoncé que le Burkina Faso n’était plus « dans un cadre démocratique traditionnel », mais « dans une révolution progressiste populaire ».[29] Il a mis en garde « les opportunistes et les traîtres » contre toute tentative de freiner « la révolution » et a appelé la population à jouer un rôle actif dans sa mise en œuvre.

Le 16 juillet 2025, la junte militaire a adopté une loi abolissant la Commission électorale nationale indépendante dans ce qu’elle a qualifié de mesure d’économie. Le ministre de l’Administration territoriale a déclaré que le ministre de l’Intérieur superviserait les futures élections.[30]

La nouvelle junte ne s’est pas montrée plus efficace que les gouvernements précédents dans la lutte contre l’insurrection. Le 13 avril 2023, la junte a publié un décret de « mobilisation générale » – une loi d’urgence de grande ampleur – dans le cadre d’un plan de reconquête des territoires sous le contrôle du GSIM et de l’EIS. Elle a utilisé les dispositions de cette loi pour réprimer l’opposition politique, les médias et la dissidence, et pour museler et enrôler illégalement des détracteurs, des journalistes, des activistes de la société civile et des membres du personnel judicaire.[31] Les autorités militaires affirment que la conscription est autorisée en vertu du décret, qui confère au président des pouvoirs étendus pour combattre l’insurrection, y compris en réquisitionnant des personnes et des biens et en restreignant les libertés civiles.[32]

Des dizaines de détracteurs de la junte, y compris des défenseurs des droits humains, des journalistes, des juges, des avocats et des opposants politiques burkinabè, ont été illégalement enrôlés dans l’armée ou dans des groupes de VDP depuis 2023 et déployés pour participer à des opérations militaires.[33] Entre juillet et octobre 2025, au moins six journalistes et trois activistes qui avaient été précédemment enrôlés ont été libérés, tandis que d’autres personnes enrôlées sont toujours portées disparues, et on craint que davantage de personnes n’aient été conscrites.[34]

Le 15 août 2025, la junte a expulsé la principale représentante de l’ONU dans le pays, Carol Flore-Smereczniak, la déclarant persona non grata à la suite d’un rapport de l’ONU sur des violations à l’encontre des enfants dans le pays.[35] Carol Flore-Smereczniak est la deuxième haute fonctionnaire de l’ONU à être expulsée par la junte, après que Barbara Manzi, la plus haute fonctionnaire de l’ONU dans le pays à l’époque, a été déclarée persona non grata en 2022, soulignant l’intolérance croissante de la junte vis-à-vis d’une surveillance indépendante.[36]

Le 4 décembre 2025, le Conseil des ministres de la junte a approuvé un projet de loi modifiant le code pénal et réintroduisant la peine de mort pour des crimes tels que « la haute trahison, les actes de terrorisme et les actes d’espionnage », près d’une décennie après l’abolition de cette pratique par le Burkina Faso.[37] La dernière exécution judiciaire connue au Burkina Faso a eu lieu en 1988.[38]

Le 29 janvier 2026, le Conseil des ministres de la junte a approuvé un décret dissolvant tous les partis politiques au Burkina Faso et un projet de loi abrogeant la législation qui régit leur fonctionnement et leur financement.[39] Le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, a déclaré que cette mesure faisait partie d’un effort plus large de « refondation de l’État », à la suite de ce que la junte décrit comme des « dérives » et une « division des citoyens » causée par le système multipartite.[40]

Contrôle de l’information et récits officiels

La junte rejette les qualifications de conflit armé ou de crise humanitaire pour décrire la situation au Burkina Faso. Les médias contrôlés par l’État ont développé un culte de la personnalité autour du président Ibrahim Traoré, qui a cultivé une image puissante de lui-même en tant que leader panafricaniste charismatique résistant à l’influence occidentale – en particulier celle de l’ancienne puissance coloniale, la France.[41]

Ce narratif s’appuie sur des griefs largement répandus dans la société burkinabè concernant l’influence externe historique et actuelle, qui restent un élément puissant du discours public. Il est également renforcé par un environnement de l’information répressif dans lequel les journalistes critiques à l’égard de la junte ont été illégalement conscrits, menacés, victimes de disparition forcée et contraints de fuir, et les médias nationaux et internationaux indépendants ont été suspendus.[42]

Des comptes sur les réseaux sociaux, y compris ceux liés à des sources pro-gouvernementales, ont relayé de fausses vidéos qui célèbrent le leadership d’Ibrahim Traoré en montrant des réalisations et des discours fabriqués de toutes pièces sur la stabilité et le développement des projets.[43] La désinformation délibérée ponctuée de messages patriotiques plus directs semble avoir eu un fort impact sur la perception du public, en particulier dans un contexte où les médias indépendants sont restreints.[44]

En février 2026, suite à une attaque d’envergure du GSIM contre la ville de Titao, dans la région nord, au cours de laquelle les combattants islamistes ont tué au moins 34 civils et pris d'assaut la base militaire du BIR 21, Jeune Afrique a analysé une série de conversations tenues dans un groupe WhatsApp appelé « BIR-C, Eagle Unit » et divulguées sur les réseaux sociaux.[45] Les BIR-C (Bataillons d’Intervention Rapide de la communication) sont des groupes d'influenceurs pro-junte sur les réseaux sociaux. Les conversations divulguées ont dévoilé, selon Jeune Afrique, « les mécanismes d’une stratégie concertée de désinformation : démentir, minimiser, détourner l’attention et désigner un ennemi extérieur ».[46]

Selon des rapports de médias et de groupes de réflexion, la Russie a également dirigé et mené plusieurs campagnes de désinformation au Burkina Faso, s’appuyant sur l’insatisfaction généralisée quant au rôle de la France dans le pays pour dépeindre la Russie comme un contrepoids en faveur d’Ibrahim Traoré.[47]

La question peule : marginalisation, stigmatisation et ciblage dans l’impunité

Les Peuls sont un groupe de personnes essentiellement musulmanes et historiquement nomades ou semi-nomades, qui déplacent souvent du bétail entre différentes zones de pâturage dans de vastes territoires de l’Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est. Ils représentent le deuxième groupe ethnique du Burkina Faso, après le peuple mossi.

Les analystes considèrent que la communauté peule au Burkina Faso est marginalisée, sous-représentée au sein du gouvernement et de l’armée du pays, et avec des moyens de subsistance pastoraux traditionnels qui s’érodent continuellement.[48]

Des groupes armés islamistes ont activement recruté au sein des communautés peules du Burkina Faso en exploitant leur marginalisation de longue date, leur pauvreté et l’érosion de leurs moyens de subsistance traditionnels. Certains Peuls ont rejoint ces groupes armés par frustration face aux difficultés économiques, à la corruption du gouvernement et aux abus commis par les forces de sécurité burkinabè et les milices alliées. Cette dynamique a déclenché un cycle dangereux : les forces de l’État et les VDP considèrent de plus en plus les Peuls comme étant collectivement du côté des groupes armés islamistes et les soumettent à du harcèlement, à des violences et à une discrimination, ce qui, en retour, renforce le ressentiment et la méfiance à l’égard de l’État.

Même si les préjugés anti-peuls existaient déjà avant le coup d’État militaire de 2022, Human Rights Watch a constaté que les discours de haine, la stigmatisation et les attaques violentes contre les communautés peules se sont intensifiés depuis qu’Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir et a élargi le recrutement des VDP. Les opérations de contre-insurrection ont souvent été marquées par une absence de distinction entre les civils peuls et les combattants islamistes, ce qui a entraîné des meurtres et d’autres abus dans une impunité quasi totale.

Stigmatisation accrue depuis 2022

La stigmatisation, la discrimination et la haine ethnique contre la communauté peule étaient courantes avant le coup d’État militaire de 2022.[49] Cependant, selon des membres de la communauté, ainsi que selon les médias et les groupes de la société civile, l’expression de tels sentiments, y compris largement sur les réseaux sociaux, a nettement augmenté depuis que la junte dirigée par Ibrahim Traoré a pris le pouvoir et que le recrutement des VDP s’est intensifié. Les partisans de la junte, qui se désignent eux-mêmes par le terme « Wayiyans », publient souvent du contenu sur les réseaux sociaux faisant la promotion de la haine, de l’intolérance et de la violence à l’égard des Peuls, et encourageant les discours de haine.[50] Un éminent défenseur des droits humains peul a déclaré :

Deux nouveaux concepts inquiétants sont apparus sous ce gouvernement. Le premier est l’idée de « zéro Peul », qui a été créée par des influenceurs pro-junte, qui ont mené une campagne sur les réseaux sociaux autour de cette idée, appelant à l’élimination de l’ensemble de la communauté peule. Le second est le concept de « guerre d’indépendance », lancé par le président. Celui-ci a indiqué que nous ne sommes plus dans une guerre contre le terrorisme, mais dans une guerre d’indépendance qui ne peut être gagnée qu’en combattant les ennemis de l’État et leurs complices. Cela signifie que nous, les Peuls, sommes maintenant considérés comme les ennemis de l’intérieur.[51]

Un homme de 32 ans a expliqué qu’en février 2023, les VDP l’ont arrêté avec quatre autres hommes peuls sur un site de distribution d’aide dans la ville de Fada Gourma, dans la région de l’Est. Les VDP se sont moqués d’eux, ont menacé de les tuer et les ont conduits au camp militaire local, où ils ont été jetés dans une pièce sombre, battus, privés de nourriture et d’eau pendant 24 heures et qualifiés de « viande ». Il a raconté : « Un VDP a dit à un autre [milicien] : “Fais-leur ce que tu as fait à ceux d’hier. Zéro Peul, zéro Peul.” » Le lendemain matin, a-t-il poursuivi, ils ont été transportés hors de Fada Gourma, les yeux bandés, ont été alignés sur le sol et abattus. Le témoin a survécu parce qu’aucune balle ne l’a touché, mais les quatre autres hommes ont été tués sur le coup.[52]

Ciblage de communautés peules accru depuis 2022

Depuis qu’Ibrahim Traoré a pris le pouvoir, les violences contre les communautés peules ont fortement augmenté principalement en raison de l'utilisation accrue des VDP.[53] Les opérations de contre-insurrection contre les groupes armés islamistes ont brouillé les lignes entre les combattants islamistes et les civils peuls, conduisant à des abus généralisés.

Un éleveur peul, âgé de 60 ans, qui a échappé de justesse à une attaque de VDP à grande échelle le 11 mars 2025, dans la région de la Boucle du Mouhoun, a raconté :

Depuis l’arrivée d’Ibrahim Traoré… avec le recrutement massif de VDP, les choses ont changé. Même la présence des djihadistes est devenue plus forte, les djihadistes viennent plus souvent. Si les VDP n’avaient pas été déployés, nous n’aurions pas eu à quitter notre village... Les VDP sont une menace pour nous, les Peuls, et pour la cohésion sociale.[54]

Un membre du système judiciaire burkinabè a expliqué que, depuis 2018, la majorité des accusés poursuivis pour des chefs d’inculpation liés au terrorisme étaient des Peuls.[55]

La hausse de ce ciblage est illustrée de façon frappante par le meurtre d’au moins 130 civils peuls – probablement beaucoup plus – lors de l’opération Tourbillon Vert 2, une offensive coordonnée menée entre le 8 et le 13 mars 2025 par les forces militaires burkinabè, y compris des BIR, et des VDP dans la région occidentale de la Boucle du Mouhoun, près de la ville de Solenzo. Les preuves vidéo analysées par Human Rights Watch, ainsi que les témoignages, montrent que les civils peuls ont été ciblés du fait de leur appartenance ethnique. Dans certains cas, des VDP soutenus par l’armée ont lancé des appels explicites à leur extermination.[56]

Cette opération s’est caractérisée par un haut degré de coordination entre les forces militaires burkinabè, une vaste portée géographique, des meurtres et le déplacement à grande échelle de civils peuls de la région qui en a résulté.

Un défenseur des droits humains peul de la région administrative du Sahel a commenté la situation :

Il y avait eu des attaques contre les Peuls avant… Mais depuis que ces autorités militaires sont venues et ont décidé de changer de stratégie et de s’appuyer fortement sur les VDP, tout a changé... et les Peuls sont devenus la cible numéro un... [L]es événements tragiques de Solenzo ont marqué un tournant, à la fois dans l’ampleur des attaques et dans les... mots employés par les VDP... Ce que nous avons entendu dans les vidéos... indique clairement qu’ils veulent en finir avec nous.[57]

Impunité pour les abus contre les Peuls

Les autorités judiciaires ont pris peu de mesures, sinon aucune, pour lutter contre la discrimination, mettre fin à la violence contre les Peuls et diligenter des enquêtes et des poursuites contre les responsables d’incitation à la violence ou d’autres abus. Dans au moins un cas, les forces de sécurité ont enrôlé illégalement dans l’armée un procureur qui enquêtait sur des abus commis par des VDP contre des Peuls.

En mars 2023, des militaires burkinabè et des VDP ont arrêté et vraisemblablement tué cinq hommes peuls à Zambanga, un village de la région du Centre-Nord. Des villageois ont retrouvé les corps des hommes criblés de balles au cimetière de Zambanga le jour même de leur arrestation. Les proches des victimes et des habitants ont expliqué que, lorsqu’ils se sont rendus à la gendarmerie de Boulsa, à neuf kilomètres de là, pour signaler l’incident, les gendarmes ont rejeté leurs allégations, les ont menacés de mort et ont accusé la communauté peule de soutenir les combattants islamistes.

Un parent des victimes de Zambanga qui a parlé aux gendarmes a raconté :

Les gendarmes voulaient que nous disions que les djihadistes avaient tué nos parents, ou qu’ils étaient morts en combattant les VDP. Ils ont commencé à nous traiter de « djihadistes »... Nous leur avons dit que les personnes tuées étaient des civils… et que nous voulions qu’ils viennent dans notre village pour enquêter... Mais les gendarmes nous ont menacés de mort si nous ne partions pas... Déçus par leur comportement, nous sommes partis en pensant que c’était fini pour nous, les Peuls, que nous n’avions plus d’endroit pour nous plaindre.[58]

En novembre 2023, des VDP ont tué 13 civils, dont six femmes et quatre enfants, dans une localité peule à environ quatre kilomètres du village de Bassé, dans la région des Hauts-Bassins. Ils ont également incendié au moins 20 maisons et volé des centaines d’animaux. Certains des cadavres ont été retrouvés avec les yeux bandés et les mains liées derrière le dos. Peu de temps après l’attaque, les proches des victimes ont déposé plainte auprès des autorités judiciaires. L’affaire n’a pas progressé et l’un des juges d’instruction a été enrôlé dans l’armée.

Un autre juge, collègue du juge conscrit, a indiqué : « Il a reçu la notification en août 2024 et a été envoyé directement au front pendant quatre mois. Personne n’a eu de ses nouvelles jusqu’à ce qu’il soit libéré. »[59]

En mars 2025, à la suite des meurtres de civils peuls près de Solenzo, le procureur du tribunal de grande instance de Ouagadougou a ouvert une enquête sur les appels à l’« extermination » d’un groupe ethnique sur les réseaux sociaux. Son communiqué, qui ne faisait pas explicitement référence aux Peuls, ne semble pas avoir amené les responsables gouvernementaux à prendre des mesures.[60]

Le juge cité ci-dessus a ajouté : « Aujourd’hui, nous assistons impuissants au massacre des populations peules par les militaires et les VDP, sans qu’il y ait de poursuites, sans qu’il y ait une voix pour dénoncer cela. »[61]

Même le fait d’appeler le gouvernement à protéger les Peuls lors d’opérations gouvernementales à grande échelle semble risqué. En février 2023, peu de temps après que des VDP avaient tué au moins 80 civils peuls dans la ville de Nouna, dans la région de la Boucle du Mouhoun, les leaders de la communauté peule ont rencontré le président Traoré à Ouagadougou pour plaider en faveur d’une meilleure protection des civils peuls pris dans le conflit.[62] Selon des sources crédibles qui ont parlé avec Human Rights Watch, la réponse d’Ibrahim Traoré a été d’inviter les chefs peuls à « reconnaître que l’épicentre du terrorisme se situe dans des localités peules ». Ibrahim Traoré a recommandé aux chefs peuls d’« appeler [leurs] proches à se détacher des forces du mal [des groupes armés islamistes] ». « Sinon », a-t-il conclu, « nous lancerons toutes nos forces dans la bataille et il y aura beaucoup de morts. Et ça sera plus compliquée pour votre communauté. Ça ne fait pas plaisir de tuer, mais si on n’a pas le choix, c’est la mort.»[63]

Initiatives nationales et communautaires pour lutter contre la discrimination à l’égard des Peuls


Dans un courrier adressé à Human Rights Watch en date du 28 avril 2025, le ministre burkinabè de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a déclaré que « la promotion du vivre ensemble et de la cohabitation pacifique entre toutes les communautés vivant au Burkina Faso » est une priorité pour le gouvernement burkinabè. Il a expliqué que « la stratégie nationale de la cohésion sociale 2021-2025 » vise le renforcement « du dialogue social et de la lutte contre l’exclusion ». [64] Il a précisé que le plan d’action du Burkina Faso pour la stabilisation et le développement 2023-2025 se concentre sur la réconciliation nationale et la cohésion sociale.[65]

Certaines initiatives locales de groupes religieux ont soutenu la consolidation de la paix au sein de la population et la lutte contre les discours haineux et l’incitation à la violence.[66]

« Au niveau local, les chefs communautaires et religieux sont très prudents et font de leur mieux pour adopter un langage qui réfute les mythes, élimine les préjugés et favorise la cohésion sociale », a déclaré un membre de la société civile burkinabè. « Le problème se situe au niveau national, où les autorités n’ont pris aucune mesure concrète pour aborder, affronter et ébranler le récit discriminatoire à l’encontre des Peuls. »[67]

Violences sexuelles liées au conflit

Les Nations Unies définissent les violences sexuelles liées aux conflits (VSLC) comme « le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée, la grossesse forcée, l’avortement forcé, la stérilisation forcée, le mariage forcé, ainsi que toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, perpétrés contre des femmes, des hommes, des filles ou des garçons, et ayant un lien direct ou indirect avec un conflit. Ce lien peut tenir au profil de l’auteur, qui est souvent rattaché à un groupe armé, étatique ou non, entités terroristes comprises ; au profil de la victime, qui souvent appartient ou est soupçonnée d’appartenir à une minorité politique, ethnique ou religieuse, ou est prise pour cible en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre, réelle ou supposée ; au climat d’impunité qui accompagne souvent l’effondrement de l’État, les répercussions transfrontières comme les déplacements de populations ou la traite des personnes ou les violations d’accords de cessez-le-feu. Cette expression inclut également la traite des personnes à des fins de violences sexuelles ou d’exploitation sexuelle lorsque ces faits surviennent en temps de conflit. »[68]

Les recherches de Human Rights Watch ont identifié des indicateurs qui alertent sur un risque potentiel de VSLC ou sur des VSLC en cours, comme des combattants effectuant des descentes et des fouilles dans les maisons, en particulier lorsque les femmes sont seules chez elles ; des signes observables de saccage, tels que des maisons incendiées, des cultures détruites, des villages pillés, des vêtements déchirés, des civils déplacés ; et des attaques contre des villages, associées à des enlèvements de civils.[69]

Des organisations multilatérales et de la société civile ont documenté de nombreux cas de viols et de violences sexuelles au Burkina Faso ces dernières années et estiment que le risque de VSLC reste élevé, en particulier dans les situations impliquant des enlèvements. Un médecin au Burkina Faso a déclaré que, même s’ils n’ont pas traité beaucoup de cas, parmi les cas pris en charge, les victimes incriminaient le plus souvent l’armée et les VDP.[70] Un membre du personnel d’une organisation humanitaire a indiqué qu’ils avaient un accès restreint aux zones touchées par le conflit ou aux informations sur les abus qui se produisent dans ces zones en raison de l’insécurité ; de l’effondrement et de la destruction des mécanismes existants, bien que limités, pour signaler les violences et fournir soins et services aux victimes et survivantes de violences sexuelles ; et en raison du contrôle du gouvernement sur l’information et ses représailles contre les détracteurs, ce qui a créé un climat de peur parmi les acteurs humanitaires.[71]

Le rapport du Secrétaire général de l’ONU au Conseil de sécurité de l’ONU sur le Burkina Faso pour la période de juillet 2022 à juin 2024 a souligné que les VSLC ciblaient principalement les filles et restaient gravement sous-déclarées en raison de la stigmatisation, de la crainte de représailles, des normes sociales préjudiciables, de l’impunité généralisée, des risques pour la sécurité et de l’accès limité aux soins médicaux et au soutien psychosocial.[72] Le rapport a documenté que « 20 enfants, toutes des filles âgées de 12 à 17 ans, avaient été victimes de viols » et que sept violations ont été attribuées au GSIM, six à des individus non identifiés, quatre à des VDP et trois à l’EIS.[73] Six des vingt victimes, selon le rapport, ont été « violées et mutilées et l’une était décédée à la suite d’un viol collectif ».[74] Dans un seul cas, l’auteur présumé, un VDP, a été arrêté.[75]

Le rapport de l’ONU indique également que « dans de nombreux cas, les filles qui ont subi des violences sexuelles avaient été enlevées alors qu’elles allaient chercher du bois de feu ou de l’eau ».[76]

Un rapport de décembre 2025, publié par le programme de recherche Cross-Border Conflict Evidence, Policy and Trends (XCEPT), financé par UK International Development, sur la vie des femmes peules dans les territoires contrôlés par le GSIM dans les pays du Sahel central, y compris le Burkina Faso, et basé sur des entretiens avec 77 femmes peules du Mali et du Burkina Faso, a noté que « [m]algré des rapports crédibles de violences sexuelles et fondées sur le genre perpétrées par des groupes islamistes armés au Sahel, aucune des femmes interviewées n’a accusé le GSIM de viol dans leurs communautés. Trois répondantes [dont une du Burkina Faso] ont, cependant, accusé les combattants du GSIM de menacer de viol les femmes qui refusaient de respecter les préceptes comportementaux. En outre, le double de répondantes [dont une femme du Burkina Faso] a accusé le groupe de mariage forcé, et plusieurs autres [dont une femme du Burkina Faso] d’avoir contraint des adolescentes, des femmes et des veuves à se marier. »[77]

Les rapports de Human Rights Watch en 2022 ont documenté plusieurs cas de violences sexuelles commises par des groupes armés islamistes entre la fin 2021 et la mi-2022, touchant principalement des femmes et des filles dans la région du Centre-Nord.[78] Human Rights Watch a consigné plusieurs dizaines de viols, a interviewé 14 survivantes – dont beaucoup ont été témoins d’autres agressions – et a recueilli des témoignages anonymes de personnes âgées et de professionnels de santé. Les femmes et les filles étaient généralement attaquées alors qu’elles ramassaient du bois de chauffage, se rendaient sur les marchés ou fuyaient les attaques dans leurs villages. Les professionnels de santé ont décrit le traitement d’un grand nombre de survivantes, dont plus de 55 cas dans une seule zone entre septembre et décembre 2021, tout en signalant que de nombreuses femmes n’ont pas consulté de médecin. Les récits des survivantes de violences sexuelles détaillaient également les enlèvements, les agressions collectives, les passages à tabac et les menaces, souvent commis alors qu’elles tentaient d’obtenir des informations auprès de soldats ou de volontaires de la défense locale. Des combattants islamistes ont attaqué des femmes de toutes confessions, recourant fréquemment à l’intimidation et à la violence physique, y compris en les fouettant avec des cordes, en plus du viol. Plusieurs témoignages décrivent des agressions brutales de femmes et de filles, et des cas dans lesquels les agresseurs ont déclaré que les violences avaient pour but de punir les communautés ou de les contraindre à abandonner leurs villages.

Alliances régionales pour contrer le GSIM et l’EIS, et influences mondiales

En 2017, sous le gouvernement du président Kaboré, le Burkina Faso s’est associé à la création d’une force multinationale pour promouvoir la sécurité, connue sous le nom de Force conjointe du G5 Sahel, engageant des troupes aux côtés du Tchad, du Mali, de la Mauritanie et du Niger. La force a reçu le soutien politique et financier de la France, de l’Allemagne, de l’Arabie saoudite, Émirats arabes unis, des États-Unis, de l’Union africaine et de l’Union européenne.[79]

Le G5 Sahel avait établi un cadre de conformité pour prévenir et traiter les violations du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits humains pendant les opérations militaires, y compris un mécanisme de suivi des victimes civiles et des programmes de formation avec une forte composante en droits humains pour le personnel.[80] La force a rencontré des difficultés dans la mise en œuvre de sa mission, en raison de désaccords entre les États membres sur les approches à adopter pour contrer la menace des groupes armés islamistes, de la perception que la force était principalement dirigée par la France et de l’instabilité politique régionale.[81]

En septembre 2023, à la suite de coups d’État militaires au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les trois juntes au pouvoir ont créé un pacte de défense mutuelle, l’Alliance des États du Sahel (AES), qui oblige les signataires à s’entraider, y compris militairement, en cas d’attaque contre l’un d’entre eux.[82] La création de l’AES est intervenue en réponse aux sanctions économiques et financières imposées par la CEDEAO au Niger à la suite du coup d’État militaire de juillet 2023 ainsi qu’à la menace d’une intervention militaire de la CEDEAO au Niger.[83] En janvier 2024, les trois gouvernements ont annoncé leur retrait de la CEDEAO, une décision qui a pris effet un an plus tard.[84] En juillet 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont signé un traité de confédération, renforçant leur coopération diplomatique, économique, de défense et de sécurité. Dans un communiqué de presse conjoint, les dirigeants militaires des trois pays ont déclaré qu’ils franchissaient « une étape supplémentaire vers une intégration plus poussée ».[85] En février 2026, l’AES ne disposait pas encore d’une structure permanente et n’avait ni siège, ni budget dédié, ni personnel.[86] Cependant, le 30 septembre 2025, le chef de la junte militaire au Niger, le général Abdourahamane Tiani, avait déclaré que la force militaire unifiée de l’AES, annoncée en janvier 2025, était opérationnelle et que les premiers bataillons avaient été formés.[87] Il avait indiqué que la force unifiée avait son siège dans la capitale nigérienne, Niamey, au sein de la base aérienne 101, anciennement utilisée par l’opération Barkhane dirigée par la France.[88] En décembre 2025, les dirigeants des trois pays de l’AES se sont réunis à Bamako, au Mali, pour un sommet de l’AES, la deuxième réunion de ce type depuis la constitution de l’alliance. Ils ont annoncé la création d’une nouvelle Banque pour l’investissement et le développement du Sahel et d’une chaîne de télévision et ont déclaré que la force militaire unifiée serait bientôt opérationnelle.[89]

Les analystes constatent que la création de l’AES n’a pas conduit à des avancées significatives dans les opérations contre les groupes armés islamistes, mais a plutôt permis aux juntes militaires du Sahel de se protéger des appels extérieurs au rétablissement d’une gouvernance démocratique.[90]

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ibrahim Traoré, les relations internationales du Burkina Faso ont connu un réalignement plus large. Ibrahim Traoré s’est éloigné des alliés occidentaux traditionnels du Burkina Faso, en particulier la France, pour se tourner vers des puissances non occidentales, notamment la Russie et la Turquie. Depuis 2024 au moins, la Russie fournit des équipements et des instructeurs militaires au Burkina Faso afin de renforcer ses capacités à lutter contre les groupes armés islamistes.[91] La coopération de défense et de sécurité de la Turquie au Burkina Faso s’est développée pour inclure à la fois la vente d’armements sophistiqués, tels que des drones de surveillance et de combat, et de formations pour les forces de sécurité gouvernementales.[92] L’armée a utilisé des drones Bayraktar TB2 de fabrication turque acquis en 2022 pour mener des attaques, y compris contre des civils.[93]

Depuis la fin de l’année 2025, les relations entre les États-Unis et le Burkina Faso ont commencé à se rétablir, après des tensions diplomatiques apparues à la suite des coups d’État militaires. En janvier 2026, le lieutenant-général John Brennan, commandant adjoint du Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), a déclaré dans une interview que les États-Unis « collaborent toujours » avec les pays de l’AES, y compris sur le partage de renseignements.[94] En mars 2026, Nick Checker, haut responsable au sein du Bureau des Affaires africaines du Département d'État, s'est rendu à Ouagadougou où il a rencontré le ministre burkinabè des Affaires étrangères « pour réaffirmer le respect par les États-Unis de la souveraineté du Burkina Faso et faire avancer les priorités communes ».[95]

Négociations de paix

Avant le coup d’État, le gouvernement Kaboré a entrepris des négociations nationales sporadiques avec des groupes islamistes, et des tentatives locales de négociations ont également eu lieu. Celles-ci n’ont pas été fructueuses et n’ont pas été renouvelées par les juntes militaires.

Entre la fin de l’année 2020 et l’année 2021, des responsables gouvernementaux sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré ont tenu des pourparlers de paix secrets avec le GSIM afin de parvenir à des accords de cessez-le-feu dans la région administrative du Sahel, en particulier dans les provinces de Djibo et du Soum.[96] Selon les médias, en 2021, les leaders communautaires de la même région ont également entamé des pourparlers avec les dirigeants du GSIM qui ont conduit le groupe armé à lever les sièges sur certaines communautés, permettant aux personnes de circuler plus librement.[97]

Les pourparlers de paix se sont poursuivis sous Paul-Henri Sandaogo Damiba, dont le ministre de la Cohésion sociale et de la Réconciliation nationale, Yéro Boly, a entretenu un dialogue avec les groupes armés islamistes et les a incités à déposer les armes.[98]

Ibrahim Traoré, qui a appelé à une guerre totale contre les groupes islamistes, a mis fin à ces efforts de dialogue locaux peu de temps après s’être emparé du pouvoir et a arrêté des personnes qui avaient dirigé les pourparlers de paix antérieurs ou y avaient pris part.[99] Dans un discours prononcé en juin 2025 devant des soldats à Pô, dans la région du Centre-Sud, Ibrahim Traoré a déclaré : « Le [peuple] burkinabè ne négociera pas avec son ennemi. On va se battre et nous vaincrons. »[100]

 

II. Parties au conflit

Forces de sécurité gouvernementales

La Charte de la transition, adoptée en octobre 2022 et modifiée en mai 2024, nomme le capitaine Ibrahim Traoré à la fonction de Chef suprême des Forces armées nationales, et les médias d’État et autres sources officielles le désignent comme tel.[101]

En décembre 2025, le général Célestin Simporé, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants depuis décembre 2024, aurait déclaré à propos d’Ibrahim Traoré : « Sur le plan du développement, le camarade président a accompli beaucoup de choses, car le combat qu’il mène ne se limite pas au théâtre des batailles pour la reconquête du territoire, il s’agit d’un combat sur tous les plans. […] Je vais vous dire un secret : c’est lui qui fait pratiquement tout. »[102]

Depuis sa prise de pouvoir, Ibrahim Traoré a présidé à une réorganisation importante de l’armée et a confié à deux formations militaires un rôle central dans les opérations de contre-insurrection, y compris en augmentant considérablement leur taille et leur capacité. Il s’agit des Bataillons d’intervention rapide (BIR), des unités militaires spéciales menant les opérations de contre-insurrection, et des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), une force auxiliaire recrutée parmi les civils, qui sont entraînés, armés, financés et coordonnés par les forces armées du Burkina Faso pour appuyer les opérations militaires.[103]

Ibrahim Traoré exerce le commandement sur les forces militaires par l’intermédiaire du ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants.[104] Au-dessous du ministre dans la chaîne de commandement se trouve le chef d’état-major général des armées (CEMGA), qui commande les opérations militaires au quotidien.[105] Toutes les formations militaires sont au final placées sous l’autorité du CEMGA dans la chaîne de commandement. Ainsi, Ibrahim Traoré, le ministre de la Défense et le CEMGA sont liés à toutes les opérations menées par l’armée burkinabè.

Bataillons d’intervention rapide (BIR)

Les Bataillons d’intervention rapide (BIR) constituent l’épine dorsale de l’armée sous le gouvernement Traoré. L'opacité de ces forces et l'évolution de leur chaîne de commandement au fil du temps compliquent les efforts de reddition des comptes.

Les deux premiers BIR ont été créés sous l’ancien dirigeant militaire Paul-Henri Sandaogo Damiba par un décret d’août 2022.[106] Peu après son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré s’est engagé dans une vaste expansion et restructuration de l’armée. Il a placé les BIR sous le commandement opérationnel du Commandement des opérations du théâtre national (COTN) et a placé, à son tour, le COTN sous le commandement du chef d’état-major général des armées (CEMGA).[107]

De même, Ibrahim Traoré a considérablement élargi les BIR au cours de sa première année au pouvoir. En novembre 2022, environ un mois après avoir dirigé le coup d’État, il a augmenté le nombre de BIR, passant des deux premiers créés par Paul-Henri Sandaogo Damiba, à un total de six.[108] Quelques mois plus tard, en mai 2023, il a créé six BIR supplémentaires et en octobre 2023, il a créé sept autres BIR, pour atteindre un total de 19.[109]

Trois décrets publiés en 2022, 2024 et 2025 établissent la mission des BIR comme suit : « intervenir, le plus vite possible et le plus en avant, en privilégiant la mobilité et la puissance de feu face à toute menace contre l’intégrité du territoire national » ; « assurer les escortes de grands convois logistiques au profit des Forces Armées Nationales ou de tout autre organisme » ; « participer à la lutte contre le grand banditisme aux côtés des forces de sécurité intérieure » et « préserver et perpétuer les traditions militaires. »[110]

En janvier 2024, Ibrahim Traoré a instauré une toute nouvelle chaîne de commandement pour les BIR, tout en augmentant leur nombre et en créant de nouvelles unités opérationnelles et de soutien à déployer aux côtés de ces BIR. Il a créé une Brigade spéciale d’intervention rapide (BSIR) dont le commandant supervise tous les BIR par le biais de l’un des quatre Groupes d’intervention rapide (GIR).[111]

Le commandant de la BSIR est directement placé sous l’autorité du CEMGA.[112] Deux commandants se sont succédé à la tête de la BSIR pendant la période couverte par ce rapport : Moussa Diallo et Théophile Nikièma. Le commandant de la BSIR est une personne d’une importance particulière dans la hiérarchie militaire car, dans la pratique, ce poste regroupe simultanément trois fonctions différentes : depuis la création de la brigade, Moussa Diallo et Théophile Nikièma ont tous deux occupé simultanément les fonctions de Chef d’état-major général adjoint des armées (CEMGAA) et de commandant du COTN, en plus du rôle de commandant de la BSIR.

Avec cette nouvelle structure de BSIR en place, Ibrahim Traoré a continué d’augmenter le nombre de BIR, créant quatre nouveaux BIR en janvier 2024 et trois autres en janvier 2025.[113] Au total, on dénombre 27 BIR stationnés dans le pays au moment de la rédaction du présent rapport.[114]

Comme documenté dans ce rapport et dans des publications précédentes de Human Rights Watch, des membres des BIR ont été impliqués dans de graves atteintes aux droits humains, y compris des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées et des pillages et destructions de biens civils.

Commandement des opérations du théâtre national (COTN)

Le Commandement des opérations du théâtre national est un centre de commandement des forces interarmées chargé de concevoir, organiser et soutenir ce que le gouvernement appelle des « opérations entrant dans le cadre de la lutte contre le terrorisme » dans le pays.[115] En plus de mener ses propres opérations, le COTN est responsable de la coordination des actions de toutes les forces de défense et de sécurité ainsi que des VDP, et peut réquisitionner des personnes, des services et des biens au besoin.[116]

Paul-Henri Sandaogo Damiba a créé le COTN.[117] Ibrahim Traoré l’a restructuré en novembre 2022, environ un mois après sa prise de pouvoir. Il a placé le COTN sous l’autorité du chef d’état-major général des armées (CEMGA), le chef d’état-major général adjoint des armées (CEMGAA) exerçant un contrôle opérationnel sur le commandant du COTN. Ibrahim Traoré a remplacé le lieutenant-colonel Yves Bamouni, commandant du COTN qui avait été désigné par Paul-Henri Sandaogo Damiba, nommant à sa place le colonel-major Célestin Simporé, en décembre 2022.[118] Depuis lors, chaque commandant du COTN a également occupé la fonction de CEMGAA et, après la création de la brigade en janvier 2024, celle de commandant de la BSIR.

Ibrahim Traoré a organisé le COTN en six unités opérationnelles, appelées Groupements de forces, une pour chaque région militaire.[119] Les Groupements de forces sont commandés par des officiers nommés par le président et sont chargés de sécuriser les zones sous leur contrôle.[120] Les commandants des Groupements de forces dirigent les opérations militaires dans leurs zones en établissant des postes de commandement conjoint qui rassemblent des représentants de toutes les unités participantes, ce qui facilite le partage d’informations et la coordination. Cette structure, instaurée pour la première fois en novembre 2022, s’est maintenue tout au long de la période documentée dans le présent rapport.[121]

Les commandants des Groupements de forces consultent le COTN lorsqu’ils ont besoin de renforts venant d’autres régions ou lorsqu’ils doivent prendre des décisions difficiles en cas d’attaque majeure contre eux, mais ils bénéficient par ailleurs d’une autonomie importante.[122]

En plus des six Groupements de forces, le COTN commande également un groupe logistique, un groupe de forces aériennes et un groupe d’artillerie.[123]

Les prévôts

Le 16 février 2023, l’Assemblée législative de transition du Burkina Faso a adopté un projet de loi visant à renforcer le rôle des prévôts, qui sont responsables de la discipline dans les forces armées et de la protection des droits des détenus lors des opérations militaires et dans les postes militaires.[124]

Selon l'article 241 du Code de justice militaire du Burkina Faso, les prévôts opéraient auparavant principalement dans les centres de commandement militaire et accompagnaient rarement les soldats lors d'opérations militaires. Ces restrictions ont sapé leur fonction essentielle de protection des droits des détenus et de réduction des abus. [125] Outre l'élargissement de leur rôle, la loi prévoit que les prévôts ont le statut d'officiers de police judiciaire, formés à l'instruction judiciaire.

Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP)

Les Volontaires pour la Défense de la Patrie ont été créés par un décret de 2020 publié par le président Kaboré pour servir de force auxiliaire à l’armée dans les opérations de contre-insurrection.[126]

Ibrahim Traoré a largement intensifié le recrutement de VDP après sa prise de pouvoir. En octobre 2022, les autorités militaires ont lancé une campagne pour recruter 50 000 VDP supplémentaires.[127] Selon les autorités burkinabè, il y a 90 000 VDP à travers le pays.[128]

Les VDP sont entraînés et armés par les militaires. Ils reçoivent 14 jours de formation « sur les règles d’engagement, la discipline et le respect des droits humains ».[129] La structure et la chaîne de commandement régissant les VDP ont changé depuis leur création.

À l’origine, les VDP étaient coordonnés sur trois niveaux : au niveau du village ou du secteur, au niveau du département ou de la commune, et au niveau de la région militaire sous la supervision du COTN.[130]

Le 16 novembre 2022, la structure des VDP a changé avec la création de la Brigade des Volontaires pour la Défense de la Patrie (Brigade VDP).[131]

Les VDP sont placés sous le commandement et le contrôle du CEMGA ainsi que sous la supervision de toute force militaire ou de sécurité qu’ils soutiennent dans une zone donnée.[132]

En décembre 2022, la junte a adopté une nouvelle loi régissant les VDP et établissant deux catégories de VDP : ceux appelés à servir localement, au sein de leur village ou de leur commune, et ceux qui opèrent dans tout le pays.[133] Les combattants VDP actifs au niveau local doivent être des habitants du village ou de la commune où leur groupe intervient.

Les VDP signent un contrat de 12 mois qui peut être renouvelé.[134] Ils reçoivent des primes pour la nourriture pendant les opérations, ainsi que d’autres formes de soutien financier, y compris une indemnisation pour toute invalidité temporaire ou permanente et le paiement des frais d’inhumation en cas de décès.[135]

Les VDP sont responsables devant les tribunaux locaux de tout acte répréhensible commis pendant leur service et il leur est spécifiquement interdit de commettre « tout acte contraire aux lois, aux règlements, aux us et coutumes de la guerre ainsi qu’aux conventions internationales auxquelles le Burkina Faso est partie ».[136]

Le recrutement des VDP a favorisé les communautés sédentaires et a mis à l’écart les éleveurs, y compris les Peuls.[137] De nombreux membres de l’armée et des VDP s’opposent au recrutement de Peuls dans les groupes de VDP parce qu’ils les soupçonnent de sympathiser avec les groupes armés islamistes. Cette marginalisation, aggravée par la crainte de représailles de la part des groupes armés islamistes, a, à son tour, conduit la quasi-totalité des Peuls à s’abstenir de rejoindre les VDP.

Comme Human Rights Watch l’a largement documenté dans ce rapport et dans des publications précédentes, les VDP ont commis de graves atteintes aux droits humains.[138] Leur recrutement et leurs actions ont également alimenté les tensions communautaires et exposé les civils à des représailles meurtrières de la part du GSIM.[139]

Armée

L’armée de terre est commandée par le chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT, à ne pas confondre avec le chef d’état-major général des armées, CEMGA) et est organisée en régions militaires qui supervisent les opérations de l’armée sur leur territoire.[140] L’armée a été restructurée et élargie depuis qu’Ibrahim Traoré a pris le pouvoir et a ajouté trois nouvelles régions militaires en novembre 2022, portant le nombre total de régions militaires à six.[141] Les régiments constituent les principales unités opérationnelles de l’armée, qui sont placées sous l’autorité du commandant de la région militaire.

Détermination des dates de fonction des commandants militaires

Des BIR jusqu’aux niveaux supérieurs de commandement, les commandants militaires sont nommés par décret. Comme dans de nombreuses armées à travers le monde, l’entrée en fonction des commandants a lieu lors d’une cérémonie. Il peut s’agir d’une « prestation de serment » par laquelle la personne prend ses fonctions de commandement ou bien d’une cérémonie de « passation » au cours de laquelle le commandant précédent transfère le commandement à son successeur. Dans la mesure du possible, Human Rights Watch a utilisé la date de ces cérémonies comme date de début ou de fin de fonction pour les commandants cités dans ce rapport. Lorsqu’aucune cérémonie n’a pu être trouvée, ce rapport indique la date de nomination, puis utilise la date la plus proche mentionnée par une source comme date à laquelle le commandant était en fonction.[142]

Groupes armés islamistes

Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM)

Le GSIM est un groupe armé affilié à Al-Qaïda qui, selon ACLED, cherche à contester l’autorité des gouvernements régionaux et à instaurer « un ordre social et politique djihadiste alternatif dans le Sahel central ».[143]

Le GSIM a vu le jour au Mali le 2 mars 2017, lorsque la branche saharienne du groupe armé Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a fusionné avec d’autres groupes armés islamistes : Ansar al-Dine, Al-Mourabitoune et le Front de libération du Macina (également connu sous le nom de Katiba Macina).[144] Le groupe armé a par la suite étendu ses opérations militaires dans la région du Sahel, attaquant des civils ainsi que des forces armées et des milices.[145]

Le GSIM est également en conflit depuis 2019 avec le groupe armé islamiste État islamique dans la province du Sahel (EIS).[146] Le GSIM considère l’EIS, qui suit une interprétation plus stricte de la loi islamique, comme hérétique en raison de sa position très critique vis-à-vis des autres communautés musulmanes et de désaccords fondamentaux sur la doctrine religieuse.[147]

Depuis 2017, le GSIM est dirigé par Iyad Ag Ghaly, ancien leader d’Ansar al-Dine. Iyad Ag Ghaly travaille en étroite collaboration avec son adjoint, Amadou Koufa, ancien leader de Katiba Macina et l’un des visages les plus connus du GSIM.[148]

Les revenus du GSIM proviennent de la zakat, ou taxe islamique, qu’il perçoit dans les zones qu’il contrôle, et de son implication dans des économies illégales, dont l’exploitation minière artisanale, le commerce informel de l’or, les enlèvements contre rançon, le vol de bétail et l’extorsion.[149]

Dans certaines régions du Burkina Faso, ainsi qu’au Mali et au Niger, le GSIM cherche à affirmer son contrôle en établissant certaines formes de gouvernance, notamment en fournissant un minimum de services, tels que le règlement des différends, la justice, l’éducation religieuse et la sécurité, afin de remporter un soutien local.[150]

Le GSIM est engagé à la fois dans une guerre conventionnelle, y compris des attaques conventionnelles à grande échelle contre des positions militaires importantes, et dans des combats asymétriques, tels que des raids éclair.[151] Les combattants du GSIM utilisent principalement des motos, ce qui leur permet d’être rapides et mobiles.[152] Le groupe armé emploie de plus en plus de drones pour mener des frappes, ainsi que des opérations de renseignement-surveillance-reconnaissance.[153] Le GSIM utilise également la technologie, comme l’Internet par satellite de Starlink, pour coordonner les attaques et communiquer dans les zones reculées.[154]

Zones d’opérations

Le Mali est le territoire historique des opérations du GSIM, mais depuis 2017, le GSIM s’est étendu du Mali au Burkina Faso à travers ses groupes armés burkinabè affiliés, connus sous le nom d’Ansaroul Islam, dirigé par Jafar Dicko, et de Katiba Hanifa, dirigé par Abou Hanifa, aussi dénommé Oumarou.[155] Ansaroul Islam et Katiba Hanifa ont tous deux été intégrés au GSIM, bien qu’ils aient conservé leurs propres identités. Alors qu’Ansaroul Islam opère dans tout le Burkina Faso, et en particulier dans les régions du nord et de l’ouest, Katiba Hanifa mène ses opérations principalement dans le sud-est du Burkina Faso.[156]

Selon ACLED, « l’influence et la portée [du GSIM] s’étendent à une grande partie du Sahel central et aux États côtiers d’Afrique de l’Ouest », et se sont élargies du Mali, son bastion traditionnel, au Burkina Faso, au Niger, au Bénin, au Ghana, à la Côte d’Ivoire et au Togo.[157]

Le GSIM est présent sur l’ensemble du territoire du Burkina Faso, et la plupart de ses opérations sont menées dans ce pays.[158]

Ansaroul Islam

Ansaroul Islam a été fondé à la fin de l’année 2016 par le prédicateur islamique Malam Ibrahim Dicko, originaire de la province du Soum, dans le nord du Burkina Faso. Malam Dicko a gagné en popularité en dénonçant la corruption, les inégalités et les abus commis par l’État, les chefs de clan peuls et les chefs traditionnels.[159] Vers 2009, il a commencé à diffuser son message dans les mosquées et les radios locales, principalement dans la région administrative du Sahel au Burkina Faso, par le biais d’une association religieuse locale visant à promouvoir l’islam qu’il a fondée, appelée Al-Irchad.[160] La popularité de Malam Dicko et les adhésions à Al-Irchad ont progressé régulièrement, mais son discours est devenu de plus en plus radical et, en 2012, il s’est associé à des groupes armés islamistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali.[161] Il s’est finalement allié à Katiba Macina, un groupe malien affilié à AQMI, et a formé Ansaroul Islam en 2016. Il est décédé en 2017 et son frère, Jafar Dicko, l’a remplacé à la tête d’Ansaroul Islam au Burkina Faso.[162]

Jafar Dicko, qui est considéré comme un allié proche d’Amadou Koufa et qui a la confiance d’Iyad Ag Ghaly, est l’émir, ou chef suprême, du GSIM au Burkina Faso.[163] L’adjoint de Jafar Dicko est son frère cadet Ousmane Dicko, qui est apparu dans plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux.[164]

Un rapport publié en août 2022 par l’organisation non gouvernementale Global Initiative Against Transnational Organized Crime indique que, bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite, « Ansarul Islam a coopéré étroitement avec le JNIM [GSIM] (et ses précurseurs) dès sa première attaque sur le sol burkinabè en 2016 et semble au fil du temps avoir été quasi-absorbé par la coalition du JNIM [GSIM] ».[165]

Le rapport poursuit : « [l]’évolution des relations entre Ansarul Islam et le JNIM [GSIM] en 2020 et 2021 est peu documentée, mais les attaques des deux groupes sont pour l’essentiel devenues indiscernables. Le JNIM [GSIM] revendique désormais des attaques menées par des unités dans des zones qui étaient auparavant des bastions d’Ansarul Islam, ce qui suggère que ce dernier a été effectivement absorbé par la coalition du JNIM [GSIM]. »[166]

Deux vidéos enregistrées et mises en ligne en avril et en mai 2025 par Ansaroul Islam, mettant en avant Jafar Dicko et son frère Ousmane Dicko, affichent toutes deux le logo de la Fondation Az-Zallaqa, la fondation de médias du GSIM.[167]

En janvier 2026, des analystes au sujet de la région du Sahel ont rapporté que Saa’d ou Sadou, un commandant du GSIM au Burkina Faso, avait fait défection vers l'EIS, emmenant avec lui plusieurs combattants.[168]

Recrutement

Les effectifs du GSIM sont estimés à plusieurs milliers de combattants. En 2024, les Nations Unies ont indiqué qu’il y avait entre 5 000 et 6 000 combattants du GSIM, en grande partie au Burkina Faso, mais aussi au Niger et au Mali.[169]

La plupart des combattants du GSIM sont des jeunes hommes et des garçons issus de communautés pauvres.[170] Ansaroul Islam a recruté dans toutes les communautés du Burkina Faso, mais principalement dans la communauté peule. Une combinaison de difficultés économiques, de marginalisation ethnique et de frustration face aux abus commis par l’armée a favorisé le recrutement au sein du GSIM.[171]

Structure et chaîne de commandement

Le GSIM dispose d'un système administratif à trois niveaux. Cette structure se compose d'un organe de direction central (le conseil de la Chura), d'un niveau intermédiaire structuré autour de régions administratives appelées manatiq et d'unités militaires appelées katiba, et d'un niveau local constitué de plus petites unités de combat appelées markaz et saryat.[172] Le GSIM possède une structure décentralisée, mais hiérarchique, conçue pour permettre la cohésion et la discipline malgré la vaste portée géographique du groupe. Les sous-groupes du GSIM fonctionnent avec une relative autonomie, mais la direction centrale définit l’orientation politique et militaire globale et applique la discipline.[173]

Source: https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2023/10/JNIM-Non-state-armed-groups-and-illicit-economiesin-wWest-Africa-GI-TOC-ACLED-October-2023.pdf, Credit: Héni Nsaibia

Selon un rapport de 2023 d’ACLED et de Global Initiative Against Transnational Organized Crime, la chaîne de commandement du GSIM est délibérément structurée pour transcender les limites administratives et les frontières nationales, ce qui permet au groupe armé de maintenir l’unité, d’imposer une orientation stratégique et d’atténuer toute tension interne potentielle. Le rapport indique qu’une caractéristique clé de ce système est le déploiement de hauts commandants dans les zones sensibles, en particulier dans la région de Gourma, afin de prévenir les fractures et de coordonner les diverses unités.[174]

En juillet 2025, les chercheurs de Human Rights Watch ont analysé la totalité des 67 vidéos publiées, entre le 25 avril 2022 et le 24 avril 2025, sur la chaîne de média officielle du GSIM sur ChirpWire. Ils ont constaté que seuls les plus hauts dirigeants avaient le visage découvert. La plupart des combattants ont le visage couvert ou flouté sur les vidéos, ce qui suggère que les chaînes de commandement inférieures sont délibérément masquées dans le contenu diffusé en dehors du GSIM.

Diffusion de la propagande

La Fondation Az-Zallaqa est le relais officiel de propagande du GSIM et a été créée en 2017, lors de la création du groupe armé. Elle produit des médias pour diffuser l'idéologie du GSIM, revendiquer des attaques, recruter des combattants et influencer l'opinion publique.[175]

Selon des analystes, le GSIM a hérité de capacités médiatiques établies des groupes qui l'ont formé, ce qui lui a permis de planifier stratégiquement sa propagande dès le début. Par exemple, le groupe a bénéficié d'une assistance substantielle d'AQMI dans la production de vidéos de haute qualité et il existe des similitudes significatives dans les thèmes narratifs, le style visuel et les aspects techniques du contenu audiovisuel entre le média de propagande d'AQMI, Al-Andalus, et les médias d'Al-Zallaqa du GSIM.[176]

Le GSIM maintient son principal canal médiatique, la Fondation Az-Zallaqa, sur Chirpwire, une application de médias sociaux cryptée.[177]

Selon Héni Nsaibia, analyste au sein d'ACLED et expert du GSIM, le contenu Az-Zallaqa est également diffusé via Signal, Telegram, Matrix et « les images du champ de bataille, y compris des vidéos d’attaques et de matériel saisi, circulent souvent rapidement sur les réseaux WhatsApp ». Selon Nsaibia, bien que les productions d’Az-Zallaqa soient généralement en arabe, français et anglais, « le GSIM a diversifié ses productions médiatiques grâce à des initiatives telles que le bulletin hebdomadaire Darul Murabitin, qui propose des briefings audio et des émissions vidéo de type actualité dans les langues locales, ainsi que des plateformes plus spécialisées comme Minbar al-Bayan et Chaîne al-Fath, et des médias ad hoc comme al-Nafir, al-Taghur et al-Qamar, généralement utilisés pour de la sensibilisation, des opérations ou des messages spécifiques ».[178]

Sanctions et obligation de rendre des comptes

Les dirigeants du GSIM ont fait l’objet de plusieurs types de sanctions et d’enquêtes. En juin 2024, une chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a descellé un mandat d’arrêt contre Iyad Ag Ghaly.[179] Le mandat, initialement émis sous scellés en juillet 2017, indique qu’Iyad Ag Ghaly est recherché pour crimes de guerre, y compris violences sexuelles, et crimes contre l’humanité commis dans le nord du Mali entre janvier 2012 et janvier 2013.[180] Iyad Ag Ghaly figure également sur une liste de sanctions de l’ONU depuis le 25 février 2013.[181]

En octobre 2018, l’ONU a ajouté le GSIM dans son ensemble à sa liste de sanctions.[182]

En septembre 2018, le Département d’État américain a désigné le GSIM comme une organisation terroriste étrangère.[183] Le Département d’État a également ajouté Amadou Koufa à la liste des terroristes mondiaux spécialement désignés en novembre 2019, les hauts commandants du GSIM Sidan Ag Hitta et Salem Ould Breihmatt en août 2021, ainsi que les dirigeants du GSIM Talha Al-Libi et Messaoud Belhireche Jafar en avril 2024.[184] Également en avril 2024, l’Office of Foreign Assets Control (Bureau du contrôle des avoirs étrangers) du Département du Trésor américain a sanctionné Jafar Dicko pour la prise en otage d’un ressortissant américain en Afrique de l’Ouest.[185]

En juin 2022, le Conseil européen a ajouté Jafar Dicko à la liste des sanctions de l’UE, ainsi que Sidan Ag-Hitta et Salem Ould Breihmatt.[186]

État islamique dans la province du Sahel

L’EIS cherche à établir un califat dans la région du Sahel « quels que soient les moyens ou le temps que ça prenne », selon un de ses chefs dans la région.[187] Il a mené des attaques à grande échelle contre des civils ainsi que contre des forces militaires régionales et internationales.[188] L’EIS a également été en conflit avec le GSIM.

L’EIS opère dans les régions du nord et de l’est du Burkina Faso, en particulier dans la région administrative du Sahel. Son bastion se trouve dans la région de Tillabéri au Niger ; il est également présent dans la région de Ménaka au Mali.[189]

Adnan Abou Walid Al-Sahraoui a créé l’État islamique dans le Grand Sahara (EISG) en 2015 après avoir rompu avec le groupe Al-Mourabitoun affilié à Al-Qaïda en raison de désaccords idéologiques et dans une volonté d’établir une présence djihadiste transnationale et radicale au Sahel sous la bannière de l’État islamique. Le groupe s’est rebaptisé EI au Sahel en 2022.[190]

Human Rights Watch a précédemment documenté de graves abus commis par l’EIS contre des civils au Burkina Faso, notamment des attaques contre des écoles et des églises.[191]

En août 2021, une frappe aérienne militaire française dans une zone frontalière entre le Mali et le Niger a tué Adnan Abou Walid Al-Sahraoui, le fondateur du groupe.[192] Depuis, le groupe a reconstitué sa chaîne de commandement et s’est réorganisé, passant « de violences de masse à une gouvernance plus structurée et à un contrôle territorial élargi, en particulier dans les régions maliennes de Ménaka et de Gao », selon ACLED.[193]


 

III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP

L’armée burkinabè et les VDP ont commis de graves abus contre des civils au cours de plusieurs dizaines d’opérations, y compris des meurtres illégaux et des exécutions sommaires ; des détentions arbitraires et au secret ; des actes de torture et d’autres mauvais traitements ; des pillages et des incendies de maisons ; ainsi que des vols de bétail. Ces abus ont également entraîné le déplacement de centaines de milliers de personnes vers d’autres régions du pays et vers les pays voisins.

Human Rights Watch a documenté 33 incidents dans les six régions militaires, entre janvier 2023 et avril 2025, ayant provoqué la mort d’au moins 1 255 civils, dont 193 enfants.

Circonstances des abus

Ces abus ont été commis dans le cadre d’opérations de petite, moyenne et grande ampleur.

Dans certains incidents, les forces militaires burkinabè et les VDP ont pris pour cible des civils en raison de leur collaboration supposée avec le GSIM ou en représailles à des attaques du GSIM. Dans d’autres cas, les forces en convois ont ciblé des civils apparemment parce qu’ils vivaient dans des zones contrôlées par le GSIM. Bon nombre des attaques semblent avoir visé des communautés peules et été fortement basées sur des critères ethniques. Dans certains cas, les attaques ont vraisemblablement été menées sur la base de critères purement ethniques.

Certains de ces abus ont impliqué un petit nombre de militaires ou de VDP, agissant conjointement ou séparément, au niveau de villages sur quelques heures ou sur une journée. D’autres incidents ont impliqué un nombre plus important de soldats, parfois plusieurs unités, et des membres de plusieurs groupes locaux de VDP, couvrant plusieurs villages ou communes sur quelques jours. D’autres encore ont eu lieu dans le cadre d’opérations à grande échelle, qui sont devenues fréquentes depuis le coup d’État de 2022, en particulier dans les régions du nord et de l’ouest. Ces opérations à grande échelle sont organisées par le commandement militaire central et peuvent inclure des centaines de soldats de l’armée et des BIR, des VDP, ainsi que des véhicules blindés et un appui aérien, tel que des hélicoptères ou des drones.

Les témoins ont identifié les forces gouvernementales de diverses manières. Ils ont décrit les personnes impliquées comme portant des uniformes militaires, conduisant des véhicules d’État connus pour être utilisés par les forces de sécurité et, dans plusieurs cas, comme s’étant présentées en tant que militaires. Dans d’autres cas, les témoins ont également vu des hélicoptères et des chars militaires – des équipements connus pour n’être utilisés au Burkina Faso que par l’armée nationale. Des témoins ont plus simplement décrit les assaillants présumés comme des « soldats » ou des « militaires », mais n’ont pas été en mesure de différencier clairement les soldats de l’armée régulière et ceux des BIR. Lorsqu’ils ont pu établir une distinction, la précision est reflétée dans les descriptions des cas. La plupart des témoins n’ont pas été en mesure d’identifier individuellement des membres des forces de sécurité, des commandants ou des unités impliqués dans les violations commises par les forces de sécurité décrites ci-dessous. Les témoins ont distingué les VDP aux vêtements qu’ils portaient – des uniformes militaires incomplets sans galons – et à leur équipement rudimentaire (pas de bottes, pas de casques, pas de gilets pare-balles). Parfois, ils ont également reconnu parmi les VDP des individus venant de leur propre village ou ville.

Frappes de drones

L’armée burkinabè a mené trois frappes de drones entre août et novembre 2023 qui ont tué au moins 60 civils, en violation grave du droit de la guerre. Les frappes ont eu lieu le 3 août 2023 à Bouro, dans la région du Sahel ; le 21 septembre 2023 à Bidi, dans la région du Nord ; et le 5 novembre 2023 à Boulkessi, au Mali. Dans chaque cas, des drones ont attaqué des rassemblements civils : un enterrement (Bidi) et deux marchés bondés (Bouro et Boulkessi).

Ces frappes ont tué et blessé des civils ; des survivants ont décrit des scènes de dévastation, notamment des corps déchiquetés et des enfants parmi les morts. Des témoins ont expliqué qu’il n’y avait eu aucun avertissement et que, même si des combattants du GSIM étaient présents sur les deux marchés visés, aucun effort visible n’a été fait pour vérifier les cibles ou protéger les civils.

L’utilisation de drones de combat dans ces contextes pourrait constituer des violations du droit de la guerre, qui interdit les attaques délibérées contre des civils ainsi que les attaques aveugles et disproportionnées. Dans un rapport publié en janvier 2024, Human Rights Watch a appelé le gouvernement burkinabè à enquêter sur les frappes en tant que crimes de guerre apparents, à traduire en justice les responsables et à fournir un soutien adéquat aux victimes et à leurs familles.[194] À ce jour, aucune enquête gouvernementale n’a été menée sur ces frappes.

 

Attaques contre des civils peuls sur la base de l’appartenance ethnique

Human Rights Watch a documenté de nombreuses violations perpétrées par les forces militaires et les VDP contre les Peuls, y compris des meurtres illégaux, des exécutions sommaires, des pillages et des destructions de leurs biens, ainsi que des déplacements forcés. Human Rights Watch a constaté que les attaques visant la population civile peule étaient généralisées et systématiques et constituaient donc des crimes contre l’humanité de meurtres, de persécutions et de déplacements forcés, entre autres.

Des dizaines de civils peuls interviewés pour ce rapport ont indiqué à Human Rights Watch que, pendant les attaques ou à la suite de celles-ci, des militaires ou des VDP ont déclaré qu’ils tueraient tous les Peuls ou les chasseraient de leurs terres.

Les forces militaires et les VDP ont ciblé les communautés peules en raison de leur collaboration présumée avec les groupes armés islamistes, qui ont fortement recruté parmi les populations peules au Burkina Faso ainsi que dans toute la région du Sahel. Cette perception, renforcée par des préjugés ethniques de longue date, par la marginalisation sociale, économique et politique et par le chevauchement géographique entre campements peuls et les bastions des groupes armés islamistes, a conduit les militaires et leurs milices alliées à faire l’amalgame entre les Peuls et les combattants islamistes.

Attaques contre des civils pour collaboration présumée avec le GSIM

Les militaires et les VDP ont ciblé des civils, peuls et non peuls, pour leur collaboration présumée avec le GSIM. Ils ont également mené de vastes attaques de représailles contre des civils au lendemain d’attaques du GSIM contre les forces gouvernementales et les VDP.

Le droit de la guerre interdit les représailles contre les civils, ainsi que les punitions collectives.[195] Les recherches de Human Rights Watch indiquent que l’armée burkinabè et les VDP ont mené de nombreuses attaques contre des civils à la suite d’attaques du GSIM contre des positions de l’armée ou des VDP et d’autres cibles stratégiques, y compris des infrastructures de télécommunications.

Attaques contre des civils lors d’opérations visant à sécuriser des convois de ravitaillement ou d’autres convois

Les forces gouvernementales ont mené de nombreuses attaques contre des civils au cours d’opérations visant à sécuriser des convois de ravitaillement se dirigeant vers des villes et des villages assiégés par le GSIM ou vers d’autres zones d’accès restreint.

Un analyste senior d’un think tank international a constaté que des meurtres de civils avaient eu lieu lors d’activités militaires destinées à sécuriser ou à rouvrir les routes d’approvisionnement dans des zones assiégées par les djihadistes ou touchées par l’insécurité de longue date. Il a indiqué que les soldats entraient souvent dans des régions qu’ils ne contrôlaient pas et traitaient toutes les personnes qu’ils rencontraient comme des combattants islamistes présumés simplement parce qu’elles vivaient dans un territoire sous l’emprise de groupes armés. Cette stratégie de « nettoyage des routes » – essentiellement des tirs à vue près des itinéraires des convois – reflète une approche tactique qui accorde, de façon illégale, la priorité aux avancées militaires par rapport à la protection des civils, a-t-il expliqué, causant de graves préjudices aux populations locales.[196]

Le GSIM a entravé à plusieurs reprises l’accès aux villages et aux villes assiégés, en enfouissant des engins explosifs improvisés (EEI) le long des routes, en détruisant les infrastructures routières et en attaquant les convois de ravitaillement. Ces attaques ont conduit le gouvernement à exiger que les convois soient par l’armée.[197]

La radio française Radio France Internationale (RFI) d et le groupe de défense des droits burkinabè Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) ont rapporté que, le 1er février 2023, les forces de sécurité escortant un convoi vers la mine industrielle de Boungou dans la région de l’Est du Burkina Faso ont tué au moins 30 civils, dont sept femmes, à Piega, Sakoani et Kankagou.[198] Le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête le 3 février 2023, dont le statut reste inconnu.[199]

Le journal français Libération a signalé qu’entre le 27 avril et le 19 mai 2024, des soldats de BIR et des VDP escortant deux convois distincts, organisés pour apporter des approvisionnements à des localités assiégées par les combattants du GSIM, ont tué jusqu’à 400 civils sur leur itinéraire vers ces localités et sur le trajet retour.[200] Selon Libération, un convoi a quitté Dori, dans la province du Sahel, le 27 avril 2024, escorté par le BIR 5 et le BIR 9, ainsi que par des VDP, avant d’atteindre la ville assiégée de Mansila, dans la même région, le 4 mai 2024 et de retourner à Dori le 10 mai 2024. Un deuxième convoi a quitté la ville de Fada N’Gourma, dans la région de l’Est, le 4 mai 2024, escorté par les BIR 4, BIR 12, BIR 19, BIR 20 et des VDP ; il a atteint la ville de Foutouri, dans la même région, le 7 mai 2024 ou plus tard, avant de retourner à Fada N’Gourma le 19 mai 2024.

RFI a décrit que, le 21 mai 2025, plus de 100 civils ont été tués dans plusieurs villages du district de Dori et de Gorgadji, dans la région du Sahel. Citant des sources locales, RFI a indiqué que le massacre a été commis par des soldats et des VDP escortant un convoi de ravitaillement qui revenait d’Arbinda, une ville assiégée par le GSIM depuis 2022 au minimum.[201] RFI a rapporté les propos d’habitants des villages de Tafagou et Nobiol, qui ont signalé qu’au moins 105 personnes avaient été tuées et enterrées dans des fosses communes. Human Rights Watch s’est entretenu avec une femme de Tafagou qui a fui le village lorsque les soldats et les VDP sont arrivés et qui est revenue après leur départ. Elle a dit avoir vu les corps d’au moins 13 civils, y compris deux femmes, dont une était enceinte, deux filles et un nouveau-né. Human Rights Watch s’est également entretenu avec une femme qui a fui Nobiol lorsque le convoi militaire est arrivé et qui est revenue une fois les assaillants partis. Elle a expliqué qu’elle avait trouvé au moins 100 corps gisant au sol, principalement des femmes et des enfants. Le 31 mai 2025, le ministre de la Défense burkinabè a rejeté les allégations formulées par RFI, les qualifiant de « graves et diffamatoires », « visant à déstabiliser le pays » et « à ternir l’image » de l’armée et des VDP.[202]

Human Rights Watch a documenté deux autres cas d’attaques contre des civils par l’armée burkinabè et les VDP lors d’opérations de convoi en avril 2023 et entre janvier et mars 2025.[203]

La section suivante présente en détail les violations du droit de la guerre et des droits humains documentées par Human Rights Watch impliquant les militaires burkinabè et les milices alliées dans les six régions militaires du pays. S’appuyant sur des témoignages et d’autres sources et documents disponibles, ce compte rendu décrit des schémas d’exécutions extrajudiciaires, d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, de tortures, de pillages et de déplacements forcés attribués aux forces militaires et aux VDP lors d’opérations de contre-insurrection.

1re région militaire (régions administratives du Nord et du Centre-Nord)

Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023

Début février 2023, l’armée burkinabè et les VDP ont tué au moins huit hommes et un garçon peuls et ont fait disparaître de force un autre homme dans deux séries d’attaques distinctes, mais coordonnées, contre Bonsonmoré et Goutoula, deux villages distants de six kilomètres dans la région du Nord, selon des témoins. Ceux-ci ont raconté que les VDP parlaient en mooré et portaient des uniformes militaires sans épaulettes, contrairement aux uniformes des soldats. Ils ont expliqué que les forces étaient venues de Ouahigouya, à environ 12 kilomètres à l’est de Bonsonmoré, et ont attaqué des Peuls, alléguant qu’ils collaboraient avec les combattants islamistes. Le GSIM a ensuite expulsé de force de nombreux habitants des deux villages.

L’attaque de Bonsonmoré a eu lieu dans une zone où le GSIM opérait. Un homme de Bonsonmoré âgé de 70 ans a indiqué que des combattants du GSIM étaient présents dans le secteur avant l’attaque, faisant pression sur la population pour qu’elle rejoigne leurs rangs. Cependant, il a expliqué : « Les Peuls ont refusé de les aider, [même si] la pression [sur eux] était forte... [C]ela a conduit à un amalgame erroné entre les terroristes et nous, car les VDP et les militaires pensaient que nous collaborions avec les terroristes. »[204]

Les forces gouvernementales ont d’abord ciblé le quartier peul de Bonsonmoré. Elles ont tiré sans distinction sur les personnes qui s’enfuyaient. Deux témoins ont raconté que les assaillants y ont tué trois hommes, puis brûlé plusieurs motos. Les forces ont continué leur route jusqu’à Goutoula, où, selon deux autres témoins, elles ont fouillé les maisons peules et tué un garçon de 16 ans et quatre hommes. Les VDP sont retournés à Bonsonmoré le lendemain et ont enlevé deux autres hommes peuls. Le corps de l’un d’eux a été retrouvé plus tard, tandis que le sort du second est inconnu.

Une femme de 50 ans qui a perdu son frère lors de la première attaque à Bonsonmoré a vu les militaires entrer dans son quartier « à bord de quatre pick-up équipés de mitrailleuses » et des VDP à moto. « Ils ont commencé à tirer, alors je me suis cachée dans la maison, effrayée », a-t-elle dit, précisant qu’il y avait eu des tirs nourris pendant environ 30 minutes.[205]

L’homme de Bonsonmoré âgé de 70 ans a raconté qu’il s’était caché dans une maison et qu’il a vu des VDP exécuter deux de ses neveux :

Quand les tirs ont commencé, les gens ont paniqué et ont couru en tous sens. Mon neveu a essayé de calmer les gens qui couraient, et un VDP l’a saisi par le bras, tandis qu’un autre lui a tiré une balle dans la nuque... Mon autre neveu s’est agenouillé et a mis les mains en l’air, il a montré à un VDP sa carte d’identité, mais il a été abattu d’une balle au côté gauche.[206]

L’homme a ajouté que, lorsque les militaires et les VDP sont partis, il a récupéré les corps de ses deux neveux ainsi que celui d’un autre homme, qui avait été tué d’une balle dans l’œil droit. Il a enterré les trois corps dans son champ. « Une délégation de Bonsonmoré a demandé à l’armée la permission de les enterrer », a expliqué l’homme. « Les militaires ont accepté, mais ils n’ont rien dit sur le fait qu’ils ont tué des innocents. »[207]

Après Bonsonmoré, les forces de sécurité ont attaqué Goutoula. Un homme de 41 ans a déclaré avoir fui vers la brousse voisine lorsqu’il a vu des véhicules militaires et des VDP à moto approcher de la ville. Plus tard, quand il est revenu, il a trouvé les corps de son frère, de trois autres hommes et d’un adolescent. Il a indiqué que son frère avait été tué d’une balle dans le côté gauche de l’abdomen. « Nous les avons enterrés dans des tombes individuelles », a expliqué l’homme. Il a également constaté que « presque toutes les maisons du quartier peul avaient été ouvertes par effraction et certaines pillées ».[208]

Le lendemain, quatre VDP sont retournés à Bonsonmoré et ont enlevé deux hommes. L’homme de 70 ans a raconté que les VDP avaient bandé les yeux des hommes et leur avaient lié les mains dans le dos en disant : « Tuez-les ! Tuez-les tous ! » avant d’emmener l’un des hommes arrêtés vers un puits. L’homme a décrit avoir entendu des coups de feu quelques minutes plus tard et avoir ensuite trouvé un corps dans le puits. Il ne savait pas ce qui était arrivé au deuxième homme.[209]

Human Rights Watch a examiné deux listes de victimes, établies par des habitants, qui comprenaient les noms des quatre hommes tués à Bonsonmoré, âgés de 30 à 75 ans, de l’adolescent, des quatre hommes tués à Goutoula, âgés de 16, 29, 30, 32 et 44 ans, et de l’homme de 32 ans disparu à Bonsonmoré.

Environ une semaine après la deuxième attaque à Bonsonmoré, des combattants du GSIM se sont rendus à Bonsonmoré et à Goutoula, ont accusé la population de collaborer avec les VDP et les militaires et leur ont ordonné de partir sous peine d’être tués. « Ils nous ont donné 24 heures », a raconté un habitant de Bonsonmoré âgé de 41 ans. « Nous avons demandé plus de temps, mais ils ont dit que si nous restions plus longtemps, nous serions tous tués. »[210] Des habitants ont confirmé que de nombreuses personnes avaient fui les deux villages et cherché refuge dans des localités voisines.

Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023

Le 29 mars 2023, l’armée burkinabè et les VDP semblent avoir exécuté sommairement cinq hommes peuls à Zambanga, un village peuplé de membres des ethnies mossi et peule. Deux témoins et un habitant ont raconté que les forces de sécurité sont entrées dans le village et ont arrêté cinq hommes peuls. Plus tard ce jour-là, des villageois ont trouvé leurs corps, criblés de balles, au cimetière de Zambanga. Des habitants ont déclaré que l’incident s’était produit dans un contexte de « combats incessants » entre le GSIM d’un côté et l’armée et les VDP de l’autre, sur fond de sentiment anti-peul croissant.[211]

Un homme de 46 ans a expliqué :

Il y avait des affrontements quasi quotidiens... Les djihadistes passaient [par le village] et les VDP les poursuivaient... Nous voyions les VDP revenir avec leurs blessés et leurs morts... Les affrontements avaient lieu près du village, dans la brousse, à une distance de trois à six kilomètres de Zambanga et près des villages voisins... Plus il y avait de combats, plus les VDP nous ciblaient, nous les Peuls.[212]

Des témoins ont raconté que l’armée et les VDP ont arrêté les cinq hommes à Zambanga le jour même où des combattants du GSIM ont tué un homme et incendié l’antenne de télécommunication de Gaoga, un village situé à environ 10 kilomètres de Zambanga.[213] « Ils [les combattants islamistes] sont arrivés par le côté nord du village [Gaoga] en tirant, entre 8 h et 9 h du matin », a décrit un homme de Gaoga âgé de 70 ans. « Ils ont brûlé la tour, tué un donso [chasseur traditionnel] et ont ensuite continué leur chemin vers Zambanga. »[214]

Des témoins à Zambanga ont expliqué que les militaires étaient venus à bord de quatre pick-up, accompagnés par des VDP roulant sur une centaine de motos et par un hélicoptère. « Ils ont encerclé le village, puis un groupe de VDP est entré dans une maison et a embarqué cinq jeunes hommes », a relaté une femme de 40 ans. « Quelques minutes plus tard, nous avons entendu des coups de feu. »[215]

Des témoins ont pu identifier certains des VDP impliqués comme étant des habitants de Boulsa et ils en ont désigné deux par leur nom.

L’homme de 46 ans a déclaré que, lorsque les militaires et les VDP sont partis, il a trouvé les corps des cinq hommes arrêtés « allongés sur le ventre » avec des blessures par balles. « Un a été touché à la poitrine, deux à la tête et les deux autres sur le côté », a-t-il décrit. « L’un d’eux tenait encore sa carte d’identité dans sa main... Nous les avons enterrés dans la même tombe. »[216]

Human Rights Watch a examiné une liste établie par des témoins et d’autres habitants de Zambanga avec les noms des cinq victimes, des hommes âgés de 20 à 30 ans.

L’homme a raconté que lui et d’autres hommes peuls se sont rendus plus tard à la gendarmerie de Boulsa, à sept kilomètres, pour signaler l’incident, mais que les gendarmes ne les ont pas crus et ont menacé de les tuer.[217]

Suites de l’incident

Après le meurtre des cinq jeunes hommes, la communauté peule de Zambanga, de plus en plus inquiète pour sa sécurité alors que les incursions des VDP et les affrontements entre l’armée et le GSIM se poursuivaient, a fui le village.[218]

Deux semaines après la découverte des corps des cinq hommes, les VDP sont retournés deux fois à Zambanga. La première fois, ils ont battu au moins quatre femmes peules ; la deuxième fois, quelques jours plus tard, ils ont tué le chef traditionnel peul local âgé de 80 ans.

Une des femmes agressées ce jour-là a expliqué que tous les hommes avaient quitté le village à l’approche des VDP et qu’elle était chez elle avec trois autres femmes lorsque deux VDP ont fait irruption dans la maison. « Ils nous ont demandé : “Où sont vos maris ?” Nous avons répondu que nos maris étaient au forage ou dans les champs », a-t-elle raconté. « Ils ont dit que nos maris sont des djihadistes et que toutes nos maisons sont pleines d’armes. » Elle a ajouté que les VDP lui ont ordonné de sortir tout ce qu’elle avait dans la maison, puis ont fouillé le lieu à la recherche d’armes mais n’en ont trouvé aucune. « Alors, un VDP m’a giflée, et j’ai failli m’évanouir », a-t-elle poursuivi. « Puis il a sorti un fouet et a battu une autre femme qui avait son bébé dans le dos... ainsi que les deux autres femmes. »[219]

Des témoins et d’autres habitants ont rapporté que le meurtre du chef avait choqué la communauté peule, poussant de nombreuses familles à fuir le secteur et à chercher refuge dans la brousse, dans d’autres régions ou dans les pays voisins.

Karma, région du Nord, 20 avril 2023

Dans un rapport datant du 4 mai 2023, Human Rights Watch a documenté que l’armée burkinabè a tué 156 civils, dont 83 hommes, 28 femmes et 45 enfants, lors d’une attaque violente en avril 2023 contre le village de Karma et ses environs.[220] Les forces ont également incendié des maisons et pillé des biens. Des survivants, leurs proches et des groupes de la société civile ont publiquement dénoncé les meurtres lors d’une conférence de presse.[221] Le procureur local a ouvert une enquête, mais au moment de la rédaction du présent rapport, personne n’a été tenu pour responsable de ces actes.

Presque tous les corps ont été retrouvés à Karma. Onze des personnes tuées avaient été ligotées et avaient les yeux bandés. En plus des victimes trouvées à Karma, neuf autres corps ont été retrouvés dans les villages voisins de Dinguiri, Kèrga et Ramdola.[222]

Des survivants ont déclaré que les meurtres avaient eu lieu au cours d’une opération militaire qui avait duré six heures. Selon eux, ce massacre a eu lieu en représailles aux attaques menées par des groupes armés islamistes contre les troupes burkinabè et les VDP plus tôt dans le mois. Le 15 avril 2023, des combattants du GSIM avaient tué six soldats burkinabè et trente-quatre VDP dans le village d’Aeroma, à cinq kilomètres de Karma.[223]

Des témoins ont expliqué que les soldats ont encerclé le village, sont passés de porte en porte, fouillant et pillant les maisons, ont ordonné aux habitants de sortir et les ont frappés. Les soldats ont ensuite rassemblé les villageois en groupes et ont ouvert le feu, y compris sur les personnes qui se sont enfuies pour se protéger, qui se sont cachées dans des maisons ou qui ont supplié pour avoir la vie sauve. Des témoins à Ouahigouya ont déclaré qu’avant l’attaque de l’armée, ils avaient vu des membres du Bataillon d’intervention rapide 3 dans le convoi quitter Ouahigouya tôt dans la matinée du 20 avril 2023 et se diriger vers Karma. « J’ai vu qu’il était écrit "BIR 3" sur leurs uniformes », a confirmé un habitant de Ouahigouya.[224]

Le procureur général de la capitale de la province, Ouahigouya, a déclaré le 23 avril 2023 que « des personnes arborant des tenues de nos forces armées nationales » auraient tué une soixantaine de personnes à Karma et a annoncé qu’une enquête était en cours. Le 27 avril 2023, le ministre de la Communication, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a promis que le gouvernement « fera absolument tout ce qui relève de ses prérogatives pour la manifestation totale de la vérité dans ce drame ». Plus de deux ans et demi plus tard, il n’y a eu aucun progrès dans l’enquête et personne n’a été tenu pour responsable des meurtres.

Après l’attaque militaire, presque tous les habitants ont fui Karma. En juillet 2025, ils n’étaient pas encore rentrés au village.

Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023

Le 20 avril, des VDP semblent avoir tué sommairement cinq hommes peuls dans la ville de Barsalogho. Un homme peul de 35 ans a déclaré qu’il était le seul survivant de l’attaque et que les victimes étaient ses proches. Il a indiqué qu’au moment de l’incident, presque « tous les Peuls avaient fui Barsalogho » et que sa famille était sur le point de partir elle aussi.[225]

« Les djihadistes avaient attaqué les VDP autour de Barsalogho à plusieurs reprises, et même si ma famille était bien connue dans la ville, nous sentions un risque croissant de représailles, y compris au travers des menaces et des rumeurs circulant dans la communauté », a raconté l’homme. « Alors, nous avons décidé que nos femmes et nos enfants devaient partir et que nous les suivrions après avoir vendu nos maisons et notre bétail. »[226]

L’homme a expliqué que, le 20 avril 2023, à la suite d’une attaque du GSIM contre des VDP au nord de Barsalogho, des VDP conduisant au moins 20 motos ont pris d’assaut la maison de sa famille dans le sud-est de la ville et ont commencé à tirer. « J’ai réussi à m’échapper et j’ai cherché refuge au poste de la gendarmerie, où je suis resté pendant 24 heures jusqu’au [moment où] les gendarmes m’ont confié quatre personnes pour me raccompagner chez moi et procéder aux enterrements. »[227]

L’homme a trouvé les corps de ses cinq frères et cousins à l’extérieur de la maison de son père, tous avec des blessures par balles à la poitrine et à la tête, « à l’exception de mon jeune frère qui avait été mutilé... [S]es mains et ses pieds avaient été coupés. »[228]

L’homme a fourni les noms des cinq personnes tuées, des hommes âgés de 20 à 60 ans. Il a indiqué qu’il avait fui Barsalogho après l’incident pour demander l’asile dans un pays voisin.

Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024

Dans un rapport datant d’avril 2024, Human Rights Watch a documenté que des militaires burkinabè avaient tué sommairement au moins 223 civils, dont au moins 56 enfants, dans les villages de Nondin et Soro, le 25 février 2024, dans l’une des pires atrocités commises par l’armée au Burkina Faso depuis 2016.[229] À Nondin, des soldats ont tué 44 personnes, dont 20 enfants. Puis, dans le village voisin de Soro, ils ont tué 179 personnes, parmi lesquelles 69 femmes, dont quatre étaient enceintes, et 36 enfants, dont 19 garçons et 17 filles.

Selon certains témoins, les meurtres ont été perpétrés en représailles à une attaque menée plus tôt dans la journée par le GSIM contre un camp de militaires et de VDP à l’extérieur de la capitale de la province, Ouahigouya, à environ 25 kilomètres de Nondin.

Des témoins ont relaté qu’entre 8 h 30 et 9 h du matin, environ 30 minutes après qu’un groupe de combattants islamistes est passé près du village en criant « Allah Akbar ! » (Dieu est grand), un convoi militaire est arrivé à Nondin, comprenant plus de 100 soldats burkinabè à bord de motos, de pick-up et d’au moins deux véhicules blindés. Ils ont expliqué que les soldats sont allés de porte en porte, ont rassemblé les villageois en groupes avant d’ouvrir le feu sur eux. Des soldats ont également tiré sur des personnes qui tentaient de s’enfuir ou de se cacher. Les villageois ont décrit un scénario similaire à Soro, où des soldats sont arrivés environ une heure plus tard et ont tiré sur des personnes qui avaient été rassemblées ou qui tentaient de se cacher ou de s’échapper.

Le 25 février 2024, le radiodiffuseur d’État RTB a rapporté « une attaque d’envergure » lancée par des combattants islamistes vers 7 heures du matin contre la base militaire « du bataillon mixte » à Ouahigouya.[230] Il a précisé que les soldats d’un BIR avaient « pris les fuyards en chasse » en direction de Thiou et « neutralisé le maximum de ceux qui ne pouvaient pas aller vite ».[231] Le rapport, qui ne fait aucune référence aux victimes civiles, indique que les soldats ont demandé que les drones ne suivent pas les combattants qu’ils pourchassaient, et de « leur laisser ce groupe.»

Des images satellites du 22 novembre 2024 montrent des structures en béton à l’emplacement de deux fosses communes précédemment géolocalisées par Human Rights Watch. Le 6 mai 2024, Human Rights Watch a reçu deux nouvelles vidéos d’un survivant qu’il aurait enregistrées la veille, montrant des personnes construisant des structures en béton autour de deux des fosses communes. Sur l’une des structures, la phrase « Ici reposent 39 personnes du massacre du 25 février 2024. Que leurs âmes reposent en paix. Village de Soro. » est gravée en français.  Image © 2025 Airbus. Google Earth. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Le 1er mars 2024, Aly Benjamin Coulibaly, procureur du tribunal de grande instance de Ouahigouya, a déclaré dans un communiqué qu’il avait reçu des informations faisant état d’« attaques meurtrières massives » contre les villages de Komsilga, Nondin et Soro le 25 février 2024, avec un bilan provisoire d’« environ 170 personnes exécutées » et d’autres blessées, et qu’il avait ordonné une enquête.[232] Aly Benjamin Coulibaly a indiqué qu’il s’était rendu sur les lieux des incidents avec la police judiciaire le 29 février, mais qu’il n’avait pas pu localiser les dizaines de corps qui lui avaient été signalés.[233]

Plus d’un an et demi plus tard, aucun progrès n’a été annoncé dans l’enquête et les autorités semblent n’avoir pris aucune mesure pour traduire en justice les responsables des meurtres de Nondin et Soro.

Après les attaques, presque tous les habitants de Nondin et Soro ont fui, « la majorité à Ouahigouya, en quête de protection et d’assistance. »[234] Au 30 avril 2025, Soro était encore vide, tandis que peu de personnes étaient retournées à Nondin, selon des activistes locaux.

Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024

À la fin du mois de mai 2024, des VDP ont attaqué Torobo, un village principalement peuplé de Peuls, et ont incendié des maisons. Plusieurs témoins ont indiqué que, selon eux, les VDP visaient la communauté parce qu’elle vivait dans une zone contrôlée par le GSIM. Des combattants du GSIM étaient venus à Torobo au moins deux fois en avril 2024, menaçant la population et tentant sans succès de recruter des hommes dans leurs rangs et de collecter la zakat, ou taxe islamique.

Un homme de 47 ans a expliqué que, lorsque les combattants du GSIM sont arrivés pour la première fois en avril 2024, ils ont rassemblé tous les villageois devant la mosquée, leur ont dit « de quitter leur travail » et de rejoindre le « djihad ». Ils sont revenus une semaine plus tard pour collecter la zakat. « Ils ont compté mes chèvres et mes moutons, il y en avait 47 », a-t-il raconté. « Ils ont pris une chèvre et sont partis. »[235] Un homme de 43 ans a déclaré : « Ils ont proféré… des menaces, disant que nous devions nous joindre à eux pour être de bons musulmans et que si nous ne le faisions pas, nous en subirions les conséquences. »[236]

D’après les témoignages, le jour de l’attaque des VDP, ceux-ci sont arrivés à Torobo vers 16 heures à bord de dizaines de motos et ont tiré sur les personnes, provoquant leur fuite. « Nous avons tous couru dans la brousse, et nous pouvions voir de la fumée et des flammes s’échapper du village », a décrit une femme de 39 ans.[237]

Des témoins pensaient qu’un homme de 20 ans avait été tué dans l’attaque, mais Human Rights Watch n’a pas pu le confirmer.

Des témoins ont raconté qu’ils ont fui vers la ville de Ouahigouya, à environ 25 kilomètres de là, où certains ont dormi dehors près d’un enclos à bétail, tandis que d’autres ont été hébergés par des familles locales. Ils ont ajouté que le lendemain, des VDP les ont attaqués à nouveau dans la ville, ce qui a conduit la police à intervenir.

L’homme de 43 ans a déclaré que, près de l’enclos à bétail, les VDP les ont encerclés lui ainsi que d’autres personnes déplacées et ont battu deux de ses frères avec leurs fusils. La police est finalement intervenue et a emmené les victimes dans les locaux du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples, un groupe de défense des droits humains local. « Les VDP étaient armés de Kalachnikovs [fusils d’assaut] et très furieux quand ils nous ont vus », a-t-il expliqué. « Ils nous ont traités de terroristes en mooré et ont dit que nous devions tous être exécutés sur-le-champ. »[238]

Une femme de 25 ans a indiqué avoir fui Torobo avec son fils de 9 ans et quatre autres femmes. Elle est arrivée à Ouahigouya tôt le matin et a été accueillie par une famille bobo locale. Elle a raconté :

Un groupe d’environ 15 VDP armés a pris d’assaut l’endroit et a demandé au propriétaire s’il y avait des Peuls dans sa maison. Le propriétaire a répondu : « Il n’y a que des femmes. » … Un VDP a allumé sa torche, il a vu mon fils et a dit : « Ça c’est un homme. » Il l’a pris par une main ; je l’ai attrapé par l’autre main et je me suis mise à crier... Entre-temps, la police est arrivée et les VDP nous ont laissés partir, moi et mon enfant.[239]

Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024

Le 13 juillet 2024, vers 8 heures du matin, des militaires burkinabè et des VDP sont entrés dans le village de Touka, à cinq kilomètres au sud de la ville de Kongoussi, suivis d’un hélicoptère militaire, et ont tué au moins sept civils, dont cinq enfants. Douze maisons et 10 greniers ont également été détruites. De l’avis de plusieurs témoins, l’attaque a été menée en représailles à des attaques antérieures du GSIM contre les forces gouvernementales, et, selon eux, l’armée et les VDP ont ciblé la communauté locale parce qu’ils l’accusaient d’abriter des combattants islamistes.

Un maître coranique, âgé de 67 ans, a raconté :

Environ une semaine avant l’attaque, les djihadistes ont tendu une embuscade à l’armée entre Touka et Kongoussi, puis ils se sont repliés sur Touka avec leurs blessés et ont demandé de l’eau. Nous leur avons donné de l’eau et ils sont partis. Je pense que c’est pour ça que nous avons été attaqués par les militaires. Ce sont juste des représailles.[240]

Un homme de 45 ans dont la femme, la fille et le frère aîné ont été tués dans l’attaque a rapporté que l’armée et les VDP étaient venus sur des centaines de motos, suivis d’un hélicoptère de couleur camouflage. « Nous nous sommes enfuis, mais mes proches se sont cachés dans la maison, et nous avons vu l’hélicoptère larguer une bombe », a-t-il décrit. « Lorsque nous sommes retournés au village, nous avons trouvé sept corps carbonisés dans la maison. On n’a pas pu vraiment les enterrer. Nous les avons juste recouverts avec les restes de la maison détruite. »[241]

Le maître coranique a expliqué que, lorsqu’il est retourné à Touka, il a trouvé « un village en ruines. L’armée et les VDP ont tout pris. Ils ont volé mes 30 vaches, pillé ma maison. Ils ont mis le feu à mes greniers de mil. »[242]

Human Rights Watch a examiné trois listes établies par les témoins avec les noms des sept victimes. Trois étaient des filles, âgées de 1, 6 et 10 ans, deux étaient des garçons, tous deux âgés de 2 ans, et deux étaient des femmes âgées d’environ 30 à 40 ans.

2e région militaire (régions administratives des Cascades, du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins)

Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 

En février 2023, des centaines de VDP à moto sont entrés dans le village de Man et ont tiré sans discernement sur les villageois peuls, tuant au moins 10 hommes qu’ils accusaient de collaborer avec les combattants islamistes. Le GSIM est connu pour opérer dans le secteur et attaquer les forces de sécurité. Plusieurs témoins ont rapporté que les VDP parlaient en mooré, portaient des vêtements civils ainsi que des uniformes militaires et arboraient des drapeaux burkinabè. Toujours selon eux, les VDP venaient de plusieurs localités de la province du Tuy.

Un homme de 43 ans a décrit la situation :

Il n’y a eu aucune attaque précédente [contre les forces de sécurité] qui aurait pu déclencher ce massacre. Les djihadistes imposent la charia [loi islamique], ils passent et ils partent, nous ne savons pas où ils vont, nous ne pouvons pas les empêcher de passer par notre village. Mais les VDP ont attaqué les Peuls en disant qu’ils étaient complices des terroristes.[243]

Un homme de 60 ans a raconté :

Nous avons pensé qu’ils venaient pour une patrouille de routine, alors nous nous sommes approchés d’eux et l’un d’entre nous, dans un geste de bienvenue, leur a donné de l’eau. Mais ils ont dit qu’ils n’étaient pas venus boire de l’eau et ont tiré [sur la personne qui offrait l’eau] dans la tête et le ventre, avant d’ouvrir le feu sur nous tous... Les gens se sont enfuis en courant, et ils ont pourchassé ceux qui fuyaient en leur tirant dessus, moi y compris. J’ai échappé aux balles de justesse. Deux personnes sont tombées derrière moi.[244]

Un homme de 54 ans qui est revenu à Man après l’attaque a indiqué que son frère, âgé de 45 ans, avait été tué par balles.

Il a été tué aux abords du village… touché par plusieurs balles... Son boubou [une tunique ample et flottante] était complètement mouillé de sang... Nous avons récupéré 10 corps, dispersés dans le village, devant les maisons ou dans les rues, et nous les avons enterrés dans des tombes individuelles.[245]

Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023

Vers la moitié ou la fin du mois de mai 2023, un groupe d’au moins six VDP est entré dans une localité peule située à environ un kilomètre du village de Pê et a tué quatre hommes civils. Deux témoins ont raconté qu’avant cet incident, Pê avait subi des attaques à la fois des forces gouvernementales et des combattants du GSIM. Ils ont indiqué qu’à la fin de l’année 2022, des militaires avaient tué trois paysans à Pê qu’ils accusaient de collaborer avec le GSIM après que des combattants du GSIM ont brûlé l’antenne de télécommunications dans le secteur.[246]

Selon des témoins, les VDP sont entrés dans le hameau à pied vers 18 heures, tirant et provoquant la fuite des habitants.

Un homme de 35 ans, qui a également fui le hameau et est revenu après l’incident, a expliqué que les quatre personnes tuées étaient toutes des proches, dont son frère. « J’ai trouvé le corps de mon frère dans la cour de sa maison, avec plusieurs blessures par balles, sur le côté gauche des côtes, aux pieds et aux jambes, et aussi à la tête », a confié l’homme. « Les trois autres hommes avaient tous été touchés à la tête. Nous les avons enterrés le lendemain dans des tombes séparées. »[247]

Un homme de 65 ans, qui est retourné au hameau après l’incident, a déclaré avoir trouvé les corps de cinq hommes « qui n’ont pas fui à temps, y compris ceux d’un père et de son fils dans la même cour… et de deux autres devant leurs maisons ». L’homme a ajouté qu’il a enterré l’une de ces personnes tuées.[248]

Les témoins ont indiqué que les VDP portaient tous des uniformes militaires et venaient du village de Pohin, à environ trois kilomètres de Pê ; ils ont fourni les noms de trois d’entre eux. Ils ont expliqué que, le lendemain de l’incident, les habitants ont appelé les gendarmes basés à Houndé, à 25 kilomètres de là, et leur ont demandé d’enquêter sur l’incident, mais que les gendarmes n’ont pas donné suite.

Human Rights Watch a examiné une liste dressée par les témoins avec les noms de quatre victimes, toutes des hommes peuls âgés de 26 à 65 ans.

Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023

Le 8 juillet 2023, des forces gouvernementales ont arrêté et tué 11 membres d’une famille peule, dont deux garçons et cinq filles, à un point de contrôle entre les villages de Ramatoulaye et Kodomba, sur la route reliant les villes de Bekuy et de Bobo-Dioulasso. Un douzième membre de la famille, un homme, a été tué devant la maison familiale dans leur ville d’origine de Bekuy le 9 juillet 2023 par les mêmes forces. Des proches ont déposé plainte le 20 juillet 2023 auprès du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso. À la date de mars 2025, Human Rights Watch n’avait connaissance d’aucune avancée dans l’enquête.

Le 8 juillet 2023, des membres des forces de sécurité burkinabè, y compris des hommes en treillis militaire, que des témoins ont décrits comme des soldats, ont arrêté une camionnette transportant 11 membres d’une même famille, dont un homme, trois femmes et sept enfants. Il y avait eu une incursion du GSIM sur Bekuy plus tôt ce jour-là, et la famille fuyait par crainte de représailles de la part du gouvernement.

Un homme de Bekuy a indiqué que le chef de famille était un membre respecté de la communauté peule qui avait soutenu le recrutement des VDP dans le secteur, y compris par des dons en nature, mais qu’il était conscient du sentiment anti-peul qui prévalait et avait exprimé des inquiétudes pour sa sécurité et celle de sa famille. « Quand les djihadistes sont venus à Bekuy, ils ont volé du bétail et menacé la population locale, il m’a dit qu’il avait décidé de quitter Bekuy le lendemain », a-t-il raconté. « Je l’ai mis en garde contre cette décision. Je lui ai dit qu’il n’avait rien à se reprocher… mais il est quand même parti avec tous ses proches. »[249]

Selon des sources, les hommes en uniforme ont vérifié les cartes d’identité des passagers de la camionnette, puis les ont fait descendre du véhicule, ont menacé de mort le conducteur et ont pris la route de Bekuy avec la famille dans un pick-up militaire. Plus tard ce jour-là, des habitants ont trouvé les corps de 10 des 11 passagers près de Ramatoulaye, tous criblés de balles, à environ 10 kilomètres de Bekuy. Des habitants ont retrouvé le corps du onzième passager, présentant également des blessures par balles, à environ deux kilomètres de Bekuy.

Human Rights Watch a examiné une liste avec les noms des 12 victimes : cinq filles, âgées de 2, 3, 8, 9 et 15 ans ; deux garçons, âgés de 11 et 16 ans ; trois femmes, âgées de 18, 34 et 42 ans ; et deux hommes, âgés de 59 et 82 ans.

Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023

En septembre 2023, des VDP ont tué trois civils peuls à Djigouéma, apparemment en représailles à des attaques du GSIM dans le secteur près de Djigouéma.

Entre juillet et septembre 2023, le GSIM a mené des raids sur plusieurs villages de la zone du district de Padéma, qui comprend Djigouéma, détruisant des biens civils, menaçant les habitants et les forçant à fuir.[250] Les habitants ont décrit les attaques comme étant une punition contre les communautés accusées d’avoir rejoint les VDP. Le 21 septembre 2023, le GSIM a attaqué des VDP à Djigouéma, à environ 4,5 kilomètres de la ville de Padéma, et a tué l’un d’eux.[251]

Quelques jours plus tard, des VDP ont tué trois civils peuls à Djigouéma.

Des témoins et des habitants ont indiqué que, selon eux, les meurtres étaient motivés par un sentiment anti-peul, répandu chez les VDP. Une femme peule de Djigouéma, âgée de 60 ans, qui a déménagé à Padéma a expliqué :

Depuis que les Mossi de Padéma [ont également] rejoint les VDP... nous avons senti [qu’il y avait] une plus grande méfiance à l’égard des Peuls, les Peuls étaient discriminés... [N]ous entendions régulièrement les VDP dire qu’ils allaient en finir avec tous les terroristes... Et quand ils disaient « terroristes », ils voulaient dire les Peuls.[252]

Une femme de 30 ans a relaté que, le jour de l’attaque, un groupe de VDP armés conduisant au moins cinq motos est arrivé dans son quartier peul à Djigouéma vers 10 heures du matin. Les VDP se sont rendus dans une maison et ont arrêté un homme de 30 ans, puis sont entrés chez elle et lui ont posé des questions sur son mari. « Ils tenaient mon voisin par le bras », a-t-elle dit. « Quelques minutes après leur départ, j’ai entendu des coups de feu. »[253]

Le mari de la femme, un éleveur peul de 57 ans, a rapporté avoir également entendu des coups de feu à peu près à la même heure :

J’ai appelé une connaissance qui est dans les VDP qui m’a dit qu’il n’y avait rien à craindre, mais les coups de feu ont continué. Alors, je suis allé vérifier et j’ai trouvé le corps de mon ami allongé sur le dos. Sa main gauche [était] sur sa poitrine, et son corps était criblé de balles de la tête aux pieds… À environ 200 mètres de là, j’ai trouvé le corps de mon voisin... gisant sur le dos, sa main droite tenait sa jambe droite, sa main gauche était étendue, et son corps était criblé de balles.[254]

Craignant une nouvelle attaque, le couple a quitté Djigouéma plus tard le même jour, et a déménagé à Padéma avec d’autres proches. « Sur le chemin de la ville, nous avons entendu d’autres coups de feu », a raconté l’éleveur. « Nous avons appris plus tard que notre neveu avait été tué. » L’homme a indiqué qu’il était retourné à Djigouéma le lendemain et avait récupéré le corps du membre de sa famille. « Le corps était à environ un kilomètre au nord de Padéma... [I]l avait été tué de balles dans la jambe gauche et les côtes, dans le flanc droit et dans le front. »[255]

Human Rights Watch a examiné une liste établie par des témoins et des membres des familles avec les noms des trois hommes tués, âgés de 25, 30 et 32 ans.

Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023

À la fin du mois de novembre 2023, des VDP ont tué 13 civils et commis d’autres abus dans un campement peul à environ quatre kilomètres du village de Bassé. Des témoins ont indiqué qu’ils étaient venus un dimanche et avaient tué 11 civils, dont 5 femmes et 3 enfants, incendié au moins 20 maisons et volé des centaines d’animaux. Certains des corps ont été retrouvés plus tard avec les yeux bandés et les mains liées derrière le dos. Le dimanche suivant, les VDP sont revenus et ont tué deux autres civils, dont un garçon. Juste après l’attaque, les proches des victimes ont déposé plainte auprès des autorités judiciaires. L’affaire n’a pas progressé et l’un des juges d’instruction a été illégalement enrôlé dans l’armée apparemment à titre de sanction.

Le GSIM a mené des attaques contre l’armée, les VDP et la population locale dans le secteur.[256] Plusieurs témoins ont indiqué que, selon eux, les VDP avaient pris pour cible leur hameau parce qu’ils pensaient que les Peuls collaboraient avec les groupes armés islamistes. « Il y a une chasse aux sorcières contre les Peuls », a expliqué un homme de 41 ans. « Aucun de nous [à Bassé] n’a rejoint les djihadistes. Nous n’avons pas d’armes. Pourtant, nous sommes considérés comme des terroristes. »[257]

Une femme a décrit la première attaque des VDP :

Nous avons entendu des coups de feu et des gens ont dit que les VDP arrivaient... J’ai caché mes enfants dans le poulailler et j’ai sauté dans un tas d’herbe... Trois VDP sont entrés par effraction dans ma maison. L’un d’eux a dit en mooré : « Tous les hommes ont fui parce qu’ils sont tous des terroristes. » ... Ils étaient tous masqués, portant des cagoules noires... Je n’ai pas bougé jusqu’à ce qu’ils partent... Quand je suis sortie, j’ai vu que de nombreuses maisons du village avaient été incendiées.[258]

L’éleveur de 41 ans a expliqué que les assaillants portaient l’uniforme militaire du gouvernement et des vêtements civils et sont arrivés à bord de 20 motos, en tirant des coups de feu sans discernement. « Je me suis enfui dans la brousse », a-t-il dit, « et j’ai entendu les tirs, les gens crier. J’ai vu de la fumée et des flammes s’élever du hameau. »[259] Il a indiqué qu’il est revenu le lendemain et a trouvé les corps de 11 de ses proches, y compris son fils de 18 ans, cinq femmes, âgées de 20 à 67 ans, et trois enfants, âgés de 4 à 13 ans, tués lors d’une exécution extrajudiciaire apparente :

Tous les cadavres, sauf celui de mon fils, étaient regroupés dans la cour, les yeux bandés avec leurs vêtements déchirés et les mains liées derrière le dos. Même les mains des deux filles étaient ligotées. Ça m’a brisé le cœur. Les corps étaient criblés de balles... Le corps de mon fils était juste à côté, allongé sur le ventre. Il avait été tué d’une balle dans la nuque... Quatre jours plus tard, nous les avons enterrés dans deux fosses communes, une pour les femmes et les enfants et une pour les hommes.[260]

Des témoins ont également expliqué que les VDP avaient volé du bétail et incendié au moins 20 maisons. « Quand je suis revenue, j’ai trouvé une désolation totale. Nos maisons avaient été brûlées », a décrit une femme de 34 ans. « Il ne restait plus rien de ma maison, juste des ruines. »[261] Une femme de 33 ans a déclaré que les VDP avaient également « volé plus de 300 têtes de bétail ».[262]

Une semaine plus tard, les VDP sont revenus dans le hameau et ont tué deux autres civils, un garçon de 15 ans et une femme. « Ils sont arrivés entre 11 h et midi et se sont mis à tirer, alors nous nous sommes tous enfuis », a relaté une femme de 35 ans. « J’ai vu le corps de la femme [qui avait été tuée]. Elle était malade et n’avait pas pu fuir. Elle a laissé deux enfants derrière elle. »[263]

Des témoins et d’autres sources locales ont indiqué qu’après la deuxième attaque, tous les habitants peuls ont fui, redoutant de nouvelles attaques. « Tout le monde est parti », a expliqué la femme de 35 ans. « Nous n’avons rien emporté avec nous. Tous nos animaux avaient été volés. »[264]

Human Rights Watch a analysé deux vidéos transmises par un témoin en novembre 2024 montrant au moins 10 huttes incendiées et les a géolocalisées dans une localité située dans une zone boisée près de la rivière Mouhoun, à quatre kilomètres à l’ouest de Bassé. Les images satellites à partir du 23 novembre 2023 montrent environ 40 huttes brûlées. Une image ultérieure, datant du 20 mars 2024, en montre une dizaine de plus.

Des images satellites du 20 mars 2024 montrent des huttes incendiées dans une localité proche de Bassé, région des Hauts-Bassins, Burkina Faso. Image © 2026 Airbus. Human Rights Watch.
Capture d’écran d’une vidéo transmise par un témoin montrant une hutte incendiée géolocalisée par Human Rights Watch dans une localité proche de Bassé, dans la région des Hauts-Bassins, au Burkina Faso.  © 2025 Privé

Human Rights Watch a reçu une liste établie par des témoins comprenant les noms de 11 victimes, âgées de 4 à 67 ans. Les chercheurs ont également examiné quatre vidéos et trois photos prises par un des témoins, montrant les conséquences de la première attaque, y compris des maisons incendiées.

Des proches des victimes ont mentionné que, quelques jours après la première attaque, ils avaient porté plainte devant le tribunal de grande instance de Boromo, à 150 kilomètres à l’est de Bassé. Les proches ont expliqué que le tribunal avait ensuite renvoyé l’affaire au tribunal de Bobo-Dioulasso, qui avait chargé la gendarmerie locale d’enquêter. L’enquête n’avait pas progressé au moment de la rédaction du présent rapport.

Les autorités semblent avoir exercé des représailles contre les magistrats – juges et procureurs de juridictions de première instance – qui ont ouvert l’enquête. Entre le 9 et le 12 août 2024, les forces de sécurité burkinabè ont adressé des notifications de conscription à au moins sept magistrats, dont le procureur du tribunal de grande instance de Boromo, afin de les réquisitionner pour participer aux opérations de sécurité contre les groupes armés islamistes à Kaya, dans la province du Sanmatenga, du 14 août au 13 novembre 2024.[265] Dans une déclaration du 15 août 2024, une coalition de trois syndicats de magistrats burkinabè a annoncé que les autorités avaient ciblé les sept magistrats parce qu’ils traitaient d’affaires impliquant des personnes « se réclamant être des soutiens indéfectibles du pouvoir en place », ce qui, dans le contexte, peut être compris comme faisant référence aux VDP.[266] Le syndicat a déclaré que le procureur du tribunal de grande instance de Boromo avait été visé par la conscription pour avoir engagé des poursuites contre des VDP, entre autres raisons.

Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024

Le 14 juin 2024, un groupe de VDP a tiré sur deux hommes peuls qui tentaient de franchir la frontière vers la Côte d’Ivoire pour y demander l’asile. Un homme, âgé de 30 ans, a apparemment été placé en détention et sommairement exécuté. Les hommes avaient fui après que la communauté peule de leur ville d’origine, Banfora, avait été menacée par les VDP.[267]

Le survivant, un berger d’une quarantaine d’années, a raconté :

Les VDP nous ont encerclés, mais je... me suis enfui. Ils étaient à pied et certains à moto. Ils étaient armés de Kalachnikovs. Ils étaient masqués et parlaient en mooré… Ils m’ont tiré dessus, mais les balles ne m’ont pas touché. Mais mon patron... ils l’ont pris et l’ont tué. Je suis arrivé sur le territoire ivoirien le soir et je suis allé informer le père de mon patron.[268]

Le père de la victime âgée de 30 ans a raconté qu’il avait fui Banfora quelques jours avant que son fils ne soit tué, à la suite de menaces répétées des VDP contre la communauté peule :

Comme les terroristes sont pour la plupart des Peuls, ils [les VDP] nous ont tous pris pour cible, sans distinction. Donc... pour ne pas courir de risques inutiles, j’ai pris ma famille et je suis venu [en Côte d’Ivoire] ... Mon fils, un marchand de bétail, était censé me rejoindre.[269]

Le 17 juin 2024, le père de la victime et le survivant sont retournés sur les lieux du meurtre, ont trouvé le corps et l’ont enterré. Le père a indiqué :

Le corps gisait sur le dos et était criblé de balles. Autour de lui, il y avait des cartouches de Kalachnikov, environ 15 cartouches ; j’ai vu les douilles, j’ai vu les impacts de balle dans son corps, au moins 15... Nous avons recouvert le corps de sable et nous sommes partis parce que la zone était très dangereuse.[270]

Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025

Le 31 janvier 2025, des VDP ont tué au moins neuf personnes et en ont arrêté dix autres lors de deux attaques dans les villages de Dô-Diassa et de Fanfiéla, situés à cinq kilomètres l’un de l’autre.

À Dô-Diassa, les VDP ont rassemblé tous les habitants, y compris les femmes et les enfants, devant une maison, et ont menacé de tous les tuer. Ils ont battu huit hommes et un garçon de 15 ans, puis sont partis avec eux. Quatre témoins ont indiqué que, plus tard ce jour-là, les VDP ont tué les huit hommes et le garçon près de l’école du village.

À Fanfiéla, les VDP ont rassemblé tous les habitants, y compris les femmes et les enfants, devant l’école, les ont menacés et ont arrêté 10 hommes. Les VDP sont ensuite partis avec les hommes, probablement vers une base militaire à Sindo, à 17 kilomètres de là, avant d’exécuter neuf d’entre eux dans un lieu inconnu. L’un des 10 hommes de Fanfiéla a survécu.

Attaque de Dô-Diassa

Le 31 janvier 2025, vers 5 heures du matin, un groupe d’environ 20 VDP a attaqué Dô-Diassa. Les VDP ont encerclé le village, puis sont allés de porte en porte, ont ordonné aux habitants de sortir de leurs maisons et les ont rassemblés dans le centre du village. Des témoins ont précisé que, même si les VDP ont réuni et menacé de tuer tous les villageois, ils ont surtout passé à tabac des Peuls.

Une femme peule de 34 ans, dont le mari et huit autres membres de la famille figuraient parmi les personnes sévèrement battues, a déclaré que les VDP ont d’abord rassemblé les habitants. Elle a raconté :

Ils [les VDP] ont déshabillé nos maris devant nous et ont commencé à les frapper sauvagement avec la crosse de leurs fusils, avec des bâtons. Ils leur ont donné des coups de pied dans la tête avec leurs bottes. Ils ont également battu de jeunes enfants de 8 ans et plus... Ils n’ont pas frappé les femmes comme les hommes, mais ils nous ont giflées devant nos maris... Les VDP n’ont même pas eu besoin de leur tirer dessus pour les tuer, car certains étaient déjà presque morts ou morts... Les VDP ont frappé sauvagement mon mari… à la tête, au dos, au ventre… Il a cessé d’émettre des sons... alors j’ai pensé qu’il n’avait pas survécu.[271]

Un homme de l’ethnie bobo dans la quarantaine a indiqué que les VDP l’avaient arrêté avec sa famille, mais ne les avaient pas frappés. « Ce sont les Peuls qui ont vraiment subi le plus des tortures et d’insultes », a-t-il expliqué. « Les VDP ont sauvagement battu les Peuls jusqu’à ce qu’ils puissent à peine bouger, jusqu’à ce qu’ils soient presque morts. »[272]

Selon des témoins, vers 11 heures du matin, les VDP ont ordonné à tous les villageois, à l’exception de huit hommes et d’un garçon de 15 ans, de partir immédiatement sous peine d’être tués. « Ils ont dit : “Si vous ne quittez pas le village, nous allons vous massacrer” », a rapporté l’homme bobo.[273] Des témoins ont décrit que les VDP ont mis les neuf personnes sur un tracteur et sont partis avec elles vers l’école du village où, selon les habitants, elles ont toutes été exécutées.

« Ils les ont abattues là-bas, ils les ont achevées, en fait », a expliqué l’homme bobo. « Parce qu’à partir du moment où les VDP ont commencé à les torturer, les neuf personnes étaient déjà en train de mourir. J’ai entendu les coups de feu, mais je n’ai pas vu les VDP tirer... Je me cachais tout près de là. »[274]

Les habitants ont déclaré qu’ils n’ont pas vu les corps, car ils avaient déjà quitté Dô-Diassa. Ils ont fourni une liste qu’ils ont dressée avec les noms des neuf personnes, âgées de 25 à 90 ans et de 15 ans pour le garçon. Huit étaient des Peuls et un était Bobo. Parmi les victimes se trouvait le chef du village peul âgé de 90 ans. En date de juillet 2025, ni les victimes ni leurs corps n’avaient été retrouvés.

Attaque de Fanfiéla

Des témoins ont indiqué que, le 31 janvier 2025, entre 11 heures et midi, un groupe de VDP est entré dans Fanfiéla, est allé de porte en porte et a contraint les villageois à sortir de leurs maisons, avant de les rassembler devant l’école locale.

Un homme de l’ethnie bobo de 34 ans de Fanfiéla a décrit la situation :

J’étais chez moi. Ils sont venus me chercher, m’ont emmené devant l’école avec les autres et nous ont dit de nous asseoir. Nous nous sommes assis et ils se sont mis à nous insulter, en disant que nous étions proches des Peuls et que nous travaillions avec eux, alors que ce sont tous des terroristes. Ils nous ont dit que nous sommes du côté de leurs ennemis, les ennemis du pays, des gens qui veulent prendre leur pays et que… au lieu de réagir, de collaborer avec eux [les VDP], de les aider, nous avons préféré être des traîtres.[275]

D’après les témoins, les VDP ont menacé de tuer toutes les personnes rassemblées sur place. Les VDP ont ensuite sélectionné 10 hommes, leur ont lié les mains et leur ont bandé les yeux, puis les ont emmenés en direction de Sindo.

Le seul survivant des 10 hommes a raconté à Human Rights Watch que les VDP ont conduit le groupe dans ce qu’il suppose être une base militaire à Sindo, où les victimes ont été torturées par les VDP pendant neuf jours et ont été privées d’eau et de nourriture. Pendant qu’ils étaient battus, les hommes ont été accusés de collaborer avec le GSIM. Le survivant a expliqué :

Nous avons eu les yeux bandés jusqu’à notre arrivée dans une pièce – nous supposons à Sindo – qui faisait probablement partie d’une base où les VDP stationnaient avec l’armée. Nous ne pouvions pas voir à l’extérieur, mais nous sentions qu’il y avait beaucoup de VDP et de soldats aussi… parce que nous pouvions entendre les échanges entre eux en dioula [la lingua franca du Burkina Faso]. J’ai entendu quelqu’un, un VDP qui parlait probablement au chef des VDP, demander : « Faut-il les enfermer ou les faire asseoir ici jusqu’à l’arrivée du lieutenant ? » L’autre a répondu : « Enfermez-les, le lieutenant viendra plus tard. »[276]

Le survivant a décrit les conditions de leur captivité :

Ils nous ont torturés au moins une heure par jour pendant neuf jours. En plus de la torture physique, ils ne nous donnaient presque rien à manger ni à boire. Ils nous donnaient une tasse de bouillie non sucrée à 4 h du matin et c’est tout. Pour l’eau, ils nous donnaient un petit sachet d’eau chaque jour que nous devions partager entre nous 10... Chacun buvait une goutte.[277]

Le survivant a expliqué que, dans la nuit du neuvième jour de détention, les VDP leur ont de nouveau bandé les yeux et les ont conduits vers une destination inconnue. Il a raconté :

Une fois arrivés à destination, ils nous ont détaché les mains et nous ont ordonné de nous allonger au sol à plat ventre, les yeux bandés. Nous étions allongés en ligne l’un à côté de l’autre. Moi, j’étais le neuvième dans la rangée : il y avait huit personnes à ma gauche et une dixième personne à ma droite. Nous avions le visage au sol. Ils ont commencé à ouvrir le feu sur nous, l’un après l’autre. Ils ont exécuté le premier. Pan ! Pan ! Le deuxième, le troisième, et ainsi de suite. Puis ils ont tiré sur le huitième... Ce qui m’a sauvé, je crois, c’est que quand ils ont tiré sur la huitième personne, l’homme est tombé sur moi, je ne sais pas s’il a essayé de se lever ou quoi, mais il m’est tombé dessus au moment où les coups de feu ont été tirés sur moi. En fait, je pense que le corps du huitième homme m’a protégé et a fait en sorte que les balles ne m’atteignent pas à la tête. Puis ils ont tiré sur le dixième et sont partis.[278]

Lorsque les VDP sont partis, le survivant s’est relevé et a regardé les corps. « J’ai reconnu tout le monde. C’était toutes les personnes qui avaient été embarquées avec moi depuis Fanfiéla et avec qui j’avais été détenu. » Il a indiqué qu’il a ressenti « une chaleur » entre son bras droit et son épaule et qu’il a compris qu’il était blessé. Il s’est évanoui et des personnes l’ont trouvé le lendemain matin et l’ont aidé à obtenir des soins médicaux. D’après les conversations qu’il a eues avec ceux qui l’ont secouru, le survivant a estimé que l’endroit où les neuf personnes ont été tuées se situe au nord de Sindo, dans ou à proximité d’un cimetière.

Le survivant a fourni une liste qu’il a dressée avec les noms des neuf hommes tués, âgés de 30 à 60 ans.

Motifs ethniques des meurtres

Les neuf victimes de Dô-Diassa étaient des Peuls, à l’exception d’un Bobo. Deux des 10 hommes arrêtés à Fanfiéla étaient des Peuls et huit appartenaient à l’ethnie sénoufo.

Dans les deux incidents, d’après les témoignages, les VDP ont accusé les villageois non peuls de collaborer avec les Peuls, considérés comme des terroristes par les VDP, de ne pas avoir chassé les Peuls de leurs villages et d’avoir refusé de rejoindre les VDP.

Un homme bobo de 56 ans de Fanfiéla a rapporté les propos des VDP : « Vous travaillez avec les Peuls, les Peuls sont tous des terroristes. Pourquoi n’avez-vous pas rejoint les VDP ? Pourquoi n’avez-vous pas chassé les Peuls de votre village ? »[279]

Une femme peule de 34 ans de Dô-Diassa a raconté :

Ils [les VDP] parlaient en dioula. Ils nous ont insultés et menacés. Ils ont dit que nous, les Peuls, sommes des « bâtards », que nous sommes des « terroristes », que nous ne méritons que la mort. Ils ont dit : « Vous, les Peuls, vous voulez prendre notre pays ? Tant que nous vivrons, cela n’arrivera pas ! Vous allez mourir avant de prendre notre terre. » Ils ont continué à nous insulter devant nos enfants. Ils ont dit : « Vous méritez une mort violente. Nous ne devrions même pas gaspiller nos balles. Nous devrions juste vous égorger ici, c’est tout. Nous devrions vous décapiter, vous découper. »[280]

Les habitants de Dô-Diassa et Fanfiéla ont indiqué que leurs villages étaient passés sous le contrôle du GSIM en 2021 et qu’ils n’avaient pas eu d’autre choix que de conclure un accord avec le groupe armé. Un homme bobo de Dô-Diassa a expliqué :

Les djihadistes sont là depuis 2021. Au début, ils n’étaient pas très nombreux. Ils venaient sur quelques motos, ils passaient seulement. Nous avions alerté les autorités, mais les militaires ne sont jamais venus dans notre village. Et d’un coup, les djihadistes ont pris de l’ampleur et [leurs visites] sont devenues plus fréquentes. Un jour, ils sont venus, ils nous ont réunis, ils ont expliqué leurs conditions... Ils ont dit qu’ils nous laisseraient tranquilles si nous n’informions pas les militaires et si nous ne collaborions pas avec les autorités. Nous avons accepté, et c’était calme.[281]

Un homme bobo de 34 ans de Fanfiéla a décrit la situation :

Lorsque les djihadistes sont arrivés la première fois, ils nous ont rassemblés à la mosquée du village, ils nous ont dit qu’ils combattaient pour l’islam et qu’ils ne feraient de mal à personne si nous obéissons à leurs ordres de ne pas collaborer avec l’armée et l’administration. Ils ont indiqué que nous pouvions continuer à faire ce que nous faisions avant, aller dans nos champs pour cultiver, aller au marché, faire du commerce. Ils ont dit qu’ils ne feraient pas de mal aux chrétiens, mais qu’ils ne pardonneraient pas aux animistes ni à ceux qui pratiquent la sorcellerie et qu’ils seront impitoyables avec quiconque fournirait des informations à leur sujet à l’armée ou collaborerait de quelque manière que ce soit avec l’armée. Nous avons accepté, et nous n’avons jamais eu de problème avec eux. Nous vivions paisiblement.[282]

Des témoins des deux villages ont également déclaré que, entre la fin de l’année 2023 et le début de l’année 2024, les autorités militaires ont convoqué une réunion à Samorogouan, à environ 50 kilomètres de Dô-Diassa, et que des délégations de Dô-Diassa, Fanfiéla et Niamana, un village situé à quatre kilomètres de Dô-Diassa, ont été invitées, ainsi que les chefs traditionnels, les chefs religieux et un représentant des VDP. Ils ont rapporté que les autorités militaires avaient demandé aux membres des délégations de mobiliser des hommes dans leurs villages respectifs pour rejoindre les VDP et de chasser les Peuls de leurs villages, mais que les représentants des trois villages avaient refusé.

Un homme de l’ethnie bobo d’une quarantaine d’années de Dô-Diassa, qui faisait partie de la délégation de son village, a raconté :

Nous avons expliqué que la situation qui prévalait dans notre zone ne nous permettait pas de nous enrôler dans les VDP parce que nous savions que nous ne pouvions pas protéger nos villages et que si nous rejoignions les VDP, les djihadistes viendraient nous forcer à partir ou nous tuer, et nous savions que l’État n’interviendrait pas... Et en plus de ça, nous avions des familles à nourrir. Nous avions nos occupations, nos cultures et nos animaux à surveiller. Nous ne pouvions pas tout abandonner et rejoindre les VDP... Nous avons dit que nos voisins peuls n’étaient pas des djihadistes et que nous n’avions aucune preuve qu’ils collaboraient avec les djihadistes.[283]

L’homme a ajouté qu’à la suite de « conversations tendues », les autorités ont déclaré que si « nous ne pouvions pas rejoindre les VDP pour protéger notre pays, alors la responsabilité de notre sécurité ne leur incombait plus et nous incombait… et que, quoi qu’il nous arrive, elles n’en seraient pas responsables ».[284]

L’homme de 34 ans qui a également assisté à la réunion de Samorogouan a confirmé ces propos. Il a expliqué :

Nous étions en désaccord avec la façon dont l’armée et les autres autorités nous présentaient les choses... en disant que les Peuls sont des terroristes, que nous devons les combattre, que nous devons leur demander de quitter nos villages. Nous avons refusé parce que nous vivons ensemble avec les Peuls, nous pratiquons les mêmes activités. Lorsque les djihadistes sont venus, ils ont parlé à tout le monde, et tout le monde a accepté les conditions des djihadistes, et nous avons continué comme ça. Donc, pour nous, il n’y avait aucune raison ou preuve nous indiquant que nos Peuls étaient des terroristes et que nous devions les chasser.[285]

3e région militaire (régions administratives du Centre-Sud, du Centre-Ouest et du Plateau Central)

Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023

En février 2023, des VDP ont tué au moins 10 hommes peuls dans le village de Gomboussougou lors de trois incidents distincts, provoquant la fuite de la communauté peule de la région. Parmi les victimes figurait le chef de la communauté peule locale. Plusieurs témoins et d’autres habitants ont indiqué que, selon eux, les meurtres étaient motivés par l’appartenance ethnique, dans la mesure où il existe un préjugé répandu au sein de l’armée et des VDP selon lequel les Peuls soutiennent le GSIM, qui est présent sporadiquement dans le secteur depuis 2022.

Le premier incident a eu lieu au début du mois de février 2023. Des témoins ont rapporté que les VDP ont arrêté un homme de 40 ans au marché, puis l’ont exécuté dans la brousse à l’extérieur du village. « J’ai vu quatre VDP armés de Kalachnikovs se diriger vers le marché et, plus tard, le chef de la communauté peule m’a dit qu’ils avaient tué l’un de nos parents », a relaté un homme peul de 47 ans.[286] « Nous avons trouvé le corps [d’un homme] à la sortie sud du village, avec deux balles dans la tête », a raconté un homme de 45 ans. « Nous avons pris son corps et l’avons enterré dans le cimetière du village. »[287]

Une semaine plus tard, des villageois de Gomboussougou ont trouvé les corps de huit hommes peuls qu’ils connaissaient à un arrêt sur la route de 25 kilomètres reliant Gomboussougou à Gogo. Ils avaient les mains liées derrière le dos et des blessures par balles à la tête. « Nous avons trouvé les corps tous ensemble, sauf un, qui était un peu plus loin. Les mains des hommes étaient ligotées avec leurs habits déchirés », a décrit l’homme peul de 47 ans. « Nous avons utilisé une moto pour les déplacer à un kilomètre de distance de la route, où nous les avons tous enterrés dans la même tombe. »[288]

Trois hommes qui ont enterré les corps ont indiqué qu’ils avaient entendu dire que les VDP avaient tué les huit hommes. « Un ami mossi m’a dit qu’il avait vu les VDP arrêter mon ami [l’un des huit hommes], avec sept autres personnes, alors qu’ils rentraient du marché de Gogo dans l’après-midi », a rapporté un homme de 55 ans. « Il [l’ami mossi] a dit qu’il avait entendu plusieurs coups de feu plus tard. »[289]

Human Rights Watch a examiné une liste établie par des habitants et des proches comprenant les noms des huit victimes, des hommes âgés de 32 à 67 ans. L’un était originaire de Gomboussougou et sept des hameaux environnants.

Après les meurtres, des témoins et d’autres habitants ont demandé au chef mossi de Gomboussougou, qui avait joué un rôle important dans le recrutement de VDP locaux, de freiner leurs agissements. D’après le témoignage de l’homme de 47 ans, le chef a répondu : « Les VDP sont en train de s’égarer et sont devenus incontrôlables. »[290]

Une semaine après la découverte des huit hommes, vers le 11 février, le chef de la communauté peule, âgé de 70 ans, a disparu près de Gomboussougou. Son fils a trouvé son corps trois jours plus tard dans la brousse, à environ 10 kilomètres du village, « dévoré par les animaux ». Le fils a déclaré : « Après le meurtre des huit hommes, mon père avait appelé la communauté peule à quitter Gomboussougou. Il a alors commencé à recevoir des menaces de mort de la part des VDP, affirmant qu’il encourageait les Peuls à aller dans la brousse et à rejoindre les djihadistes. »[291]

Des témoins et d’autres habitants ont indiqué que les membres de la communauté peule n’avaient pas répondu à une campagne de recrutement des VDP quelque temps plus tôt à Gomboussougou.[292]

Un éleveur peul de 52 ans a raconté :

En 2022, notre chef nous a informés du recrutement des VDP, mais aucun Peul n’a répondu. Nous pensions que ce n’était pas à nous – les civils – de combattre les djihadistes. Pour nous, c’était vraiment à l’armée de faire ça. Nous nous demandions également si nous serions rémunérés ou non. Vous rejoignez les VDP, on vous donne une arme et puis qui va s’occuper de votre bétail ? Nous avons nos animaux [à gérer].[293]

Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023

En avril 2023, deux hommes en civil ont enlevé un homme peul de 52 ans dans un village de la Province de la Sissili, sont partis avec lui à bord d’un pick-up et l’ont conduit à une base militaire à Ouagadougou avant de le transférer dans une maison privée, également située dans la capitale.

L’homme a identifié ses ravisseurs comme étant un soldat et un VDP. Il a expliqué que des hommes en uniformes militaires l’ont torturé pendant deux mois et demi de détention au secret, en recourant à des simulacres de noyade et à des simulacres d’exécution par quasi-noyade, ainsi qu’à des passages à tabac répétés avec des cordes en caoutchouc. Il a expliqué :

Ils remplissaient un baril en plastique d’eau, et quatre personnes me soulevaient par les jambes et me mettaient la tête dans l’eau pendant plusieurs minutes, avant de recommencer l’instant d’après. Ils m’ont fait ça toutes les semaines, pendant près de deux mois. Un jour, au milieu de la noyade, j’ai vomi. Une autre fois, ils ont pris un tuyau raccordé au robinet, ont ouvert le robinet et ont placé le tuyau directement dans mes narines.[294]

La victime a déclaré que les hommes en uniforme l’ont accusée de recruter des combattants islamistes dans sa ville :

Ils m’ont interrogé, ils m’ont demandé « Où sont les djihadistes ? Combien en as-tu recrutés ? » J’ai répondu que je n’avais rien à voir avec ça. Ils m’ont détenu pendant près de trois mois. J’ai été battu, frappé partout, je ne mangeais pas assez. Ils me donnaient seulement un peu de nourriture et un peu d’eau tous les trois jours. Un matin, deux hommes sont venus pour me torturer. Je les ai suppliés de me tuer, pour que ça s’arrête et que je cesse de souffrir.[295]

L’homme a indiqué que, pendant sa détention dans la maison privée, il avait vu et parlé avec au moins six autres hommes qui avaient eux aussi été enlevés et torturés :

Trois jours après mon enlèvement, une nuit, ils... ont amené quatre personnes, probablement des détenus politiques. Ils nous ont tous pris et nous ont conduits toute la nuit jusqu’à ce que nous atteignions un camp militaire, où ils nous ont déposés. Les quatre hommes ont été envoyés faire un entraînement militaire. J’ai été reconduit à la villa. Les quatre hommes m’ont dit qu’ils avaient été arrêtés par les militaires à Ouagadougou.[296]

L’homme a été libéré à la fin du mois de juin 2023 : « Un jour, un chef militaire est venu et m’a demandé : “Pourquoi es-tu encore là ?” Ensuite, ils m’ont dit de prendre une douche, m’ont fait monter dans une voiture et m’ont laissé à un rond-point à Ouagadougou. »[297]

4e région militaire (région administrative du Sahel)

Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023

Des VDP ont exécuté sommairement quatre hommes et en ont fait disparaître un autre de force à Guide lors de trois incidents distincts entre la mi-janvier et la mi-mars 2023. Guide est un campement peul situé à environ quatre kilomètres au sud de Gorgadji, un bastion des VDP, dans une zone où l’EIS est connu pour mener des attaques contre les forces de sécurité et la population.[298] Selon des témoins, les VDP s’en sont pris à ces hommes après avoir refusé de les laisser rejoindre les VDP.

Plusieurs témoins ont expliqué que, lors de ces trois incidents, les VDP ont arrêté au moins cinq hommes peuls et que les villageois ont retrouvé les corps de quatre d’entre eux quelques jours plus tard, tandis que le sort du cinquième homme reste inconnu.

Avant les incidents, une minorité d’habitants de Guide avait voulu rejoindre les VDP, « mais les VDP locaux n’étaient pas d’accord à cause des préjugés contre les Peuls qu’ils considéraient comme des terroristes… alors ils sont venus les chercher », a indiqué un homme de 37 ans.[299]

Les témoins ont décrit le même schéma dans chacun des trois incidents : environ 10 VDP vêtus en civil et en uniforme militaire, conduisant des motos et armés de fusils d’assaut de type Kalachnikov, se sont dirigés vers les maisons des victimes et les ont enlevées de force.

Un homme de 50 ans a rapporté qu’à la mi-janvier 2023, pour la première fois, il a vu des VDP enlever trois hommes de la même famille. « Peu de temps après, nous avons entendu des coups de feu », a-t-il raconté.[300] Deux jours plus tard, lui et d’autres villageois ont retrouvé les corps des trois hommes dans la brousse à environ un kilomètre de Guide. « Deux avaient été tués d’une balle dans la tête, le troisième dans le ventre », a-t-il indiqué.[301] Les témoins ont déclaré qu’après avoir découvert les trois corps, ils ont dû demander à l’armée, basée à Gorgadji, l’autorisation de les enterrer. « Nous avons creusé une fosse et placé les trois corps à l’intérieur, tous ensemble », a précisé l’homme de 37 ans.[302]

Quatre jours plus tard, les VDP sont venus chercher un autre homme. Les villageois ont retrouvé son corps à environ un kilomètre de Guide avec une blessure par balle à la tête. Puis, vers la mi-mars 2023, les VDP sont revenus et ont arrêté un autre homme. « [N]ous n’avons jamais retrouvé son corps », a indiqué l’homme de 50 ans. « Après cet incident, tous les habitants de Guide ont fui. »[303]

Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023

Human Rights Watch a précédemment documenté que, le 15 février 2023, des forces militaires et des VDP ont apparemment tué au moins neuf hommes au cours d’une opération de contre-insurrection dans les villages d’Ekeou et de Goulgountou.[304]

Ce jour-là, les militaires et les VDP ont arrêté 16 hommes, tous Peuls à l’exception d’un Touareg, dans le village d’Ekeou.[305] Les forces se sont ensuite dirigées vers Goulgountou, un village voisin, où elles ont arrêté deux autres hommes peuls. Plus de trois mois plus tard, le 26 mai 2023, les corps d’au moins neuf des personnes arrêtées ont été retrouvés près de la base des VDP dans la ville de Falagountou.

Selon plusieurs témoins et habitants, cette attaque visait à punir la communauté peule locale, que l’armée et les VDP accusaient de collaborer avec les combattants islamistes.

Ekeou se trouve dans une zone où les combattants de l’EIS sont connus pour opérer et mener des attaques.

« Depuis que les djihadistes sont venus ici, les Peuls ont des problèmes », a déploré un habitant d’Ekeou âgé de 61 ans. « L’armée et les VDP nous confondent avec les djihadistes… Même avant cette attaque, les Peuls vivaient dans la peur d’être arrêtés par l’armée… [I]l y avait de l’intimidation dans les paroles et dans les actes. »[306]

Les proches des victimes et d’autres habitants d’Ekeou et de Goulgountou ont fourni des détails permettant d’identifier la totalité des 18 hommes qui ont été arrêtés, âgés de 30 à 65 ans.

Les personnes interviewées ont indiqué que, deux jours après l’opération militaire, quatre hommes âgés d’Ekeou se sont rendus au camp des VDP à Falagountou pour obtenir des informations sur ceux qui avaient été arrêtés. Les VDP n’ont fourni aucun renseignement et ont menacé de mort les hommes âgés.

Les proches des victimes ont expliqué avoir cherché des informations dans les semaines qui ont suivi auprès de la gendarmerie à Dori, du procureur du tribunal de grande instance de Dori, du bureau régional des droits humains de Dori et du gouverneur de la région administrative du Sahel, en vain.

Le 26 mai 2023, un éleveur d’Ekeou a découvert 17 corps près de la base des VDP à Falagountou. Il a informé les proches des personnes arrêtées à Ekeou le 15 février 2023. Ceux-ci ont identifié neuf corps comme appartenant au groupe des 18 hommes arrêtés à Ekeou et Goulgountou. Les autres corps étaient dans un état de décomposition avancée et n’ont pas pu être identifiés, selon les dires des proches. Toutefois, ils pensaient qu’il s’agissait bien des corps des autres personnes arrêtées à Ekeou et Goulgountou le 15 février 2023.

Les proches ont raconté qu’entre le 29 et le 31 mai 2023, ils ont signalé la découverte des corps au procureur du tribunal de grande instance de Dori ainsi qu’à la gendarmerie de Dori et qu’ils ont « reçu la permission » de ces autorités de les enterrer le 5 juin 2023. Au moment de la rédaction du présent rapport, personne n’a été tenu pour responsable de ces crimes.

Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023


Human Rights Watch a précédemment rapporté que des soldats ont tué six civils le 3 avril 2023 dans le village de Gangaol, alors que l’armée escortait un convoi d’approvisionnement.[307]

Le convoi était parti de Kaya, dans la région du Centre-Nord, et se dirigeait vers la ville de Dori, dans la région administrative du Sahel, escorté par un grand nombre de véhicules militaires, de motos et de voitures blindées. Le convoi s’est arrêté à Gangaol, après avoir traversé une zone où le GSIM et l’EIS sont connus pour recruter des jeunes, effectuer des raids et tenir des points de contrôle. Des soldats du convoi se sont rendus sur le marché où ils ont interrogé des personnes, leur demandant de présenter leurs cartes d’identité. Ils ont ensuite fait irruption dans une maison et en ont sorti 10 hommes. Les soldats ont battu les hommes et ont ensuite exécuté sommairement six d’entre eux.

Mansila, région du Sahel, 1er juin 2023

La ville de Mansila se trouve dans une zone où le GSIM est connu pour opérer et mener des attaques contre les forces de sécurité et les civils.[308] Le 1er juin 2023, des militaires et des VDP ont apparemment tué au moins 21 hommes peuls après les avoir arrêtés au marché aux bestiaux de la ville.

Deux témoins ont raconté que les militaires, à bord de pick-up, et les VDP, à moto, ont encerclé le marché vers 9 heures du matin et sont entrés à pied à la recherche d’hommes peuls.

« Il n’y avait pas de djihadistes au marché et ils [les militaires] ont uniquement arrêté les Peuls. Les [personnes] Mossi qui étaient au marché ne se sont même pas inquiété[e]s », a raconté un vendeur de bétail peul de 45 ans qui a échappé à la rafle.[309] « Ils les ont arrêtés de façon violente et les ont conduits vers leurs véhicules. »

Cette nuit-là, des habitants ont trouvé les corps de 21 hommes au sommet d’une colline à l’extérieur de la ville.

Un homme de 56 ans a raconté qu’il s’était caché chez un ami pendant l’attaque :

Mon ami est venu m’informer que les soldats avaient quitté le marché avec plusieurs hommes peuls et s’étaient dirigés vers la colline et qu’il avait entendu des coups de feu venant de là. [...] À la tombée de la nuit, nous sommes allés sur la colline et avons trouvé les corps de tous ceux qui avaient été embarqués au marché, les mains liées, les yeux bandés. Les corps étaient entassés les uns sur les autres… J’étais choqué. Je me suis agenouillé près des corps pendant 30 minutes – je n’avais jamais vu ça de ma vie.[310]

L’homme a expliqué qu’ils n’ont pas enterré les corps cette nuit-là de peur que les militaires reviennent. Il est retourné à Mansila, où « presque tous les Peuls étaient déjà partis et ceux qui étaient restés avaient trop peur de sortir de chez eux ». Il a contacté les proches des victimes et il est retourné avec eux sur la colline trois jours plus tard pour enterrer les corps.

L’homme de 45 ans a expliqué :

Nous voulions enterrer les corps selon les rites religieux islamiques, qui exigent que les corps soient lavés, enveloppés et enterrés dans une tombe. Mais face à l’état des corps, qui étaient décomposés et entassés, nous ne pouvions pas faire ça. … Nous avons creusé une fosse commune, où nous avons placé 13 corps. Pour les corps restants, qui étaient dessous et étaient les plus décomposés, nous les avons recouverts de sable, de gravier et de cailloux.[311]

Human Rights Watch a examiné une liste établie par les deux témoins avec les noms des victimes, des hommes âgés de 20 à 70 ans.

D’après les témoins, le massacre était motivé par des considérations ethniques et par la conviction largement répandue parmi les militaires et les VDP que tous les Peuls sont des « djihadistes » ou collaborent avec eux.

L’homme de 56 ans a expliqué :

De nombreux Mossi de Mansila ont rejoint les VDP. Ils ont dit aux militaires que des djihadistes fréquentaient le marché parce que, pour eux, tout Peul est un djihadiste. Ils ne faisaient aucune différence entre un Peul et un djihadiste... J’ai moi-même été plusieurs fois traité de djihadiste par des Mossi que je connais. Un jour, ils m’ont dit : « Tiens, regarde cette vidéo… Regarde ce que tes parents font à nos soldats » en me montrant une vidéo d’une attaque terroriste contre une base militaire. Ce jour-là, j’étais très fâché et j’ai répondu : « Pourquoi me dites-vous que mes parents sont des terroristes ? » Ils ont rétorqué que terroristes et Peuls sont les mêmes.[312]

Opération Tchéfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023

L’armée burkinabè et les VDP ont tué des centaines de civils dans au moins 16 villages et hameaux au nord de Djibo pendant plusieurs jours, entre le 11 et le 14 décembre 2023, au cours de l’une des opérations militaires les plus violentes de l’histoire récente du Burkina Faso. Les vidéos diffusées après l’opération ont révélé l’ampleur des atrocités. De nombreux survivants ont décrit les meurtres comme une « boucherie » et ont confié qu’ils en gardaient de profondes blessures psychologiques.

Des représentants du gouvernement ont annoncé que l’opération avait été lancée contre des combattants présumés du GSIM. Cependant, Human Rights Watch a constaté que les attaques visaient délibérément des civils, à la suite d’une attaque du GSIM contre une base militaire à Djibo le 26 novembre 2023.[313] La télévision d’État RTB a rapporté le 14 décembre 2023 qu’après l’attaque du GSIM à Djibo, un « ordre a été donné aux forces combattantes de pénétrer la ruche et de manger le miel des guerriers ».[314] La RTB a annoncé que l’armée avait lancé l’opération Tchéfari 2 (« Le miel des guerriers » en fulfulde) le 11 décembre 2023, dans plusieurs villages et villes au nord de Djibo, y compris dans les localités de Baraboulé, Pétégoli et Bouro. « Plus de 200 criminels » ont été tués et des armes et d’autres équipements logistiques ont été détruits ou saisis au cours de l’opération, a expliqué la RTB. Des images de plusieurs frappes de drones, dont une géolocalisée par Human Rights Watch sur le marché de Pétégoli, sont visibles sur la séquence vidéo diffusée par la RTB.

Un autre reportage spécial de la RTB, diffusé le 19 janvier 2024, mais filmé pendant l’opération Tchéfari 2, a mentionné que, le 11 décembre 2023, « les bataillons 4, 5 et 6 » ont pris le contrôle de la ville de Baraboulé « sans le moindre coup de feu » et que des drones gouvernementaux ont effectué des frappes sur le village de Pétégoli contre des « positions terroristes ».[315] Le reportage télévisé contenait des images prises par drone géolocalisées par Human Rights Watch à Pétégoli, montrant au moins trois panaches de fumée s’élevant du village, ainsi qu’une vidéo aérienne géolocalisée à Bouro.

Les témoins interviewés par Human Rights Watch et les publications sur les réseaux sociaux contredisaient la version des événements présentée par les médias étatiques.[316] Human Rights Watch s’est entretenu avec 26 témoins de plusieurs villages ciblés par l’opération Tchéfari 2, dont neuf de Bouro, deux de Monde-Sô, huit de Pétégoli, trois de Pilade et quatre de Sè. Tous ont déclaré que l’armée burkinabè et les VDP avaient tué des civils. La plupart des témoins ont affirmé que, selon eux, les attaques étaient des représailles contre les communautés accusées par les forces de sécurité de compter des combattants du GSIM parmi leurs membres ou de collaborer avec le groupe armé.

Le 14 décembre 2023, le GSIM a publié une déclaration indiquant que, le 12 décembre 2023, « l’armée burkinabè a commis un massacre odieux contre des civils » dans plusieurs villages, notamment Fetopimina, Monde-Sô, Ndidja, Oukoulourou, Pilade et Pétégoli, tuant 218 personnes, dont la majorité, selon lui, étaient des femmes et des enfants.[317] Le GSIM a aussi publié des vidéos et des photos montrant les victimes présumées – au moins 100 personnes, y compris des femmes et des enfants. Des corps carbonisés sont également visibles sur les vidéos. Human Rights Watch a géolocalisé deux des photos à Pétégoli et une à Oukoulourou.

Dans une déclaration du 18 décembre 2023, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement au moment des événements (il est devenu Premier ministre en décembre 2024), a appelé la population « à n’accorder aucun crédit aux images vidéos qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux et tentent de faire croire » que les forces burkinabè ont massacré des civils lors d’opérations militaires dans la région de Djibo. Il a ajouté qu’« il s’agit de montages perfides destinés à jeter le discrédit » sur les forces armées burkinabè et les VDP qui sont des professionnels et « agissent [...] dans le respect des droits de la personne humaine », en particulier le droit à la vie.[318]

Des témoins ont déclaré que très peu d’habitants de la zone ciblée par l’opération Tchéfari 2 avaient rejoint les VDP depuis que la junte militaire a lancé sa campagne de recrutement à la fin de l’année 2022. Les membres des communautés ont évoqué la crainte de représailles de la part du GSIM, qui avait publiquement averti que ceux qui s’enrôleraient en subiraient les conséquences. La réticence locale à rejoindre les VDP semble liée à ces menaces et aux risques de représailles perçus.[319]

Attaque de Djibo

Djibo, une ville stratégique, est assiégée depuis le début de l’année 2022 par le GSIM, qui a coupé l’accès routier et entravé fortement l’approvisionnement en aide humanitaire, en carburant et en nourriture, avec pour conséquences la famine et la mort de milliers de personnes.[320] En raison du siège, la garnison militaire qui y est stationnée dépend de ravitaillements aériens et exige des escortes armées pour les convois d’approvisionnement.

Le 26 novembre 2023, le GSIM a attaqué la base militaire de Djibo et a ensuite revendiqué la mort de près de 200 soldats. Selon les médias internationaux, au moins 22 soldats ont été tués.[321]

D’après les Nations Unies, au moins 40 civils sont morts dans l’attaque.[322] Selon la télévision nationale burkinabè, entre 300 et 400 combattants du GSIM ont été tués.[323] Il est difficile d’établir avec certitude l’ampleur de l’attaque. Cependant, des habitants du secteur ont affirmé qu’il s’agissait d’un incident majeur qui a irrité l’armée et a servi de catalyseur aux représailles.

Un homme de Bouro âgé de 45 ans a raconté :

L’attaque du GSIM à Djibo a été d’envergure, avec plusieurs milliers de combattants impliqués venant de partout, y compris du Mali. Même si le gouvernement ne l’a pas admis, l’attaque a infligé d’énormes pertes à l’armée. Des soldats ont été tués et beaucoup de matériel militaire a été saisi. C’est ce qui a déclenché les représailles. Les soldats étaient furieux et, après le réapprovisionnement du camp et l’arrivée des renforts, ils s’en sont pris à nous. Ils ont attaqué tous les villages du secteur pendant plusieurs jours, tuant délibérément tout le monde sur leur chemin.[324]

 

Chronologie de l’opération Tchéfari 2

Les militaires se sont déployés dans le nord pour leurs attaques de représailles. En plus des attaques contre Monde-Sô, Pétégoli, Pilade, Sè et Bouro détaillées ci-dessous, Human Rights Watch a également recueilli des témoignages crédibles d’attaques perpétrées par des militaires burkinabè et des VDP contre des civils dans les villages de So, Fetacobi et Kolade le 11 décembre 2023, contre Fili-Fili, Baraboulé, Dakota, Méhéna, Oukoulourou et Hamdallay le 12 décembre 2023 et contre Yerouporou le 14 décembre 2023.

Carte de la chronologie de l’opération Tchéfari 2. © 2026 Human Rights Watch

 

Unités militaires impliquées dans l’opération Tchéfari 2

Le 14 décembre 2023, la RTB a signalé que l’opération Tchéfari 2 a été menée avec le soutien de trois bataillons, de deux unités militaires connues sous le nom de « guépard » et « fantôme », ainsi que d’une unité de forces spéciales et de « vecteurs aériens ».[325]

Le 19 janvier 2024, la RTB a indiqué que « les bataillons 4, 5 et 6 » étaient impliqués.[326]

Monde-Sô, 11 décembre 2023

La première attaque de l’opération Tchéfari 2 documentée par Human Rights Watch a eu lieu le 11 décembre 2023 dans le village de Monde-Sô, où l’armée et les VDP ont tué au moins 30 civils. Human Rights Watch s’est entretenu avec deux personnes qui ont fui Monde-Sô ce jour-là et a analysé les témoignages crédibles de deux autres habitants qui ont également fui le village. Ils ont raconté qu’ils ont entendu des coups de feu près du village vers 9 heures du matin et ont appris que des militaires et des VDP se dirigeaient vers Monde-Sô.

Les habitants ont indiqué que le GSIM contrôlait le village et les zones voisines depuis 2018 au minimum. « Ce sont les djihadistes qui font la loi ici et nous leur payons la zakat », a expliqué un commerçant local. « Certains de nos jeunes les ont rejoints, même de notre village, et pas seulement des Peuls. »[327] Les témoins n’ont pas pu dire si des combattants du GSIM se trouvaient dans le village au moment de l’attaque militaire.

Alors que les tirs se rapprochaient de Monde-Sô, d’autres habitants ont fui. Une femme de 25 ans a décrit la situation :

J’ai entendu des coups de feu et des explosions. Nous avons continué à entendre les coups de feu pendant deux heures ou plus... Les tirs... se rapprochaient de nous, alors nous avons décidé de nous éloigner le plus possible des coups de feu... S’il y avait des tirs à droite ou à gauche, nous courions vers le nord, s’il y avait des tirs là-bas, nous courions vers le sud.[328]

Un commerçant de 33 ans a déclaré qu’il avait fui avec ses proches, mais qu’il avait été séparé d’eux lorsqu’il s’était mis à l’abri de drones volant au-dessus de leurs têtes.[329] L’homme a expliqué qu’il était retourné à Monde-Sô à la tombée de la nuit et avait trouvé les corps d’au moins 32 personnes, toutes de l’ethnie peule. Il a fourni à Human Rights Watch les noms de 14 victimes, dont une fillette d’un an, 6 femmes âgées de 21 à 80 ans et 7 hommes âgés de 40 à 75 ans.

Parmi les corps qu’il a découverts, quatre, carbonisés et à peine identifiables, étaient ensemble dans une zone herbeuse, tandis que les autres étaient dispersés dans le village. Il a précisé que la plupart des morts avaient des blessures par balle à la tête, au ventre et à la poitrine. Il a indiqué qu’il avait également trouvé le corps d’une femme de 70 ans dans une maison, aux côtés d’une fillette de 5 ans blessée, qui avait reçu une balle dans la poitrine et a plus tard succombé à ses blessures. L’homme a raconté qu’il avait aidé à enterrer certains des corps et que les habitants avaient enterré les morts là où ils les avaient trouvés. « À la sortie du village, c’est là-bas qu’il y a beaucoup de tombes », a-t-il expliqué. « Quand [les assaillants] ont attaqué le village, les gens se sont mis à courir vers la brousse. »[330]

Le témoin a raconté que la plupart des maisons du village avaient été incendiées :

D’abord, je suis allé chez moi et j’ai découvert que ma maison avait été brûlée. Je suis passé voir la boutique de mon grand frère, avec qui je travaille, et j’ai trouvé que la boutique avait été incendiée. Je suis allé à la maison de ma mère et j’ai trouvé que sa maison avait aussi été brulée. Entre-temps, des rescapés ont commencé à revenir, et chacun criait : « Ma maison a été brûlée. » Les maisons de mes frères et mes sœurs [ont été brûlées] aussi.[331]

D’autres habitants ont corroboré le fait qu’au moins 30 civils ont été tués à Monde-Sô. Ils ont également signalé qu’en plus des maisons détruites, l’école du village et plusieurs boutiques autour de la zone du marché avaient été détruites.

Les images satellites à basse résolution montrent qu’il n’y avait aucun signe de destruction dans le village avant le 11 décembre 2023. Cependant, Human Rights Watch a identifié des traces d’incendies dans et autour de Monde-Sô au matin du 12 décembre 2023.

Pilade, 11 décembre 2023

Le 11 décembre 2023, le même jour que l’attaque contre Monde-Sô, l’armée burkinabè a tué au moins cinq hommes civils à Pilade dans le cadre de l’opération Tchéfari 2. Plusieurs témoins ont raconté qu’environ 100 militaires burkinabè dans des pick-up et des véhicules blindés, ainsi que plus de 100 VDP à moto ont pris d’assaut le village de Pilade vers 7 heures du matin, tirant sur les civils qui s’enfuyaient. Plusieurs ont dit qu’ils s’étaient cachés jusqu’au départ des assaillants, puis sont retournés à Pilade la nuit venue et ont trouvé les corps de cinq hommes.

Un éleveur peul de 42 ans a décrit ce qu’il a vu :

J’ai trouvé le corps d’un homme de 80 ans, couché sur le ventre dans sa maison... [Il y avait] deux corps près de la pompe à eau, avec autour d’eux des douilles de balles de [fusil d’assaut] AK-47 ; [il y avait] un autre corps dans une maison et un autre encore dans une maison, avec deux balles dans la poitrine... Nous les avons tous enterrés au cimetière, sauf le vieil homme.[332]

Human Rights Watch a examiné une liste dressée par les témoins avec les noms des cinq victimes, dont quatre hommes dogons et un homme peul, âgés de 40 à 80 ans.

Pétégoli, 11 et 12 décembre 2023

La troisième attaque de l’opération Tchéfari 2 documentée par Human Rights Watch a eu lieu entre les 11 et 12 décembre 2023 dans le village de Pétégoli, où l’armée et les VDP ont tué au moins 85 civils, peut-être beaucoup plus, et en ont blessé au moins 26 autres. L’attaque a commencé par des frappes de drones, avant que des soldats et des VDP n’entrent dans le village à bord de véhicules. Pendant l’opération au sol, les militaires ont rassemblé des civils avant de les abattre.

Selon des témoins, des combattants du GSIM se trouvaient dans le village avant l’opération et ont alerté la communauté, à la fois le jour de l’opération et les jours précédents, qu’un convoi militaire arrivait ; ces combattants se sont enfuis vers la frontière malienne voisine peu avant le début de l’opération.

« Les djihadistes faisaient la loi dans notre village et contrôlaient toute la province, mais ils n’ont jamais établi de base à Pétégoli », a indiqué un paysan. « Quand l’armée est arrivée, les djihadistes n’étaient pas là, mais quelques jours avant, ils nous avaient avertis que l’armée viendrait et ils sont aussi venus après le départ des soldats pour nous aider à enterrer les corps. »[333]

Frappes de drones

Le 11 décembre 2023, l’armée burkinabè a réalisé au moins trois frappes de drones à Pétégoli, selon des témoins. Un témoin a déclaré que la première frappe a touché le marché, situé dans le centre du village, et a tué au moins 20 civils ; la seconde a atteint un camion chargé de carburant, tuant le conducteur ; et la troisième a touché une maison.

Un commerçant malien de 35 ans a décrit les frappes :

Il était environ 10 heures du matin. J’avais installé mes produits sous un hangar au marché lorsque j’ai entendu un « boum ! » J’ai à peine entendu le bruit du drone. Je ne l’ai pas vu non plus. Tout ce que j’ai vu, c’est la bombe qui tombait du ciel... Il y a eu un incendie... Je n’étais pas loin – j’étais à 100 mètres environ de l’endroit où la bombe est tombée. Je me suis enfui. J’ai laissé mes produits, mes bagages et ma moto... Tout le monde s’est mis à fuir. Je voulais m’enfuir vers le nord... Mais entre-temps, un véhicule est arrivé. Le véhicule était chargé de carburant. Il était conduit par un commerçant Touareg de Tombouctou... Alors, une deuxième bombe a visé le véhicule vers le nord du village... et j’ai fait demi-tour.[334]

Un reportage de la RTB, le 14 décembre 2023, a montré des images vidéo d’une frappe de drone, géolocalisées par Human Rights Watch sur le marché de Pétégoli.[335] Le reportage a aussi relayé une photo des étals du marché incendiés, géolocalisée sur le site de la frappe. Le 19 janvier 2024, la RTB a signalé que des frappes de drones avaient été menées le 11 décembre 2023 sur le village de Pétégoli contre des « positions terroristes ».[336] Des images satellites datant du 19 décembre montrent des bâtiments détruits sur le marché à l’endroit de la frappe, ainsi qu’au moins un autre groupe de bâtiments incendiés à 50 mètres de là.

Des images satellites datant du 19 décembre 2023 révèlent des bâtiments détruits sur le marché à l’endroit de la frappe, visibles dans le reportage de la RTB, ainsi qu’au moins un autre groupe de bâtiments incendiés à 50 mètres de là. Image © 2026 Planet Labs PBC. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Un homme qui aidédeux hommes, âgés de 34 et 40 ans, à survivre aux frappes a raconté qu’ils avaient tous les deux été blessés par des éclats d’obus. « L’un d’eux avait des éclats d’obus dans les pieds et les jambes et l’autre dans les bras, l’abdomen et les fesses », a-t-il relaté. « Ils m’ont dit qu’ils se trouvaient sur leurs stands sur le marché de Pétégoli lorsqu’un drone a frappé le marché, tuant plusieurs commerçants. »[337]

Opérations au sol

À la suite des frappes de drones du 12 décembre 2023, les forces terrestres burkinabè ont mené une attaque sur le village de Pétégoli, qui a fait au moins 64 morts parmi les civils, et peut-être beaucoup plus, y compris des femmes et des enfants.

Des témoins ont indiqué que des centaines de soldats et de VDP sont entrés dans Pétégoli à bord de camions et de motos vers 10 heures du matin, tirant sans discernement sur des civils, avant de faire du porte-à-porte pour rassembler des personnes et les exécuter.

Une femme de l’ethnie tamasheq de 45 ans a raconté :

J’ai vu le convoi militaire approcher. Il y avait des soldats burkinabè avec des VDP. Ils étaient nombreux, sur des motos et dans des véhicules. Ils portaient des uniformes militaires burkinabè couleur sable, un peu sales. Ils sont entrés dans le village en groupe... [et] ont commencé à tirer sur les gens... Ils tiraient partout, alors j’ai décidé de me cacher jusqu’à ce qu’ils partent. Ils ont continué à tirer pendant plus d’une heure... Ils venaient de Baraboulé.[338]

Elle a décrit qu’à son retour à Pétégoli, environ 90 minutes plus tard, elle a découvert que 45 membres de sa famille avaient été tués et que presque toutes les huttes de sa famille avaient été incendiées. Elle a trouvé cinq enfants d’autres familles encore vivants parmi les cadavres, et leur a porté assistance :

J’ai immédiatement sorti un bébé de 2 mois des flammes, il pleurait entre les cadavres de ses parents, et j’ai aussi sorti les autres enfants... J’ai pris un âne et je suis partie en direction du Mali avec les enfants blessés qui pleuraient derrière... C’était très difficile. J’ai marché plusieurs kilomètres... jusqu’à ce que je trouve un Malien sur une moto qui m’a aidée... Ensuite, j’ai appelé mon mari.[339]

Les images satellites du 19 décembre 2023 montrent la destruction et les huttes incendiées dans au moins neuf hameaux situés à une distance de trois à cinq kilomètres à l’est du centre de Pétégoli, sur la route de Baraboulé.

Le mari de la femme, un commerçant de 51 ans, a indiqué qu’il n’était pas à Pétégoli lors de l’attaque, mais qu’il est revenu trois jours plus tard pour enterrer des proches :

Ce que j’y ai découvert me hante encore, les corps de femmes et d’enfants, de bébés de deux mois, de personnes âgées… toute ma famille, tous ont été massacrés… Les corps étaient entassés les uns sur les autres. Certains corps étaient carbonisés. Nos maisons avaient été incendiées... Les soldats y ont mis le feu. Nos huttes, faites de paille et de bois, étaient brûlées... Nous avons mis du sable sur les corps [pour les enterrer] parce que nous ne pouvions plus les déplacer – ils se décomposaient.[340]

Les époux ont fourni une liste avec les noms de 45 victimes, dont huit enfants, âgés de 5 à 17 ans ; 25 femmes, âgées de 27 à 47 ans ; et 12 hommes, âgés de 30 à 56 ans.

Une femme de l’ethnie mossi, âgée de 35 ans, a raconté qu’elle était la seule survivante de sa famille de plus de 30 personnes, principalement des femmes et des enfants. Elle a décrit qu’après le massacre, elle a essayé de rentrer chez elle, mais il y avait des soldats dans sa propriété, alors elle s’est enfuie dans la brousse voisine avec d’autres personnes, pour revenir à Pétégoli environ deux heures plus tard. Elle a continué à entendre des coups de feu depuis sa cachette pendant environ une heure :

Je ne peux pas décrire ce que j’ai vu. Le village entier a été massacré en moins d’une heure. J’ai vu des scènes de dévastation tout autour de moi. Je suis allée directement chez moi pour retrouver ma famille. J’ai pris ma tête entre mes mains. J’ai pleuré. C’était horrible ! Les corps étaient entassés les uns sur les autres dans la propriété, à l’exception du corps de mon père, qui se trouvait à la porte... Il était allongé sur le ventre, les paumes des mains sur le sol, les doigts écartés... J’ai compté environ 60 corps, dont la moitié étaient calcinés. Il y avait tous les membres de ma famille et des voisins, des femmes et des enfants qui, semble-t-il, étaient venus chez nous pour chercher refuge.[341]

La femme a fourni une liste avec les noms de 19 victimes, dont quatre garçons, âgés de 5 à 7 ans ; deux filles, toutes deux âgées de 3 ans ; huit femmes, âgées de 30 à 67 ans ; et cinq hommes, âgés de 55 à 70 ans.

Une femme dogon de 35 ans a indiqué qu’elle était en train de quitter sa maison lorsque les militaires et les VDP sont arrivés, pensant qu’« ils ne feraient rien aux femmes et aux enfants ». Mais les forces ont tiré sur elle et ses proches :

Ma mère et ma co-épouse sont tombées sur-le-champ. J’ai fui avec mon bébé dans les bras et mes deux filles pour rentrer dans la maison. Deux VDP nous ont suivis, l’un est entré dans la maison et l’autre est resté à l’extérieur. [Celui qui est entré dans la maison] a ouvert le feu sur moi et mes enfants. Mes deux filles sont mortes sur le coup. J’ai été gravement blessée, et mon garçon de 9 mois a également eu la jambe cassée par les balles. J’ai entendu le VDP à l’extérieur dire à celui qui nous tirait dessus : « Assure-toi que personne ne respire avant de sortir. » À l’intérieur de la maison, je n’avais aucun moyen de m’échapper. Le VDP nous a tiré dessus « ta ta ta » à courte distance, il essayait de me tirer dans la poitrine, et j’ai roulé sur le sol.[342]

La femme a été touchée par six balles, dont deux dans la poitrine, deux dans les bras droit et gauche et deux autres dans les cuisses, ce qui lui a causé de graves blessures. Elle a fourni les noms de ses deux filles, âgées de 15 et 16 ans, de sa mère, âgée de 67 ans, et de sa co-épouse, âgée de 18 ans.

Human Rights Watch a géolocalisé des photos et des vidéos publiées par le GSIM, prises depuis trois endroits différents à Pétégoli et dans ses environs le 15 décembre 2023, montrant des dizaines de personnes tuées. Certains des corps étaient carbonisés.[343]

Une vidéo et des photos montrent un hameau situé à un kilomètre et demi au sud-est du marché de Pétégoli, sur la route de Baraboulé, où les corps de 43 personnes sont alignés contre un bâtiment. Un homme, qui semble porter la tenue du GSIM, recouvre les corps de nattes en plastique. Une deuxième vidéo et des photos montrent des corps brûlés regroupés, réduits en cendres et en fragments d’os. Bien qu’il soit difficile de déterminer le nombre exact de victimes dans la vidéo, Human Rights Watch pourrait en compter au moins 12. Dans une troisième vidéo et des photos, les corps d’au moins 39 personnes sont alignés le long d’un mur dans le village d’Oukoulourou, à huit kilomètres au nord-est de Pétégoli. Plus de la moitié des morts sont des enfants, y compris des bébés attachés sur le dos ou le ventre de femmes décédées. Quinze des victimes sont des femmes et trois sont des hommes. Les victimes semblent avoir été tuées de balles dans la poitrine et l’abdomen.

Carte de Pétégoli, au Burkina Faso, montrant le lieu d’enregistrement des vidéos géolocalisées par Human Rights Watch et l’emplacement des hameaux incendiés visibles sur les images satellites du 17 décembre 2023. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Pétégoli est sous le contrôle du GSIM depuis 2019, mais des témoins ont déclaré que les combattants du GSIM n’étaient pas présents lors des attaques et que toutes les personnes tuées étaient des civils.

Quelques heures avant l’attaque, des combattants du GSIM avaient averti les habitants de Pétégoli qu’un convoi militaire arrivait, avant de fuir vers le Mali, selon les témoignages. « Ceux qui ont pris leur alerte au sérieux ont fui, mais nous, les femmes et les enfants, ne pensions pas que l’armée allait nous tuer, et nous n’avons pas fui », a expliqué la femme tamasheq âgée de 45 ans. « Certaines personnes ont cru aussi que l’armée n’entrerait pas dans Pétégoli parce qu’elle n’était pas venue ici depuis des années. »[344]

Un survivant a vu des combattants du GSIM prendre des vidéos :

Les combattants du GSIM ont aidé [les survivants] à enterrer les corps. Ils ont pris des photos et filmé des vidéos d’eux. Les corps ont été enterrés dans des fosses communes : six… du côté ouest du village avec 120 corps, et deux… du côté sud-ouest, contenant 44 corps. Parmi les morts figuraient un grand nombre de femmes et d’enfants de plusieurs groupes ethniques, dont des Peuls, des Rimaïbé, des Dogons et des Bella.[345]

Dans une déclaration du 22 décembre 2023, l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé qu’entre le 13 et le 19 décembre 2023, elle a soigné 26 personnes souffrant de graves blessures par balles en provenance de Pétégoli dans plusieurs établissements de santé au Mali.[346] Le communiqué a indiqué que l’une des personnes soignées, un garçon de 10 ans, a succombé à ses blessures.

Sè, 14 décembre 2023

Trois jours après les meurtres de Pilade, le 14 décembre 2023, l’armée burkinabè et les VDP déployés pour l’opération Tchéfari 2 ont tué au moins 66 personnes – mais peut-être beaucoup plus – dans le village de Sè. D’après les témoignages, des soldats burkinabè à bord d’au moins quatre pick-up équipés de mitrailleuses et des VDP sur au moins 100 motos, accompagnés d’un hélicoptère militaire, sont entrés dans le village de Sè, ont fouillé des maisons et ont rassemblé des personnes avant d’en exécuter sommairement plus de 100.

Un mineur d’or, âgé de 44 ans, a indiqué qu’il avait parlé à des VDP près du village tôt ce matin-là :

Deux VDP m’ont demandé en mooré : « Qu’est-ce que tu fais ici ? » J’ai répondu : « C’est mon village. » L’un d’eux a dit : « Quel village ? Tu dois dire que tu es un terroriste ! Seuls des terroristes vivent ici... Nous allons en finir avec vous ; tous les complices des terroristes vont mourir aujourd’hui. » … L’un d’eux a voulu me tuer, mais l’autre lui a dit de me laisser partir... Ils ont dit que si je tenais à la vie, je devais partir et ne pas revenir.[347]

Un habitant de 48 ans a raconté :

Les soldats ont dit… « Sortez ! Tout le monde, hommes et femmes ! Dehors ! Enfants et personnes âgées ! Dehors ! Si quelqu’un ne sort pas, nous allons rentrer dans la maison et si nous le trouvons dans la maison, nous allons l’exécuter ! » Je me suis caché dans ma maison et je les ai vus rassembler les gens sous le grand hangar du village. Une heure plus tard, j’ai entendu des coups de feu.[348]

Un homme de 42 ans a indiqué avoir également vu les corps de plus de 50 personnes tuées dans le quartier de Kara à Sè. « [Ils étaient] les uns sur les autres, principalement des femmes et des enfants », a-t-il dit.[349]

Un autre habitant a rapporté les faits suivants :

J’ai entendu des motos et des véhicules approcher et j’ai vu un hélicoptère voler au-dessus... puis les tirs ont commencé pendant environ une demi-heure... Le convoi des FDS [forces de sécurité] n’est pas passé par mon quartier, mais toutes les maisons sur la route Djibo-Bouro ont été attaquées… J’ai vu les corps de 147 personnes.[350]

L’homme a expliqué que sur les 147 personnes tuées qu’il a dénombrées, 51 étaient des enfants, âgés de 5 mois à 9 ans, 68 étaient des femmes et 28 étaient des hommes, âgés de 18 à 60 ans, et qu’elles étaient toutes de l’ethnie mossi, à l’exception de 18 personnes de l’ethnie rimaïbé. Il a ajouté que des survivants et des combattants du GSIM avaient procédé aux enterrements les jours suivants dans plusieurs fosses communes. « J’ai participé à certains enterrements, nous avons mis 36 personnes de la même famille dans une fosse commune, 26 personnes d’une autre famille dans une autre fosse et 18 d’une troisième famille dans une autre fosse. »[351]

Human Rights Watch s’est entretenu avec deux habitants qui ont confirmé qu’au moins huit personnes ont été tuées dans une frappe aérienne à la périphérie du village.[352] « Il a été difficile d’identifier les corps parce qu’ils étaient tous brûlés », a relaté l’homme de 42 ans. « Je les ai recouverts d’un peu de sable et de branches. »[353]

Human Rights Watch a reçu deux listes, établies par des habitants, réunissant au total les noms de 66 des victimes. Une liste comprenait les noms des 58 personnes tuées dans le quartier de Kara, dont 33 enfants, âgés de 2 à 17 ans ; 15 femmes, âgées de 20 à 70 ans ; et 10 hommes, âgés de 18 à 40 ans. L’autre liste recensait les huit victimes de la frappe aérienne, dont deux enfants de 12 ans, deux femmes d’une quarantaine d’années et quatre hommes, âgés de 40 à 50 ans. Human Rights Watch n’a pas pu confirmer les noms de toutes les personnes tuées à Sè.

Bouro et Sekoudou, 14 décembre 2023

La pire attaque de l’opération Tchéfari 2 documentée par Human Rights Watch a eu lieu à Bouro, le 14 décembre 2023, lorsque l’armée burkinabè et les VDP ont tué au moins 211 civils, et peut-être beaucoup plus.

Des témoins ont raconté qu’un convoi d’au moins 100 motos, de nombreux pick-up et des véhicules blindés réunissant au moins 200 soldats burkinabè et VDP est arrivé à Bouro vers 9 heures par le sud, suivi d’au moins un hélicoptère militaire de couleur camouflage qui a survolé le village jusqu’à la fin de l’opération vers 15 h 30.

Les témoins ont expliqué qu’il n’y a pas eu d’échange de tirs entre les soldats et les combattants du GSIM à Bouro pendant l’opération militaire, et que toutes les personnes tuées à Bouro étaient des civils. Ils ont précisé que des soldats et des VDP les ont accusés de collaborer avec les combattants islamistes.

D’après les témoignages, de nombreuses personnes ont été tuées dans les cours de leurs maisons autour de la zone du marché et dans les deux hameaux situés juste au nord de Bouro. Les soldats et les VDP ont pris d’assaut la zone du marché et sont allés de porte en porte, fouillant les maisons et ordonnant aux villageois de sortir, avant de les exécuter sommairement en groupe et de tirer sur quiconque tentait de s’enfuir ou de se mettre à l’abri.

Un commerçant de l’ethnie sonrai, âgé de 45 ans, a déclaré qu’il se trouvait au marché lorsque « des soldats et des VDP sont arrivés et ont commencé à tirer ». Il a rapporté que les personnes se sont enfuies, certaines « [tombant] sous [s]es yeux », tandis que d’autres, y compris « des femmes, des enfants, des personnes âgées hurlaient ». Il a décrit la scène :

Les soldats tiraient sur les gens et les insultaient en les traitant de tous les noms et en disant qu’ils étaient des terroristes... Je ne sais même pas comment j’ai réussi à m’échapper... Je suis allé vers l’est, mais les soldats étaient partout... Je me suis caché dans une maison abandonnée... J’ai continué à entendre les cris des gens et les coups de feu... Ils sont restés à Bouro pendant au moins une heure et ont tiré sans arrêt, tuant chaque être humain... Quand ils sont partis... je suis sorti et j’ai vu que le monde s’était effondré sur Bouro. […] Autour de la zone du marché, j’ai compté entre 150 et 200 cadavres… J’ai trouvé les corps de femmes, d’enfants.[354]

Un survivant a indiqué avoir vu les forces militaires arriver dans le village à bord d’un grand nombre de motos, de véhicules blindés et de véhicules 4x4. Des femmes et des vendeurs se sont dirigés vers eux « au milieu du marché sur la route qui mène à Ariel ». Il a décrit ce qu’il a vu :

Un VDP a demandé aux femmes leurs cartes d’identité, qu’elles ont présentées. Le VDP a demandé en mooré où étaient les commerçants, et les femmes ont répondu qu’elles ne le savaient pas. Puis un soldat a ordonné une fouille des maisons – ils ont fouillé les maisons pour faire sortir les gens qui se cachaient... Alors les tirs ont commencé comme si c’était la guerre, les tirs ont duré plus de 40 minutes et pendant ce temps, un hélicoptère tirait depuis le côté nord de la ville. En même temps, les forces de sécurité ont attaqué les deux hameaux de Boukari Goral et Sekoudou.[355]

Une femme mossi de 25 ans a raconté qu’environ 10 soldats et VDP ont rassemblé cinq femmes, les ont interrogées et battues, avant qu’un soldat n’ouvre le feu sur elles. Elle a expliqué qu’elle s’était cachée dans une maison derrière un tas de bois provenant d’un lit démonté et que, depuis sa cachette, elle avait entendu ce que les soldats et les VDP disaient :

À un moment donné, j’ai même reconnu la voix d’un jeune VDP appelé Moussa du village de Belehede, non loin de Bouro, qui insultait les femmes en leur disant qu’elles étaient toutes des « épouses de terroristes » et qu’elles méritaient la mort la plus horrible de l’histoire... et qu’ils allaient exterminer les Peuls et leurs alliés terroristes... Chaque fois que des coups de feu retentissaient, les VDP criaient : « Vive les FDS et les VDP ! Vive le Burkina Faso ! La patrie ou la mort ! Nous vaincrons! »[356]

Des habitants ont expliqué que deux jours avant l’attaque, la nouvelle de l’arrivée de l’armée et des VDP s’était répandue dans tous les villages environnants et que de nombreux Peuls avaient abandonné leurs maisons et étaient partis pour le Mali, la frontière se situant à moins de 35 kilomètres, par crainte d’être pris pour cible en tant que collaborateurs du GSIM. À Bouro, la plupart des hommes peuls avaient quitté le village, à l’exception de quelques hommes plus âgés qui avaient refusé de partir et étaient restés dans le village avec les femmes et les enfants.

Les membres des communautés sonrai, mossi et rimaïbé ont choisi de rester parce qu’ils pensaient que leur appartenance ethnique les protégerait contre les abus de l’armée et des VDP. « Malheureusement, ils ont représenté le plus grand groupe de victimes », a déploré un commerçant. « Les VDP n’ont épargné personne quand ils sont arrivés, adultes, jeunes, femmes et bébés. »[357]

Un homme peul de 65 ans a fourni le témoignage suivant:

J’ai décidé de fuir vers 13 h 30... alors que les soldats étaient tout près de nos maisons... J’ai vu le convoi militaire… et un hélicoptère... J’ai pris la décision de fuir seul et de laisser ma famille derrière moi… J’ai enfermé les 13 membres de ma famille, mes femmes, mes enfants et mes petits-enfants, dans la maison. Je me suis dit que l’armée n’allait pas s’en prendre aux femmes et aux enfants.[358]

L’homme a raconté qu’il s’était enfui à Douna, au Mali, et qu’il était retourné à Bouro avec deux autres hommes trois jours plus tard pour découvrir « que les 13 membres de [s]a famille avaient été exécutés... criblés de balles... leurs corps... allongés ensemble... juste à l’extérieur de la maison ». [359] Human Rights Watch a examiné une liste établie par le témoin avec les noms des 13 victimes : cinq enfants, âgés de 4 à 17 ans, et huit femmes, âgées de 30 à 50 ans.

Samer (nom fictif) a indiqué qu’après avoir été informé du convoi militaire se dirigeant vers Bouro, il a décidé de fuir en laissant sa famille derrière lui, pensant que « les soldats n’oseraient pas attaquer les femmes et les enfants ».[360] Il s’est caché dans une maison abandonnée à environ deux kilomètres du village, d’où, vers 14 heures, il a vu le convoi militaire arriver et a entendu « des coups de feu répétés ».[361] Il a expliqué que, lorsque les tirs ont cessé, il est sorti de sa cachette, a vu des flammes et de la fumée provenant du village, et est rentré chez lui pour retrouver sa famille. Il a décrit la situation à son retour :

Quand je suis arrivé à la maison de ma famille, il n’y avait personne... J’étais inquiet... alors je me suis dirigé vers la cour de mon voisin à 100 mètres de là. En arrivant dans la cour, j’ai retrouvé ma famille et celle de mon voisin massacrées. Mes femmes [et]mes enfants étaient mort… Le seul survivant [de ma famille] était mon fils de 11 ans. … J’ai trouvé les corps gisant sur le sol, des balles dans la tête, la poitrine, le ventre. Mon petit garçon était blessé à la jambe gauche, il a eu de la chance. Les balles lui ont éraflé la jambe, lui arrachant la peau, mais elles n’ont pas touché l’os. Je l’ai sorti d’un tas de cadavres. Parmi les corps, j’ai aussi trouvé cinq autres enfants, de la famille de mon voisin... qui avaient également survécu mais qui étaient blessés. .[362]

Samer a rapporté qu’il avait compté 34 corps dans la cour de son voisin, dont 19 membres de sa famille et 15 membres de la famille de son voisin. Human Rights Watch a examiné une liste, établie par le témoin, avec les noms des membres de sa famille tués, dont 15 enfants, âgés de 3 mois à 12 ans et quatre femmes, âgées de 24 à 40 ans.

Samer [nom fictif], habitant du village de Bouro, région du Sahel, Burkina Faso. Le 14 décembre 2023, les forces militaires du Burkina Faso et leurs milices alliées ont tué 19 membres de la famille de Samer lors d’une attaque dans son quartier dans le village de Bouro. Seul, au milieu des corps et de la dévastation, Samer s’est occupé de six enfants blessés. « J’ai commencé à les soigner avec ce que j’avais », a-t-il confié à Human Rights Watch. « J’ai fait des bandages avec des vêtements que j’ai déchirés. J’ai fait ça toute la soirée. Il n’y avait personne à Bouro. Tout le monde avait fui. » Samer a ensuite emmené les enfants et fui avec eux au Mali voisin. © 2026 John Holmes pour Human Rights Watch

Dans une vidéo du 17 décembre 2023, apparemment filmée par des combattants du GSIM, visionnée par Human Rights Watch, une partie de cette cour est visible, ainsi que les corps d’hommes, de femmes et d’enfants morts ou mourants entassés sur le sol.[363] Human Rights Watch a vérifié la vidéo et l’a géolocalisée dans une cour à 200 mètres au sud du marché de Bouro.

Sur la vidéo, Human Rights Watch a dénombré au moins 16 corps de personnes mortes ou mourantes au sol, dont beaucoup étaient face contre terre, y compris trois enfants. Deux bébés étaient encore en vie : un bébé pleurait, enveloppé dans un linge vert sur le dos d’une femme morte. L’autre bébé fixait la caméra avec de grands yeux, toujours calé dans le bras gauche d’une femme morte, avec une flaque de sang sous la tête. Samer a reconnu la cour comme étant celle de son voisin et l’un des bébés comme étant son neveu. Il a confirmé que le bébé était encore en vie et qu’il avait été emmené dans un pays voisin.

Des images satellites à basse résolution recueillies le 15 décembre 2023 montrent des traces d’incendie dans et autour du village de Bouro. Une image datant du 13 décembre 2023 ne présente aucun signe de destruction.

Une image satellite à haute résolution recueillie quelques mois plus tard, le 24 février 2024, révèle des destructions importantes dans tout le village, en particulier au sud du marché, dans la zone où Human Rights Watch a géolocalisé la vidéo montrant au moins 16 corps au sol. D’autres parties du village, y compris le marché et les quartiers voisins, sont également gravement endommagées. En date du 24 février 2024, Bouro semblait abandonné, ce qui a été confirmé par un témoin qui est retourné au village le 18 janvier 2024. « La première chose que j’ai remarquée... c’est qu’il n’y avait personne, tout le monde avait fui. Il n’y avait aucun être humain dans le village, il était désert », a-t-il décrit. « Bouro était devenu un village fantôme. »[364]

Carte de Bouro, au Burkina Faso, montrant le lieu d’enregistrement des vidéos géolocalisées par Human Rights Watch. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Liste des victimes

Human Rights Watch a examiné 106 noms de victimes à Bouro sur quatre listes différentes, compilées par les témoins, les membres des familles des victimes et les chefs locaux.[365] Human Rights Watch a compté 101 individus hors doublons dans les listes fournies. Parmi ces 101 personnes, il y avait au moins 19 enfants, dont 14 garçons et 5 filles.

Meurtres à Sekoudou

Vers 15 heures le 14 décembre 2023, les soldats et les VDP ont quitté Bouro et se sont dirigés vers Sekoudou, un hameau situé à trois kilomètres au nord de Bouro, où ils ont tué au moins 110 personnes.

Un fermier sonrai de 50 ans originaire de Sekoudou a raconté :

Nous avons commencé à entendre des tirs nourris, cela se rapprochait de plus en plus de nos maisons, alors nous avons fui vers la frontière malienne. Alors que nous fuyions, nous avons vu un hélicoptère voler au-dessus de nos têtes et nous avons eu peur... Le lendemain, je suis revenu et j’ai découvert l’horreur à Bouro et dans les hameaux environnants, y compris le mien, où tout le monde avait été tué. … [I]l était quasi impossible de rester calme. J’ai pleuré en silence, j’ai des amis, des frères et des sœurs qui ont été tués. … [N]ous avons enterré 110 corps, principalement des femmes et des enfants, mais nous n’avons pas fini d’enterrer tout le monde parce qu’un hélicoptère survolait le village et nous avions peur qu’il nous bombarde ; donc, nous avons dû partir.[366]

Un homme de 54 ans qui est retourné à Bouro deux jours après l’attaque a décrit ce qu’il a vu :

J’ai commencé à voir les premiers corps dans le hameau de Sekoudou. … [C’]était un hameau d’une grande famille et toute la famille a été massacrée, sans un seul survivant. Ils avaient tous été rassemblés dans la cour et ils avaient été criblés de balles… Des femmes, des enfants, des personnes âgées… Là, j’ai compté entre 110 et 120 corps de la même famille. Les gens avaient reçu des balles… dans la poitrine, dans le ventre, dans la tête et dans les jambes, partout.[367]

Human Rights Watch a géolocalisé une vidéo filmée par un témoin le 15 décembre 2023, dans la partie est de Sekoudou, à environ 120 mètres à l’est d’une mosquée. Elle montre les corps d’au moins 43 personnes, la plupart allongées face contre terre dans la cour d’une maison. Des taches de sang sont visibles sur le sol à côté des corps, qui semblent présenter des blessures par balles, y compris à la tête. Les 43 corps sont principalement ceux de femmes et d’enfants, mais quelques hommes sont également visibles.

Traumatisme

Le langage utilisé par les survivants pour décrire les meurtres de Bouro et de Pétégoli incluait des mots forts, des images, des métaphores et des comparaisons : « c’était une boucherie»[368] ; « c’était une hécatombe» [369] ; « le monde s’était effondré sur le village» [370] ; « c’était comme la fin du monde» [371] ; «c’était au-delà de l’entendement» ;[372] ; « c’est impossible de décrire ça avec des mots ».[373]

Les attaques et les meurtres ont laissé de profondes blessures psychologiques aux survivants, aux victimes et aux proches.

Tous ont décrit des symptômes qui semblent correspondre à ceux du trouble de stress post-traumatique et de la dépression, y compris la peur, l’anxiété, l’incapacité à parler et à se concentrer, et l’insomnie.

La femme mossi de Bouro, âgée de 25 ans, a raconté :

J’ai vécu les heures les plus horribles de ma vie. [...] Je suis restée longtemps immobile devant les corps des personnes qui avaient été tuées. Je suis totalement désorientée et perdue et [...] je ne peux pas accepter d’avoir tout perdu. [...] C’est comme si je faisais un cauchemar et franchement, les gens qui sont venus le lendemain et qui m’ont trouvée juste à l’extérieur du village […] je ne sais pas dans quel état ils m’ont trouvée. […] Je ne sais même pas comment la nuit est tombée et comment le jour suivant s’est levé. J’ai vu des amies avec des bébés tués. Certaines femmes ne sont pas mortes sur le coup et sont décédées quelques heures plus tard. J’entendais les cris et je ne savais pas quoi faire ou dire.[374]

Samer, qui a perdu 19 membres de sa famille dans l’attaque de Bouro, a indiqué : « Je suis resté là parmi les enfants blessés et les cadavres de leurs mères... Voir tous les membres de ma famille morts en même temps… cela m’a traumatisé. »[375]

« Je n’en dors plus », a confié l’homme de 65 ans qui a perdu 13 membres de sa famille dans l’attaque. « Je n’arrive pas à me concentrer. »[376]

La femme mossi de Pétégoli, âgée de 35 ans, qui a perdu au moins 30 de ses proches dans l’attaque, a expliqué : « Je ne peux pas nommer tous ceux qui sont morts dans ma famille parce que, depuis cette tragédie, si je commence à prononcer leurs noms, mon cœur se met à battre très vite, si vite que je perds mon souffle, je m’étouffe. »[377]

Convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025

L’armée burkinabè et les VDP ont tué près de 200 civils et brûlé plus de 100 hameaux au cours de plusieurs opérations militaires menées alors qu’ils escortaient un convoi de ravitaillement dans la région administrative du Sahel entre janvier et mars 2025. À l’aide d’images satellites, Human Rights Watch a retracé la majeure partie du trajet du convoi.

Human Rights Watch a interviewé huit témoins d’attaques menées par l’armée burkinabè et les VDP qui escortaient le convoi de ravitaillement dans au moins deux villages sur un itinéraire circulaire entre Dori et Sebba puis entre Sebba et Dori de janvier à mars 2025. La ville de Sebba est assiégée par le GSIM depuis 2022 au minimum.

Un VDP qui a escorté le convoi a expliqué à Human Rights Watch les circonstances des attaques contre les civils. Human Rights Watch a également analysé des images satellites, géolocalisé des photos et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux pour retracer l’itinéraire du convoi et documenté l’incendie d’au moins 110 hameaux. Le convoi était escorté par le BIR 8 et le BIR 9, d’après des témoins.

Le 27 janvier 2025, le convoi de ravitaillement, comprenant plus de 100 camions, a quitté la ville de Dori pour la ville assiégée de Sebba à environ 100 kilomètres au sud-est ; il est arrivé à destination le 30 janvier. En raison du risque d’embuscade et de la présence d’engins explosifs improvisés (EEI), le convoi n’a pas emprunté la route principale N24 qui relie les deux villes, mais a suivi à la place des routes secondaires à l’est de la route principale.

Des témoins ont déclaré que des VDP ont escorté le convoi jusqu’à Sebba aux côtés de soldats du BIR 8 et du BIR 9. Un homme dans la quarantaine qui a voyagé avec le convoi a raconté :

Nous avons quitté Dori le lundi 27 janvier, à 5 heures du matin. J’étais dans un camion et il y avait au moins 100 autres camions chargés de nourriture et de passagers. Il y avait aussi des gens qui étaient sur des motos. Le convoi était escorté. Il y avait le BIR 9, ainsi que des éléments de la relève de Sebba et Solhan. [...] Ils avaient des motos, des pick-up équipés de mitrailleuses et des véhicules blindés.[378]

Sur le chemin du retour, en quittant Sebba le 5 mars 2025, le convoi a pris un autre itinéraire et est arrivé à Dori le 7 mars 2025.

Un VDP qui a escorté le convoi a indiqué à Human Rights Watch qu’ils ont été pris en embuscade par des combattants islamistes peu de temps après avoir quitté Dori, près du village de Katchirga. À ce stade, le convoi n’était escorté que par le BIR 8. « Voyant que nous ne pouvions pas continuer, nous nous sommes retirés à Dori où le BIR 9 est venu en renfort », a-t-il relaté. « Donc, nous étions [avec] deux BIR, 8 et 9, soutenus par un hélicoptère et un drone. Cela nous a permis de poursuivre notre route vers Sebba et d’approvisionner la ville. »[379]

Le convoi a quitté Dori le 27 janvier 2025 et a pris la route vers l’est en direction de Seytenga avant de se diriger vers le sud en direction de Sampelga, un village sur la route N24. Avant d’atteindre Sampelga, le convoi a fait halte la première nuit dans le village de Gassel. Le 28 janvier 2025, le convoi est passé par Sampelga, par Niagassi – où le journal français Libération a rapporté que 30 personnes avaient été tuées lors du passage d’un précédent convoi en avril 2024 – et par Aligaga, puis il s’est arrêté pour la deuxième nuit près de Titabe.[380] Un reportage de la RTB du 2 février 2025 a montré une vue par drone du convoi stationné dans un lieu géolocalisé par Human Rights Watch juste au sud de Titabe, près de Koulangou.[381]

Carte du convoi Dori-Sebba-Dori, au Burkina Faso, montrant l’itinéraire du convoi, les vues géolocalisées du convoi présentées dans les reportages de la RTB, l’emplacement du convoi visible sur les images satellites à partir du 30 janvier 2025 et les hameaux brûlés le long du trajet.  Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Des témoins de Titabe et Koulangou ont déclaré que, même si leurs villages se situaient dans une zone de présence de groupes armés islamistes, aucun combattant islamiste n’était sur place lorsque le convoi a atteint leurs villages le 28 janvier 2025, et qu’il n’y a eu aucune attaque contre l’armée ou le convoi.[382] Un homme de 38 ans de Koulangou a indiqué : « Les djihadistes venaient de temps en temps, [mais] lorsque les militaires sont entrés dans le village, ils n’étaient pas là, ils étaient partis avant. »[383] Pourtant, à partir du village de Titabe, l’escorte militaire et les VDP ont commencé à attaquer les civils.

Géolocalisation du convoi arrêté dans un champ comme le montre un reportage de la RTB du 2 février 2025 dans un lieu situé juste au sud de Titabe. © 2025 RTB. Image © 2026 Airbus. Google Earth. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Titabe

Le VDP participant à l’escorte a indiqué que, lorsque le convoi s’est approché de Titabe, l’armée a reçu des informations « suggérant que les terroristes se rassemblaient pour attaquer le convoi » et que, pour faire face à cette menace, les VDP et les soldats du BIR 8, à l’aide de motos et de véhicules légers, ont été chargés de sécuriser le bord de la route et d’entrer dans les hameaux et les villages situés à proximité pour prévenir toute embuscade pendant le passage du convoi.[384]

Le VDP a déclaré que « ce sont le BIR 8 et les VDP qui sont entrés dans les hameaux et les villages [le long de la route] qui ont tué des civils ».[385]

Il a raconté :

Des civils ont été tués tout au long du parcours. Le bilan humain a atteint 220 morts dans les différents villages mentionnés, la plupart des meurtres ayant eu lieu dans les environs de Titabe, c’est-à-dire dans tout le département de Titabe.[386]

Une femme de 40 ans qui a survécu à l’attaque à Titabe a fait le récit suivant :

Lorsque les militaires sont arrivés au village, les gens étaient dans les champs et quelques autres à la périphérie du village. L’armée a tiré sur tout ce qui bougeait, hommes, femmes et enfants. Un homme qui donnait de l’eau à ses poussins a été abattu et est tombé sur-le-champ. Ceux qui étaient loin ont pu s’enfuir, mais personne n’a survécu dans le village.[387]

Un homme peul a décrit avoir trouvé 26 corps, principalement des femmes et des enfants, « devant les cours de leurs maisons », ainsi que plusieurs maisons incendiées dans un quartier appelé Tioutibe, à environ un kilomètre du centre de Titabe.[388]

L’homme qui a voyagé avec le convoi de Dori à Sebba a expliqué que, lorsqu’ils se sont arrêtés près de Titabe, il a vu des soldats encercler une femme et a vu plus tard son cadavre.[389]

Des médias internationaux ont rapporté que « plusieurs dizaines » de personnes avaient été tuées, prétendument par des soldats qui escortaient un convoi de ravitaillement entre Koulangou et Titabe le 28 janvier 2025.[390] Des images satellites du matin du 29 janvier 2025, analysées par Human Rights Watch, montrent de grandes traces d’incendie dans les villages d’Aligaga, de Titabe et de Koulangou. Ces traces n’étaient pas visibles sur une image datant de la matinée précédente.

Koulangou

En arrivant à Koulangou, situé à quelques kilomètres au sud de Titabe, les militaires et les VDP ont commencé à tirer sur les villageois.

L’homme de Koulangou âgé de 38 ans a raconté :

La population regardait le convoi et les soldats qui en descendaient, mais soudain les tirs ont commencé et ce fut une chasse à l’homme. Ils [les soldats] se sont mis à tirer sur les gens. Lorsqu’ils sont arrivés [...] je les observais de loin pour mieux comprendre ce qui allait se passer. Et malheureusement, ça s’est transformé en tragédie et j’ai [...] fui. [...] Les soldats étaient à pied, à moto, sur des pick-up. […] Il y avait des VDP avec eux. [...] Il y a eu des tirs pendant […] plus d’une heure au moins. […] C’était chacun pour soi. Les personnes qui le pouvaient se sont mises à courir. Les autres ont été tuées.[391]

L’homme a indiqué qu’après le départ du convoi, il est retourné à Koulangou ; il a vu « au moins 20 corps entassés » et a pensé que « l’armée avait rassemblé la plupart des victimes avant de les massacrer ».[392]

Un autre homme peul qui n’était pas à Koulangou au moment de l’attaque, mais qui est rentré au village le 29 janvier 2025, un jour après le massacre, a expliqué qu’il avait retrouvé les corps des membres de sa famille et d’autres personnes non loin de chez lui. Il a raconté :

D’après la position des corps, je dirais que les militaires ont d’abord arrêté les gens, puis les ont rassemblés avant d’ouvrir le feu sur eux. Il y avait 21 corps entassés. Parmi eux se trouvaient les sept membres de ma famille, dont mon frère aîné. [...] Ils étaient tous criblés de balles.[393]

Il a fourni une liste avec les noms de ses sept proches tués, tous des hommes peuls, âgés de 30 à 68 ans.

Un autre homme peul qui a perdu 18 membres de sa famille dans l’attaque et est retourné à Koulangou le 30 janvier 2025, a indiqué avoir trouvé les corps de 31 personnes, dont des femmes et des enfants. Il a expliqué qu’il a découvert le corps d’une jeune fille de 17 ans « brûlée dans sa hutte » et six autres à la périphérie du village, et que « d’autres ont été abattus dans la cour de leur maison et les maisons ont été incendiées ».[394]

L’homme a fourni une liste qu’il a dressée avec les noms de 21 personnes tuées à Koulangou, toutes de l’ethnie peule, âgées de 1 à 78 ans.

Des témoins ont raconté qu’à leur retour au village, ils ont constaté que de nombreuses maisons avaient été incendiées. « Les soldats ont brûlé et pillé le village », a décrit l’homme de 38 ans. « Ils ont brûlé des granges et des maisons. Ils ont aussi emporté des bijoux et de l’argent. Je n’en croyais pas mes yeux. Le village était en ruines. Nos maisons avaient été incendiées, ainsi que d’autres maisons. »[395]

Après Koulangou, le convoi a continué vers le sud en direction d’Ibal où il s’est arrêté pour la troisième nuit. Sur le chemin, il est passé par les villages de Binguel et d’Epeli, où les forces ont détruit et incendié des maisons. Les images satellites à partir du 29 janvier 2025 montrent ces maisons intactes puis détruites le lendemain.

Les images satellites du 30 janvier 2025 montrent des exemples de hameaux brûlés entre Koulangou et Ibal, Burkina Faso. Au total, Human Rights Watch a recensé au moins 110 hameaux incendiés le long du trajet du convoi Dori-Sebba-Dori. Image © 2026 Airbus. Google Earth. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Selon un témoin, le village d’Ibal était vidé de ses habitants lorsque le convoi est arrivé, car les habitants avaient fui. Les images satellites du 30 janvier 2025, prises à 10 h 30, montrent le convoi composé d’environ 130 camions, des dizaines de motos et plusieurs véhicules techniques s’étirant sur huit kilomètres alors qu’il quitte Ibal en direction du sud et de Sebba. Deux maisons sont visiblement en feu dans la partie sud d’Ibal. D’autres hameaux entre Ibal et Sebba sont visiblement incendiés sur les images satellites des 30 et 31 janvier 2025.

Les images satellites du 30 janvier 2025, prises à 10 h 30 heure locale, montrent une partie du convoi composé de camions, de motos et de véhicules militaires alors qu’il quittait Ibal en direction du sud et de Sebba.  Image © 2026 Airbus. Google Earth. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

Sebba

Un reportage de l’Agence d’Information du Burkina (AIB) du 2 février 2025 – soit trois jours après l’arrivée du convoi à Sebba – relate la visite dans la ville, un jour plus tôt, d’une délégation qui comprenait Moussa Diallo, le chef d’état-major général des armées (CEMGA), aux côtés d’hommes portant des uniformes ornés de l’écusson du BIR 9.[396] Human Rights Watch a géolocalisé la vidéo au niveau d’une base militaire à Sebba.

Le GSIM a régulièrement attaqué des militaires et des VDP à Sebba. Le 22 janvier 2025, neuf jours avant l’arrivée du convoi militaire, le GSIM a revendiqué la responsabilité d’une attaque contre la caserne militaire de Sebba, affirmant qu’il avait pris « le contrôle total » de la garnison.[397] Dans une autre déclaration en date du 26 janvier 2025, le GSIM a également annoncé avoir tué au moins dix soldats et saisi des véhicules et des armes militaires à Sebba.[398]

Trajet retour du convoi

Le 5 mars 2025, un mois après son arrivée, le convoi a quitté Sebba pour Dori, empruntant un itinéraire alternatif par des routes secondaires à l’ouest de la route principale N24. Progressant d’abord vers le sud-ouest depuis Sebba, il s’est dirigé vers le nord, atteignant le village de Diogata avant la ville de Solhan. Human Rights Watch a géolocalisé des vues aériennes du convoi diffusées dans un reportage de la RTB du 17 mars 2025 dans une zone située juste à l’est de Diogata.[399] Le reportage indique qu’une embuscade contre le convoi a été déjouée dans le secteur.

Des images satellites du 5 mars 2025, prises à 10 h 58, montrent deux panaches de fumée s’élevant du village. Des traces d’incendie récentes dans le village sont présentes sur une image à basse résolution datant du lendemain. Les images satellites à haute résolution du 15 mars 2025 montrent des maisons incendiées et certains quartiers complètement détruits par le feu. Une large piste est visible sur le sol à l’endroit où le convoi est supposé être passé. Human Rights Watch a géolocalisé à Diogata une vidéo diffusée sur Telegram le 6 mars 2025, montrant les corps de 15 personnes, tous des hommes en civil. Des traces d’incendie sur le sol et des maisons brûlées sont visibles.[400]

Annotated satellite image Annotated satellite image in french

La comparaison des images satellites entre le 2 février et le 15 mars 2025 fait apparaître des maisons récemment incendiées à Diogata, Burkina Faso. De nouvelles pistes sont également visibles, à l’endroit où le convoi est passé. Human Rights Watch a également géolocalisé une vidéo dans le village montrant les corps de 15 hommes vêtus en civil. Image © 2026 Airbus. Google Earth. © 2026 Planet Labs PBC. Graphique © 2026 Human Rights Watch.

 


 

Les images satellites du 5 au 7 mars 2025 révèlent plusieurs hameaux incendiés le long du parcours du convoi entre Diogata et Dori. Human Rights Watch a géolocalisé deux vidéos, diffusées sur Telegram le 7 mars 2025, montrant des maisons incendiées, l’une filmée dans le village de Pougoumbel et l’autre dans un hameau à cinq kilomètres au sud de celui-ci.

Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025

Le 20 février 2025, l’armée et les VDP ont attaqué Gaskindé, un village situé à 20 kilomètres au sud de Djibo, tuant au moins 20 civils en représailles apparentes contre les communautés locales accusées d’abriter des combattants du GSIM.

Entre fin janvier et mi-février 2025, le GSIM a attaqué plusieurs positions militaires dans la région du Sahel. Le GSIM a revendiqué la responsabilité d’au moins quatre attaques, dont trois ont eu lieu à Djibo et aux alentours.[401] Des médias ont rapporté que, le 2 février 2025, des combattants du GSIM avaient attaqué des soldats du BIR 22 et des VDP à Djibo, tuant au moins 20 personnes, et que, le 17 février 2025, ils ont attaqué au moins trois postes militaires, également à Djibo, s’emparant de matériel militaire.

Un combattant du GSIM qui s’est rendu à Gaskindé au lendemain de l’assaut de l’armée contre les civils a expliqué :

La cause de cette attaque, à mon avis, est due au fait que, dans la matinée du 2 février [2025], nous avons attaqué deux de leurs positions dans la banlieue de Djibo et une à Djibo. L’autre [attaque], je crois que c’était dans [la périphérie] de Tangomaïl. Donc, nous avons attaqué ces positions. Nous nous en sommes emparés. Nous avons pris leurs armes. Nous les avons tués. Ils se sont repliés en courant vers la ville et nous sommes partis. Je pense que c’est pour ça qu’ils sont allés commettre ce massacre contre la population civile.[402]

ACLED a rapporté que « les forces spéciales burkinabè du Bataillon d’intervention rapide 10 (BIR 10) ont mené une opération aérienne et terrestre » à Gaskindé et qu’« au moins 21 civils, y compris des femmes, des enfants et des bébés, ont été tués ».[403]

Un homme peul de 47 ans a raconté qu’il avait fui Gaskindé juste avant l’attaque après avoir entendu un homme parler avec un combattant du GSIM dans un talkie-walkie :

Le djihadiste a dit : « À tous ceux qui se trouvent dans le village de Gaskindé, faites attention à vous. Il y a un mouvement de VDP et de soldats qui se dirigent vers le village. Donc, à toutes les personnes de Gaskindé, trouvez une solution, faites attention à vous. » Quand j’ai entendu ça, j’ai dit à ma femme et à mes deux enfants de fuir. J’ai pris ma moto pour emmener ma mère âgée... et un enfant de 4 ans qui était aussi avec elle.[404]

L’homme a décrit avoir entendu des coups de feu et avoir vu des gens courir alors qu’il allait chercher sa mère pour fuir.

Un Rimaïbé âgé de 40 ans d’Arayel, situé à environ 90 kilomètres au nord, sur la frontière avec le Mali, s’est rendu à Gaskindé pour voir ses parents, âgés de 65 et 70 ans, qui y vivaient. Il est arrivé quatre jours après les meurtres. L’homme a indiqué qu’il « n’avait pas rencontré âme qui vive » sur son chemin et qu’à l’approche du village, il avait entendu des coups de feu lointains et vu des drones voler. « Je suis allé à la maison familiale, il n’y avait personne », a-t-il raconté. « Il y avait quelques affaires de mes parents, mais je ne les ai pas prises… parce que j’étais effrayé… par les coups de feu et les drones». [405]

L’homme a ajouté que, alors qu’il repartait de Gaskindé, il a rencontré un jeune homme peul qui lui a dit qu’il avait enterré les corps de deux personnes âgées, un homme et une femme, dans un cimetière au sud du village et qui l’a conduit à la tombe. D’après sa discussion avec le jeune homme, il pense que c’était bien la tombe de ses parents.[406] Il a fourni leurs noms, ainsi qu’une liste, établie par les survivants avec lesquels il a parlé, comprenant les noms de huit hommes tués dans l’attaque du 20 février. La liste inclut deux Rimaïbé, deux Peuls et quatre Touaregs.

L’homme de 47 ans qui a fui Gaskindé avant l’attaque a expliqué que des survivants l’ont informé que le village avait été « incendié, y compris nos maisons. […] Les VDP et l’armée, après avoir tué les gens, ont mis le feu au village. Peu de maisons ont échappé aux flammes. »[407]

Des images satellites à basse résolution prises dans la matinée du 21 février 2025 montrent de grandes traces d’incendie dans et autour de la zone de Gaskindé. Ces traces n’étaient pas visibles sur une image datant de la veille. Plusieurs maisons dispersées semblent avoir été détruites par le feu sur des images à haute résolution prises à partir du 22 février 2025.

Gaskindé avait été le théâtre d’un assaut mené par des combattants islamistes contre un convoi de ravitaillement escorté par l’armée en septembre 2022, tuant au moins 27 soldats dans une attaque majeure qui a déclenché le coup d’État d’Ibrahim Traoré.[408]

5e région militaire (région administrative de la Boucle du Mouhoun)

Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023

Un jour de juin 2023, vers 13 heures, un groupe d’une vingtaine de VDP à moto et armés de fusils d’assaut de type Kalachnikov a tué au moins 22 hommes civils et un garçon de 17 ans dans une localité peule à environ trois kilomètres de la ville de Yaho. Des témoins ont raconté que les VDP étaient masqués, portaient des pantalons cargo et des t-shirts à manches courtes et parlaient en mooré, en français et en dafing. « Le président Ibrahim Traoré nous a dit de vous tuer ! » auraient dit les assaillants aux victimes.

Human Rights Watch a parlé avec des témoins qui ont affirmé que l’attaque avait été perpétrée par des VDP basés à Yaho et Ouakara, à environ 11 kilomètres de Yaho. Selon eux, les VDP avaient ciblé la communauté peule en représailles à une attaque du GSIM à Yaho le 5 avril 2023, au cours de laquelle des combattants du GSIM avaient détruit l’infrastructure de téléphonie mobile, considérant que la communauté peule soutenait le GSIM.[409] « L’attaque djihadiste qui a saboté le réseau téléphonique a donné aux VDP un prétexte pour nous attaquer », a déclaré un habitant du hameau peul.[410]

Un éleveur de 64 ans dont le fils adulte a été tué dans l’attaque a expliqué que les VDP ont encerclé le hameau, bloquant toutes les entrées et sorties pour empêcher les habitants de s’échapper :

D’abord, ils ont attrapé trois hommes et les ont battus avec des fouets jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus bouger. Puis, ils ont pris des couteaux et leur ont tranché la gorge. Ils ont dit : « Le président Ibrahim Traoré nous a ordonné de vous tuer. Dieu ne peut pas vous sauver ! [...] Personne ne pourra y échapper ! Venez voir ! Nous voulons que cela vous fasse souffrir. » [...] J’ai assisté à toute la scène à moins de 10 mètres de là, terrifié.[411]

Les VDP ont ensuite rassemblé 13 autres hommes, a poursuivi l’éleveur, y compris son fils. Ils ont attaché les mains des victimes avec leurs vêtements déchirés, les ont emmenées jusqu’à un endroit à proximité, derrière un mur, et les ont exécutées. Il a ajouté que les VDP ont ensuite tiré sur d’autres hommes qui revenaient des champs :

Je n’ai pas vu la fusillade, mais j’ai entendu des coups de feu. [...] Lorsque les VDP sont partis et que nous avons récupéré les corps, j’ai constaté qu’ils avaient tous reçu des balles et avaient la gorge tranchée. Huit cadavres, dont celui de mon fils, avaient également été laissés avec des barres de fer fichées dans le ventre. [...] Les barres de fer étaient aussi longues qu’un bras et en forme de broches, avec une pointe acérée. [...] J’ai vu les VDP tuer ceux qui rentraient au hameau sans savoir ce qu’il s’y passait. Ils les ont abattus un par un.[412]

Deux témoins ont indiqué que, lorsque les VDP sont partis, vers 15 heures, les habitants ont récupéré au moins 23 corps et les ont enterrés dans des tombes séparées dans les jours qui ont suivi. Ils ont fourni une liste avec les noms des victimes, qui étaient âgées de 17 à 70 ans.

Un homme dont les trois fils, âgés respectivement de 24, 27 et 30 ans, ont été tués dans l’attaque a raconté qu’après le massacre, il s’est rendu à Yaho pour voir le préfet – le représentant du gouvernement central – et lui a demandé s’il était au courant de ce qu’il s’était passé. « Il a dit, avec une indifférence totale, qu’il donnerait une réponse et m’a demandé de retourner au hameau », a déclaré le témoin.[413] Craignant une nouvelle attaque, il a expliqué que, comme la plupart des habitants du hameau, il avait choisi de ne pas rentrer chez lui. « Tout le monde a fui », a-t-il décrit. « J’ai emmené ma famille et nous sommes allés à Yaho ; nous y sommes restés 17 jours avant qu’un [homme] Mossi [qui nous avait accueillis chez lui] nous demande de partir. [...] Au fil des jours, les habitants locaux sont devenus méfiants à notre égard. [...] Alors nous avons fui en Côte d’Ivoire. »[414]

Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023

Le 23 novembre 2023, vers 7 heures du matin, l’armée burkinabè, accompagnée de VDP, a tué au moins sept hommes peuls lors d’une opération à Koumana, un village principalement peuplé de Mossi et de Bobo. Human Rights Watch s’est entretenu avec trois témoins et un homme ayant fui Koumana avant l’incident, qui ont indiqué que, selon eux, l’attaque avait été menée en représailles au refus de la communauté peule de rejoindre les VDP.

« Notre chef, un [homme] Mossi, nous a demandé de devenir VDP, mais nous avons refusé ; nous avons dit que nous ne devions pas nous ingérer dans la guerre entre les djihadistes et l’État », a expliqué un maître coranique de 55 ans.[415]

Un éleveur de Koumana a raconté :

Les djihadistes avaient l’habitude de venir dans notre village. [...] Deux jours avant l’arrivée des militaires, ils sont encore passés par le village, mais le jour de l’attaque, je n’ai vu aucun combattant et je ne suis au courant d’aucun affrontement à Koumana. [...] Il y a peut-être eu des affrontements dans la brousse. [...] Tout ce que je sais, c’est que les personnes tuées à Koumana n’étaient pas des terroristes, mais des maîtres coraniques, des fermiers et des éleveurs comme nous tous.[416]

Les témoins ont décrit qu’ils s’étaient enfuis dans la brousse après qu’ils ont été informés que les soldats se préparaient à attaquer Koumana.

« Depuis ma cachette, j’ai vu un convoi militaire se diriger vers le village avec plusieurs motos et véhicules, et un hélicoptère volant au-dessus de nos têtes », a raconté un homme de 45 ans.[417] « La fusillade a commencé entre 7 et 8 heures du matin et a duré jusqu’à midi », a relaté le maître coranique. « J’ai entendu tellement de coups de feu que je me suis dit que l’armée n’avait épargné personne dans le village. »[418]

Les témoins ont indiqué qu’à leur retour à Koumana dans l’après-midi, ils ont trouvé les corps de sept hommes, « deux […] près de la mosquée, deux à l’entrée du village et les autres dans le village, dehors », a expliqué le maître coranique.[419] « Les corps présentaient de nombreuses blessures par balles aux jambes et à la tête », a décrit l’homme de 45 ans. « Les têtes étaient complètement écrasées, et on pouvait voir les cerveaux, alors nous avons enveloppé [les corps] et les avons enterrés dans une fosse commune au cimetière. »[420]

Human Rights Watch a examiné deux listes, établies par des témoins, avec les noms des sept victimes, tous des hommes, âgés de 23 à 55 ans. Toutes les personnes tuées à Koumana étaient des civils, ont confirmé les témoins.

« Après l’attaque [sur Koumana], tous les Peuls ont quitté le village pour aller à Bobo-Dioulasso », a ajouté le maître coranique. « À Bobo-Dioulasso, nous avons également été témoins d’enlèvements de membres de la communauté peule, alors nous avons fui pour nous réfugier en Côte d’Ivoire. »[421]

Le 23 novembre 2023, des médias burkinabè ont rapporté que, « pendant plusieurs jours », les forces de sécurité avaient mené des opérations à grande échelle dans la région de Bondukuy, y compris à Koumana, Wakui, Wakara, Kera et Kovio, tué « une vingtaine de terroristes » et saisi des véhicules et des munitions.[422]

Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024

En janvier 2024, des dizaines de VDP à moto ont tué deux hommes et quatre garçons et pillé plusieurs maisons dans un hameau peul à environ trois kilomètres du village de Konga. Human Rights Watch s’est entretenu avec les épouses et les mères des victimes, qui ont été témoins des meurtres et étaient convaincues que les VDP avaient ciblé la communauté peule parce qu’ils soupçonnaient ses membres de collaboration avec des combattants islamistes. « Ils ont uniquement ciblé notre hameau, ils ne sont pas allés à Konga, où il y a aussi des Mossi et des Bobo. Ils ne sont venus que pour nous », a déclaré une femme de 32 ans. « Ils pensent que tous les Peuls sont des terroristes. »[423]

Les témoins ont indiqué que des Peuls avaient déjà été enlevés et tués dans le secteur. Ils ont expliqué que leurs familles avaient choisi de rester à un moment où plusieurs familles peules avaient déjà quitté les villages environnants par crainte d’attaques, parce que les voisins mossi leur avaient assuré qu’il ne leur arriverait rien. « L’attaque nous a pris par surprise », a précisé la femme de 32 ans.[424]

Une femme de 30 ans a raconté que, le jour de l’attaque, des VDP parlant en mooré ont ordonné à son mari et au frère de celui-ci de sortir de la maison et ont ouvert le feu sur eux. « J’ai voulu prendre mon mari dans les bras, mais un VDP a pointé son fusil sur moi. [...] Un autre lui a dit de me laisser partir », a-t-elle relaté. Après avoir tué son mari et son beau-frère, les VDP « sont entrés dans la maison et ont tiré sur mes deux garçons ». La femme a dit qu’elle s’était enfuie et qu’elle avait trouvé les corps de ses proches en revenant à Konga dans l’après-midi.[425]

Elle a raconté :

Mon mari avait reçu trois balles, dans la tête, la poitrine et l’abdomen. Le corps de mon plus jeune fils était criblé de balles. [...] Mon fils aîné respirait encore quand je l’ai pris dans mes bras. Il s’est mis à crier. Il m’a demandé de l’eau et quand je lui en ai donné, il est mort. Il avait été touché au ventre.[426]

La femme de 32 ans a fourni le récit suivant :

Nos maisons ont été pillées, les toits métalliques emportés. Les VDP ont aussi pris nos vaches, nos chèvres. […] Certains hommes mossi du village sont venus nous dire qu’ils enterreraient les corps et que nous devrions partir immédiatement parce que les VDP pourraient revenir pour nous.[427]

La femme, qui a fui le Burkina Faso, a indiqué qu’elle ne savait pas si ses proches avaient été enterrés ou non.[428]

Human Rights Watch a examiné deux listes, dressées par les témoins, avec les noms des victimes : quatre garçons, âgés de 9, 11, 12 et 14 ans, et deux hommes, âgés de 42 et 45 ans.

 

Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024

Le 15 août 2024, des membres de l’armée burkinabè accompagnés de VDP ont apparemment tué cinq hommes peuls du village de Sanakuy après les avoir d’abord arrêtés et accusés de collaborer avec des groupes armés islamistes. Deux habitants, dont un proche des victimes, ont expliqué que, le lendemain de l’arrestation, ils ont retrouvé les corps des cinq hommes criblés de balles, à environ quatre kilomètres du village.

Les habitants ont précisé qu’un mois avant l’attaque, des VDP de la ville de Solenzo, à 20 kilomètres de Sanakuy, étaient venus dans le village, avaient menacé de mort les habitants de la communauté et avaient accusé la population de collaborer avec des groupes armés islamistes. Sanakuy se trouve dans une zone où le GSIM est connu pour opérer et attaquer régulièrement les forces de sécurité.[429]

Les habitants ont rapporté que, la veille de l’attaque, des dizaines de militaires burkinabè et de VDP de Solenzo sont arrivés à la périphérie du village à bord de dizaines de motos, de trois voitures blindées et de plusieurs pick-up. Un homme de 54 ans a fourni le témoignage suivant :

Nous avons pensé qu’ils menaient une patrouille de routine, mais le lendemain matin, ils ont encerclé le village et sont allés directement à la maison d’un homme de 90 ans – la personne la plus âgée et la plus sage du village. J’étais là. […] [I]ls ont demandé nos cartes d’identité, que nous leur avons montrées, mais ils ne les ont même pas regardées. […] [I]ls ont attrapé le vieil homme et quatre membres de sa famille et les ont emmenés avec eux. Ils ont dit que, comme notre village n’avait jamais été attaqué par les djihadistes, cela signifiait que nous collaborions avec eux. Ils ont aussi dit que le fait que les femmes soient entièrement couvertes est un signe de notre complicité avec les djihadistes. Mais nous pratiquons le wahhabisme [un mouvement strict et puritain de l’islam] depuis des siècles. Cela n’a rien à voir avec le djihad.[430]

Un homme de 40 ans, parent des cinq personnes arrêtées, a déclaré avoir reçu un appel anonyme le lendemain d’une personne qui lui a annoncé que ses proches avaient été tués. Il a raconté :

Nous sommes allés dans la brousse, à l’endroit qui m’avait été indiqué, et nous avons découvert les corps avec de multiples blessures par balles. […] Ils avaient été rassemblés et abattus probablement avec une arme lourde, car nous avons vu de très grosses douilles tout autour des corps. […] J’ai perdu mes deux fils, mes frères et mon grand-père. Je suis dévasté.[431]

Human Rights Watch a examiné une liste établie par les témoins avec les noms des cinq victimes, des hommes âgés de 25 à 90 ans.

De nombreux habitants ont fui Sanakuy vers un pays voisin après les meurtres.

Opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025

Human Rights Watch a précédemment documenté qu’au début du mois de mars 2025, des VDP et des soldats ont tué au moins 130 civils peuls, et peut-être beaucoup plus, autour de la ville occidentale de Solenzo, dans une série d’attaques qui faisaient partie d’une opération militaire plus vaste dans deux provinces de la région de la Boucle du Mouhoun.[432]

Les meurtres ont eu lieu au cours de l’opération Tourbillon Vert 2, une campagne de plusieurs semaines qui a débuté le 27 février 2025 dans la province des Banwa et qui s’est poursuivie en direction de la province septentrionale du Sourou jusqu’au 2 avril 2025 au moins. L’opération a provoqué le déplacement massif de civils peuls de la province des Banwa.

Un éleveur peul de Solenzo âgé de 44 ans, dont huit membres de la famille ont été tués lors de l’attaque du 8 mars 2025 près du village de Béna, a décrit sa tentative de fuite :

Des milliers de familles peules venant de plus de 20 villages ont cherché à se rendre au Mali pour y trouver refuge. Cependant, nous ne pouvions pas atteindre le Mali sans traverser des villages occupés par les VDP et l’[armée]. [...] Les VDP nous ont tiré dessus comme des animaux, pendant que des drones volaient au-dessus de nos têtes. Beaucoup de femmes et d’enfants sont morts parce qu’ils ne pouvaient pas courir. [433]

En mai 2025, le GSIM a mené des attaques de représailles dans la région, au cours desquelles il a tué au moins 100 civils. Le GSIM a cherché à justifier ces meurtres auprès de Human Rights Watch, affirmant que les personnes tuées étaient des combattants. (Voir l’encadré ci-dessous.)

Des médias burkinabè et internationaux ont rapporté que les BIR 7, 10, 18 et 23, sous le commandement du Groupe d’intervention rapide 2 (GIR 2), ainsi que le Bataillon d’artillerie de campagne et d’intervention rapide (BACIR) ont pris part à l’opération, aux côtés de centaines de VDP.[434]

Des villageois de la province des Banwa ont décrit des opérations militaires sur plusieurs sites. Les VDP ont contraint les Peuls à quitter leurs villages en tirant en l’air ou sur les civils et en volant le bétail, forçant les villageois à fuir. Dans la zone située entre les villages de Béna et Lékoro, les VDP et les soldats ont coupé la route aux personnes en fuite en les prenant apparemment en tenaille, puis ont tué des dizaines de civils pris au piège dans la brousse. Des témoins ont affirmé que la plupart des victimes dans la province des Banwa étaient des enfants, des personnes âgées et des femmes. Des hélicoptères et des drones militaires survolaient la zone en continu, ce qui indique que les forces de sécurité burkinabè avaient le commandement et le contrôle directs de l’opération.

Une femme peule en train de fuir avec ses enfants pendant l’opération Tourbillon Vert 2, une offensive coordonnée menée entre le 8 et le 13 mars 2025 par les forces militaires burkinabè et leurs milices alliées dans la région occidentale de la Boucle du Mouhoun, près de la ville de Solenzo. Pendant cette opération, les forces gouvernementales ont tué au moins 130 civils peuls – probablement beaucoup plus – et contraint des milliers d’autres à la fuite. © 2026 John Holmes pour Human Rights Watch

Dans un communiqué du 15 mars 2025 sur les événements de Solenzo, le porte-parole du gouvernement burkinabè, Pingdwendé Gilbert Ouedraogo, a déclaré que, le 10 mars, les VDP « intrépides » et les forces de sécurité ont repoussé une attaque « terroriste » et tué une centaine d’assaillants avant de poursuivre les fuyards dans la brousse.[435] Il a précisé que les forces de sécurité et les VDP « ont investi la forêt pour démanteler la base terroriste », qu’ils ont découvert des enfants, des personnes âgées et des femmes « que les terroristes ont tenté d’utiliser comme bouclier humain, ainsi qu’un important troupeau de bovins et de caprins volés », et qu’ils ont mis les personnes trouvées sur place en sécurité. Les médias d’État ont indiqué qu’un centre d’accueil à Ouagadougou avait fourni un hébergement et une aide à 318 personnes déplacées internes de Solenzo dans les semaines qui ont suivi l’attaque. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer cette allégation.

Dans un courrier adressé à Human Rights Watch en date du 28 avril 2025, le ministre de la Justice burkinabè a rejeté les conclusions de Human Rights Watch sur l’opération Tourbillon Vert 2. Dans ce courrier, que Human Rights Watch a reçu le 19 mai 2025, le ministre de la Justice a accusé Human Rights Watch de « tentative d’ethnicisation des victimes du terrorisme au Burkina Faso » et a déclaré que « la lutte contre le terrorisme est dirigée contre les terroristes et non contre une communauté . »[436]

Carte de Solenzo, Burkina Faso. © 2025 Human Rights Watch
Carte de Sourou, Burkina Faso. © 2025 Human Rights Watch

Représailles meurtrières du GSIM à l’opération Tourbillon Vert 2 à Gonon, Lanfièra, Mara et Tiao

Dans une vidéo datant du 13 mars 2025, Ousmane Dicko, frère de Jafar Dicko, chef du GSIM au Burkina Faso, a menacé de venger les meurtres de civils autour de Solenzo.[437]

Dans un rapport précédent, Human Rights Watch a documenté qu’entre le 1er avril 2025 et le 5 avril 2025, le GSIM a attaqué au moins quatre villages de la province du Sourou – Gonon, Lanfièra, Mara et Tiao –, et a tué au moins 100 hommes civils que le groupe accusait d’avoir collaboré avec l’armée burkinabè, y compris en manifestant leur volonté de rejoindre les VDP.[438] Human Rights Watch s’est entretenu avec des témoins des attaques dans les quatre villages, qui ont confirmé que les personnes tuées étaient des civils, et a examiné des listes établies par des habitants et des proches avec les noms des victimes.

Les attaques ont également entraîné le déplacement de la population locale.

D’après les médias internationaux et les réseaux sociaux, le bilan humain des attaques du GSIM dans la province du Sourou au début du mois d’avril 2025 pourrait atteindre 200 morts.[439]

Dans une réponse du 31 mai 2025 à Human Rights Watch, le Comité chariatique du GSIM au Burkina Faso a cherché à justifier l’attaque, indiquant qu’« il nous incombait de nous mesurer à eux de la même façon qu’ils se mesurent aux faibles, de les arrêter dans leur élan et de leur faire goûter les conséquences de leurs crimes, afin qu’ils puissent y mettre un terme ». [440] Le GSIM a affirmé qu’il avait tué uniquement des hommes à cause de « leur implication dans l’assistance aux forces de Traoré et [de] leur participation à leurs crimes dans la région ».[441]

Le droit de la guerre interdit largement les représailles – des attaques normalement illégales menées en réponse à des actions illicites des forces adverses – contre les civils.[442]

Une femme suppliant des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al Qaeda, de ne pas emmener son mari dans le village de Tiao, région de la Boucle du Mouhoun au Burkina Faso, le 5 avril 2025. Ce jour-là, des combattants du GSIM ont tué au moins 70 hommes à Tiao en apparente représailles contre des habitants que le GSIM accusait de collaborer avec l'armée. © 2026 John Holmes pour Human Rights Watch

6e région militaire (régions administratives du Centre-Est et de l’Est)

Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023

Autour du 5 février 2023, des VDP sont entrés dans une localité peule connue sous le nom de Petit Zabré, à environ six kilomètres au sud-ouest de la ville de Zabré, et ont enlevé neuf hommes, qu’ils ont vraisemblablement tués par la suite. Les villageois ont retrouvé les corps des hommes cinq jours plus tard à environ cinq kilomètres de Petit Zabré. Deux témoins de l’attaque ont affirmé avoir identifié les assaillants comme étant des VDP parce qu’ils portaient des uniformes militaires sans épaulettes ainsi que des vêtements civils.

Des témoins ont indiqué que, deux semaines avant l’attaque, des combattants islamistes étaient venus dans la localité et avaient menacé de tuer les habitants s’ils collaboraient avec l’armée et les VDP. Petit Zabré se trouve dans une zone où le GSIM est connu pour opérer.

Le jour de l’attaque, « les VDP sont arrivés sur leurs motos et se sont mis à tirer, alors tout le monde s’est enfui », a raconté un homme de 60 ans. « Lorsque nous sommes revenus le lendemain, nous avons réalisé que neuf d’entre nous avaient disparu, alors nous sommes allés voir le chef de village de Zabré, qui a promis d’appeler les VDP pour demander une explication, mais ils [les VDP] ont dit qu’ils n’avaient arrêté personne. »[443]

« [Cinq jours plus tard,] nos enfants, qui étaient dans les champs, sont revenus en pleurant et en criant qu’ils avaient trouvé des cadavres dans la brousse », a expliqué un homme de 45 ans. « Alors, nous y sommes allés. Nous avons découvert les corps de nos amis, les mains liées derrière le dos. [...] Nous pouvions à peine les identifier, à cause de l’état de décomposition avancée. »[444]

Les deux témoins ont dit avoir enterré leurs amis à l’endroit où ils ont été trouvés, dans une tombe peu profonde qu’ils ont recouverte de sable. Ils ont fourni une liste qu’ils avaient dressée avec les noms des neuf victimes, tous des hommes, âgés de 20 à 70 ans.

« Les djihadistes sont à l’origine du problème ! », a indiqué l’homme de 45 ans. « S’ils n’étaient pas venus dans notre hameau, nous ne serions pas devenus une cible. »[445]

Békouré, région du Centre-Est, février 2023

Le 9 février 2023, des VDP ont exécuté sommairement trois hommes peuls sur le marché de Békouré, en représailles apparentes à une attaque du GSIM contre des VDP dans le village la veille.

Le 8 février 2023, des combattants du GSIM ont attaqué des VDP à Békouré, tuant au moins trois d’entre eux, ainsi que trois civils.[446] Trois témoins ont expliqué que, le lendemain, les VDP ont commencé à chercher des Peuls, les accusant de collaborer avec le GSIM, et à mener des attaques de représailles.

Un homme de 54 ans a fourni le témoignage suivant :

Vers 10 heures du matin, une dizaine de VDP à moto nous ont encerclés. Puis ils se sont approchés de trois hommes et leur ont dit qu’ils [les trois hommes] fournissaient des informations aux djihadistes sur les positions [des VDP]. Ils ont ordonné aux hommes de s’asseoir et ont essayé de les ligoter, mais les hommes ont refusé. Les VDP voulaient les emmener, mais les hommes ont refusé. Les hommes ont demandé aux VDP de fournir des preuves de leurs allégations. Une altercation s’en est ensuivie. […] Et puis un VDP a ouvert le feu […] et a tiré à bout portant sur les trois hommes au milieu du marché. Après les coups de feu, je me suis enfui. Tout le monde a fui le marché.[447]

Des témoins ont indiqué qu’après les meurtres, tous les habitants peuls ont fui le village et sont revenus trois jours plus tard. Ils ont ajouté que les corps des trois hommes ont été enterrés par des Bissa locaux. Ils ont fourni les noms des trois victimes, âgées de 27, 30 et 35 ans.

Puis, dans la soirée du 12 février 2023, deux hommes armés masqués, vraisemblablement des VDP, ont poursuivi un homme peul de 57 ans qui se déplaçait à vélo dans la banlieue de Békouré.

L’homme a raconté :

Ils m’ont appelé par mon surnom. Lorsque je les ai vus, je me suis inquiété et j’ai pédalé très vite pour atteindre le village. Ils m’ont arrêté et m’ont demandé : « Pourquoi t’es-tu enfui ? Tu as quelque chose à cacher ? » J’ai répondu : « Non, mais vous êtes cagoulés et armés, et il n’y avait personne autour de nous, alors vous auriez pu me tuer et dire des mensonges à mon sujet. Mais ici au moins, il y a des gens, donc même si vous me tuez, les gens vont témoigner que je ne faisais que circuler à vélo. » Ils m’ont dit : « Si les Peuls ont peur de mourir, les Peuls doivent se tenir à l’écart des terroristes, sinon ils vont mourir. »[448]

La même nuit, des VDP ont enlevé deux autres hommes peuls à leur domicile. Les personnes qui ont parlé à Human Rights Watch n’étaient pas présentes au moment des enlèvements, mais ont déclaré avoir discuté avec les épouses des deux hommes, qui ont identifié les ravisseurs comme des VDP locaux de Békouré, parlant la langue bissa. Dans les jours qui ont suivi, des témoins ont trouvé les corps des deux hommes avec de multiples blessures par balles et les mains liées derrière le dos sur la route reliant Békouré à Bitou, une ville située à 13 kilomètres au sud de Békouré. Les témoins ont fourni les noms des deux victimes, âgées de 30 et 40 ans.

Le 14 février 2023, un commerçant peul bien connu, âgé de 60 ans, a été tué alors qu’il rentrait à Békouré depuis le marché de Bitou. Les personnes qui ont découvert son corps ont affirmé que des VDP ont tué l’homme pour lui voler son argent. « Les commerçants qui ont fait des transactions avec lui au marché m’ont dit qu’il avait empoché près de 10 millions de francs CFA [18 000 USD] », a relaté l’homme de 57 ans. « Mais quand son corps a été retrouvé, ses poches étaient vides et il n’y avait aucune trace de l’argent. »[449] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer l’identité des auteurs du meurtre. Des habitants ont trouvé le corps à deux kilomètres de Békouré, sur la route de Bitou avec deux blessures par balles à la poitrine et une à la tête. « Nous avons pris son corps et l’avons enterré au cimetière de Békouré », a raconté un homme de 45 ans.[450]

Des témoins ont expliqué qu’après le meurtre du commerçant, « il y a eu un répit » et que les membres de la population bissa locale se sont plaints aux VDP de leur comportement.[451] Cependant, le 8 mars 2023, des combattants du GSIM ont de nouveau attaqué des VDP près de Békouré et ont tué plusieurs d’entre eux. Cela a conduit à une opération de représailles des VDP à Békouré le jour même et au meurtre présumé d’au moins 10 hommes peuls. Human Rights Watch s’est entretenu avec deux personnes qui ont dit avoir fui Békouré après l’arrivée des VDP dans le village. « Ils tiraient et allaient de porte en porte à toutes les maisons peules », a décrit l’homme de 54 ans. « Des Bissa ont caché des femmes et des enfants. Je me suis enfui. »[452]

Des sources ont appris plus tard de leurs voisins bissa que les VDP avaient tué 10 hommes peuls qui n’avaient pas pu s’enfuir lors de l’attaque. Des témoins ont indiqué que des membres de la communauté bissa ont récupéré les corps et les ont enterrés dans le cimetière du village. Ils ont fourni une liste avec les noms des 10 victimes, âgées de 30 à 75 ans.

Des témoins ont rapporté qu’après l’attaque du 8 mars 2023, tous les habitants peuls ont fui Békouré. Certains se sont rendus dans la ville de Tenkodogo, à 50 kilomètres au nord, où ils ont rejoint des membres de leurs familles. L’homme de 45 ans a raconté :

Lorsque nous sommes arrivés dans la banlieue de la ville de Tenkodogo, des personnes ont appelé la police en disant : « les terroristes sont là ». Les policiers sont arrivés. […] Nous étions environ 10, avec des femmes et des enfants aussi. Les policiers nous ont conduits dans la cour de leurs bureaux, ils nous ont demandé nos papiers d’identité. Nous les leur avons présentés et nous leur avons expliqué ce qui nous avait poussés à quitter nos maisons – que les VDP avaient tué nos proches à Békouré. […] Après nous avoir écoutés, les policiers [...] nous ont ramenés là où ils [...] nous avaient arrêtés [au départ]. Par la suite, des personnes du bureau du maire sont venues nous enregistrer en tant que personnes déplacées internes.[453]


 

IV. Abus perpétrés par le GSIM

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, JNIM) lié à Al-Qaïda, a perpétré des abus généralisés depuis le début de son insurrection au Burkina Faso en 2016, y compris des meurtres illégaux de civils et des exécutions sommaires, la destruction et le pillage de biens privés, un déni d’aide humanitaire aux civils dans des dizaines de villes et villages assiégés, et des déplacements forcés illégaux.[454]

Human Rights Watch a rendu compte de 24 attaques perpétrées par le GSIM dans six régions administratives (Boucle du Mouhoun, Centre-Nord, Est, Hauts-Bassins, Nord et Sahel) entre janvier 2023 et août 2025 qui ont entraîné les meurtres d’au moins 582 civils, dont 15 enfants.

Meurtres illégaux et exécutions sommaires

Les forces du GSIM ont commis des meurtres généralisés de civils, les abattant chez eux, dans la rue ou là où ils s’étaient abrités, y compris dans des camps pour personnes déplacées internes (PDI), recourant parfois à des méthodes s’apparentant à des exécutions. La vaste majorité des victimes semblent avoir été des hommes, mais des femmes et des enfants ont aussi été exécutés. Des combattants du GSIM ont tiré sur des civils lors de leurs attaques contre des villes et des villages et en pénétrant dans des quartiers, aussi bien à pied qu’à moto ou à bord d’autres véhicules. Ils ont ciblé les personnes qui se cachaient ou prenaient la fuite et ont sommairement exécuté les civils qui ne réussissaient pas à s’échapper lors des attaques.

Le GSIM semble également avoir ciblé des membres éminents des communautés, notamment des chefs de villages, pour leur collaboration présumée avec les autorités locales ou les militaires et les VDP.

Destruction et pillage de biens privés

Les forces du GSIM ont pillé et délibérément détruit des habitations, des commerces, des provisions alimentaires, du bétail et d’autres biens privés. D’après des témoins d’attaques, les combattants du GSIM ont délibérément mis le feu à des habitations et à des commerces, ou sont allés de porte en porte pour les piller.

Entre décembre 2022 et janvier 2023, les forces du GSIM ont perpétré au moins trois incursions dans le village de Zincko, dans la région du Centre-Nord, pillant et tirant des coups de feu en l’air, et exigeant des villageois qu’ils leur disent où se trouvaient les forces de sécurité gouvernementales. « Ils [les combattants du GSIM] ont pris tout ce qu’ils voulaient… beaucoup de sacs de riz et des bidons d’huile de cuisine… des motos… des téléphones », a déclaré une femme de 27 ans qui a assisté à la première attaque sur le marché de Zincko. « [Ils ont aussi] incendié des magasins. »[455]

Certaines personnes rentrées chez elles après l’attaque de leur ville ou de leur village par le GSIM ont constaté que leurs objets de valeurs, leurs meubles et d’autres biens avaient disparu.

Le vol de bétail est un signe distinctif ainsi qu’un moteur du conflit au Burkina Faso.[456] À sa création en 2017, le GSIM s’est élargi en coopérant avec—et, par la suite, en cooptant—des bandits et des voleurs de bétail. La zakat, ou taxe islamique, sous la forme de têtes de bétail versées au GSIM, est devenue une composante essentielle de la stratégie de financement du groupe armé.[457]

Déplacements forcés illégaux

Le GSIM a soumis les civils à des déplacements forcés en violation des lois de la guerre, y compris à titre de punition. Les forces du GSIM ont fréquemment posé des ultimatums aux résidents de villes et de villages pour qu’ils quittent la région dans un délai fixe, faute de quoi ils risqueraient la mort ou d’autres conséquences illégales.

Les lois de la guerre interdisent aux parties à un conflit armé non international d’ordonner le déplacement de la totalité ou d’une partie de la population civile, sauf dans les cas où la sécurité des civils ou des impératifs militaires l’exigent.[458]

Le GSIM a attaqué des communautés qui ne cédaient pas à ses ultimatums, ouvrant le feu sur des civils et incendiant et pillant des habitations et du bétail.

États de siège

Le GSIM a assiégé des localités à travers le pays, plantant des explosifs et prenant des véhicules en embuscade sur les routes menant à ces localités. Le groupe armé a privé les résidents d’accès à la nourriture, au carburant, aux services essentiels et à l’aide humanitaire, et a empêché les habitants de cultiver les terres ou de faire paître leur bétail.[459]

Les lois de la guerre n’interdisent pas le siège d’une zone tenue par des forces militaires de l’opposition. Cependant, le recours à la famine comme méthode de guerre contre la population civile est interdit et constitue un crime de guerre. L’aide humanitaire destinée aux civils doit être facilitée, et les civils conservent leur droit à la liberté de mouvement.

Le projet ACAPS (Assessment Capacities Project), une initiative non gouvernementale qui réalise des analyses humanitaires indépendantes, a estimé qu’au moins 40 villes et villages, essentiellement situés dans les régions burkinabè du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel, étaient assiégés fin 2024, affectant jusqu’à deux millions de personnes.[460]

Le GSIM a assiégé des localités en les encerclant, contrôlant strictement toutes les voies d’accès, souvent au moyen de postes de contrôle. Le groupe armé a détruit des ponts, des infrastructures hydrauliques et de communication, employé des engins explosifs improvisés (EEI) et proféré des menaces de violence contre les civils et le personnel humanitaire pour empêcher la libre circulation des civils et des marchandises.[461]

D’après Amnesty International, qui a mené d’importantes recherches sur les tactiques de siège du GSIM, celui-ci y a recouru « afin de faire pression sur les populations et les pouvoirs publics, pour qu’ils se plient à [ses] revendications ou pour les forcer à quitter ces secteurs », dans le cadre d’une stratégie qui « pourrait viser à atteindre des objectifs militaires dans certains lieux», mais qui a affecté les populations de manière disproportionnée.[462]

La ville de Djibo, dans la région administrative du Sahel, fait partie des localités qui ont subi les sièges les plus durs, les civils ayant été privés de nourriture, jusqu’à mourir de faim pour certains.[463]

Une femme de Borguendé, un village à environ huit kilomètres de Djibo, a déclaré avoir été contrainte de quitter son domicile et de fuir vers Djibo en 2021 à la suite d’une attaque perpétrée par des combattants présumés du GSIM. Elle a rapporté :

J’étais enceinte. J’ai pris mes quatre enfants et je suis partie rejoindre Djibo à pied. Trois jours plus tard, j’accouchais de jumeaux... À Djibo, c’était très dur, surtout entre fin 2022 et début 2023, nous n’avions rien à manger, la ville était complètement bloquée, personne ne pouvait sortir... Tous les jours, mes enfants pleuraient parce qu’ils avaient faim... J’ai dû mendier de la nourriture.[464]

Circonstances des attaques

Comme l’illustrent les attaques documentées ci-dessous, le GSIM semble avoir ciblé les civils à travers le Burkina Faso pour différentes raisons.

Premièrement, le GSIM a ciblé des civils de tous les principaux groupes ethniques du Burkina Faso, y compris parmi les Peuls, qu’il perçoit comme soutenant les autorités burkinabè, les forces de sécurité et les VDP ou collaborant avec eux. Le GSIM a souvent mis en garde les civils de ne pas divulguer les positions de ses forces aux services de sécurité de l’État. Dans une vidéo de novembre 2022, publiée sur les réseaux sociaux peu après le lancement d’une campagne de recrutement de VDP par le président Traoré, l’adjoint du chef du GSIM au Burkina Faso, Ousmane Dicko, a menacé les communautés qui avaient rejoint les VDP.[465] Les forces du GSIM ont également attaqué des civils qu’elles percevaient comme étant des collaborateurs, au motif qu’ils aidaient les forces gouvernementales à construire des tranchées défensives autour de leurs villes et villages.[466]

Deuxièmement, les forces du GSIM ont attaqué des civils pour les punir de ne pas avoir suivi leurs ordres et consignes, notamment de ne pas avoir respecté la charia (droit islamique), de ne pas s’être acquitté de la zakat, d’avoir refusé de rejoindre leurs rangs ou de quitter une zone, et de ne pas avoir obéi à l’ordre de ne pas cultiver les terres dans certaines zones.[467]

Troisièmement, le GSIM a attaqué des civils pour montrer qu’il continue d’exercer une influence sur les zones dont le gouvernement a repris ou affirme avoir repris le contrôle.[468]

Souvent, une combinaison de ces trois facteurs semble avoir contribué à la prise pour cible des civils.

Dans certains cas, il est simple d’attribuer des incidents au GSIM, car celui-ci revendique souvent sa responsabilité dans ses attaques, ostensiblement contre les forces de sécurité et les VDP. Cependant, Human Rights Watch a constaté que, dans bien des cas, les personnes tuées par le GSIM lors de ses attaques n’étaient pas des VDP comme il le prétendait, mais des civils.[469] Dans d’autres cas, le GSIM a reconnu avoir attaqué des civils mais cherché à justifier ces actes. Dans les cas d‘attaques contre des civils non revendiquées par le GSIM, les témoins ont identifié les assaillants comme étant des combattants du GSIM de par leur méthode d’attaque, le choix de leurs cibles, leurs vêtements, y compris le port de turbans sur la tête, ainsi que le lieu des attaques. Ils ont cité des déclarations faites par les assaillants, qui notamment exigeaient des résidents qu’ils quittent la zone. De nombreux témoins ont également déclaré que certaines des communautés ciblées avaient précédemment reçu des avertissements du GSIM.

Des témoins des attaques perpétrées par le GSIM au Burkina Faso ont désigné les combattants de ce groupe sous les noms de « djihadistes », « assaillants », « terroristes », « hommes de la brousse », ainsi que « combattants d’Al-Qaïda ».

Région de la Boucle du Mouhoun

Doumbala, 5 janvier 2024

Le 5 janvier 2024, vers 18 heures, une soixantaine de combattants du GSIM à moto a attaqué la ville de Doumbala, tuant un homme et pillant des habitations et des commerces. Le groupe armé a forcé tous les résidents de la ville à quitter Doumbala sous la menace de mort. Plusieurs témoins ont affirmé que le GSIM accusait des résidents de la ville, sous le contrôle du GSIM depuis au moins 2021, d’avoir rejoint ou de soutenir les VDP.

Décrivant la vie sous la domination du GSIM, une femme de 35 ans a déclaré : « Ils [Les combattants du GSIM] se trouvaient tout autour, ils venaient souvent en ville pour prêcher et acheter des produits. Ils avaient imposé la charia. »[470]

Une femme de l’ethnie Bobo de 70 ans a affirmé que les combattants du GSIM connaissaient si bien les résidents que certains de ceux-ci entretenaient des relations conviviales avec les combattants.[471] « J’avais pour habitude de plaisanter avec eux quand ils venaient prêcher sous le manguier devant chez nous », a-t-elle précisé. « Le jour de l’attaque, j’ai à nouveau plaisanté avec eux. Je leur ai dit que leurs menaces ne me faisaient pas peur, mais l’un d’eux a rétorqué : ‘Pas des blagues aujourd’hui, aujourd’hui il s’agit d’islam. Vous devez quitter tout de suite si vous voulez sauver votre peau.’»[472]

Le fils de cette femme a expliqué que deux combattants, munis de fusils d’assaut de type Kalachnikov et portant un turban sur la tête, étaient entrés chez lui. « L’un d’eux a dit : ‘Voici le VDP que nous recherchions’, et il a armé son fusil... pour me tirer dessus,» a-t-il déclaré. « J’ai sauté dans un tas d’ordures. Mes petits enfants de 3, 7 et 12 ans m’ont sauté dessus. Le djihadiste voulait me tirer dessus, mais ma mère s’est aussi jetée devant son fusil... et finalement j’ai pu m’enfuir. »[473]

La femme de 35 ans a déclaré que les combattants étaient allés de porte en porte pour forcer les habitants à sortir. Elle a précisé que l’un d’entre eux était arrivé devant sa porte et, s’exprimant en fulfuldé et en bambara, lui avait ordonné de partir. « J’étais seule avec les enfants [et] je lui ai demandé où nous étions censés aller », a-t-elle ajouté. « Il a répondu que si je tenais à ma vie et à celle de mes enfants, il fallait que j’obéisse immédiatement. Alors j’ai pris mes enfants et je suis sortie. »[474]

Un commerçant de 45 ans qui, au moment où l’attaque avait commencé, s’étant enfui dans la brousse environnante, est retourné à Doumbala le lendemain. Il a déclaré :

Toutes les boutiques du marché avaient été pillées, dont la mienne... Ils ont aussi pillé un grand nombre, pour ne pas dire la totalité, des maisons... J’ai découvert le corps de mon oncle à deux kilomètres du village. Les djihadistes lui avaient lié les mains derrière le dos avec des caoutchoucs... Il avait plusieurs blessures par balles, surtout dans la poitrine ; les balles lui ont déchiré une partie des vertèbres... Après, nous avons creusé un trou à cet endroit même et nous l’avons enterré avant de nous enfuir.[475]

Diamahoun, 16 juillet 2024

Le 16 juillet 2024, des combattants du GSIM ont assailli le village de Diamahoun et ordonné aux villageois de partir sur-le-champ, en menaçant de les tuer. Plusieurs témoins ont déclaré que le GSIM accusait la population locale d’héberger des personnes déplacées de Kessekuy, un village situé à neuf kilomètres, que les combattants du GSIM avaient complètement vidé environ une semaine plus tôt après avoir accusé la population de ce village d’avoir rejoint les VDP.

Un homme de 30 ans a déclaré que les combattants du GSIM étaient arrivés vers neuf heures du matin et s’étaient répartis en deux groupes. Certains étaient allés de porte à porte en ordonnant aux habitants de partir, tandis que d’autres s’étaient positionnés à la sortie du village pour s’assurer que les habitants n’emportaient rien avec eux. Il a affirmé :

S’ils vous trouvaient avec de bagages ou de sacs, ils vous les prenaient... Ils sont venus jusqu’à devant chez moi... [et] m’ont dit en dioula de partir. Je leur ai demandé pourquoi... Ils ont répondu que nous hébergions des personnes déplacées de Kessekuy qu’ils avaient expulsées du village, et que si je tenais à ma vie, il fallait que je quitte immédiatement mon village... J’ai emmené ma famille, trois vaches et trois moutons, mais les djihadistes ont pris [les animaux]... ainsi que nos ustensiles de cuisine, un sac de mil et un sac de riz. Ils ont tout pris.[476]

Un homme de l’ethnie Samo a déclaré :

J’ai pris une brouette pour ma femme et mes enfants, et j’ai pris ma moto avec des bagages. En arrivant à la sortie du village... deux djihadistes m’ont stoppé. Ils m’ont enlevé mon boubou et m’ont bandé les yeux avec. Ils m’ont demandé en dioula : « Pourquoi as-tu fui avec la moto ? » Ils ont pris ma moto et la brouette de ma famille. Ils ont dit à ma famille de continuer à pied, que je resterais ici... [U]n des djihadistes voulait me tuer, mais l’autre a dit qu’il fallait m’épargner... Ils ont fini par me laisser partir.[477]

L’homme a déclaré qu’il avait fui au Mali sans rien emporter avec lui.

Région du Nord

Zomkalga, district de Séguénéga, 22 avril 2024

Le 22 avril 2024, les combattants du GSIM ont attaqué un groupe d’environ 2 000 civils dans le village de Zomkalga, tuant au moins 30 d’entre eux et en blessant 25 autres. Selon plusieurs témoins, les civils étaient en train de regagner les villages de Zomkalga et de Téonsgo, éloignés d’environ huit kilomètres, après que le GSIM les avait contraints à en partir deux ans auparavant. Ces villages se trouvent dans le district de Séguénéga, où le GSIM a perpétré de nombreuses attaques contre des civils ainsi que contre les forces de sécurité gouvernementales.

Des témoins ont déclaré qu’un marabout (un homme saint musulman) influent connu sous le nom d’Aboubacar Traoré avait persuadé les villageois déplacés de rentrer à Zomkalga et Téonsgo en les assurant qu’ils seraient à l’abri d’attaques s’ils exécutaient les rites mystiques qu’il suggérait.

« Nous étions mus par le chagrin de notre existence de population déplacée. Nous voulions à tout prix rentrer, reprendre nos champs, le bétail et la dignité que nous avions perdus depuis près de deux ans », a déclaré un homme de 32 ans. « Nous attendions un sauveur, et les services du marabout ont été bienvenus. »[478] « Nous nous sommes réunis dans le village de Sima, près de Zomkalga, pour rencontrer le marabout », a raconté un homme de 31 ans. « Nous avons attendu qu’il ait accompli ses sacrifices avant de retourner à Zomkalga. » [479]

Des témoins ont déclaré que les autorités locales et les forces de sécurité gouvernementales s’étaient opposées à ce retour et avaient refusé de raccompagner le groupe dans leurs villages respectifs. « En nous rendant à Zomkalga, nous n’étions qu’une foule de civils », a déclaré un homme de 33 ans. « Il n’y avait ni soldat, ni VDP avec nous. »[480]

« En arrivant à Zomkalga, les terroristes qui se cachaient dans nos maisons abandonnées et sous les arbres nous ont pris en embuscade », a précisé l’homme de 32 ans. « Ils se sont mis à tirer et les gens se sont enfuis. » L’homme a survécu à cette attaque en se cachant dans les herbes.[481]

« J’ai vu une centaine de combattants. Ils étaient habillés en civil, et certains portaient un turban », a affirmé un homme de 28 ans. « Je me suis caché et les ai entendu dire en fulfuldé, ‘Vous pensiez que le marabout pouvait vous protéger des balles ? Vous allez le regretter !’ »[482]

Un homme de 27 ans a déclaré : « Une fois l’attaque terminée, j’ai compté au moins trente corps à terre. »[483]

Des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al Qaeda, tirant sur des civils dans le village de Zomkalga, dans la région du Nord au Burkina Faso, le 22 avril 2024. Ce jour-là, des combattants du GSIM ont attaqué un groupe d’environ 2 000 civils dans le village de Zomkalga, tuant au moins 30 d’entre eux et en blessant 25 autres. Les civils étaient en train de regagner le village de Zomkalga après que le GSIM les avait contraints à en partir deux ans auparavant. © 2026 John Holmes pour Human Rights Watch

Des résidents estiment que l’attaque visait à punir les civils qui rentraient dans leur village après que le GSIM les en avait déplacés deux ans auparavant, les accusant de collaborer avec les forces de sécurité et les VDP. « Quand ils nous ont ordonné de partir, ils nous ont menacés de mort, ils nous ont interdit de retourner sur ce qu’ils appelaient leurs terres », a précisé l’homme de 31 ans.[484]

Les résidents ont enterré les corps des personnes tuées à Zomkalga les 22 et 23 avril 2024. « Certaines dépouilles ont été emmenées dans la ville de Séguénéga, d’autres à Téonsgo », a ajouté l’homme de 33 ans. « À Zomkalga, nous avons placé des corps dans une fosse commune, et d’autres dans des tombes individuelles. »[485]

Human Rights Watch a passé en revue une liste établie par les survivants avec les noms de 30 victimes, tous des hommes adultes.

Les médias locaux ont signalé que, le 23 avril 2024, les forces de sécurité avaient arrêté Aboubacar Traoré à son domicile dans le village de Sissamba. Depuis, les membres de la famille d’Aboubacar Traoré sont sans nouvelles de lui.[486]

Goubré, 22 mai 2024

Dans un rapport précédemment publié, Human Rights Watch a documenté que le 22 mai 2024, plusieurs centaines de combattants du GSIM avaient attaqué une base VDP et un camp de personnes déplacées à Goubré, tuant au moins 80 personnes, dont 72 civils, parmi lesquels figuraient six enfants, et huit VDP, et en blessant au moins 40 autres.[487] C’était l’une des attaques les plus meurtrières perpétrées par le GSIM contre des civils en 2024.

Le 24 mai 2024, le GSIM a revendiqué l’attaque lancée contre la base VDP à Goubré, affirmant avoir tué « de nombreux » VDP.[488] Ce camp, qui hébergeait alors plus de 3 500 personnes déplacées, a désormais été fermé.[489]

Des témoins ont déclaré que, selon eux, le GSIM avait perpétré cette attaque en représailles contre les villageois qui refusaient de rejoindre les rangs du GSIM.

Des images satellitaires du 28 décembre 2024 montrent le camp de PDI démantelé, à l’est de Goubré, région du Nord, Burkina Faso. Image © 2026 Airbus. Google Earth. Graphisme © 2026 Human Rights Watch

Séguénéga, 15 mars 2025

Le 15 mars 2025, au moins 200 combattants du GSIM ont attaqué une base militaire dans la ville de Séguénéga, tuant 11 militaires et VDP et en blessant cinq autres. Des tirs indiscriminés lancés par les combattants du GSIM ont causé la mort d’au moins 14 hommes civils et blessé15 autres. Les forces de sécurité gouvernementales semblent avoir fui les assaillants plutôt que de les combattre.

Dans des déclarations publiées les 18 et 19 mars, le GSIM revendiquait la responsabilité de cette attaque, affirmant que ses combattants avaient pris le contrôle de la base militaire de Séguénéga, tué cinq soldats et saisi des armes et d’autres équipements militaires.[490] Nulle mention n’a été faite des victimes civiles.

Le 17 mars 2025, la télévision nationale RTB signalait que, le 15 mars 2025, à 16h20, au moins dix frappes aériennes avaient atteint « une colonne de criminels en fuite », à l’issue d’une attaque perpétrée à Séguénéga.[491] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de confirmer le lieu ni l’heure des frappes citées dans le reportage de la RTB, même si au moins une d’entre elles semble s’être produite en zone urbaine.

Des témoins de l’attaque perpétrée par le GSIM ont déclaré que les forces militaires gouvernementales n’avaient pas répondu à l’attaque, et s’étaient enfuies ou cachées.

« Il n’y a pas eu d’affrontements entre les militaires et les djihadistes », a précisé un commerçant Mossi. « Les militaires n’étaient même pas à leur poste. Certains étaient en train de boire dans l’un des bars à côté. Les soldats ont pris la fuite et se sont débarrassés de leurs uniformes, en demandant aux civils de leur prêter leurs habits. »[492] « J’ai vu ma voisine donner trois vêtements de son mari aux soldats en fuite », a commenté une femme Mossi. [493] « J’ai vu les assaillants courir après un soldat qui escaladait un mur pour s’abriter »,[494] a précisé une femme Samo. « Nos soldats ont pris la fuite, ils se sont mis à l’abri », a déclaré un paysan Mossi. « Ils se sont réfugiés dans les cours des habitants pour demander des habits civils et, tout à coup, nous ne savions plus qui étaient les civils et qui étaient les militaires. »[495]

Des sources locales ont déclaré que l’attaque avait vraisemblablement été perpétrée en représailles après que des partisans de la junte avaient lancé des appels sur les réseaux sociaux pour qu’un BIR soit déployé à Séguénéga.[496] Ces sources ont affirmé que, depuis au moins fin 2021, le GSIM avait pris le contrôle de plusieurs localités autour de Séguénéga, dont la ville stratégique de Ouindigui, à 25 kilomètres au nord, où étaient basées plusieurs unités des VDP. Une source locale de la région du Nord a affirmé que Ouindigui était tombée, que le chef VDP notoire basé dans cette ville, Ganame Soumaila, alias Yoro, avait été tué, et que tous les VDP qui s’y trouvaient avaient été redéployés vers You, à environ 25 kilomètres à l’ouest de Ouindigui. Séguénéga s’était donc retrouvée plus vulnérable face aux attaques.[497]

« Les Wayiyans [partisans de la junte] avaient demandé le déploiement d’un BIR à Séguénéga, surtout pour combler le déficit sécuritaire résultant du départ des VDP de Ouindigui », a indiqué un enseignant de Séguénéga.[498]

Le paysan Mossi qui a assisté à cette attaque a déclaré : « J’ai entendu [les combattants du GSIM] crier ‘Allah Akbar’ [Dieu est grand], puis dire : ‘Peuple de Séguénéga, sortez, le BIR que vous avez demandé est là.’ » [499]

D’après des témoins, des combattants du GSIM étaient arrivés à moto vers 15 heures. L’un de ces témoins a affirmé :

Ils sont arrivés de trois côtés, de Sima, de Ouahigouya et de Zomkalga. Certains sont allés directement au camp militaire, d’autres ont encerclé la ville pour empêcher les habitants d’entrer ou de sortir... Certains étaient en tenue militaire, d’autres en civil. Ils avaient un turban sur la tête, et certains étaient masqués.[500]

Des témoins ont déclaré que l’attaque, qui a duré environ deux heures, s’était propagée à travers la ville, mais qu’elle s’était principalement concentrée autour de la base militaire, dans le centre-ville, dans une zone densément peuplée, dans le complexe où se trouve aussi l’administration locale, et près du centre médical local et du marché.

« Je n’étais pas à l’aise avec ces soldats déployés dans le centre-ville parce que je me disais que s’il y avait une attaque, c’était la base qu’ils allaient cibler, et la population se retrouverait en danger », a précisé la femme Samo. « Et c’est exactement ce qui s’est passé. »[501]

Un résident a affirmé :

J’ai compté 14 corps [de civils] à la morgue du centre médical [Centre médical avec antenne chirurgicale]. Ces gens ont été tués par des balles perdues. Les assaillants ne ciblaient pas les civils ; s’ils avaient voulu s’en prendre aux civils, ils auraient pu le faire, et cela aurait été un massacre... et il n’y a pas non plus eu de civils tués dans des tirs croisés parce qu’il n’y a pas eu d’échanges de tirs entre l’armée et les assaillants.[502]

Human Rights Watch a passé en revue une liste avec les noms des 14 victimes, tous des hommes adultes.

Un homme a déclaré qu’un groupe de combattants du GSIM l’avait arrêté alors qu’il s’approchait de Séguénéga depuis Sima : « J’ai eu peur, j’ai levé les mains en l’air. L’un d’eux a pointé son fusil sur moi. Ils ont fouillé mes poches et mon sac et n’ont trouvé aucune arme... Ils m’ont laissé partir. »[503]

La femme Samo a déclaré que, lorsque les coups de feu avaient retenti, elle était rentrée chez elle et s’était allongée à même le sol. « Deux balles ont percé le mur. C’était terrifiant », a-t-elle déclaré. « Je suis restée par terre pendant encore une trentaine de minutes, puis les tirs se sont calmés et je me suis levée. »[504]

D’autres témoins ont déclaré que des balles avaient percuté les murs de leurs habitations ou atterri dans leurs cours. Human Rights Watch a reçu trois photographies d’un témoin dont la maison se trouvait à environ 500 mètres de la base militaire, qui montraient l’impact des balles contre sa porte et un tiroir.

Des témoins ont affirmé que, lors de l’attaque, des combattants du GSIM avaient incendié au moins 15 commerces et plusieurs motos garées devant le centre médical local.

« Pendant l’attaque, je me trouvais au centre médical parce que mon fils était malade », a affirmé le paysan Mossi. « Quand les assaillants sont repartis, j’ai constaté que plusieurs motos garées devant le centre médical avaient été incendiées, de même qu’au moins 15 commerces près de la base militaire. »[505]

Des témoins ont aussi signalé que des combattants du GSIM avaient attaqué Séguénéga au moins quatre fois après l’attaque du 15 mars 2025, incitant une grande partie de la population à prendre la fuite.

Un homme de Séguénéga qui s’était enfui vers Ouahigouya le 17 mars 2025 a déclaré que des combattants du GSIM étaient retournés à Séguénéga la veille et qu’ils avaient « tiré des coups de feu pendant environ une heure sans aucune réaction de la part des forces de sécurité, après quoi ils étaient repartis », provoquant la fuite d’habitants vers des localités voisines. Les autorités de l’État ont également quitté la ville et les écoles ont été fermées.[506]

Baani, 15 mars 2025

Le 15 mars 2025, une centaine de combattants du GSIM sont entrés dans le village de Baani et ont tiré sur la population, tuant deux garçons de 7 et 9 ans, et blessant au moins cinq hommes. Ils ont également battu une femme, enlevé trois hommes, incendié au moins deux hangars, pillé environ 100 vaches et 50 chèvres et forcé tous les résidents à abandonner leurs maisons.

Selon trois témoins, l’attaque du GSIM avait été perpétrée en représailles contre la communauté locale pour avoir fourni des renseignements aux militaires. La veille, l’armée avait mené une opération dans le village d’Ingaré, à environ trois kilomètres de Baani, où le GSIM avait établi une base après en avoir expulsé toute la population.

Un homme Mossi de 30 ans a déclaré :

Je me rendais à la boutique pour acheter du sucre vers 18 heures quand j’ai entendu des coups de feu, alors je me suis allongé par terre. Ça tirait de partout. Les assaillants criaient : « Allahu Akbar, on ne veut plus vous voir ici ! Dites à l’armée de venir vous défendre ! » Ils parlaient en fulfuldé et en mooré. Ils ont aussi dit : « Vous collaborez désormais avec l’armée. Vos jeunes ont rejoint les VDP. » [507]

Des témoins ont raconté que des combattants du GSIM lourdement armés sont arrivés à bord de 60 motos et étaient vêtus de treillis militaires et portaient des turbans. Ils ont déclaré que l’attaque s’était produite essentiellement dans le quartier de Razaïgayiri, où les combattants ont tiré sur la population, tuant deux enfants.

« Quand les coups de feu se sont arrêtés, et avant que tout le monde n’ait pris la fuite, j’ai vu les corps des petits garçons », a affirmé un paysan Mossi. « Ils avaient été abattus alors qu’ils jouaient dehors. L’un avait reçu une balle dans la tête et [une] dans la poitrine, l’autre dans le ventre. »[508]

Une femme de l’ethnie Mossi d’une trentaine d’années a déclaré :

Je rentrais de la brousse avec du bois de chauffe ; mon arrivée a coïncidé avec celle des terroristes qui tiraient sur tout en criant « Allah Akbar ». Je me suis cachée derrière un tas de bois... Une fois qu’ils ont terminé leurs forfaits, les djihadistes ont mis le feu aux hangars du quartier, avant d’avancer vers l’endroit où je me cachais. Ils m’ont découverte et je n’arrivais pas à me lever et j’étais en panique. Un [combattant] a dit aux autres de ne pas brûler le bois. « Ne brûlez pas le bois, il y a une femme qui ne peut pas se lever, si vous le brûlez, elle brûlera avec », a-t-il déclaré. Puis un autre est venu me donner des coups de pied et je me suis mise à crier. Il a alors dit : « Elle est toujours en vie. » Ils sont partis sans avoir brûlé le bois, mais le coup de pied m’a blessée à la cheville droite.[509]

Des témoins ont affirmé que cinq hommes civils avaient été blessés par balles pendant l’attaque et emmenés à Koro, au Mali, pour y être soignés. Ils ont également déclaré que le GSIM avait kidnappé trois villageois bien connus, les accusant d’être des informateurs de l’armée. Les témoins ont donné les noms de ces trois hommes, tous de l’ethnie Mossi, âgés de 45 à 50 ans.

Des témoins ont déclaré qu’une fois l’attaque terminée, les combattants du GSIM avaient ordonné à tous les résidents de partir sur-le-champ. « D’autres djihadistes sont encore arrivés quand les tirs avaient cessé, et ils sont restés jusqu’à ce que tout le monde soit parti. Ils vérifiaient que tout le monde parte, et parte sans rien », a affirmé le paysan Mossi. « Ils ont veillé à ce que nous ne puissions rien emporter avec nous, aucune nourriture, aucun matériau, aucune moto. »[510]

Des témoins ont déclaré que les corps des deux garçons avaient été enterrés le 16 mars 2025. « Le lendemain de l’attaque, nous avons demandé à la population du village de Doré de se rendre à Baani pour récupérer les dépouilles », a expliqué l’homme Mossi de 30 ans. « C’est ce qu’ils ont fait, et nous avons enterré les deux garçons à Doré, tous les deux dans la même tombe. »[511]

Youba, 3 et 11 août 2025

Dans un rapport publié précédemment, Human Rights Watch a documenté que le 3 août 2025, le GSIM avait tué au moins 14 civils, dont quatre enfants,dans le village de Youba.[512] Deux de ces enfants s’étaient cachés dans une boutique à laquelle le GSIM avait mis le feu. Selon des témoins, l’attaque visait à punir la communauté locale pour n’avoir pas respecté les ordres du GSIM de ne pas cultiver de cultures hautes, comme le mil et le maïs, qui, d’après le GSIM, pouvaient gêner ses opérations. Le GSIM a aussi incendié au moins dix boutiques, pillé une station-service et tué au moins neuf VDP en service et un VDP qui n’était pas en service.

Dans la réponse qu’il a adressée le 15 août 2025 aux questions que lui avait posées Human Rights Watch, le Comité chariatique au Burkina Faso du GSIM a déclaré qu’il ne visait pas les civils à Youba et que « si certains prétendent que des exactions auraient été commises... il ne saurait s’agir que d’allégations dénuées de fondement, ou, tout au plus, d’incidents fortuits dus à des projectiles perdus, dont nous n’avons pas eu connaissance ».[513]

Des témoins ont déclaré que des combattants du GSIM à bord de motos et d’au moins un pick-up équipé d’une mitrailleuse avaient pris d’assaut le village vers 16 heures en criant « Allah Akbar ». Ils ont indiqué que les combattants avaient pris le contrôle de la base des VDP, puis étaient entrés dans plusieurs quartiers, où ils avaient abattu les hommes qu’ils avaient trouvés.

Selon des témoins, bien que le GSIM ait ciblé les hommes, une femme et deux enfants qui tentaient de fuir avaient aussi été abattus.

Des témoins ont fourni une liste avec les noms des 14 victimes civiles, dont dix hommes, âgés de 27 à 55 ans, une femme de 35 ans et quatre enfants âgés de un à 14 ans.

Des témoins ont affirmé que le GSIM avait incendié au moins dix boutiques du marché, dont celle où se cachaient deux garçons, âgés de 12 et 14 ans, qui avaient été tués.

Des témoins ont déclaré que les VDP, dépassés, n’avaient pas réagi à l’attaque et avaient fui, et que l’armée n’était pas intervenue lors de l’attaque, mais que des militaires du BIR 14 s’étaient rendus à Youba après l’attaque pour sécuriser la zone et permettre aux VDP de retourner à leur base.

Des habitants de Youba ont indiqué que, dans les jours qui avaient suivi l’attaque du 3 août 2025, des soldats de l’armée régulière avaient été déployés à Youba depuis leur base de Ouahigouya, à 12 kilomètres de là, pour construire une tranchée défensive autour du village au moyen de pelles mécaniques, et avec l’aide des VDP.

D’après des habitants et les médias, le 11 août 2025, le GSIM avait de nouveau attaqué Youba, tuant des dizaines de soldats, dont leur commandant, Dialla Oumarou, et des VDP, dont de nombreux n’en étaient qu’à leur première affectation.[514] Le même jour, le GSIM a revendiqué l’attaque de la tranchée, un objectif militaire légitime.[515] Selon des habitants, le GSIM avait ciblé les militaires et les VDP qui étaient en train de creuser la tranchée, et l’attaque avait également fait deux blessés parmi les civils. Human Rights Watch a géolocalisé deux vidéos publiées sur les réseaux sociaux le 13 août 2025 montrant des dizaines de combattants du GSIM à moto circulant librement à l’intérieur du village de Youba.

Les suites de l’attaque perpétrée par le GSIM à Youba le 11 août 2025

Les 12 et 13 août 2025, les militaires et les VDP ont arrêté au moins cinq civils à Youba soupçonnés d’avoir collaboré avec le GSIM et fourni des renseignements aux combattants du groupe.

Des habitants ont déclaré à Human Rights Watch que parmi les cinq personnes arrêtées figuraient deux hommes—dont lun était le chef du « conseil de développement », un organe chargé de gérer les activités de développement dans le village, et l’autre un mécanicien— ainsi que trois femmes. « Le mécanicien a été arrêté parce qu’il avait pris des photos pendant la construction de la tranchée », a expliqué un résident de Youba à Human Rights Watch. « Et les militaires ont pensé qu’il avait montré ces photos aux djihadistes. »[516]

Selon un activiste de la société civile locale, les cinq individus « n’avaient rien à voir avec les djihadistes » et ils avaient été « arrêtés de manière arbitraire sur la base d’éléments de preuve insuffisants voire inexistants ».[517]

Des résidents ont affirmé que les militaires avaient emmené ces cinq personnes à la base VDP de Rapougouma, un village situé à quatre kilomètres au sud-est de Youba. Les cinq personnes se trouvaient toujours en détention le 5 septembre 2025.

Région du Centre-Nord

Barsalogho, 24 août 2024

Dans un précédent rapport, Human Rights Watch a documenté que le 24 août 2024, des combattants du GSIM avaient attaqué des centaines de civils contraints par le gouvernement de creuser une tranchée défensive dans la ville de Barsalogho, un fief des VDP.[518] Des combattants du GSIM ont aussi tiré sur un grand nombre d’autres civils qui se trouvaient dans les alentours de la tranchée. Les assaillants ont abattu au moins 133 personnes et en ont blessé plus de 200 autres en moins de deux heures, comme l’a confirmé Human Rights Watch grâce à des témoignages et à l’analyse de vidéos.

Selon des témoins, le 24 août 2024, vers 10 heures du matin, de nombreux combattants du GSIM à moto et armés de fusils d’assaut de type Kalachnikov et de mitrailleuses ont attaqué des centaines de civils qui travaillaient au prolongement de la tranchée défensive sur un site situé au nord-est du centre de Barsalogho. Les témoins ont déclaré que les combattants, qui portaient des uniformes militaires ou des vêtements civils avec un turban sur la tête, ont tiré de manière indiscriminée sur les civils, tout en se déplaçant le long de la tranchée et en exécutant ceux qui étaient encore en vie.

Le 25 août 2024, le GSIM revendiquait la responsabilité de l’attaque, affirmant que ses forces avaient tué 300 membres de l’armée burkinabè et des VDP. Dans sa réponse du 10 octobre 2024 à une lettre de Human Rights Watch, le ministre burkinabè de la Justice a reconnu que des soldats et des VDP avaient été tués en même temps que des civils lors de l’attaque, sans pour autant fournir de bilan des victimes.[519]

Dans sa réponse du 18 septembre 2024 à Human Rights Watch, le Comité chariatique au Burkina Faso du GSIM a tenté de justifier l’attaque contre les civils, affirmant que même si les personnes ciblées avaient été contraintes de creuser la tranchée, « ce ne serait pas une excuse pour les épargner. Quiconque… est fidèle à ce régime… mérite d’être tenu responsable ».[520] Les attaques délibérées contre les civils qui ne participent pas directement aux hostilités constituent un crime de guerre.

Loulouka, 18 août 2025

Le 18 août 2025, des combattants du GSIM ont sommairement exécuté cinq hommes à Loulouka, un hameau situé à cinq kilomètres au nord de la ville de Kongoussi. Les deux épouses de l’une des victimes qui ont assisté aux exécutions ont affirmé que le GSIM avait accusé les hommes de cultiver des champs appartenant à des Peuls qui avaient été tués ou déplacés de force depuis la zone par des VDP en 2022.

D’après les deux femmes, les combattants du GSIM, venus à bord de cinq motos et armés de fusils d’assaut de type Kalachnikov, avaient encerclé un champ de mil près de Loulouka où elles travaillaient avec cinq autres hommes.

L’une des épouses, âgée de 29 ans, a déclaré :

L’un des djihadistes a dit : « Les VDP vous ont vendu le terrain où nous habitions. Ma maison se trouvait là-bas à l’époque où j’étais un civil. Les VDP ont détruit toutes nos maisons. J’ai survécu à l’attaque des VDP et j’ai rejoint le djihad. Nous n’allons permettre à personne de cultiver les champs ici. » … Ils ont ensuite réuni les hommes dans un coin et leur ont ordonné de s’asseoir. J’ai voulu m’asseoir à côté de mon mari, mais l’un des djihadistes m’a écartée et ordonné de m’asseoir quelques mètres plus loin.[521]

La seconde épouse, âgée de 21 ans, a rapporté :

Deux djihadistes ont interrogé les hommes. « Que faites-vous ici ? Vous ne savez donc pas que ce terrain appartient aux Peuls qui ont été massacrés par les VDP ? » Mon mari a répondu qu’il ne le savait pas, puisque nous sommes déplacés ici. Nous avons fui Pobe Mengao en 2020 après une attaque perpétrée par des djihadistes dans laquelle nos parents sont morts… Un djihadiste a ordonné à ma co-épouse et à moi-même de partir. Nous avons obéi et quelques minutes plus tard, nous avons entendu « pan pan pan » – plusieurs coups de feu. Nous nous sommes retournées et avons vu les djihadistes en train de tirer sur les hommes un par un, dans la tête. Nous avons voulu y retourner, mais l’un des djihadistes a pointé son arme vers nous en disant : « C’est fini. Quiconque cultivera de nouveau ce champ subira le même sort que votre mari. Nous allons le tuer. »[522]

Les deux femmes ont affirmé que les VDP en poste près de Loulouka avaient abandonné leur position à l’approche des combattants du GSIM. « Ils nous ont laissées sans protection », a déclaré la femme de 29 ans.[523]

Les femmes ont ajouté qu’après les exécutions, elles s’étaient rendues à pied dans la ville de Kongoussi où elles avaient alerté les VDP locaux qui, plus tard dans la journée, étaient allés à Loulouka recouvrer les corps des cinq hommes. « Ils ont emmené les corps au centre médical de Kongoussi. J’y suis allée et j’ai vu les corps. Les VDP les ont enterrés au cimetière de la ville », a précisé la femme de 21 ans.[524]

Les femmes ont fourni une liste avec les noms des cinq victimes, tous des hommes, âgés de 32, 33, 37, 40 et 57 ans. Deux des victimes étaient issues de l’ethnie Dafing et trois de l’ethnie Mossi.

Région de l’Est

Bantambougou, 7 janvier 2023

Le 7 janvier 2023, au tout petit matin, des combattants du GSIM sont entrés dans Bantambougou, un village principalement habité par des paysans Mossi qui cultivent le coton, et ont tué 13 civils. Le lendemain, les villageois ont trouvé les corps des hommes, âgés de 25 à 65 ans, qui avaient été égorgés.

D’après deux témoins, le GSIM avait menacé les villageois par un message audio diffusé sur WhatsApp environ un mois avant l’attaque, dans lequel le groupe accusait les villageois de fournir des renseignements aux militaires. En octobre 2022, l’armée burkinabè avait lancé des frappes de drone près de Bantambougou, tuant plusieurs combattants du GSIM.[525]

Un paysan de 34 ans a déclaré que les combattants du GSIM étaient arrivés entre une et deux heures du matin, quand tout le monde dormait. Il a expliqué que, alerté par les aboiements d’un chien, il était sorti de chez lui, avait vu deux hommes armés s’approcher, et s’était enfui. Il a rapporté :

J’ai escaladé le mur qui sépare ma maison de celle de mon père et j’ai dit à mon père de fuir. J’ai passé la nuit dans la brousse et, le lendemain, je suis revenu et ai découvert les corps de 13 personnes. Toutes avaient été égorgées—certaines devant chez elles, d’autres dans la rue.[526]

Un homme de 54 ans a déclaré avoir été réveillé par « des cris de gens » ; il avait ensuite fui le village et était revenu le lendemain vers 14 heures. « Nous avons rassemblé les corps, les avons transportés au cimetière du village où nous avons creusé 13 trous pour les enterrer », a-t-il précisé. « C’était très stressant parce que les têtes tenaient à peine, alors quand nous avons soulevé les corps, il est arrivé que des têtes tombent. »[527]

D’après les deux hommes, certains individus qui avaient fui pendant l’attaque s’étaient rendus à Kompiega, à environ 11 kilomètres, afin d’alerter l’armée et de demander une intervention. Cependant, ils ont affirmé qu’aucun militaire n’était venu. Les hommes ont précisé que l’incident leur avait laissé des séquelles psychologiques.

L’homme de 54 ans a déclaré :

J’ai été traumatisé. Parfois, je ne sais même pas si j’existe. Je me pince pour réaliser que c’est bien moi qui suis là, … que je suis réellement en vie. Parfois j’oublie des choses, j’ai la mémoire courte. D’autres fois, je reste éveillé toute la nuit à penser à mes gentils camarades que j’ai enterrés et qui ont été massacrés.[528]

Mahadaga, 23 janvier 2023

Le 23 janvier 2023, des combattants du GSIM ont tué au moins 12 hommes, dont 11 civils et un VDP, dans le village de Mahadaga. Ils ont mis feu à aux antennes de télécommunication, à la mairie, ainsi qu’à du mobilier de l’école primaire où, d’après des témoins, un groupe de résidents tenait une réunion pour discuter d’un projet de création d’une base de VDP dans le village.

D’après deux témoins, le GSIM était présent à Mahadaga et dans les environs depuis 2019, s’en prenant de manière sporadique aux personnes qu’il soupçonnait d’entretenir des liens avec l’armée, et interdisant aux résidents de collaborer avec les autorités étatiques et de rejoindre les VDP. « Mais en 2023, les militaires sont arrivés et ils ont dit aux villageois de former un groupe de VDP pour défendre la patrie », a déclaré un homme de 32 ans. « Nous avons accepté, certains d’entre nous sont devenus des VDP, mais l’armée n’a fourni aucune des ressources nécessaires pour défendre le village et elle nous a laissés nous débrouiller. »[529]

Des témoins ont affirmé que des combattants du GSIM à bord d’une centaine de motos avaient pris d’assaut le village vers 16 heures en criant « Allah Akbar ». Les combattants ont mis feu aux antennes de télécommunication, à la mairie et à certaines parties de l’école, avant d’entrer dans les quartiers situés près de l’école, y compris le Secteur 3, où « ils ont tiré sur tous les hommes qu’ils trouvaient en train de fuir ou de se cacher », a précisé l’homme de 32 ans.[530]

« Le VDP s’est fait égorger », a déclaré un homme de 45 ans qui avait fui le village en entendant les coups de feu et était rentré le lendemain. « Nous l’avons vu allongé à plat ventre et quand nous avons soulevé son corps, la tête tenait à peine. Près de la mairie, nous avons trouvé d’autres corps… avec des signes de blessures par balle dans le dos... Nous les avons enterrés individuellement dans le cimetière. »[531]

Human Rights Watch a passé en revue une liste établie par des témoins avec les noms des 12 victimes, tous des hommes de l’ethnie Gourmantché, âgés de 23 à 67 ans.

D’après des résidents, l’école primaire était fermée depuis 2020 en raison de l’insécurité et, depuis 2023, elle servait de lieu de réunions aux VDP.[532]

Ils ont aussi déclaré que les militaires burkinabè avaient refusé d’apporter une protection ou n’avaient pas répondu aux demandes de protection des villageois pendant l’attaque. « Le chef de notre village a appelé le responsable de l’armée [à Diapaga, à 50 kilomètres] pour qu’on vienne nous aider, mais le chef de l’armée a refusé [d’envoyer des soldats]. … Certains ont aussi appelé les soldats de Diapaga, mais ils ne sont pas venus. »[533]

L’attaque, ont précisé les témoins, a entraîné le déplacement de la plupart des habitants de Mahadaga.

Namponkoré, 15 décembre 2023

Le 15 décembre 2023, des combattants du GSIM ont passé à tabac au moins trois femmes dans la ville de Namponkoré. L’une de ces victimes, âgée de 22 ans, a déclaré que, depuis 2019, le GSIM avait imposé une « taxe » annuelle de 50 000 FCFA (90 dollars US) à tous les hommes qui refusaient de rejoindre ses rangs. Chaque année, d’après elle, son mari, son père et ses deux frères devaient s’acquitter de cette somme, de même que toutes les familles de la région. À ceux qui n’en avaient pas les moyens, on disait qu’ils devraient offrir un enfant ou un parent en âge de combattre, à la place du paiement.

« Sept djihadistes sont venus demander de l’argent à mon père. Ils parlaient en gourmantché, c’étaient des Gourmantché », a-t-elle expliqué. « Ils lui ont accordé une semaine en disant que si l’argent n’était pas mis sur la table, ils allaient tuer tous les hommes de la famille. »[534]

Cette semaine-là, a continué la femme, les hommes de la famille se sont enfuis, et les femmes et les enfants sont restés, « jusqu’au soir où des combattants du GSIM… ont fait irruption dans la maison en exigeant qu’on leur dise où se cachaient les hommes ». Quand les femmes ont répondu qu’elles l’ignoraient, les combattants les ont accusées de mentir. Cette femme a encore rapporté :

Ils m’ont tirée par les mains, avec mes deux belles-sœurs. Ils nous ont frappées avec des fouets en caoutchouc épais, ils m’ont frappée fort… J’étais enceinte… Je me suis évanouie. Le lendemain, je me suis réveillée à l’hôpital… Le médecin m’a dit que j’avais perdu le fœtus. Il m’a fallu trois semaines de soins intensifs pour me remettre.[535]

Après l’incident, a poursuivi la femme, elle a fui de chez elle et a cherché à se réfugier dans un pays voisin.

Barhiaga, 19 mai 2024

Dans un rapport précédemment publié, Human Rights Watch a documenté que le 19 mai 2024, des combattants présumés du GSIM avaient sommairement exécuté le chef de Barhiaga, âgé de 79 ans, l’accusant de collaborer avec les forces de sécurité burkinabè. [536] Les combattants l’ont abattu de deux balles dans la tête alors qu’il se trouvait chez lui, devant des membres de sa famille.

« Vers 13 heures, j’ai vu une moto de type Aloba avec dessus deux hommes armés qui ressemblaient à des djihadistes et se dirigeaient vers la maison du chef », a déclaré un habitant. « Quelques minutes plus tard, j’ai entendu deux coups de feu. Lorsque les hommes armés sont partis, nous avons retrouvé le chef mort, avec deux blessures par balle à la tête. »[537]

Diapaga, 12 mai 2025

Le 12 mai 2025, des centaines de combattants du GSIM ont pris d’assaut la ville de Diapaga et pris le contrôle de la base militaire, le poste de gendarmerie et le poste de police, et libéré des dizaines de prisonniers de la prison locale. Ils sont entrés dans plusieurs quartiers où ils ont tué dix civils, au moins, mais peut-être beaucoup plus, et ont détruit des antennes de télécommunication. Un homme de 70 ans est mort d’une apparente crise cardiaque alors qu’il fuyait.[538]

Dans une déclaration du 13 mai 2025, le GSIM a revendiqué l’attaque de la base, qui constituait une cible militaire légitime.[539] Plusieurs vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dont quatre que Human Rights Watch a pu géolocaliser à Diapaga, montrent des combattants du GSIM dans la ville, ce que les témoins ont également pu confirmer. Ceux-ci ont également affirmé avoir vu un hélicoptère militaire survoler Diapaga au moment de l’attaque et des combattants du GSIM tirer dans sa direction.

L’attaque contre Diapaga s’est produite 24 heures avant une attaque majeure perpétrée par le GSIM contre la ville de Djibo, dans la région du Sahel, où le GSIM a également pris le contrôle de la base militaire et tué des civils.[540] Le 16 mai 2025, le GSIM a de nouveau attaqué Diapaga, revendiquant le « contrôle total » de la ville.[541]

C’était la seconde attaque perpétrée par le GSIM contre Diapaga depuis mars 2025. Les 28 et 29 mars 2025, le GSIM avait attaqué la base militaire et aurait tué des civils ainsi que des dizaines de militaires et de VDP.[542] Le chef du GSIM Jafar Dicko a affirmé que cette attaque marquait « le début de la vengeance après Solenzo ».[543]

Des témoins ont déclaré qu’après l’attaque de mars 2025, de nombreux habitants avaient voulu fuir Diapaga, mais que les militaires et les VDP les traiteraient de « djihadistes » s’ils quittaient la ville pour la brousse, ce qui les avait dissuadés se mettre en sécurité. Entre-temps, le GSIM considérait que quiconque restait dans la ville était un collaborateur de l’armée. « Nous étions piégés entre ces suspicions contradictoires », a déploré l’homme de 48 ans. « Et quand les djihadistes ont fini par entrer dans la ville, ils ont exécuté tous les hommes qu’ils ont croisés. »[544]

Meurtres du 13 mai 2025

Quatre témoins de l’attaque lancée le 13 mai 2025 par le GSIM contre Diapaga ont déclaré que les combattants du GSIM étaient entrés dans la ville vers 8 heures du matin à bord de pick-ups et de motos. Après avoir pris le contrôle de la base militaire, ils sont entrés dans plusieurs quartiers, y compris le Secteur 4, Kankandi et Kapeboanga, et sont allés de porte en porte pour rechercher et exécuter tous les hommes qu’ils trouvaient en train de fuir ou de se cacher.

Une femme de 43 ans a déclaré que deux combattants du GSIM s’étaient introduits chez elle et lui avaient donné l’ordre de sortir ainsi qu’à ses enfants :

Une fois dehors, j’ai vu sept autres djihadistes, tous des Peuls, mais ils s’exprimaient en gourmantché. Ils étaient armés de Kalachnikovs avec de longues ceintures de munitions autour du cou. Ils ont dit qu’ils cherchaient les hommes. Effrayés, nous avons dit qu’il n’y avait aucun homme à la maison. Entre-temps, deux djihadistes sont sortis de la boutique de [anonymisé pour raisons de sécurité] avec un vendeur de carburant de 28 ans qui s’était caché dans la boutique avec lui. L’un des djihadistes a abattu [le jeune homme] en lui tirant une balle dans la tête. … Ensuite, les djihadistes ont pris le carburant que l’homme vendait [et] lui ont vidé un bidon de 20 litres dessus et ont mis feu à son corps, … tout cela devant moi et mes enfants.[545]

Cette femme a déclaré que les meurtres dans son quartier s’étaient déroulés entre 8 et 10 heures du matin et que, lorsque les tirs avaient enfin cessé vers 14 heures, elle avait vu des femmes pleurer sur les corps de leurs maris. Deux de ses frères avaient été tués. Elle a déclaré, qu’alors que les femmes pleuraient, « trois terroristes sont passés à côté et leur ont dit en gourmantché, ‘Calmez-vous, arrêtez de pleurer. Vos larmes ne changeront rien.’ Puis ils ont tranquillement poursuivi leur chemin à travers la ville. »[546]

Un commerçant de 47 ans a déclaré que lorsque les combattants du GSIM avaient pris la ville d’assaut, il avait tenté de rentrer chez lui et de se cacher. Il avait alors vu deux combattants tirer sur son voisin :

Quand la victime s’est effondrée, je me suis mis devant eux. Ils voulaient me sauter dessus, mais entre-temps, un hélicoptère militaire est apparu dans le ciel... Un autre terroriste au bout de la rue a tiré une rafale de coups de feu en direction de l’hélicoptère... L’apparition de l’hélicoptère a distrait les deux terroristes… et j’ai réussi à m’enfuir.[547]

L’homme de 48 ans a expliqué que, pendant l’attaque, il s’était caché dans une maison du centre-ville et n’en était sorti que le lendemain pour rentrer dans son quartier, Kapemboanga, où il avait trouvé au moins sept corps, dont celui de son frère. « Nous avons trouvé des corps dans les rues, dans leurs maisons », a-t-il précisé. « J’ai aidé à les ramasser et les ai enterrés dans le cimetière de Diapaga. »[548]

L’homme de 47 ans a affirmé qu’il était retourné à Diapaga le 15 mai 2025 et avait aidé à réunir les corps des personnes tuées par le GSIM le 12 mai 2025, mais qu’ils étaient bien trop nombreux pour pouvoir en fixer le nombre. « Nous avons passé toute la journée au cimetière, et les corps ne cessaient d’arriver », a-t-il déclaré. « Je dirais qu’il y avait plus d’une centaine de corps des civils tués. »[549]

Human Rights Watch a reçu une liste établie par les témoins avec les noms de dix victimes, tous des hommes, âgés de 20 à 50 ans.

Région des Hauts-Bassins

Sindo, 11 juin 2024

Dans un précédent rapport, Human Rights Watch a documenté que le 11 juin 2024, des combattants du GSIM avaient attaqué la ville de Sindo, tuant au moins 20 civils hommes, pillant des magasins et des habitations, volant du bétail et provoquant le déplacement massif de la population locale.[550]

D’après des témoins, l’attaque était apparemment une mesure de représailles contre la communauté locale que les combattants accusaient d’avoir rallié les VDP.

Selon des témoins, des combattants étaient entrés dans la ville vers 16 heures, en arrivant par la brousse.

Un éleveur de 24 ans a déclaré que six combattants s’étaient approchés, avaient essayé de lui voler son bétail, et lui avaient tiré une balle dans le pied en raison de la résistance qu’il leur opposait, avant de partir avec ses animaux et de le « laisser en sang ».[551]

Human Rights Watch a obtenu deux listes établies par des survivants et des proches des victimes avec les noms des 20 hommes tués, âgés de 24 à 75 ans.

Les survivants ont affirmé que le bilan était probablement bien plus lourd, notant que des corps avaient été retrouvés dans le village et à la périphérie, les victimes ayant été tuées par balles ou égorgées.

Les survivants et les proches des victimes ont affirmé qu’aucune des personnes tuées n’avait rejoint les rangs des VDP.

Niamana, 30 juin 2024

Dans un précédent rapport, Human Rights Watch a documenté que le 30 juin 2024, des combattants du GSIM avaient tué au moins deux hommes civils, âgés de 34 et 40 ans, dans le village de Niamana.[552]

Des témoins ont déclaré que l’attaque était manifestement une mesure de représailles contre la communauté locale pour s’être alliée aux VDP.

« Les djihadistes… étaient armés de Kalachnikovs et portaient un turban sur la tête », a raconté un témoin. « Nous avons fui, mais mon frère a été abattu à bout portant. Ils ont ensuite tué un autre homme dans un champ voisin. »[553]

Des témoins ont affirmé que les combattants du GSIM étaient déjà venus à Niamana en 2021 et avaient interdit aux habitants de signaler leur présence à l’armée. Les relations étaient restées calmes jusqu’à la mi-2023, lorsque le groupe avait averti les villageois de ne pas rejoindre les VDP, menaçant d’expulser ou de tuer quiconque resterait au-delà d’un délai de 24 heures.

Des témoins ont déclaré qu’après cet ultimatum, de nombreux villageois avaient fui Niamana, mais que certains étaient revenus en mai 2024 sous la pression des autorités burkinabè, qui avaient promis d’assurer la sécurité des rapatriés.

Dé, mi-septembre 2024

Mi-septembre 2024, des dizaines de combattants du GSIM ont attaqué le village de Dé, tué au moins 12 civils et pillé des habitations et du bétail. Plusieurs témoins ont déclaré que l’attaque était une mesure de représailles contre les membres de la communauté locale, que le GSIM accusait d’avoir rejoint les rangs des VDP. Cependant, selon les témoins, un très petit nombre de villageois avaient en réalité gagné les rangs des VDP.

« Il n’y a pas eu de mobilisation générale pour recruter des VDP [à Dé] », a affirmé un homme de 40 ans. « Il y avait quelques jeunes volontaires qui sont allés s’inscrire en tant que VDP et quelques chasseurs Donso traditionnels [dont certains ont rejoint les VDP] mais de là à dire que le village avait contribué aux VDP... je dis non. »

Dé se trouve dans une zone dans laquelle le GSIM perpétrait déjà des attaques contre les forces de sécurité et les VDP. Des témoins ont également affirmé qu’environ une semaine avant l’attaque, les combattants s’étaient rendus à Dé et avaient ordonné à la population de partir.

Un homme de 34 ans a expliqué que les combattants du GSIM, qui s’exprimaient en fulfuldé et en dioula, avaient rassemblé tous les villageois à la mosquée et leur avaient ordonné de partir, les accusant d’être allés à la ville de Samorogouan pour s’inscrire auprès des VDP. « Ils ont dit, ‘Quiconque n’aime pas l’islam pour lequel nous nous battons doit quitter le village, c’est notre terre’ », a affirmé l’homme. « Mais certains d’entre nous sont restés, croyant qu’ils ne mettraient pas leur menace à exécution. »[554]

D’après des témoins, le jour de l’attaque, les combattants étaient arrivés entre 17 et 18 heures à bord d’une trentaine de motos, vêtus d’uniformes militaires et de tenues civiles et portant un turban sur la tête, brandissant un drapeau noir et criant « Allah Akbar ».

« Ils ont tiré en continu sur tout ce qui bougeait », a déclaré un homme de 45 ans. « Alors que je m’enfuyais vers la sortie sud du village, j’ai vu au moins trois corps à terre. »[555]

Des témoins ont déclaré que l’armée, basée à Samorogouan, à 25 kilomètres de Dé, n’avait réagi ni pendant, ni après l’attaque et que sa présence dans la zone était limitée.

Un homme de 60 ans qui s’était caché pour survivre à l’attaque a déclaré :

Après l’attaque, j’ai fui vers le Mali. Nous ne pouvions pas rester... dans notre région parce que ce n’était pas sûr… Les VDP n’opposent aucune résistance aux terroristes, et l’armée ne bouge pas... Il n’y a eu aucune réaction des militaires. Personne, ni les autorités, ni l’armée, n’a daigné nous aider après l’attaque.[556]

Trois jours plus tard, des villageois sont rentrés pour constater les dégâts et enterrer les corps. L’homme de 34 ans a déclaré :

Nous avons récupéré les corps de 12 individus. … Ils avaient tous été abattus, à l’exception du chasseur du village qui avait… probablement été frappé à la tête, jusqu’à ce que mort s’ensuive. …Quand nous sommes partis l’enterrer… nous avons remarqué que sa tête avait des blessures partout, mais qu’il n’y avait pas de traces de balles sur son corps, ni de douilles près de son corps, contrairement aux autres corps.[557]

L’homme de 45 ans a commenté :

Parmi les corps que nous avons ramassés, j’ai trouvé ceux de mes oncles, âgés de 50 et 45 ans… dans la rue... sur le ventre, à trois mètres l’un de l’autre… Nous avons trouvé un vieil homme, de 60 ans, avec son fils, tous les deux abattus par une balle dans la tête… Ils gisaient dans la cour, l’homme âgé sur le dos, son fils sur le côté… Nous avons trouvé deux autres corps à la sortie nord du village… abattus par balles dans la tête et la poitrine… Nous avons enterré les corps là où nous les avons trouvés parce qu’ils étaient déjà en décomposition et qu’on n’aurait pas pu les déplacer.[558]

« Ils ont pillé mes deux moutons… et des maisons », a affirmé l’homme de 60 ans. « J’ai enterré trois corps et puis j’ai arrêté parce que ma tête commençait à tourner. »[559]

Human Rights Watch a passé en revue deux listes établies par les témoins avec les noms des 12 victimes, tous des hommes, âgés de 18 à 60 ans.

Sindo, 18 septembre 2024

Le matin du 18 septembre 2024, deux combattants du GSIM ont arrêté un homme âgé de 40 ans à moto près de la ville de Sindo et lui ont tiré dessus trois fois. La victime a survécu et déclaré que les combattants l’avaient accusé de vendre du carburant aux VDP.

Il a expliqué :

Je suis commerçant, j’achète du carburant en provenance de Sikasso, au Mali, et le revends dans plusieurs villes du Burkina Faso. Avant, je vendais du carburant à tout le monde... Ils m’ont parlé en dioula mais c’étaient des Peuls. L’un d’eux m’a dit : « Ne sais-tu donc pas que nous, les djihadistes, sommes en guerre avec le village de Sindo à cause de son refus de nous suivre et de désavouer les VDP ? » J’ai répondu : « Si, je le sais. » Il a rétorqué : « Pas besoin de répondre, c’est terminé pour toi »... et il m’a tiré dessus au niveau du ventre, « ta ta », deux fois dans le ventre. Une balle est ressortie par les fesses et l’autre est restée coincée. J’ai dû me faire opérer pour qu’on me la retire. Il m’a à nouveau dit : « Tu ne vas plus livrer de carburant ! » et il a tiré un nouveau coup, dans ma poitrine. Puis ils sont repartis.[560]

La victime a affirmé avoir été secourue par un passant qui avait appelé les VDP de Sindo, lesquels étaient venus et l’avaient amené à l’hôpital de Bobo-Dioulasso, à environ 115 kilomètres de là.

Gondaga, 25 et 26 septembre 2024

Le 25 septembre 2024, des combattants du GSIM sont entrés dans le village de Gondaga, ont rassemblé les villageois devant la mosquée et leur ont adressé un ultimatum, leur donnant 48 heures pour quitter la localité. Selon des témoins, les combattants accusaient la communauté locale d’héberger des populations déplacées de la ville de Sindo, située à huit kilomètres au nord de Gondaga, où plusieurs dizaines de VDP étaient basés.

« Mais ils n’ont pas respecté le délai de 48 heures et sont venus nous attaquer le lendemain », a déclaré un homme de 40 ans.[561]

Des témoins ont expliqué que, le 26 septembre 2024, une quarantaine de combattants du GSIM à bord de plus de 20 motos avaient pris d’assaut Gondaga vers 13 heures, tué deux hommes âgés de 34 et 50 ans, incendié trois habitations, pillé plusieurs autres maisons et détruit des biens privés. « Ils ont fait du porte-à-porte en tirant des coups de feu et en criant ‘Allah Akbar’ », a précisé l’homme de 40 ans.[562]

Un homme de 30 ans a commenté :

J’étais en train de moudre mes céréales, en espérant pouvoir les rapporter [les céréales] avec moi avant de partir, mais les assaillants sont arrivés... Je me suis caché derrière un hangar tentant de garder mon calme... Les djihadistes ont tiré en direction de ma machine [à moudre] et... renversé le riz et le sorgho par terre... J’ai vu un djihadiste emmener un des villageois, puis un autre est arrivé et lui a tiré une balle dans la tête et deux autres dans la poitrine... Après ça, j’ai encore entendu d’autres coups de feu.[563]

Les deux témoins ont rapporté qu’après le départ des combattants, ils avaient fui vers le village voisin de Ponda, avant de retourner à Gondaga le lendemain pour recueillir et enterrer les corps des deux hommes tués et constater les dégâts dans le village.

L’homme de 30 ans a précisé :

Une personne a été tuée devant moi, et j’ai trouvé son corps exactement à l’endroit où j’avais vu les djihadistes l’abattre... L’autre, nous l’avons trouvée à la sortie du village... avec quatre balles, deux dans le dos et deux dans la tête.[564]

L’homme de 40 ans a quant à lui indiqué :

Trois maisons avaient été incendiées, de même que trois motos, dont la mienne. Nous avons constaté que trois tas de coton avaient aussi brûlé, et tout avait été pillé dans les maisons... Nous avons emmené les corps dans une brouette jusqu’à Ponda, où nous les avons enterrés... Après cela, tout le monde s’est enfui... et maintenant il ne reste que des ruines du village.[565]

Sambabougou, 2 octobre 2024

Le 2 octobre 2024, des centaines de combattants du GSIM ont attaqué le village de Sambabougou, tuant 15 civils, dont deux enfants, et pillant les maisons et les greniers. À l’époque, les forces du GSIM contrôlaient largement la zone. Des résidents ont déclaré qu’environ un an avant cette attaque, le GSIM avait lancé un avertissement à la population locale, principalement composée de personnes issues des ethnies Bobo et Samo, lui ordonnant de quitter le village.

Un homme de 63 ans a déclaré qu’en 2023, des combattants du GSIM avaient rencontré son frère et lui avait ordonné de dire à tous les villageois de partir. Son frère lui avait dit que « le chef du village a dit que la manière dont les terroristes avaient procédé n’était pas assez convaincante parce que, d’habitude, ils réunissaient tout le monde et fixaient un délai… Alors il nous a demandé de rester. Nous avons été choqués de les voir revenir nous attaquer un an plus tard ».[566]

Selon des témoins, les combattants, armés de fusils d’assaut de type Kalachnikov, étaient arrivés entre 15 à 16 heures à pied, ayant laissé leurs motos à la périphérie du village. Ils ont rapporté que les combattants avaient encerclé le village, crié « Allah Akbar » et tiré sans discernement sur tout le monde.

Un homme de 54 ans a déclaré :

J’étais chez moi avec mon frère et son fils ; ils ont été exécutés. J’ai été sauvé par un mur. Je l’ai escaladé et me suis réfugié derrière pendant que les assaillants me tiraient dessus ; les balles sifflaient au-dessus de ma tête. J’ai grimpé et des fragments du mur me sont tombés sur le dos, j’ai cru que j’avais été touché par une balle. Mon dos me fait encore mal.[567]

Selon l’homme de 63 ans, qui a perdu un frère et quatre autres membres de sa famille dans l’attaque, deux combattants ont attrapé son frère et lui ont tiré dans la tête et la poitrine, avant d’ouvrir le feu sur ses deux neveux qui tentaient de s’enfuir. « Mon épouse est sortie pour intervenir et l’un des assaillants lui a dit en dioula : ‘Nous n’avons rien à voir avec les femmes – ce sont les hommes que nous allons exterminer, si Allah le veut’. J’ai ensuite vu un autre villageois pourchassé par l’un des assaillants, puis se faire abattre par lui. »[568] L’homme a expliqué que les combattants avaient ensuite tué son petit-fils de 11 ans d’une balle dans la tête, avant de l’attraper lui :

Je suis resté calme, même si j’avais juste envie de hurler ; je leur ai dit que j’étais favorable au GSIM, que j’aimais l’islam et que je soutenais le djihad. L’assaillant m’a regardé et m’a dit de partir... Je suis parti en marchant, puis me suis mis à galoper comme un cheval pour aller le plus loin possible.[569]

Un homme de 27 ans a déclaré :

J’étais chez moi, malade... lorsque deux assaillants sont entrés... Ils m’ont demandé : « Pourquoi n’es-tu pas parti ? Sur quelle force comptais-tu pour refuser nos ordres ? » J’ai répondu que j’étais malade. L’un d’eux voulait m’exécuter, mais l’autre a dit : « Non, pas la peine de le tuer, il est déjà mort. » Ils m’ont ordonné de partir, et je me suis enfui.[570]

Des témoins ont déclaré qu’après l’attaque, un résident avait informé les militaires basés à Samorogouan, à une vingtaine de kilomètres de Sambabougou, mais qu’ils n’avaient pas réagi.

D’après l’homme de 54 ans :

Les soldats n’ont pas répondu à notre appel, nous avons été abandonnés. Pendant deux ans, nous avons été livrés à nous-mêmes, sans aucune aide de l’État burkinabè, qui a abandonné la région aux terroristes. Ce sont les terroristes qui font la loi ici... même en 2023, quand les terroristes sont venus nous demander de partir, nous avons alerté l’armée, mais rien, aucun soutien, pas même une patrouille.[571]

L’attaque a forcé la quasi-totalité des villageois à s’enfuir, vers le Mali pour beaucoup d’entre eux, mais certains sont revenus à Sambabougou au bout de trois jours pour évaluer les dégâts et enterrer ceux qui avaient été tuées.

L’homme de 63 ans a déclaré :

Nous avons découvert nos maisons pillées, tous nos biens, tout notre bétail, pillés. Nous avons trouvé les corps de 15 personnes dans les rues, devant chez elles ; ils étaient en décomposition mais nous avons vu les marques laissées par les balles partout... Nous avons enveloppé les corps avec des tissus, et les avons enterrés dans des tombes individuelles au cimetière du village.[572]

Human Rights Watch a passé en revue deux listes établies par les témoins avec les noms des 15 victimes, dont 13 hommes, âgés de 18 à 57 ans, et deux enfants, âgés de 11 et 12 ans.

Sindo, 31 juillet 2025

Le 31 juillet 2025, les combattants du GSIM ont tué quatre hommes et un garçon à la périphérie de Sindo, un village où étaient basées plusieurs dizaines de VDP.

Selon des témoins, eux et leurs familles, ainsi que d’autres résidents, avaient fui Sindo en 2022 en raison d’attaques répétées du GSIM. Ils ont déclaré être revenus en 2023, après que les autorités locales eurent encouragé leur retour et établi les VDP, les assurant que leur sécurité serait garantie. Cependant, d’après ces témoins, ni les militaires, ni les VDP n’avaient été en mesure d’apporter une protection efficace. « La présence des VDP a aggravé la situation et les djihadistes se sont mis à cibler quiconque venait de Sindo, accusant toute la population de collaborer avec l’armée ou d’être VDP », a affirmé un homme de 56 ans. « Et ils [le GSIM] ont fini par imposer un blocus sur Sindo. »[573]

Des témoins ont expliqué que le GSIM avait assiégé Sindo, limitant les déplacements depuis et en direction du village, et forçant les civils à se faire escorter par des soldats pour se rendre à Samorogouan pour se procurer des biens de première nécessité. Ils ont ajouté que le GSIM avait interdit aux villageois de cultiver les champs en dehors de la ville.

Malgré ces restrictions et les pénuries alimentaires qui s’en sont suivies, certains résidents, rassurés par les VDP, ont tenté, à la mi-2025, de cultiver du mil et du sorgho à la périphérie de Sindo. « En juin [2025], il y a eu des patrouilles de VDP et de militaires vers la frontière malienne », a affirmé un homme de 59 ans. « Après cela, les VDP nous ont rassurés en nous disant que la forêt avait été balayée, vidée des terroristes et que nous pouvions… cultiver les champs. »[574]

D’après les témoins, le matin du 31 juillet 2025, au moins dix combattants du GSIM à moto avaient attaqué un groupe d’une dizaine de villageois qui travaillait aux champs à environ deux kilomètres de Sindo.

L’homme de 56 ans a déclaré :

J’ai levé les yeux. J’ai vu des motos avec des hommes armés qui se dirigeaient vers nous et j’ai su qu’il ne s’agissait pas de VDP parce qu’ils avaient tous un turban sur la tête. Nous avons… couru… pour rejoindre le village… Les djihadistes nous ont couru après, mais nous avons continué à courir de toutes nos forces. Après ça, les djihadistes, voyant qu’ils ne pouvaient pas nous rattraper, se sont mis à nous tirer dessus. Je me suis échappé et ai réussi à regagner le village vers 13 heures, mais cinq de mes amis ont été abattus.[575]

Les témoins ont rapporté être retournés sur le lieu de l’attaque dans l’après-midi accompagnés de VDP pour recueillir les corps. L’homme de 59 ans, qui avait perdu son fils de 16 ans, a expliqué :

Mon fils a été abattu à une cinquantaine de mètres de l’endroit où nous cultivions notre champ. Je l’ai trouvé à plat ventre avec trois balles dans le dos… Tout le monde avait reçu au moins trois balles, essentiellement dans le dos et les épaules, mais aussi dans le cou. Nous avons emmené les corps et enterré chacun d’entre eux dans une tombe individuelle au cimetière de Sindo. Les djihadistes ont aussi volé mes trois bœufs. [576]

Human Rights Watch a passé en revue une liste établie par les témoins avec les noms des cinq victimes, quatre hommes, âgés de 25 à 60 ans, et un garçon de 16 ans.

Région du Sahel

Mansila, 11 juin 2024

Dans un précédent rapport, Human Rights Watch a documenté le fait que le 11 juin 2024, des combattants du GSIM avaient tué 20 civils dans la ville de Mansila et incendié des habitations.[577]

Le 16 juin 2024, le GSIM a revendiqué la responsabilité de l’attaque perpétrée le 11 juin 2024 contre une base militaire à Mansila, déclarant avoir tué 107 soldats, en avoir capturé sept autres et avoir saisi des armes et des munitions.[578]

Selon plusieurs témoins, les combattants du GSIM ont attaqué la base militaire et se sont battus avec les soldats, avant de prendre la ville d’assaut. Ils ont déclaré que les combattants étaient allés de porte en porte, et avaient ordonné aux gens de sortir de chez eux, exécutant sommairement les hommes qu’ils accusaient de collaborer avec l’armée.

Djibo, 11 mai 2025

Human Rights Watch a précédemment rendu compte du fait que, le 11 mai 2025, les forces du GSIM avaient tué au moins 26 civils qu’elles accusaient de soutenir ou d’avoir rejoint les rangs des VDP dans la ville de Djibo, et incendié et pillé des magasins et des infrastructures médicales.[579] Le GSIM assiégeait la ville depuis 2022, privant l’accès des habitants à la nourriture, aux services de base et à l’aide humanitaire.[580]

Les médias et des témoins ont signalé que plusieurs centaines de combattants du GSIM à moto ont pris d’assaut la ville et se sont emparés de la base militaire, avant d’entrer dans plusieurs quartiers où ils sont allés de porte en porte, et ont tué des civils.[581]

Des témoins ont affirmé que le GSIM ciblait les civils issus de sous-groupes de l’ethnie peule. Parmi ces sous-groupes figurent les Rimaïbé, dont font partie les membres d’une grande famille locale, la famille Tamboura, ainsi que des forgerons, que le GSIM accusait de soutenir les VDP.[582] Des membres de la famille Tamboura ont rapporté qu’en février 2025, le GSIM avait diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle il menaçait de s’en prendre à elle. Selon des témoins, le GSIM en voulait aux Tamboura car certains de ses membres avaient fui les zones contrôlées par le GSIM entre 2022 et 2023 pour se rendre dans la ville de Djibo, où les forces de sécurité étaient présentes et où certains avaient rejoint les rangs des VDP.

Dans sa réponse adressée à Human Rights Watch le 15 août 2025, le Comité chariatique du GSIM au Burkina Faso déclarait : « Nous n’avons jamais pris pour cible les populations Tamboura. Notre action ne repose nullement sur des considérations d’ordre ethnique ou racial, mais exclusivement sur la nécessité de répondre à ceux qui nous ont déclaré la guerre. »[583]

Des témoins de l’attaque du 11 mai 2025 et des résidents de Djibo ont rapporté que certains membres de la famille Tamboura et quelques forgerons collaboraient effectivement avec l’armée et les VDP. Des résidents de Djibo ont expliqué à Human Rights Watch que les populations peules, sans distinction, avaient rejoint le GSIM. Ces individus seraient toujours protégés d’une attaque et de mauvais traitements alors qu’ils se trouvent en garde à vue.

Des témoins ont fourni une liste avec les noms des 26 victimes, dont 23 hommes, âgés de 27 à 93 ans, et trois femmes, âgées de 28, 30 et 32 ans. Parmi les victimes, 16 faisaient partie de la famille Tamboura.

Selon des témoins, l’attaque avait duré de 6 heures du matin à 16 heures, et les résidents s’étaient cachés chez eux pendant trois jours, le temps que les renforts militaires arrivent et sécurisent la ville. Ils ont aussi affirmé que le GSIM avait incendié des dizaines de magasins du marché central du Secteur 1, ainsi qu’une pharmacie, et pillé un centre médical. Des images satellitaires analysées par Human Rights Watch ont confirmé ces incendies.

Des médias ont signalé que plusieurs soldats et VDP avaient été tués lors de cette attaque. Le gouvernement n’a émis aucune déclaration publique sur l’attaque mais, le 16 mai 2025, l’organe médiatique public du Burkina Faso, la RTB, a confirmé que, le 11 mai 2025, « des centaines voire des milliers » de combattants islamistes avaient attaqué la base militaire de Djibo et que l’armée avait riposté par plusieurs frappes aériennes sur Djibo et les villages des environs.[584]

Le GSIM avait précédemment pris Djibo pour cible. Ainsi, en octobre 2022, des combattants du GSIM avaient attaqué sa base militaire, tuant au moins dix soldats.[585] En novembre 2023, le groupe armé avait attaqué à nouveau la base militaire, ainsi qu’un camp de déplacés internes, tuant au moins 40 civils.[586] En février 2025, le GSIM avait lancé une série d’attaques, contre les positions des militaires et des VDP à Djibo et dans ses environs.[587]


 

V. Normes juridiques internationales

La situation de violence qui prévaut au Burkina Faso constitue un conflit armé non international en vertu du droit international humanitaire—ou lois de la guerre. Ce droit, les actes autorisés et interdits pendant un conflit armé et vise entre autres à protéger les civils et les autres non-combattants et à réduire les souffrances. Les lois de la guerre sont contraignantes pour toutes les parties au conflit. Le droit international humanitaire en termes de droits humains reste applicable et fournit une protection complémentaire aux victimes en temps de conflit.

Le droit international humanitaire applicable comprend l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949, le Protocole additionnel (II) aux Conventions de Genève (Protocole II) et le droit coutumier de la guerre, qui s’appliquent aux groupes armés non étatiques ainsi qu’aux forces armées nationales.[588] Les lois de la guerre interdisent les exécutions sommaires, les attaques contre les civils et les biens privés, ainsi que le pillage, entre autres violations.

Les autorités burkinabè contestent que la situation dans le pays représente un conflit armé. Dans un courrier adressé à Human Rights Watch en août 2024, le ministère de la Justice indique :

Les expressions « groupes armés islamistes » et « droit international humanitaire » font allusion à un contexte de conflit armé, alors que le Burkina Faso fait face à des attaques perpétrées par des terroristes. Le niveau d’organisation des terroristes qui attaquent le Burkina Faso ne permet pas de les qualifier de groupes armés mais plutôt de terroristes. En conséquence, les actions menées sur le terrain par nos Forces armées nationales (FAN) et Forces de sécurité intérieure (FSI) sont des opérations de lutte contre le terrorisme. L’emploi de ces terminologies dans votre lettre ne convient donc pas au contexte burkinabè qui, plutôt, fait face à une crise sécuritaire marquée par des actes terroristes, constitutifs d’infractions à la loi pénale nationale.[589]

Dans une lettre envoyée à Human Rights Watch en avril 2025, le ministère de la Justice a réitéré ces mêmes concepts.[590]

Le Commentaire de l’article 3 commun du Comité international de la Croix-Rouge précise :

Une situation de violence qui atteint le seuil d’un « conflit armé ne présentant pas un caractère international » est une situation dans laquelle des parties organisées s’affrontent et qui atteint un certain niveau d’intensité de violence. Il s’agit d’une constatation fondée sur les faits .[591]

Les groupes armés islamistes au Burkina Faso, y compris le GSIM, font preuve d’une organisation suffisante, y compris en matière de hiérarchie, de contrôles territoriaux et de durabilité de l’organisation, pour constituer des groupes armés en vertu du droit international humanitaire, et le pays est en proie à des combats généralisés depuis 2016 en rapport avec ce conflit. Le niveau d’organisation du GSIM, notamment sa structure de commandement, ses zones d’opération désignées et sa capacité à se procurer, à transporter et à distribuer des armes, ainsi que le degré d’intensité de la violence, prolongée et persistante, font que les combats au Burkina Faso constituent un conflit armé non international.

Attaques illégales

Les lois de la guerre limitent les attaques à des « objectif militaires ». Les objectifs militaires sont des membres du personnel et des objets qui contribuent effectivement à l’action militaire et dont la destruction, la capture ou la neutralisation offre un avantage militaire précis. Cela inclut les combattants ennemis, les armes et munitions, et les objets utilisés à des fins militaires, tels que les logements et les entrepôts dans lesquels les militaires sont déployés. Si le droit humanitaire reconnaît que certaines victimes civiles sont inévitables lors d’un conflit armé, il impose aux parties belligérantes de différencier en tout temps les combattants des civils et de ne cibler que les combattants et objectifs militaires. Les civils perdent leur immunité contre les attaques pendant qu’ils « participent directement aux hostilités ».

Les lois de la guerre protègent également les biens de caractère civil, à savoir tout ce qui n’est pas considéré comme un objectif militaire. Les attaques directes contre les biens de caractère civil, tels que les hôpitaux, les écoles, les maisons et appartements, les entreprises et commerces, les lieux de culte et les monuments culturels, sont interdites – sauf si ceux-ci sont utilisés pour des opérations militaires et qu’ils deviennent donc des objectifs militaires.

Les attaques délibérées contre les personnes civiles et les biens de caratère civil sont interdites. Les lois de la guerre interdisent par ailleurs les attaques indiscriminées, à savoir les attaques de nature à frapper desobjectifs militaires et des personnes civiles ou des biens de caractère civil sans distinction. Sont également interdites les attaques qui portent atteinte au principe de proportionnalité. Les attaques disproportionnées sont celles dont on peut attendre qu'elles causent incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des dommages aux biens de caractère civil, qui seraient excessifs par rapport à l'avantage militaire concret et direct attendu de l'attaque.

Exécutions sommaires, torture et autres sévices

Le droit international humanitaire prévoit un certain nombre de protections pour les non-combattants tels que les civils, les combattants capturés, qui se sont rendus ou qui sont dans l’incapacité de se battre pour cause de blessure ou de maladie. Il interdit la violence à l’égard de ces personnes – notamment les exécutions, les traitements cruels et la torture – ainsi que les outrages à leur dignité personnelle et les traitements dégradants ou humiliants.

Déplacements forcés

Dans un conflit armé non international, le Protocole II et le droit international coutumier interdisent le déplacement forcé de populations civiles. Le Commentaire du CICR concernant le Droit humanitaire international coutumier dispose que les parties à un conflit armé non international ne peuvent ordonner le déplacement de la population civile, en totalité ou en partie, pour des raisons liées au conflit, à moins que la sécurité des personnes civiles concernées ou des raisons militaires impératives ne l'exigent.[592]

Pillage et destruction de biens privés

Le droit international humanitaire interdit le pillage, parfois désigné par les termes de saccage ou de spoliation. Le pillage est l’appropriation illicite de biens privés lors d’un conflit armé et constitue un crime de guerre.[593]

Punitions collectives

Les punitions collectives sont interdites en vertu du droit international humanitaire dans toutes les circonstances.[594] L’interdiction de toute peine collective s’applique aux sanctions pénales à l’encontre de personnes pour des actes dont elles ne sont pas individuellement responsables, mais aussi à « toutes les sanctions et brimades de tous ordres, administratives, policières ou autres ».[595]

Les punitions collectives violent les interdictions relatives aux mauvais traitements des civils et des combattants capturés, telles que celles figurant à l’article 3 commun aux Conventions de Genève et à l’article 4 du Protocole II, qui énonce les garanties fondamentales du traitement humain.

Crimes de guerre

Les violations graves des lois de la guerre, commises avec intention criminelle—c’est-à-dire délibérément ou avec une imprudence téméraire—constituent des crimes de guerre.

Les individus peuvent être tenus pénalement responsables pour avoir commis, tenté de commettre un crime de guerre, ou pour y avoir participé, notamment en l'ordonnant, le sollicitant, en y encourageant ou en aidant et encourageant sa commission. La peut également incomber aux individus qui planifient ou fomentent un crime de guerre. Les commandants et les dirigeants civils peuvent être poursuivis pour crimes de guerre au titre de la responsabilité hiérarchique s’ils avaient connaissance ou auraient dû avoir connaissance de la commission de crimes de guerre et s’ils ont pris des mesures insuffisantes pour les prévenir ou en punir les responsables.[596]

En vertu du droit international, le gouvernement burkinabè est tenu d’enquêter et de poursuivre comme il convient les individus dont il s’avère qu’ils sont responsables de crimes de guerre, c’est-à-dire les graves atteintes aux lois de la guerre commises avec intention criminelle, ainsi que ceux responsables d’autres crimes internationaux graves. Le Burkina Faso est également un État partie au Statut de Rome, le traité de la Cour pénale internationale (CPI), qui pourrait avoir compétence si le Burkina Faso n’est pas disposé ou capable de poursuivre les crimes internationaux graves.

Nettoyage ethnique

Bien que le terme « nettoyage ethnique » n’ait pas de définition formelle en droit international, une Commission d’experts des Nations Unies l’a défini comme étant « u une politique délibérée conçue par un groupe ethnique ou religieux visant à faire disparaître, par le recours à la violence et à la terreur, des populations civiles appartenant à une communauté ethnique ou religieuse distincte de certaines zones géographiques », lorsque « il’objectif semble être  d’occuper un territoire à l’exclusion du groupe ou des groupes ainsi expulsés .[597]

Cette définition repose sur trois composants essentiels. Tout d’abord, une « politique délibérée » désigne des actions coordonnées menées par des individus ou des groupes (formels ou informels), avec un objectif commun ; qualifier des actes de « politique délibérée » peut s’appuyer sur des éléments démontrant l’implication d’organes gouvernementaux, mais cela n’est pas obligatoire. Le second élément, à savoir qu'« un groupe ethnique ou religieux [fait disparaître] … la population civile d'un autre groupe ethnique ou religieux de certaines zones géographiques », indique que la politique vise le déplacement à grande échelle d'un groupe donné par un autre. Enfin, le nettoyage ethnique s’appuie sur « le recours à la violence et à la terreur ».[598]

La Commission d’experts des Nations Unies a par ailleurs défini le nettoyage ethnique comme se produisant par des crimes tels que « le meurtre, la torture, l’arrestation et la détention arbitraires, les exécutions extrajudiciaires, le viol et les violences sexuelles, le cantonnement de la population civile dans des ghettos, les déplacements, transferts et déportations de populations civiles contre leur gré, les attaques ou menaces d’attaques délibérées contre des civils dans des zones civiles et la destruction arbitraire de biens ».[599]

Le nettoyage ethnique n’est pas en soi un crime défini en droit international, mais il peut faire l’objet de poursuites en justice en tant que persécution, qui constitue un crime contre l’humanité, étant donné l’aspect spécifique relatif à la discrimination.

Le ciblage ethnique des communautés peules par les forces militaires et les VDP au moyen d’exécutions, de disparitions forcées et d’actes de pillage, qui a entraîné le déplacement massif de communautés entières, constitue un nettoyage ethnique.

Crimes contre l’humanité

Les crimes contre l’humanité, qui s’inscrivent dans le cadre du droit international coutumier, ont d’abord été codifiés dans la charte du Tribunal militaire international de Nuremberg de 1945. L’objectif était d’interdire les crimes « qui soit de par leur magnitude et leur barbarie, leur grand nombre, soit en raison du fait qu’un schéma similaire était appliqué… menaçaient la communauté internationale ou choquaient la conscience de l’humanité ».[600] Depuis, le concept a été intégré dans plusieurs traités internationaux et dans les statuts de tribunaux pénaux internationaux, notamment le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

La définition de ce qui constitue un crime contre l’humanité varie légèrement selon le traité, mais la définition inscrite dans le Statut de Rome reflète en grande partie le droit coutumier international et inclut différents crimes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de l’attaque. [601] Une « attaque » généralisée ou systématique se définit comme un comportement qui consiste en la commission multiple de tels actes criminels dans la poursuite de la politique d’un État ou d’une organisation visant à commettre ces crimes.[602]

Les crimes contre l’humanité sont des exactions perpétrées dans le cadre d’une attaque visant la population civile. Du moment où la population visée est de nature majoritairement civile, la présence de certains combattants ne modifie pas sa classification en tant que « population civile » au regard du droit.[603] En effet, il suffit que la population civile soit le principal objet de l’attaque par des forces étatiques ou non étatiques. Par conséquent, la présence de quelques combattants islamistes parmi la population civile ciblée par les forces burkinabè et les VDP n’invalide pas l’existence de possibles crimes contre l’humanité.

Une attaque contre une population civile qui sous-tend la commission de crimes contre l’humanité doit être généralisée ou systématique ; elle ne doit pas forcément revêtir ces deux caractéristiques. Le terme « généralisé » fait référence à l’ampleur des actes ou au nombre de victimes.[604]

Une attaque systématique indique une manœuvre ou un plan méthodique. Les tribunaux internationaux se sont penchés sur la question de savoir dans quelle mesure une attaque systématique nécessitait l’élaboration d’une politique ou d’un plan. Par exemple, un plan n’a pas forcément besoin d’être adopté formellement en tant que politique étatique. La nature des abus, leurs vastes caractéristiques et leur fréquence (et non les actions des forces de sécurité individuelles et des membres du personnel) sont les facteurs pertinents pour évaluer si un acte constitue une politique.[605]

Les crimes contre l’humanité présumés suivants devraient faire l’objet d’enquêtes indépendantes et impartiales et de poursuites en justice appropriées.

Meurtres et disparitions forcées

Le meurtre est reconnu comme l’un des actes interdits pouvant constituer un crime contre l’humanité dans le statut de Rome et des tribunaux pénaux spéciaux.[606] Il est par ailleurs interdit en tant que violation du droit à la vie en vertu du droit international des droits de l’homme et qu’atteinte à l’article 3 commun aux Conventions de Genève. Les tribunaux internationaux définissent ainsi le meurtre : « Décès de la victime résultant d’un acte ou d’une omission de l’accusé, commis avec l’intention de tuer ou d’infliger de graves blessures dont il ne pouvait que raisonnablement prévoir qu’elles étaient susceptibles d’entraîner la mort. »[607]

Le Statut de Rome définit une disparition forcée comme l’arrestation ou la détention d’une personne par un État ou une organisation politique suivie d’un refus « de reconnaître que cette ou ces personnes avaient été arrêtées, détenues ou enlevées, ou de révéler le sort qui leur a été réservé ou l’endroit où elles se trouvent » avec « l’intention de soustraire ladite ou lesdites personnes à la protection de la loi pendant une période prolongée ».[608] Non seulement les disparitions forcées portent atteinte à différentes dispositions du droit international des droits de l’homme, mais elles exposent les personnes à un risque accru de torture et de sévices et ont un impact psychologique terrible sur leurs familles, qui sont susceptibles d’attendre très longtemps avant de savoir ce qui est advenu d’elles.

Torture

Le Statut de Rome définit la torture comme « l’infliction intentionnelle de douleurs ou de souffrances aiguës, physiques ou mentales ».[609] Cette définition de la torture en tant que crime contre l’humanité ne nécessite pas d’infliger ce traitement à une fin interdite spécifique, par exemple pour obtenir des aveux, ce qui signifie que certains actes consistant à infliger de graves douleurs ou souffrances physiques ou mentales répondraient à la définition de la torture en vertu des crimes contre l’humanité quelle que soit la raison pour laquelle ils ont été commis.

Persécution

Le crime contre l’humanité qu’est la persécution se trouve également à l’origine dans le Statut du tribunal international militaire de 1945, qui a défini les crimes contre l’humanité comme comprenant « les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux».[610] Le Statut de Rome définit la persécution comme le déni intentionnel et grave de droits fondamentaux en violation du droit international, pour des motifs liés à l’identité du groupe ou de la collectivité, y compris pour des motifs d’ordre national, religieux ou ethnique.[611]

Le crime de persécution implique de discriminer intentionnellement sur la base de l'un des motifs reconnus énoncés ci-dessus, en portant atteinte à des droits humains fondamentaux.

Une persécution est basée sur « des motifs d’ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou de genre... ou sur la base d’autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international ».[612] La persécution est un terme générique qui englobe d’autres actes constitutifs sous réserve d’être commis avec une intention discriminatoire.

Déplacements forcés

Le Statut de Rome définit le crime contre l’humanité de « déportation ou le transfert forcé » illégal d’une population civile comme comme « le fait de déplacer de force des personnes, en les expulsant ou par d’autres moyens coercitifs, de la région où elles se trouvent légalement, sans motifs admis en droit international », lorsque commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique à l’encontre d’une population civile. Dans ce contexte, la déportation fait référence à une expulsion au-delà des frontières internationales, tandis qu’un transfert désigne un déplacement forcé au sein d’un État ; le déplacement forcé peut désigner l’un, l’autre, ou les deux.[613]

Conclusions d’ordre juridique

Crimes de guerre

Depuis septembre 2022, les forces burkinabè, les VDP et les groupes armés islamistes ont commis un grand nombre d’atteintes graves aux lois de la guerre qui ont ciblé des civils. S’agissant des forces armées et des VDP, les crimes de guerre commis comprennent des attaques ciblant la population civile et d’objets civils, des attaques indiscriminées et disproportionnées, des exécutions sommaires, des disparitions forcées, des actes de torture, des violences sexuelles et des déplacements forcés de population civile. L’armée burkinabè et les VDP ont été impliqués dans le pillage et la destruction d’habitations et de commerces, ainsi que d’autres biens civils, notamment du bétail à travers le Burkina Faso.

Des membres du GSIM ont quant à eux été responsables de la perpétration d’attaques ciblant la population civile et des objets civils, d’avoir commis des attaques indiscriminées et disproportionnées, des exécutions sommaires, des enlèvements et des violences sexuelles. Le GSIM a pillé, détruit et incendié des biens civils, notamment des habitations, des commerces, de la nourriture, du bétail, des objets appartenant à des agences humanitaires tels que des véhicules, des bureaux et des infrastructures médicales, dont des hôpitaux, des centres de santé et des pharmacies. Le GSIM a également détruit ou incendié des infrastructures publiques, notamment des routes, des ponts et des infrastructures de télécommunication.

L’armée et les VDP tout comme le GSIM ont recouru à des punitions collectives, souvent sous la forme de mesures punitives générales et illégales à l’encontre de communautés entières, généralement en représailles pour des actions menées par les forces de l’opposition. [614]

Le gouvernement du Burkina Faso devrait enquêter de manière impartiale et poursuivre ces affaires en justice en tant que crimes de guerre.

Crimes contre l’humanité

Le Statut de Rome définit les crimes contre l’humanité comme des actes spécifiques « commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque ».[615] Cette définition repose sur quatre exigences : (1) l’attaque doit être « généralisée ou systématique » ; (2) l’attaque doit être lancée contre une « population civile » ; (3) les actes doivent être commis « en connaissance de cette attaque » ; et (4) les actes doivent être perpétrés « en application ou dans la poursuite de la politique d’un État ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque ».[616]

Human Rights Watch a constaté que les forces gouvernementales du Burkina Faso et les VDP ainsi que le GSIM avaient commis de graves atteintes dans le cadre de les mêmes attaques généralisées et systématiques contre la population civile qui constituent des crimes contre l’humanité.

Les meurtres de civils perpétrés par le gouvernement remplissent l’exigence relative à une attaque « généralisée ou systématique ». Depuis septembre 2022, les forces burkinabè et les VDP ont ainsi été impliqués dans des meurtres de civils à grande échelle lors d’un grand nombre d’opérations de lutte contre l’insurrection à travers le pays. Les meurtres généralisés de civils ont eu lieu lors d’attaques planifiées et ne sauraient être traités comme des actes isolés. Les forces burkinabè sont entrées dans des villes et des villages à travers le pays, souvent accompagnées de VDP, tuant délibérément des civils, notamment lors de plusieurs attaques de grande ampleur qui ont entraîné la mort de centaines de personnes, dont un grand nombre d’enfants.

Le GSIM a lui aussi été impliqué dans des meurtres généralisés de civils à travers le Burkina Faso. Le GSIM a délibérément massacré des civils, y compris des enfants, lors d’un grand nombre d’attaques qui ont aussi entraîné d’autres exactions.

Un grand nombre d’attaques visaient une catégorie spécifique de la population civile. Des attaques ont été commises par l’armée et les VDP à l’encontre de villes et de villages dont les résidents étaient des Peuls ou des membres d’autres groupes présumés comme soutenant les groupes armés islamistes. Les attaques perpétrées par le GSIM ont généralement ciblé des villes et des villages dont la population civile était considérée comme aidant l’armée ou comme ayant rejoint les rangs des VDP.

Les forces gouvernementales et les VDP ont ciblé les Peuls en recourant à des meurtres, des arrestations et des détentions arbitraires, des déplacements forcés et d’autres exactions visant le groupe dans son ensemble en présumant qu’il soutenait des groupes armés islamistes ou collaborait avec eux.

Les éléments suivants prouvent que les atrocités à l’encontre des Peuls ont été commises « en connaissance de cette attaque » et que le gouvernement a « favoris[é] ou encourag[é] activement une telle attaque contre une population civile » : l’ampleur géographique avec laquelle les civils ont été ciblés et l’augmentation de l’intensité des violences contre les Peuls depuis l’arrivée au pouvoir de la junte actuelle ; les déclarations anti-peules du Président et d’autres hauts représentants de l’État ; et les nombreuses attaques qui révèlent une coordination étroite entre l’armée et les VDP à travers l’ensemble des unités militaires et échelons de la hiérarchie militaire.[617]

La commission de crimes contre l’humanité peut servir de base pour une responsabilité pénale individuelle non seulement dans les tribunaux nationaux du pays où les crimes ont eu lieu, mais aussi dans les cours et tribunaux internationaux, ainsi que dans les tribunaux d’autres pays en vertu du principe de la compétence universelle. La responsabilité pénale individuelle s’étend au-delà de ceux qui commettent les actes à ceux qui ordonnent, aident, facilitent, soutiennent le délit et s’en rendent complices. En vertu du principe de la responsabilité hiérarchique ou de commandement, l’armée et les fonctionnaires civils, jusqu’au sommet de la hiérarchie, peuvent être tenus pénalement responsables des crimes commis par leurs subordonnés s’ils savaient ou auraient dû savoir que ces crimes étaient commis mais n’ont pas pris de mesures raisonnables pour les prévenir ou en punir les responsables.

Droits des personnes déplacées

Le droit international autorise les victimes de déplacement forcé ke droit au retour dans leurs zones d’origines et à leurs biens. Le Conseil de sécurité des Nations Unies et d’autres organes de l’ONU ont également répété à maintes reprises le droit des personnes déplacées internes à regagner leurs anciens foyers.

Les principes directeurs des Nations Unies relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, qui découlent de principes reconnus en droit international, rappelle que les gouvernements nationaux sont les principaux responsables de la protection et de l’assistance lors des déplacements de personnes, de trouver des solutions durables et de prendre des dispositions pour le retour, la réinstallation et la réintégration des personnes déplacées internes. Le Principe 28 précise :

C’est aux autorités compétentes qu’incombent en premier lieu le devoir et la responsabilité de créer des conditions propices au retour librement consenti, dans la sécurité et la dignité, des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays dans leur foyer ou leur lieu de résidence habituel ou à leur réinstallation volontaire dans une autre partie du pays, ou de leur fournir les moyens nécessaires à cet effet. Lesdites autorités s’efforceront de faciliter la réintégration des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays qui sont retournées dans leur lieu d’origine ou qui ont été réinstallées.[618]

Le Burkina Faso est un État partie à la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (Convention de Kampala), qui s’appuie sur les Principes directeurs des Nations Unies. En vertu de cette Convention, le gouvernement est tenu de protéger toutes les personnes d’un déplacement arbitraire ; de fournir une assistance aux personnes déplacées internes, notamment de la nourriture, un abri, des soins médicaux et une éducation ; d’assurer la liberté de mouvement et de résidence ; de fournir des formes de réparation efficaces pour les dommages résultant du déplacement ; et de rechercher des solutions durables au problème de déplacement, par la promotion et la création de conditions satisfaisantes pour le retour volontaire, l’intégration locale ou la réinstallation de manière durable et dans des conditions de sécurité et de dignité.[619]

Le conflit armé au Burkina Faso, qui sévit depuis 2016, avait entraîné le déplacement de plus de 2,3 millions de personnes en décembre 2025. Cela comprend plus de deux millions de personnes déplacées internes, et plus de 270 000 individus réfugiés dans les pays voisins que sont le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo.[620]

Droit à un recours

En vertu du droit international, les victimes de violations du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire peuvent prétendre à un recours, y compris à une réparation. Les Principes fondamentaux des Nations Unies concernant le droit à un recours prévoient pour les victimes de violations flagrantes un droit à recevoir une « réparation adéquate, effective et rapide du préjudice subi ».[621] Ce droit s’appuie sur le principe plus large du droit à un recours concret et effectif en cas de violations.[622] L’Observation générale n°4 de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples prévoit également des directives sur le droit de réparation des victimes de la torture et d’autres formes de sévices.[623]

Les victimes de violations graves sont « les personnes qui, individuellement ou collectivement, ont subi un préjudice, notamment une atteinte à leur intégrité physique ou mentale, une souffrance morale, une perte matérielle ou une atteinte grave à leurs droits fondamentaux » et incluent « les membres de la famille proche ou les personnes à charge de la victime directe et les personnes  qui ont subi un préjudice en intervenant pour porter assistance à des victimes en détresse ou pour prévenir la victimisation. »[624]

La réparation comprend, entre autres, la restitution et l’indemnisation. Une indemnisation doit être accordée si une restitution ne peut être obtenue.[625]

Les personnes déplacées de manière illégale, telles que les victimes d’un nettoyage ethnique, peuvent prétendre à regagner leur foyer ou leur lieu de résidence habituel ou, si leurs habitations ont été détruites, à recevoir une indemnisation pour cette perte.[626] Les victimes sont également en droit de demander réparation pour d’autres violations des droits perpétrées dans le cadre de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, par exemple si elles ont été détenues de manière arbitraire, torturées, violées, si un membre de leur famille a été tué ou si leurs biens, leurs cultures ou leur bétail ont été pillés.

Le gouvernement burkinabè, en tant qu’autorité compétente, assume la responsabilité principale de recouvrer les possessions des victimes et, si cela n’est pas possible, de leur fournir, ou de les aider à obtenir, une indemnisation.[627] Le processus de réparation et le droit à regagner leur foyer ne devraient pas susciter de nouvelles violations des droits humains.


 

VI. Commandants militaires impliqués dans les abus

L’armée burkinabè répond à une hiérarchie claire. La nomination et la promotion des commandants, ainsi que leur autorité sur leurs subordonnés et les territoires, sont définies dans des décrets promulgués et signés par les hauts responsables militaires, dont le chef de la junte, le Président Traoré, le ministre de la Défense et le Chef d’État-major général des Armées (CEMGA).

Les abus perpétrés par le gouvernement documentés dans le présent rapport ont impliqué des unités militaires qui relevaient de l’une des trois chaînes de commandement suivantes : 1) les régions militaires ; 2) les groupes de forces sous le Commandement des opérations du théâtre national (COTN) ; ou 3) depuis 2024, les Bataillons d’intervention rapide (BIR) et d’autres unités de soutien rapide placées sous les ordres de la Brigade spéciale et d’intervention rapide (BSIR). Les VDP étant subordonnés aux militaires, selon l’opération, ils relèvent aussi du commandement et du contrôle de l’une de ces trois chaînes de commandement.

L’ensemble de ces chaînes de commandement relèvent in fine du CEMGA, lui-même sous les ordres du ministre de la Défense, lequel est placé sous l’autorité du Président Traoré.

Les principales opérations militaires documentées dans ce rapport semblent avoir été suivies de près par le capitaine Traoré, les deux ministres de la Défense et les trois CEMGA qui se sont succédé, des discours et des apparitions en public ayant fréquemment eu lieu aux côtés des troupes et des commandants sur le terrain. Les médias publics ont rendu compte des opérations militaires, notamment de celles qui impliquaient les BIR à travers le Burkina Faso.

En vertu du droit international humanitaire, les hauts fonctionnaires et les commandants militaires peuvent être tenus responsables d’avoir ordonné des crimes de guerre et, au titre du principe de la responsabilité hiérarchique, des crimes de guerre commis par leurs subordonnés s’ils avaient connaissance ou auraient dû avoir connaissance de ces crimes et n’ont pas agi pour les prévenir ou n’ont pas pris de mesures appropriées à l’encontre des responsables.

© 2026 Matteo Bettini pour Human Rights Watch
© 2026 Matteo Bettini pour Human Rights Watch

Capitaine Ibrahim Traoré

Président de la Transition

Après avoir démis de ses fonctions le président de l’époque, Paul-Henri Sandaogo Damiba, et pris le pouvoir en tant que « président par intérim », le capitaine Traoré est devenu officiellement le « président de la Transition » en signant la Charte de la transition le 14 octobre 2022.[628] En sa qualité de président de la Transition, il dispose des pouvoirs constitutionnels propres au président du Burkina Faso et est le commandant suprême des forces armées.[629] Ces pouvoirs ont été réitérés dans la Charte de la Transition modifiée du 25 mai 2024.[630]

Le capitaine Traoré pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de tous les incidents documentés dans ce rapport qui ont été commis par les forces de sécurité burkinabè, dont l’opération Tourbillon Vert 2 dans la région de la Boucle du Mouhoun entre le 27 février et le 2 avril 2025 ; l’opération Tchéfari 2 dans la région du Sahel entre le 11 et le 14 décembre 2023 ; et l’opération du convoi Dori-Sebba-Dori dans la région du Sahel entre janvier et mars 2025.

Colonel-major/Général de brigade Kassoum Coulibaly

Ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants (novembre 2022 – décembre 2024)

Le colonel-major Kassoum Coulibaly est officiellement devenu ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants le 3 novembre 2022.[631] La capitaine Traoré a promu Kassoum Coulibaly au rang de général de brigade le 27 octobre 2023.[632] Kassoum Coulibaly a continué d’exercer ses fonctions de ministre jusqu’à son remplacement le 9 décembre 2024.[633]

En sa qualité de ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Kassoum Coulibaly pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins 26 incidents documentés dans le présent rapport, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024 ; et l’opération Tchèfari 2, dans la région du Sahel, du 11 au 14 décembre 2023.[634]

Colonel-major/Général de brigade Célestin Simporé

Chef d’État-major général des armées adjoint, CEMGAA (février 2022 – mars 2023)

Considéré comme l’un des parrains militaires du capitaine Traoré, et apprécié de celui-ci pour sa « loyauté idéologique », le colonel-major Célestin Simporé a pris ses fonctions de CEMGAA le 2 février 2022.[635] Pendant qu’il occupait ce poste, il a également été président de l’assemblée nationale qui a désigné le capitaine Traoré en octobre 2022 comme Président de la transition.[636]

Célestin Simporé a continué d’exercer ses fonctions de CEMGAA au moins jusqu’au 31 mars 2023, date à laquelle il a été nommé chef d’État-major des Forces armées.[637] En sa qualité de CEMGAA, Célestin Simporé pourrait, en vertu du principe de responsabilité, être tenu responsable d’au moins huit incidents documentés dans le présent rapport, dont celui de Man dans la région des Hauts-Bassins en février 2023.[638]

Commandement des opérations du théâtre national, COTN (décembre 2022 – mars 2023)

Alors qu’il exerçait en tant que CEMGAA, Célestin Simporé a également été nommé commandant du COTN le 7 décembre 2022 ; la dernière fois qu’il a été vu exerçant ces fonctions était le 31 mars 2023.[639]

Chef d’État-major des Forces armées, CEMGA (avril 2023 – décembre 2024)

Célestin Simporé a officiellement pris ses fonctions de CEMGA le 6 avril 2023.[640] Il a été promu général de brigade le 3 novembre 2023,[641] et a continué d’exercer ses fonctions de CEMGA au moins jusqu’au 8 décembre 2024.[642]

En sa qualité de CEMGA, Célestin Simporé pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de 16 incidents documentés dans ce rapport, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024, et l’opération Tchéfari 2, dans la région du Sahel, du 11 au 14 décembre 2023.[643]

Ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants (décembre 2024 – avril 2025 voire plus tard)

Le 9 décembre 2024, Célestin Simporé a officiellement pris ses fonctions de ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants,[644] et il a continué d’exercer ses fonctions de ministre au moins jusqu’au 10 avril 2025.[645]

À ce poste, Célestin Simporé pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, avoir été responsable d’au moins quatre incidents documentés dans le présent rapport, dont l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, entre le 27 février et le 2 avril 2025, et l’opération du convoi Dori-Sebba-Dori, dans la région du Sahel, entre janvier et mars 2025.[646]

Colonel/Général de brigade Moussa Diallo

Chef d’État-major général des armées adjoint, CEMGAA

Le colonel Moussa Diallo a été nommé au poste de CEMGAA le 31 mars 2023[647], et il avait pris ses fonctions au plus tard le 16 juin 2023.[648] Il a été CEMGAA au moins jusqu’au 19 décembre 2024.[649]

En sa qualité de CEMGAA, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins 11 incidents, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024, et l’opération Tchèfari 2, dans la région du Sahel, du 11 au 14 décembre 2023.[650]

Commandement des opérations du théâtre national, COTN

Outre sa fonction de CEMGAA, Moussa Diallo a été nommé commandant du COTN en avril 2023,[651] ayant pris ses fonctions au plus tard le 7 septembre 2023.[652] Il a exercé en tant que commandant du COTN au moins jusqu’au 19 décembre 2024.[653]

En sa qualité de commandant du COTN, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins dix incidents, dont l’opération Tchéfari 2, du 11 au 14 décembre 2023.[654]

Brigade spéciale d’intervention rapide, BSIR

Alors qu’il exerçait les fonctions de CEMGAA et de commandant du COTN, Moussa Diallo a aussi été nommé premier commandant de la BSIR le 19 janvier 2024.[655] Il a occupé ce poste au moins à partir du 12 février 2024,[656] et y est resté jusqu’au 10 janvier 2025.[657]

Le capitaine Traoré a promu Moussa Diallo au rang de général de brigade par décret le 17 décembre 2024,[658] lui remettant en personne ses nouveaux attributs lors d’une cérémonie le 20 décembre 2024.[659] Cette promotion est intéressante car Moussa Diallo a techniquement été promu deux fois : il est passé directement du grade de colonel à celui de général de brigade, sans passer par celui de colonel-major, l’échelon suivant dans la hiérarchie militaire burkinabè.[660] Il s’agit là de l’unique exemple dont on ait connaissance d’un haut responsable promu dans des délais aussi brefs dans l’armée burkinabè sur la période couverte par le présent rapport.

En tant que commandant de la BSIR, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de cinq incidents documentés dans ce rapport, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024.[661]

Chef d’État-major des Forces armées, CEMGA.

Après avoir été promu général de brigade, Moussa Diallo a officiellement pris ses fonctions de CEMGA le 30 décembre 2024,[662] et est resté à ce poste au moins jusqu’au 30 mai 2025.[663]

En sa qualité de CEMGA, Moussa Diallo pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de cinq incidents documentés dans le présent rapport, dont celui du convoi Dori-Sebba-Dori, dans la région du Sahel, entre janvier et mars 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, entre le 27 février et le 2 avril 2025.[664]

Colonel Théophile Nikièma

Chef d’État-major de l’Armée de terre, CEMAT

Le colonel Nikièma a été nommé CEMAT le 7 avril 2023.[665] Il a assumé ses fonctions jusqu’au 9 janvier 2025, date à laquelle il a été remplacé.[666]

En sa qualité de CEMAT, Théophile Nikièma pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de 16 incidents, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024, et l’opération Tchèfari 2, dans la région du Sahel, du 11 au 14 décembre 2023.[667]

Chef d’État-major général des armées adjoint, CEMGAA

Théophile Nikièma a été nommé CEMGAA le 30 décembre 2024, et il avait pris ses fonctions au plus tard le 10 janvier 2025.[668] Il a continué de les exercer au moins jusqu’au 12 novembre 2025.[669]

En sa qualité de CEMGAA, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu pour responsable de quatre incidents, dont celui convoi Dori-Sebba-Dori, entre janvier et mars 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025.[670]

Commandement des opérations du théâtre national, COTN

Outre son rôle de CEMGAA, Théophile Nikièma occupait aussi le poste de commandant du COTN au plus tard le 7 janvier 2025,[671] et il a continué d’exercer ses fonctions au moins jusqu’au 12 novembre 2025.[672]

En sa qualité de commandant du COTN, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de cinq incidents, dont celui du convoi Dori-Sebba-Dori, entre janvier et mars 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025.[673]

Brigade spéciale d’intervention rapide, BSIR

Théophile Nikièma a été nommé commandant de la BSIR le 10 janvier 2025[674] et il a continué d’exercer ses fonctions au moins jusqu’au 13 avril 2025.[675]

En sa qualité de commandant de la BSIR, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de quatre incidents, dont celui du convoi Dori-Sebba-Dori, de janvier à mars 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025.[676]

Colonel-major David Kabré

Chef d’État-major des Forces armées, CEMGA

Le colonel-major David Kabré a été nommé CEMGA le 9 février 2022,[677] et a exercé ses fonctions jusqu’à ce que le colonel-major Célestin Simporé le remplace le 6 avril 2023.[678]

En sa qualité de CEMGA, David Kabré pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de neuf incidents documentés dans le présent rapport, dont celui de Man, dans la région des Hauts-Bassins, en février 2023.[679]

Colonel Adam Néré

Chef d’État-major de l’Armée de terre, CEMAT

Le colonel Adam Néré a été nommé CEMAT le 10 février 2022,[680] et a exercé ses fonctions jusqu’au 7 avril 2023.[681]

En sa qualité de CEMAT, Adam Néré pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de neuf incidents, dont celui de Man, dans la région des Hauts-Bassins, en février 2023, et de Petit Zabré, dans la région du Centre-Est, en février 2023.[682]

Commandant/Lieutenant-colonel Lassané Porgo

2e région militaire

Le commandant Lassané Porgo a été nommé au poste de commandant de la 2e région militaire le 14 novembre 2022,[683] et avait pris ses fonctions au plus tard le 31 mai 2023.[684] Il a été commandant au moins jusqu’au 31 décembre 2024[685] et, au plus tard le 3 avril 2025, avait été promu lieutenant-colonel.[686] Il a continué d’exercer en tant que commandant au moins jusqu’au 1 juin 2025.[687]

En sa qualité de commandant de la 2e Région militaire, Lassané Porgo pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins cinq incidents, dont celui de Bassé, dans la région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023, et Ramatoulaye, dans la région des Hauts-Bassins, le 8 juillet 2023.[688]

Lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga

4e région militaire

Le lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga a été nommé commandant de la 4e région militaire le 14 novembre 2022[689] et avait pris ses fonctions de commandant au plus tard le 20 juin 2023.[690] On sait qu’il était lieutenant-colonel au 11 juillet 2024[691], et il a été promu colonel à une date indéterminée entre le 11 juillet 2024 et le 28 février 2025, lorsqu’il a été remplacé au poste de commandant de la 4e Région militaire et transféré pour assumer le rôle de commandant du Groupement central des armées.[692]

En sa qualité de commandant de la 4e Région militaire, il pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins deux incidents, dont celui de Gaskindé, dans la région du Sahel, le 20 février 2025, et l’opération Tchéfari 2, du 11 au 14 décembre 2023.[693]

Lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba

1e région militaire

Le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba a été nommé commandant de la 1e région militaire le 14 novembre 2022,[694] et avait pris ses fonctions au plus tard le 17 février 2023.[695] Il a continué de commander la 1e Région militaire jusqu’à son remplacement le 12 juin 2024.[696]

Éric Constantin Tapsoba pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins cinq incidents documentés dans le présent rapport, dont celui de Nondin, Soro, dans la région du Nord, le 25 février 2024, et ceux de Torobo et Ouahigouya, dans la région du Nord, en mai 2024.[697]

Commandant/Lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma

5e région militaire

Le commandant Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma[698] ou Jean-Marie Souriouma[699]) a été nommé commandant de la 5e région militaire le 14 novembre 2022,[700] et avait pris ses fonctions au plus tard en avril 2023.[701] Le 3 avril 2025, il a été remplacé au poste de commandant et, à cette date, il avait aussi été promu lieutenant-colonel.[702]

Jean Marie Syriouma pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de cinq incidents documentés dans le présent rapport, dont l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025, et Sanakuy, dans la région de la Boucle du Mouhoun, le 15 août 2024.[703]

Colonel Hamed Hermann Rouamba

Chef d’État-major de l’Armée de terre, CEMAT

Le colonel Hamed Hermann Rouamba a été nommé CEMAT le 9 janvier 2025[704] et a conservé ses fonctions au moins jusqu’au 3 avril 2025.[705]

Hamed Hermann Rouamba pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de quatre incidents documentés dans le présent rapport, dont celui du convoi Dori-Sebba-Dori, entre janvier et mars 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025.[706]

Capitaine Amadou Sanou

Le capitaine Amadou Sanou est probablement la même personne qu’un certain Amadou Sanou nommé commandant de la 4e Région militaire lors d’une cérémonie officielle le 28 février 2025. Cela n’a toutefois pas encore été confirmé par des sources publiques.

Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord

Amadou Sanou a été nommé commandant du Groupement des forces pour la sécurisation du Nord le 14 novembre 2022,[707] et il avait pris ses fonctions au plus tard le 2 juillet 2023.[708] Aucune source publique ne permet de connaître son parcours après cette date.[709]

Commandant/Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly

Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun

Le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly a été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 30 juin 2023.[710] Au 18 janvier 2025, il exerçait ses fonctions et avait été promu lieutenant-colonel.[711] Il a été nommé commandant de la 5e Région militaire le 3 avril 2025.[712]

Capitaine Wendpanga David Ouédraogo

10e Bataillon d’intervention rapide (BIR 10)

Le capitaine Wendpanga David Ouédraogo, également appelé David Ouédraogo ou David W. Ouédraogo, a été nommé commandant du 10e Bataillon d’intervention rapide le 30 juin 2023[713] et avait pris ses fonctions au plus tard le 8 février 2025. [714] Il a continué d’exercer en tant que commandant au moins jusqu’au 4 octobre 2025.[715]

Wendpanga David Ouédraogo pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable d’au moins deux incidents mentionnés dans le présent rapport, dont celui de Gaskindé, dans la région du Sahel, le 20 février 2025, et l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025.[716]

Capitaine Abdoul Aziz Ouattara

2e Groupe d’intervention rapide

Le capitaine Abdoul Aziz Ouattara, également appelé Watao[717] ou Wattao,[718] a été nommé commandant du 2e Groupe d’intervention rapide le 19 janvier 2024[719] et avait pris ses fonctions au plus tard en janvier 2025.[720] Il a continué d’exercer ses fonctions au moins jusqu’au 10 mars 2025.[721]

Abdoul Aziz Ouattara pourrait, en vertu du principe de responsabilité hiérarchique, être tenu responsable du massacre de Gaskindé, dans la région du Sahel, le 20 février 2025. Sa responsabilité de commandement est également engagée s’agissant d’incidents qui se sont produits dans le cadre de l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025, et ce, au moins jusqu’au 10 mars 2025, dernière date à laquelle des sources ont confirmé qu’il occupait le poste de commandant.

Capitaine Papa Parfait Kambou

18e Bataillon d’intervention rapide (BIR 18)

Le capitaine Papa Parfait Kambou a été nommé commandant du BIR 18 le 8 janvier 2025[722] et a continué d’exercer ses fonctions au moins jusqu’au 25 mai 2025.[723]

Papa Parfait Kambou pourrait, en vertu du principe de responsabilité de commandement, être tenu responsable de l’opération Tourbillon Vert 2, dans la région de la Boucle du Mouhoun, du 27 février au 2 avril 2025, des sources ayant confirmé l’implication du BIR 18 dans cette opération.

Capitaine K. Farouk Azaria. T Sorgho

4e Bataillon d’intervention rapide (BIR 4)

Le capitaine K. Farouk Azaria. T Sorgho a été nommé commandant du BIR 4 le 14 novembre 2022[724] et avait pris ses fonctions au plus tard le 27 novembre 2024.[725]

Lieutenant-colonel /Colonel Eric D. Some Dabiré

6e région militaire

Le lieutenant-colonel Éric D. Some Dabiré a été nommé commandant de la 6e région militaire le 14 novembre 2022[726] et avait pris ses fonctions au plus tard le 22 juin 2023.[727] Il a continué d’exercer en tant que commandant jusqu’à son remplacement le 26 février 2025, date à laquelle il avait aussi été promu colonel.[728]

Commandant/Lieutenant-colonel Abdoul Rachid Sawadogo

3e région militaire

Le commandant Abdoul Rachid Sawadogo a été nommé commandant de la 3e région militaire le 14 novembre 2022[729] et avait pris ses fonctions au plus tard le 27 juin 2023, date à laquelle il avait aussi été promu lieutenant-colonel.[730] Il a continué d’exercer en tant que commandant de la 3e Région militaire au moins jusqu’au 12 juillet 2023.[731]


 

VII. Chefs du GSIM à des postes de commandement

Iyad Ag Ghaly, un Malien touareg, est le chef suprême du GSIM, ou émir, depuis la création du GSIM en 2017.[732] Il est l’ancien chef du groupe armé Ansar al-Dine. Il est recherché par la CPI : en juin 2024, une chambre préliminaire de la CPI a levé les scellés du mandat d’arrêt à l’encontre d’Iyad Ag Ghaly pour crimes de guerre, dont des violences sexuelles, et crimes contre l’humanité au nord du Mali entre janvier 2012 et janvier 2013.[733] Il reste introuvable. En tant que haut commandant du GSIM, Iyad Ag Ghaly devrait faire l’objet d’une enquête afin de déterminer s’il est pénalement responsable des abus perpétrés par le GSIM qui sont documentés dans le présent rapport et qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement.

Amadou Kouffa, un Malien peul, ancien responsable du groupe armé Katiba Macina, est le commandant en second du GSIM, juste derrière Iyad Ag Ghaly. D’après des analystes, il a joué un rôle crucial dans l’expansion du recrutement et des activités du GSIM dans la région du Sahel, notamment au Burkina Faso.[734] Le département d’État des États-Unis a ajouté Amadou Kouffa à la liste des personnes et des groupes qu’il considère comme terroristes (Specially Designated Global Terrorists) en novembre 2019.[735] En sa qualité de commandant en second du GSIM, Amadou Kouffa devrait faire l’objet d’une enquête afin de déterminer s’il est pénalement responsable des abus perpétrés par le GSIM qui sont documentés dans le présent rapport et qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement.

Le Mali constitue la base historique des opérations du GSIM mais, depuis 2017, le groupe armé s’est étendu à plusieurs autres pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Burkina Faso, par l’intermédiaire de ses groupes armés affiliés. Au Burkina Faso, ces groupes armés sont connus sous les noms de Ansaorul Islam, dirigé par Jafar Dicko, et de Katiba Hanifa, dirigé par Abou Hanifa (également appelé Oumarou). D’après les analystes, la direction centrale du GSIM fournit les directives globales aux antennes locales qui opèrent dans toute la région du Sahel et dans les états côtiers d’Afrique de l’Ouest, et le groupe armé recourt à une chaine de commandement souple, transfrontalière et transnationale, conjuguant autorités militaires et religieuses, pour maintenir son unité et sa cohésion, prévenir une fragmentation et veiller à ce que les antennes locales restent alignées sur la direction centrale. [736]

Jafar Dicko, chef du groupe armé affilié au GSIM Ansaroul Islam, qui opère à travers le Burkina Faso mais plus particulièrement dans les régions du nord et de l’ouest du pays, tient également le rôle de chef suprême du GSIM au Burkina Faso. Haut commandant du GSIM au Burkina Faso, Jafar Dicko devrait faire l’objet d’une enquête afin de déterminer s’il est pénalement responsable des abus perpétrés par le GSIM qui sont documentés dans le présent rapport et qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement. Parmi ces abus présumés figurent le massacre d’au moins 72 civils à Goubré, dans la région du Nord, en mai 2024 ; le massacre d’au moins 133 civils à Barsalogho, dans la région du Centre-Nord, en août 2024 ; le massacre d’au moins 100 civils dans les villages de Gonon, Mara, Lanfiera et Tiao, dans la région de la Boucle du Mouhoun, en avril 2025 ; et le massacre d’au moins 26 civils à Djibo, dans la région du Sahel, en mai 2025.

Ousmane Dicko, frère et adjoint de Jafar Dicko, également commandant adjoint du GSIM au Burkina Faso, devrait lui aussi faire l’objet d’une enquête.

Abou Hanifa, également connu sous le nom d’Oumarou, est le responsable du groupe armé affilié au GSIM Katiba Hanifa, qui opère principalement dans la région du Niger et dans le sud-est du Burkina Faso. En sa qualité de commandant de la Katiba Hanifa, Abou Anifa devrait faire l’objet d’une enquête afin de déterminer s’il est pénalement responsable des abus perpétrés par le GSIM qui sont documentés dans le présent rapport et qui constituent des crimes internationaux graves, au titre de la responsabilité de commandement. Parmi ces abus figure le massacre d’au moins dix civils, voire bien plus, à Diapaga, dans la région de l’Est, en mai 2025.


 

VIII. Perspectives en matière d’obligation de rendre des comptes

Procédures judiciaires nationales

Le conflit au Burkina Faso se caractérise par une impunité quasi-totale pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les différentes parties, les civils à travers le pays se retrouvant privés de justice pour les nombreuses atrocités qu’ils ont subies. Au lieu de répondre de leurs actes devant la justice, les auteurs de crimes graves sont souvent récompensés pour leur comportement illégal au moyen de promotions, y compris au sein du gouvernement et de l’armée. Des victimes d’exactions perpétrées par les militaires et le GSIM, ainsi que les membres de leurs familles, ont affirmé qu’il était rare qu’elles portent plainte auprès des autorités policières ou des tribunaux par peur de représailles de la part des auteurs de ces actes, ou estimé que les autorités n’étaient pas capables ou disposées à les aider, ou encore qu’il n’y avait aucune présence des autorités de l’État dans leurs localités.

« Nous n’osons pas porter plainte », a déclaré un homme de 40 ans du village de Sanakuy, dans la région de la Boucle du Mouhoun, où les militaires burkinabè et les VDP auraient tué cinq hommes peuls en août 2024. « C’était un travail de militaires. Si la justice fonctionnait encore dans notre pays, les militaires n’agiraient pas de la sorte. »[737]

Les rares victimes et parents de victimes à avoir présenté des dossiers devant les autorités de l’État concernant des abus infligés par les forces de sécurité et les VDP se sont plaints de l’absence ou de la lenteur des enquêtes. Sous le régime de la junte militaire dirigée par le capitaine Traoré, les institutions burkinabè chargées d’enquêter sur les violations des droits humains, notamment le système judiciaire et la Commission nationale des droits humains, manquent d’indépendance pour mener à bien leur mission d’enquête et de poursuite des crimes en vertu du droit international.[738]

Les victimes des exactions perpétrées par l’armée et le GSIM ne semblent guère faire confiance à ces institutions, qu’elles trouvent de toute façon difficilement accessibles. D’une manière générale, les agents du gouvernement nient ou minimisent les allégations d’abus, notamment ceux qui auraient été commis par les forces militaires burkinabè et les VDP, et en rejettent souvent la faute, y compris les meurtres de civils, sur les « ennemis internes » du Burkina Faso, tels que les opposants politiques et les dissidents, et les acteurs « impérialistes » externes,[739] dont les Burkinabè de la diaspora, les médias internationaux et les groupes de défense des droits humains, sans mener d’enquêtes crédibles pour établir les responsabilités.

Ce n’est que pour deux des 57 incidents documentés dans le présent rapport—tous deux impliquant les forces gouvernementales et les VDP dans la perpétration d’abus—que des victimes et des membres de leurs familles ont affirmé avoir signalé leurs cas aux autorités.[740] Ces deux enquêtes n’avaient aucunement avancé au moment de la rédaction des présentes.

Dans au moins trois cas documentés dans ce rapport—dont deux impliquent les forces militaires et les VDP dans la perpétration d’abus, un autre impliquant des combattants du GSIM—, les autorités ont déclaré qu’elles ouvriraient une enquête.[741] Il n’y a guère de transparence autour de ces enquêtes, et aucun procès ni procédure de justice n’a pour l’instant démarré.

Human Rights Watch a également connaissance du fait que, dans au moins trois autres cas impliquant les forces militaires et les VDP dans des abus, des procureurs nationaux ont ouvert des enquêtes. Ces cas ne sont pas documentés dans le présent rapport, mais ils ont été signalés par les médias et des organisations de la société civile.[742] Dans l’un de ces trois cas, un procès a eu lieu, entraînant la condamnation de six VDP.[743] Human Rights Watch n’a pas connaissance de progrès réalisés s’agissant des deux autres enquêtes.

Tous les suspects impliqués dans des délits liés au terrorisme sont transférés vers le Prison de haute sécurité de Ouagadougou, tandis que le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme se charge d’enquêter et de statuer sur tous leurs dossiers.[744] Ce Pôle, basé à Ouagadougou, et créé par une loi de décembre 2017, dispose de juges, de personnel et d’une chambre préliminaire dédiés. Il a pour mandat « la répression des actes de terrorisme » et est « chargé de l’enquête, de la poursuite, de l’instruction et, s’il s’agit de délits, du jugement des infractions de terrorisme et de financement du terrorisme ».[745]

Cependant, les enquêtes progressent lentement, et le Pôle fait face à certains défis, notamment un manque de fonds et de personnel, qui entravent ses capacités à mener à bien son mandat et à garantir une procédure régulière. Le Pôle n’a instruit son premier dossier qu’en 2021, après quoi il a fallu attendre encore un an avant que d’autres affaires n’y soient traitées.[746]

Un membre du système judiciaire burkinabè a expliqué à Human Rights Watch que le Pôle spécialisé faisait preuve de graves insuffisances en matière de procédure judiciaire impliquant les individus détenus pour terrorisme, notamment en portant atteinte au droit à un procès équitable, dont la présomption d’innocence, et au droit à bénéficier d’une défense adéquate, d’une aide juridique et d’un interprète gratuit lors des procédures, à être présentés rapidement devant un juge, et à être jugés sans retard excessif, entre autres.[747]

Il a ainsi déclaré :

Le manque de preuves solides impliquant les accusés est un problème grave. Même si l’enquête initiale n’a rien donné à leur sujet [au sujet des suspects] … on continue de les garder en détention pendant deux, trois ans... Cependant, les magistrats, qui sont aussi des personnes intelligentes, les y gardent car, s’ils étaient libérés, notre armée pourrait les exécuter. Ainsi, nous faisons face à ce dilemme : nous estimons qu’il vaut mieux violer le droit à la liberté pour préserver leur droit à la vie. C’est tout à fait absurde comme concept, mais c’est ainsi que cela fonctionne.[748]

Il a ajouté que les suspects acquittés ou qui purgent une peine restent en danger :

Même après le jugement, s’ils sont acquittés, nous devons quand même négocier leur sortie avec les services du renseignement pour être sûrs qu’à leur retour chez eux, ils ne feront pas face à des risques... Une autre problématique sérieuse est le manque d’accès à un avocat pour les accusés. Beaucoup d’entre eux n’ont pas les moyens de se payer un avocat, alors ils se présentent au tribunal sans, ce qui porte atteinte à notre droit national et au droit international humanitaire.[749]

Un avocat burkinabè qui s’est entretenu avec Human Rights Watch a identifié ces mêmes défis ainsi que d’autres, notamment le manque de formation et de ressources des policiers et gendarmes sur le terrain qui sont chargés des enquêtes préliminaires, et le manque d’interprètes pour assurer une traduction aux accusés qui ne parlent pas français : « Au début [en 2021], il n’y avait qu’un seul interprète qui parlait le fulfuldé, la langue la plus largement employée par les accusés qui sont principalement des Peuls », a précisé l’avocat. « Mais l’année dernière [2024], un processus de recrutement d’interprètes a été lancé et la situation s’est améliorée… plusieurs nouveaux interprètes ayant été embauchés. »[750]

D’après des membres de la société civile et des juristes, la prison de haute sécurité où sont détenues les personnes soupçonnées d’avoir commis des délits liés au terrorisme est surpeuplée et la grande majorité des détenus y restent pour une durée largement supérieure à la limite légale. « Il y a au moins un millier de détenus et la prison n’a pas été construite pour autant de monde », a affirmé à Human Rights Watch un avocat spécialisé dans les droits humains début septembre 2025. « Un grand nombre d’entre eux sont maintenus en détention alors qu’il n’y a pas de preuves suffisantes d’un rapport quelconque entre eux et le terrorisme. »[751]

Perspectives régionales et internationales en matière d’obligation de rendre des comptes

Les victimes d’abus et de violations graves des droits humains disposent de solutions limitées pour établir les responsabilités au niveau régional.

Le Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, a officiellement quitté la CEDEAO le 29 janvier 2025, après avoir annoncé son retrait un an plus tôt, accusant le bloc de saper sa souveraineté et d’imposer des sanctions injustes au Niger suite au coup d’État perpétré dans ce pays en juillet 2023.[752] Ce retrait a soulevé des inquiétudes quant à l’accès à la justice pour les victimes de graves violations des droits humains souhaitant dénoncer des cas devant la Cour de justice de la Communauté de la CEDEAO, qui a compétence pour entendre les affaires de droits humains portées par les citoyens des États membres.[753]

Depuis sa création en 1991, la Cour a rendu des décisions historiques en matière de droits humains, y compris au Burkina Faso.[754] L’une de ses caractéristiques en est que les requérants n’ont pas besoin d’avoir épuisé les recours locaux pour pouvoir porter plainte.

La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples fait face à des limitations sérieuses, même si les individus peuvent déposer une plainte contre le gouvernement du Burkina Faso, car la capacité de la Cour à appliquer ses décisions est insuffisante, de nombreux États ne respectant pas les décisions qui vont à l’encontre de leurs intérêts politiques.[755]

Le Burkina Faso a signé le Statut de Rome de la Cour pénale internationale en 2004,[756] et l’a ensuite transposé dans sa législation nationale.[757]

Le 22 septembre 2025, le Burkina Faso, ainsi que le Mali et le Niger, ont annoncé leur intention de se retirer du Statut de Rome.[758] Dans leur déclaration conjointe annonçant le retrait de leurs États de la CPI, les trois dirigeants militaires qualifiaient la Cour d’instrument « néocolonial » et affirmaient que leur décision était motivée par une volonté de réaffirmer leur souveraineté. Toujours selon eux, la Cour s’était montrée incapable « de prendre en charge et de juger des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des crimes de génocide et des crimes d’agression avérés » et ils recourraient à des « mécanismes endogènes pour la consolidation de la paix et de la justice ».[759]

En vertu du Statut de Rome, un retrait de la CPI ne prend effet qu’un an après le dépôt de la notification de retrait de l’État auprès du Secrétaire général des Nations Unies.[760] Au moment de la rédaction des présentes, le Burkina Faso n’avait pas encore déposé sa notification de retrait.

La CPI est une juridiction de dernier recours. Conformément au principe de « complémentarité », les affaires ne peuvent être examinées par la CPI que si les autorités nationales n’ont pas mené de véritables procédures nationales. [761] Le Bureau du Procureur procède à un « examen préliminaire » afin de déterminer si une situation remplit les critères juridiques fixés par le Statut de Rome pour ouvrir une enquête formelle.[762]


 

Recommandations

Au gouvernement du Burkina Faso

  • Ordonner publiquement à tous les membres des forces de sécurité et aux VDP au Burkina Faso de respecter pleinement le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire.

  • Mettre fin à la pratique des punitions collectives, consistant notamment à perpétrer des meurtres et des arrestations en masse, qui sont administrées aux membres de communautés vivant dans des zones où opère le GSIM.

  • Mettre fin au profilage ethnique des communautés peules par les forces gouvernementales et les VDP.

  • Mettre fin aux mesures de répression visant l’opposition politique, la dissidence pacifique et les médias, y compris aux arrestations arbitraires, aux disparitions forcées, à la torture et aux enrôlements forcés d’opposants présumés, de dissidents, de journalistes et d’activistes de la société civile.

  • Enquêter sur les membres des forces de sécurité et les groupes armés islamistes responsables de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres crimes et prendre des mesures disciplinaires appropriées à leur égard ou les poursuivre en justice, dans le respect des normes internationales en matière de procès équitable. Rendre publiques les conclusions des enquêtes dans les plus brefs délais.

  • Collaborer avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples afin de chercher à obtenir une aide technique, financière et logistique destinée aux organes nationaux d’enquête et de justice.

  • Suspendre, en attendant le résultat des enquêtes, le personnel des forces de sécurité et les VDP impliqués de source fiable dans des atteintes graves aux droits humains.

  • Adopter des mesures solides aux niveaux national et régional pour lutter contre la discrimination, la stigmatisation et la violence à l’encontre de la communauté peule, notamment en sensibilisant les représentants de l’ordre et le personnel militaire qui opèrent dans des zones à haut risque pour qu’ils évitent de faire l’amalgame entre l’ensemble des populations peules et les membres des groupes armés islamistes, et garantissent l’impartialité des opérations sécuritaires ; et en concevant et mettant en œuvre des initiatives de paix et de cohésion sociale dirigées par les communautés.

  • Respecter pleinement la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, y compris les droits à la vie, à la dignité et à la non-discrimination, à un procès équitable, à la liberté d’expression et à la liberté de mouvement.

  • Soutenir et fournir des ressources adaptées aux juges et au personnel de justice burkinabè chargés d’enquêter sur les atteintes présumées commises par les combattants islamistes et le personnel des forces de sécurité, notamment au Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme et au bureau du procureur militaire.

  • Apporter rapidement et de manière équitable une réparation aux victimes de violations ou à leurs proches, notamment au moyen d’une indemnisation et en recouvrant et retournant tous les biens pillés ou détruits.

  • Instaurer un mécanisme de surveillance indépendant et accessible pour que les individus et les communautés affectés puissent déposer des plaintes au sujet d’atteintes aux droits humains commises par des membres des forces de sécurité et des VDP.

  • Protéger les communautés de déplacements forcés, et défendre les droits des personnes déplacées, notamment le droit à une assistance adéquate et le droit à un retour sécurisé, digne et volontaire.

  • Accroitre les ressources pour fournir un soutien en santé mentale aux membres des forces armées.

Aux forces armées du Burkina Faso

  • Ordonner publiquement à l’ensemble des forces armées et VDP de respecter pleinement le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, notamment en prenant toutes les mesures possibles pour limiter les dommages causés aux civils.

  • Mener des enquêtes exhaustives et impartiales sur toutes les allégations de crimes de guerre commis par le personnel militaire, et prendre des mesures d’ordre disciplinaire ou pénale à l’encontre des responsables, quel que soit leur grade.

  • Veiller à ce que les règles d’engagement et les procédures opérationnelles de l’ensemble des forces et VDP soient conformes au droit international humanitaire ainsi qu’au droit international des droits de l’homme.

  • Veiller à ce que toutes les forces, y compris les VDP, soient formées de manière adaptée au droit international humanitaire. Demander l’aide d’agences internationales à même d’apporter une assistance appropriée.

  • Assurer une sélection rigoureuse des prévôts - responsables de la discipline dans les forces armées et de la protection des droits des détenus lors des opérations militaires –, leur fournir des ressources adéquates et veiller à ce qu’ils soient déployés dans les principales unités de combat.

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils lors des opérations de lutte contre l’insurrection ; veiller à ce que ces opérations soient conformes au droit international humanitaire et au droit international des droits de l’homme et empêcher que les opérations de lutte contre le terrorisme ne constituent une punition collective.

  • Prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils des groupes armés islamistes, notamment en augmentant le nombre de patrouilles et en instaurant des postes de sécurité supplémentaires dans les zones vulnérables.

  • Veiller à ce que les forces de sécurité protègent tous les civils de manière impartiale, quelle que soit leur ethnicité.

  • Soumettre l’ensemble des forces et des VDP à des contrôles de sécurité pour s’assurer que les individus qui ont été responsables d’abus ne prennent pas part aux opérations militaires.

  • Assurer une surveillance stricte du comportement et de la discipline des VDP et sanctionner de manière appropriée ceux qui ont été impliqués dans des exactions.

Au GSIM

  • Cesser tous les meurtres illégaux, les enlèvements, les pillages, les déplacements forcés et toute autre violation grave des droits humains, ainsi que les menaces de violence à l’encontre des civils.

  • Ordonner publiquement à tous les combattants du GSIM de respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme.

  • Assurer un traitement légal des combattants ennemis capturés lors des opérations, et veiller notamment à ce que tous les soldats et VDP capturés soient traités humainement.

  • Lever immédiatement le siège des villes et villages qui prive de manière illégale les civils d’un accès à la nourriture, à l’eau, aux produits de première nécessité et à l’aide humanitaire, et permettre la libre circulation des civils.

  • Permettre un accès total, sécurisé et sans entraves du personnel humanitaire et la fourniture urgente d’une aide humanitaire dans les zones placées sous le contrôle du GSIM.

  • Cesser immédiatement l'utilisation d'engins explosifs improvisés.

  • Libérer immédiatement tous les civils en garde à vue, à l’exception de ceux qui sont nécessairement détenus pour des raisons sécuritaires impératives.
  • Cesser d’imposer des « taxes » aux civils dans les zones placées sous le contrôle du GSIM.

  • Sanctionner ou retirer les combattants du GSIM impliqués dans de sérieuses violations du droit international humanitaire, notamment dans des abus contre des civils.

Au Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale

· Ouvrir une enquête préliminaire sur la situation au Burkina Faso afin de déterminer s’il convient de procéder à une enquête formelle sur les crimes relevant de la compétence de la CPI.

Au Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine

· Placer formellement la situation du Burkina Faso à l’ordre du jour du Conseil et demander des réunions d’information mensuelles de la part des organes pertinents de l’UA, notamment de l’Envoyé spécial pour la prévention du génocide et des atrocités de masse et de l’Envoyé spécial pour l’initiative « Faire taire les armes », sur la situation du pays.

· Au titre de l’article 7 du Protocole relatif au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, organiser une session dédiée afin d’examiner les risques associés à la protection des civils et les indicateurs de crimes constituant des atrocités.

· Demander la levée des restrictions sur les médias et la société civile afin de permettre un suivi indépendant et conforme aux normes de l’UA.

· Apporter un soutien technique et politique à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples afin d’assurer un suivi conjoint de la situation des droits humains, notamment en matière de conformité du Burkina Faso aux mesures de lutte contre le terrorisme dans le contexte des droits humains.

· Exiger du Burkina Faso qu’il rende compte devant le Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine des mesures qu’il a prises pour que les opérations de lutte contre le terrorisme respectent les normes africaines relatives aux droits humains et au droit international humanitaire.

· Exhorter l’ensemble des parties à respecter le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme et à cesser toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles.

Au Conseil de sécurité des Nations Unies

  • Faire de la situation au Burkina Faso l’une des priorités à l’ordre du jour du Conseil, veiller à la tenue de réunions publiques régulières du Conseil de sécurité au sujet du Burkina Faso et programmer régulièrement des réunions d’information du représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et du responsable du Bureau de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Inviter régulièrement des membres de communautés affectées par la guerre au Burkina Faso à transmettre des informations au Conseil.

· Demander à l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la prévention du génocide et des atrocités de masse de mener des missions exploratoires et de présenter des exposés formels devant le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et sécurité de l’UA.

· Imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de voyager et des gels des actifs, au GSIM et aux commandants militaires, aux agents officiels et aux VDP responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité au Burkina Faso, y compris aux personnes identifiées dans le présent rapport.

· Instaurer un comité des sanctions et un groupe d’experts chargés de surveiller le respect des sanctions ciblées.

À l’Union africaine

  • Soutenir et assurer un suivi des efforts nationaux menés par le Burkina Faso en matière d’obligation de rendre des comptes en exigeant publiquement des enquêtes sur les abus commis à l’encontre des civils par toutes les parties.
  • Appuyer la formation du personnel de justice burkinabè aux meilleures pratiques d’enquête sur les crimes de guerre et d’autres crimes internationaux, notamment sur la collecte et la conservation des preuves, les analyses médico-légales, les analyses criminelles et les techniques effectives et appropriées à employer pour questionner et protéger les témoins et interroger les suspects.
  • Aider le gouvernement burkinabè à accroître la capacité des magistrats et des officiers de police judiciaire à mener des enquêtes et des poursuites fiables, impartiales et indépendantes sur la violence communautaire et d’autres crimes graves.
  • Créer un mécanisme spécial de surveillance et d’obligation de rendre des comptes en matière de lutte contre le terrorisme qui soit à même de surveiller le respect par l’État des normes africaines relatives aux droits humains en matière d’opérations de lutte contre le terrorisme ; de documenter et rendre compte d’informations sur les dommages civils, y compris les victimes civiles, sur les atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire par les forces de l’État et les VDP, ainsi que sur les discours de haine, le ciblage ethnique et les restrictions imposées dans les domaines des libertés et droits fondamentaux.

À la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples

· Mener une mission exploratoire au Burkina Faso, conformément à l’article 45 de la Charte africaine.

  • Demander à ses Rapporteurs spéciaux sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; sur les prisons et les conditions de détention ; sur la liberté d’expression ; sur les droits humains des réfugiés et des personnes déplacées internes ; et sur les droits de la femme en Afrique d’effectuer des visites pays au Burkina Faso.
  • Souligner le devoir qui incombe au Burkina Faso, en vertu de l’article 62, de présenter des rapports périodiques relatifs aux atteintes aux droits humains, y compris ceux qui sont documentés dans le présent rapport.

Au Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant

· Enquêter sur les atteintes aux droits humains commises à l’encontre des filles et des garçons par toutes les parties au conflit au Burkina Faso.

  • En vertu de l’article 45 de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, enquêter sur les graves violations commises à l’encontre des enfants, y compris les meurtres, les déplacements forcés, les disparitions forcées, le recrutement forcé par l’armée, les VDP et le GSIM, le blocage de l’aide humanitaire et les attaques contre les établissements scolaires.
  • Instaurer un mécanisme spécial dédié aux droits de l’enfant et à la lutte contre le terrorisme à même de vérifier que les opérations de lutte contre le terrorisme du Burkina Faso respectent la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, les Principes directeurs des Droits de l’enfant dans une situation de conflit de l’UA et la Déclaration sur la sécurité dans les écoles (le cas échéant), et de fournir des conseils techniques sur le non-recrutement des enfants, la protection des écoles et le traitement des enfants associés aux groupes armés.
  • Soumettre régulièrement des informations actualisées sur la protection de l’enfant au Cadre de l’Union africaine pour la protection des civils du Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine, et demander au Conseil de paix et sécurité de l’Union africaine d’agir lorsque les atteintes aux droits humains commises à l’encontre d’enfants atteignent un seuil critique.

Au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies

· Ajouter la situation des droits humains au Burkina Faso à l’agenda du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et établir une enquête indépendante internationale sur l’ensemble des violations et abus du droit international relatif aux droits humains et des atteintes au droit international humanitaire, ainsi que des crimes internationaux potentiellement commis au Burkina Faso, et de rendre compte de ce travail au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

· Faire un travail de suivi solide et de soumission régulière de rapports publics sur la situation des droits humains au Burkina Faso, et prendre des mesures afin de répondre au problème de l’impunité et de faire progresser l’obligation de rendre compte des abus sérieux qui ont été commis.

· Soutenir le gouvernement, les institutions de justice et les organes nationaux de défense des droits humains au moyen d’une assistance technique et d’un renforcement de leurs capacités afin de permettre une justice et une obligation de rendre des comptes pour les abus et crimes graves qui ont été commis, y compris ceux qui sont identifiés dans le présent rapport, conformément aux normes internationales relatives aux droits humains.

· Accroître la collaboration avec les groupes locaux de défense des droits humains et de la société civile, les chefs communautaires et les associations de victimes, et les soutenir au moyen de formations, de mesures de protection et d’un appui financier.

À l’Union européenne et aux États membres de l’UE

· Soutenir publiquement et étendre les efforts visant à placer la situation des droits humains au Burkina Faso à l’ordre du jour officiel du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

· Veiller à ce que la nouvelle approche de l’UE à l’égard du Sahel accorde la priorité au respect des droits humains et au droit international humanitaire, notamment à la protection des civils en danger, aux solutions de réparation à apporter aux victimes et à la promotion de la justice et de l’obligation de rendre des comptes dans toute la région.

· Recourir à un travail de diplomatie publique et à une participation de haut niveau aux forums bilatéraux, régionaux et internationaux afin de dénoncer les graves atteintes aux droits humains commises par l’ensemble des parties.

· Demander instamment aux autorités de protéger les civils lors des opérations de lutte contre l’insurrection et de veiller à ce que ces opérations soient menées dans le respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

· Exhorter les autorités burkinabè à enquêter de manière exhaustive, indépendante et impartiale sur les atteintes aux droits humains commises par toutes les parties, y compris sur celles qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, dans le but d’exiger des responsables qu’ils rendent compte de leurs actes.

· Proposer leur aide – politique, financière et technique – à des mécanismes indépendants de supervision et de responsabilité qui opéreraient conformément aux normes internationales, afin de s’assurer que les forces de sécurité agissent dans le respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

· Accroître le soutien accordé aux groupes indépendants de la société civile, aux défenseurs des droits humains, aux médias indépendants, aux établissements de recherche et aux autres acteurs qui travaillent sur le suivi, la présentation de documents et de rapports sur les atteintes aux droits humains et les questions liées à l’obligation de rendre des comptes.

· Appuyer la mise à disposition de services publics, notamment dans les domaines de la santé, de l’aide psychosociale, de l’éducation et de la justice.

· Recourir au régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme ou instaurer un régime de sanctions dédié pour adopter des mesures concernant les individus responsables de graves violations au droit international des droits de l’homme et au droit international humanitaire, y compris les individus identifiés dans le présent rapport en raison du rôle qu’ils ont joué dans des violations.

· Subordonner la reprise d’une coopération sécuritaire avec les forces militaires burkinabè par les États membres de l’UE à la présentation de preuves de l’amélioration du respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire de la part des forces de sécurité et des VDP, à l’adoption et à la mise en œuvre de mesures pour promouvoir le respect des droits lors des opérations de sécurité, à la réalisation de contrôles de sécurité appropriés des troupes, et à l’ouverture d’enquêtes sur le personnel de sécurité impliqué dans les abus et de poursuites judiciaires à leur encontre.

À tous les gouvernements

· Enquêter sur et, le cas échéant, poursuivre en justice de manière efficace les individus soupçonnés d’avoir commis de sérieux crimes internationaux au Burkina Faso en recourant au principe de compétence universelle, conformément aux législations nationales qui prévoient des normes internationales en matière de procès équitable.

· Recourir à un travail de diplomatie publique et privée avec le gouvernement du Burkina Faso pour exhorter les autorités à consentir au niveau national des efforts effectifs et équitables en matière d’obligation de rendre des comptes et à renoncer à toute mesure visant son retrait de la Cour pénale internationale.


 

Annexes

Annexe I : Chaîne de commandement militaire burkinabè dans les incidents signalés

1e région militaire (régions administratives du Nord et du Centre-Nord)

Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023

Deux mois avant les attaques, le 14 novembre 2022, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba a été nommé commandant de la 1e région militaire.[763] Selon certaines sources, Éric Constantin Tapsoba avait pris ses fonctions depuis au moins le 17 février 2023, date de l’attaque.[764] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait déjà le commandement début février. Le capitaine Amadou Sanou[765] lui-aussi avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022, avant l’attaque.[766] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023, bien que Human Rights Watch n’ait pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement début février 2023.[767]

Chaîne de commandement pour Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023

Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba était commandant de la 1e région militaire, ayant été nommé le 14 novembre 2022[768] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 18 février 2023.[769] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Amadou Sanou[770] avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[771] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[772] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement le 29 mars ou début avril 2023.

Chaîne de commandement pour Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023

Karma, région du Nord, 20 avril 2023

Au moment de l’attaque, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba était commandant de la 1e région militaire, ayant été nommé le 14 novembre 2022[773] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 18 février 2023.[774] L’attaque s’est produite après la nomination du capitaine Amadou Sanou[775] au poste de commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[776] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[777] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement le 20 avril 2023. L’attaque s’est produite après la nomination du capitaine Jean Ouiya au poste de commandant du BIR 3 le 14 novembre 2022.[778] Son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Karma, région du Nord, 20 avril 2023

Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023

Au moment des exécutions sommaires présumées, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba était commandant de la 1e région militaire, ayant été nommé le 14 novembre 2022[779] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 18 février 2023.[780] Les exécutions sommaires présumées se sont produites après la nomination du capitaine Amadou Sanou[781] au poste de commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[782] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[783] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il continuait d’assurer ce commandement le 20 avril 2023 lorsque les exécutions sommaires présumées se sont produites.

Chaîne de commandement pour Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023

Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba était commandant de la 1e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[784] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 18 février 2023.[785] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Amadou Sanou[786] avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[787] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[788] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il continuait d’assurer ce commandement le 25 février 2024, date des meurtres.

Chain of Command for Nondin and Soro, North Region, February 25, 2024

Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024

Au moment de l’attaque, le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba était commandant de la 1e région militaire, ayant été nommé le 14 novembre 2022[789] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 18 février 2023.[790] L’attaque s’est produite après que le capitaine Amadou Sanou[791] avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[792] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[793] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il continuait d'assurer ce commandement à la mi-2024.

Chaîne de commandement pour Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024

Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024

Les meurtres ont eu lieu après que le lieutenant-colonel Éric Constantin Tapsoba avait été remplacé au poste de commandant de la 1e région militaire par la nomination du lieutenant-colonel Hamado Bambara le 12 juin 2024. [794] Cependant, Hamado Bambara n’a assurer le commandement qu‘à partir du 25 juillet 2024.[795] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si Éric Constantin Tapsoba était toujours commandant le13 juillet 2024, date des meurtres. LCeux-ci ont eu lieu après que le capitaine Amadou Sanou[796] avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Nord le 14 novembre 2022.[797] Selon certaines sources, Amadou Sanou avait pris ses fonctions depuis au moins le 25 octobre 2023.[798] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il continuer d’assurer ce commandement le 13 juillet 2024, date des meurtres.

Chaîne de commandement pour Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024

2e région militaire (régions administratives des Cascades, du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins)

Man, région des Hauts-Bassins, février 2023

Human Rights Watch a passé en revue trois listes établies par les témoins avec les noms des dix victimes, tous des hommes, âgés de 23 à 70 ans. Ces meurtres se sont déroulés après que le commandant Lassané Porgo avait été nommé commandant de la 2e région militaire le 14 novembre 2022.[799] Lassané Porgo avait pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[800] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en février 2023. Ces meurtres se sont aussi déroulés après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[801] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Man, région des Hauts-Bassins, février 2023

Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023

Au moment des meurtres, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022.[802] Il avait pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[803] Les meurtres et meurtres présumés ont eu lieu après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[804] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023

Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023

Au moment des meurtres, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[805] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[806] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[807] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023

Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023

Au moment du massacre, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[808] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[809] Les meurtres et meurtres présumés se sont produits après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[810] Son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023

Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023

Au moment de l’attaque, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé le 14 novembre 2022[811] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[812] L’attaque et les meurtres se sont aussi déroulés après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[813] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023

Niangoloko, région des Cascades, Burkina Faso, 14 juin 2024

Au moment des meurtres, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[814] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[815] Les meurtres se sont produits après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[816] Son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Niangoloko, région des Cascades, Burkina Faso, 14 juin 2024

Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025

Au moment des meurtres et des meurtres présumés, le commandant Lassané Porgo était commandant de la 2e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[817] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 31 mai 2023.[818] Les meurtres et meurtres présumés ont eu lieu après que le capitaine Lokpala Kambou avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Ouest le 14 novembre 2022.[819] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025

3e région militaire (régions administratives du Centre-Sud, du Centre-Ouest et du Plateau Central)

Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023

Ces meurtres se sont déroulés après la nomination du lieutenant-colonel Abdoul Rachid Sawadogo au poste de commandant le 14 novembre 2022.[820] Selon certaines sources, Abdoul Rachid Sawadogo avait pris ses fonctions depuis au moins le 27 juin 2023.[821] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en février 2023. Les meurtres se sont aussi déroulés après que le commandant K. Ibrahim Bouda avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Centre le 14 novembre 2022.[822] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023

Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023

L’enlèvement et la torture se sont déroulés après la nomination du lieutenant-colonel Abdoul Rachid Sawadogo au poste de commandant le 14 novembre 2022.[823] Selon certaines sources, Abdoul Rachid Sawadogo avait pris ses fonctions depuis au moins le 27 juin 2023.[824] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement en avril 2023. L’enlèvement et la torture se sont déroulés après que le commandant K. Ibrahim Bouda avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Centre le 14 novembre 2022.[825] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023

4e région militaire (région administrative du Sahel)

Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023

Les meurtres ont eu lieu après la nomination du lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga au poste de commandant de la 4e région militaire le 14 novembre 2022.[826] Selon certaines sources, Bapio Narcisse Bassinga avait pris ses fonctions depuis au moins le 20 juin 2023,[827] mais Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en janvier 2023. Les meurtres se sont aussi déroulés après la nomination du capitaine Abdoulaye Toula au poste de commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022.[828] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023

Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023

Les arrestations et la découverte des corps ont eu lieu après la nomination du lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga au poste de commandant de la 4e région militaire le 14 novembre 2022.[829] Selon certaines sources, Bapio Narcisse Bassinga avait pris ses fonctions depuis au moins le 20 juin 2023.[830] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en février 2023. Les arrestations et la découverte des corps ont aussi eu lieu après que le capitaine Abdoulaye Toula avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022.[831] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023

Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga était commandant de la 4e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[832] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 20 juin 2023.[833] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Abdoulaye Toula avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022.[834] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023

Opération Tchéfari 2, 11-14 décembre 2023

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga était commandant de la 4e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[835] et ayant pris ses fonctions au plus tard le 20 juin 2023.[836] Le capitaine Abdoulaye Toula a été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022, mais au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.[837] Les meurtres ont eu lieu après la nomination du capitaine K. Farouk Azaria. T Sorgho (également appelé Farouk Azaria Sorgho) au poste de commandant du BIR 4 le 14 novembre 2022[838] et sa prise de fonctions depuis au moins le 27 novembre 2024.[839] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement des 11 au 14 décembre 2023. Les meurtres ont eu lieu après que les capitaines N. Justin Yameogo et le Oumarou Dima avaient été respectivement nommés commandants des BIR 5 et 6 le 14 novembre 2022.[840] Leurs parcours professionnels à partir de cette date ne sont pas connus.

Chaîne de commandement pour Opération Tchéfari 2, 11-14 décembre 2023

Convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga était commandant de la 4e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[841] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 20 juin 2023.[842] Au moment du retour du convoi, le commandant Amadou Sanou était commandant de la 4e région militaire, ayant pris ses fonctions le 28 février 2025.[843] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Abdoulaye Toula avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022,[844] mais au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu. Les meurtres ont eu lieu après la nomination des capitaines Wendlassida Karol Nana et Azisse Ramdé le 30 juin 2023 aux postes de commandants des BIR 9 et 8, respectivement.[845] Leurs parcours professionnels à partir de cette date ne sont pas connus.

Chaîne de commandement pour Convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025

Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Bapio Narcisse Bassinga était commandant de la 4e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[846] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 20 juin 2023.[847] Les meurtres ont eu lieu après que le capitaine Abdoulaye Toula avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation du Sahel le 14 novembre 2022,[848] mais au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu. Au moment des meurtres, le BIR 10 était placé sous les ordres du GIR 2. [849] Le capitaine Abdoul Aziz Ouattara était commandant du GIR 2 au moment des meurtres, ayant été nommé à ce poste le 19 janvier 2024[850] et ayant pris ses fonctions depuis au moins janvier 2025.[851] Au moment des meurtres, le capitaine Wendpanga David Ouédraogo commandait le BIR 10, ayant été nommé commandant le 30 juin 2023[852] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 8 février 2025.[853]

Chaîne de commandement pour Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025

5e région militaire (région administrative de la Boucle du Mouhoun)

Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma) était commandant de la 5e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[854] et ayant pris ses fonctions depuis au moins avril 2023.[855] Les meurtres ont aussi eu lieu aux alentours du moment où le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly était nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 20 juin 2023.[856] Selon certaines sources, Sosthène Idrissa Coulibaly avait pris ses fonctions depuis au moins le 18 janvier 2025.[857] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement à la date des meurtres en juin 2023. Il est ensuite devenu commandant de la 5e région militaire le 3 avril 2025.[858]

Chaîne de commandement pour Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023

Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023

Le BIR 10 aurait également opéré à Koumana et dans plusieurs autres villages du département de Bondukui le 30 décembre 2023.[859] Les meurtres ont eu lieu après la nomination du capitaine Wendpanga David Ouédraogo au poste de commandant du BIR 10 le 30 juin 2023.[860] Selon certaines sources, il occupait ce poste depuis au moins le 8 février 2025.[861] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement le 23 novembre, 2023. La région de la Boucle du Mouhoun, où se sont produits less meurtres de Koumana, relève de la 5e région militaire[862] et du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun.[863] Au moment de l’attaque et des meurtres, le lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma) était commandant de la 5e Région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[864] et ayant pris ses fonctions au plus tard en avril 2023.[865] L’attaque et les meurtres se sont produits également après que le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 20 juin 2023.[866] Selon certaines sources, Sosthène Idrissa Coulibaly avait pris ses fonctions depuis au moins le 18 janvier 2025.[867] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement fin novembre 2023.

Chaîne de commandement pour Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023

Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024

Au moment des meurtres, le lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma) était commandant de la 5e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[868] et ayant pris ses fonctions depuis au moins avril 2023.[869] Les meurtres ont également eu lieu après que le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 20 juin 2023.[870] Selon certaines sources, Sosthène Idrissa Coulibaly avait pris ses fonctions depuis au moins le 18 janvier 2025.[871] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait le commandement en janvier 2024 lorsque l’attaque et les meurtres ont eu lieu.

Chaîne de commandement pour Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024

Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024

Au moment des meurtres présumés, le lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma) était commandant de la 5e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022[872] et ayant pris ses fonctions depuis au moins avril 2023.[873] Les meurtres se sont également produits après que le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 20 juin 2023.[874] Selon certaines sources, Sosthène Idrissa Coulibaly avait pris ses fonctions depuis au moins le 18 janvier 2025.[875] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en janvier 2024 lorsque l’attaque et les meurtres ont eu lieu.

Chaîne de commandement pour Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024

Opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025

Le capitaine Abdoul Aziz Ouattara était commandant du GIR 2 durant la période pendant laquelle au moins une partie des meurtres ont été perpétrés, ayant été nommé commandant le 19 janvier 2024,[876] ayant pris ses fonctions depuis au moins janvier 2025,[877] et ayant dernièrement été vu occupant ce poste le 10 mars 2025.[878] Au moment des meurtres, le capitaine Wendpanga David Ouédraogo était commandant du BIR 10, ayant été nommé au poste le 30 juin 2023[879] et ayant pris ses fonctions depuis au moins le 8 février 2025.[880] Au moment des meurtres, le capitaine Papa Parfait Kambou était commandant du BIR 18 à l’issue d’une cérémonie de prise de fonction le 8 janvier 2025.[881] Le capitaine Teegwendé Laurent Zallé a été nommé commandant du BIR 23 le 19 janvier 2024[882] et avait pris ses fonctions depuis au moins le 30 janvier 2025.[883] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait toujours ce commandement au moment des meurtres entre le 27 février et le 2 avril 2025.

Au moment de l’attaque et des meurtres, le lieutenant-colonel Jean Marie Syriouma (également orthographié Jean Marie Siryouma) était commandant de la 5e région militaire, ayant été nommé à ce poste le 14 novembre 2022.[884] Il avait pris ses fonctions depuis au moins avril 2023.[885] Les meurtres se sont aussi produits après que le commandant Sosthène Idrissa Coulibaly avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de la Boucle du Mouhoun le 20 juin 2023.[886] Selon certaines sources, Sosthène Idrissa Coulibaly avait pris ses fonctions depuis au moins le 18 janvier 2025.[887] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il tenait toujours ce rôle au moment des meurtres entre le 27 février et le 2 avril 2025.

Chaîne de commandement pour Opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025

6e région militaire (régions administratives du Centre-Est et de l’Est)

Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023

Les meurtres ont eu lieu après la nomination du lieutenant-colonel Éric D. Some Dabiré au poste de commandant de la 6e région militaire le 14 novembre 2022.[888] Selon certaines sources, il avait pris ses fonctions depuis au moins le 22 juin 2023.[889] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en février 2023. Les meurtres se sont déroulés également après que le capitaine Maurice Ouédraogo avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Est le 14 novembre 2022.[890] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait toujours ce commandement au moment des meurtres.

Chaîne de commandement pour Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023

Békouré, région du Centre-Est, février 2023

Les meurtres ont eu lieu après la nomination du lieutenant-colonel Éric D. Some Dabiré au poste de commandant de la 6e région militaire le 14 novembre 2022.[891] Éric D. Some Dabiré avait pris ses fonctions depuis au moins le 22 juin 2023.[892] Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer s’il assurait ce commandement en février 2023. Les meurtres se sont déroulés également après que le capitaine Maurice Ouédraogo avait été nommé commandant du Groupement des Forces pour la Sécurisation de l’Est le 14 novembre 2022.[893] Au moment de la rédaction des présentes, son parcours professionnel à partir de cette date n’est pas connu.

Chaîne de commandement pour Békouré, région du Centre-Est, février 2023  

Annexe II : Analyse de sources primaires assistée par logiciel

Cette annexe présente la méthodologie employée par Human Rights Watch pour développer un logiciel qui a permis d’extraire et d’analyser 36 243 séquences de reportages télévisés publiées sur la chaîne YouTube de la RTB et 2 476 publications issues de la plateforme ChirpWire. La période de collecte de ces données s’est étendue du 15 septembre 2021 au 23 avril 2025. Le logiciel a généré une base de données consultable constituée de lieux, d’unités militaires, de dates et, parfois, d’individus impliqués, ce qui a permis aux chercheurs de corroborer des témoignages, de confirmer l’implication d’acteurs clés dans les atrocités et d’appuyer un effort plus global de cartographier la chaîne de commandement des parties belligérantes.

Extraction de contenu

Le logiciel a d’abord extrait toutes les vidéos et publications disponibles sur ces deux plateformes, avant de convertir chacune d’entre elles en un cliché instantané textuel. S’agissant des reportages de la RTB, cela comprenait le titre de la vidéo, sa description, sa date de publication et une transcription de la vidéo grâce à la reconnaissance automatique de la parole. Quant aux publications sur ChirpWire, cela comprenait le texte de la publication, la date de publication, tout texte extrait des images par reconnaissance optique de caractères (ROC) et des transcriptions par reconnaissance automatique de la parole pour les vidéos integrees. À l’aide de ce cliché instantané textuel, le logiciel a pu filtrer les publications dont le texte faisait mention d’activités armées et de chaîne de commandement.

Pour chaque publication pertinente, un grand modèle de langage (Large Language Model, LLM) a ensuite généré les principales informations pertinentes pour la recherche de Human Rights Watch. Parmi les informations clés figuraient des références aux opérations militaires, dont les positions des unités militaires ou leur implication dans des attaques spécifiques, ainsi que des références à la chaîne de commandement militaire, notamment les noms, grades et rôles de membres de l’armée.


Interface graphique (Graphical User Interface, GUI) de base de données

Les publications pertinentes, ainsi que leur cliché instantané textuel et les informations clés qui y étaient associées, ont ensuite été enregistrées dans une base de données. Pour en faciliter l’analyse, Human Rights Watch a mis au point une interface graphique (Graphical User Interface, GUI) d’accompagnement permettant aux utilisateurs de rechercher des mots clés et de filtrer les résultats en fonction de dates, de lieux, de branches militaires, d’unités militaires et des noms des officiers militaires. Les chercheurs ont utilisé ces fonctions pour recouper les témoignages—par exemple, en utilisant les filtres « date » et « lieu » pour retrouver le signalement d’une attaque—et reconstituer les éléments manquants de la chaîne de commandement militaire, par exemple pour identifier les grades ou les nouveaux déploiements de certains officiers.

Impacts du rapport

Sachant que le logiciel a extrait, transcrit, filtré et analysé près de 40 000 publications à partir des sources cibles, les chercheurs ont pu saiser et recouper des informations essentielles sur les activités des auteurs des crimes sur une échelle qu’il aurait autrement été impossible de couvrir. En outre, la collecte de données a permis aux chercheurs de tirer systématiquement des informations provenant de sources de l’État et du GSIM, d’où une couverture plus complète et plus équilibrée du conflit.

Ainsi, la base de données a servi à identifier la chaîne de commandement de l’opération militaire Tchéfari 2, menée en décembre 2023 dans la région administrative du Sahel (voir le chapitre pertinent ci-dessus). Le logiciel a mis en évidence un reportage couvrant cette opération qui indiquait, entre autres, les noms des unités militaires, les rangs des officiers militaires et les lieux de l’opération.[894] Grâce à l‘interface graphique, les chercheurs ont pu effectuer une recherche par date et par lieu afin de localiser la vidéo, d’extraire les informations sur les unités militaires impliquées et de recouper les témoignages.

 
 

Remerciements

Ce rapport a été documenté et rédigé par Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior auprès de la Division Afrique et par Jean Baptiste Gallopin, conseiller principal auprès de la division Crises, conflits et armes. Le rapport a été édité par Lewis Mudge, directeur adjoint au sein de la division Afrique et Anagha Neelakantan, éditrice senior auprès de la division Crises, conflits et armes.

La recherche et l’analyse géospatiale en open source, ainsi que la rédaction et les graphiques découlant de l’analyse géospatiale pour le rapport, ont été réalisés par la division Technologies, droits humains et enquêtes de Human Rights Watch. Léo Martine, analyste géospatial senior auprès de la division Technologies, droits humains et enquêtes et Carolina Jordá Álvarez, conseillère géospatiale senior auprès de la division Technologies, droits humains et enquêtes, ont effectué les recherches en sources ouvertes et analysé des images satellites. Tony Wilson, fondateur et directeur de l’organisation Security Force Monitor, a effectué et rédigé l'analyse sur la chaîne de commandement. Gaby Ivens, directrice de recherches en sources ouvertes auprès du Laboratoire d'enquêtes numériques, a également réalisé des recherches en sources ouvertes et rédigé des parties de l'analyse concernant la chaîne de commandement. Damir Khairat, spécialiste en technologies de recherche auprès de la division Technologies, droits humains et enquêtes, a étendu la recherche en sources ouvertes sur la chaîne de commandement et a coordonné la visualisation de données. Brian Root, conseiller senior, auprès de la division Technologies, droits humains et enquêtes, et Sophia Jones, chercheuse en sources ouvertes, ont effectué des recherches en sources ouvertes.

Ilaria Allegrozzi, Lewis Mudge, Jean-Baptiste Gallopin, Anagha Neelakantan, et Ida Sawyer, directrice de la division Crises, conflits et armes, ont édité le rapport. James Ross, directeur des affaires juridiques et politiques, a assuré la révision juridique. Tom Porteus, ex-directeur adjoint, auprès de la division Programmes, a assuré la révision programmatique.

Le rapport a également été revu par Sam Dubberley, directeur de la division Technologies, droits humains et enquêtes; Juliana Nnoko, chercheuse senior auprès de la division Droits des femmes; Zama Neff, directrice de la division Droits des enfants; Lauren Seibert, chercheuse senior, auprès de la division Droits des réfugiés et migrants; Elizabeth Evenson, directrice du programme Justice internationale; Tamara Abduramadan, conseillère juridique auprès du programme Justice internationale; Allan Ngari, directeur du plaidoyer auprès de la division Afrique; Philippe Dam, directeur du plaidoyer auprès de l'UE; Bénédicte Jeannerod, directrice France; Mark Hiznay, conseilleur senior auprès de la division Crises, conflits et armes; Louis Charbonneau, directeur du plaidoyer auprès de l'ONU; Lucy McKernan, directrice adjointe du plaidoyer auprès des Nations Unies et Nicole Widdersheim, directrice adjointe du bureau de Washington. Kathleen Rose, rédactrice en chef, ont fourni des conseils sur le contenu du rapport.

Carine Kaneza Nantulya, conseillère en planification stratégique, a fourni des conseils sur la stratégie de plaidoyer. Mbong Fokwa Tsafack, directrice adjointe communication, et Léa Pernot, chargée de communication, ont fourni des conseils sur la stratégie de communication.

Anna Bruckner, coordinatrice senior auprès de la division Afrique, a fourni un soutien en matière de recherche, rédaction, coordination et traduction. Anna Bruckner et Eunice Njagi, coordinatrice auprès de la division Afrique, ont aidé à la relecture et à la mise en forme du rapport.

Travis Carr, responsable des publications, a préparé le rapport pour la publication. Catherine Dauvergne-Newman et Sarah Leblois ont traduit le rapport en français. Peter Huvos, Ilaria Allegrozzi, Anna Bruckner, Jean Baptiste Gallopin et Bénédicte Jeannerod ont vérifié la traduction.

Casey McCracken, producteur principal, Andrés Brenner, producteur, Christina Curtis, directrice adjointe du multimédia, et Ifé Fatunase, directrice du multimédia, ont réalisé et produit la vidéo pour le rapport.

La visualisation des données a été conçue et produite par Damir Khairat, Matteo Bettini, consultant, Travis Carr et Christina Rutherford, responsable principale du web.

Vincent Pearce, conseiller en sécurité opérationnelle, a fourni un soutien en matière de sécurité lors de voyages de recherche.

Human Rights Watch souhaite remercier Héni Nsaibia, analyste senior pour l’Afrique de l’Ouest auprès d’ACLED; Wassim Nasr, journaliste à France 24 et chercheur senior auprès du Soufan Center ; Binta Sidibé-Gascon, présidente de l’Observatoire Kisal; Corinne Dufka, consultante ; Abdoulaye Dicko, journaliste à RFI (Fulfulde and Mandenkan); et Ahmed Newton Barry, journaliste et défenseur des droits humains, ex-président de la commission électorale indépendante du Burkina Faso. Human Rights Watch souhaite également remercier ACLED pour sa collaboration qui a contribué à éclairer la situation de violence politique dans la région.

Ce rapport n'aurait pas été possible sans les contributions cruciales de personnes dont les noms doivent être gardés confidentiels pour des raisons de sécurité. Des responsables gouvernementaux, des travailleurs humanitaires, des activistes de la société civile, des leaders communautaires, des journalistes et des diplomates ont fait preuve de générosité en partageant leur temps et leurs perspectives.

Les nombreux témoins et victimes qui ont partagé leurs histoires, ainsi que les organisations et individus qui nous les ont présentés, prenant toutes et tous de grands risques personnels, ont rendu ce rapport possible. Qu’ils et elles en soient remerciés.


 

[1] UN Action Against Sexual Violence in Conflict, « Matrix: Early-Warning Indicators of Conflict-Related Sexual Violence », mars 2022, https://www.stoprapenow.org/wp-content/uploads/2022/03/Matrix-Early-Warning-Indicators-of-CRSV-Online-Version.pdf (consulté le 2 décembre 2025).

[2] Lettre de Human Rights Watch à Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, 22 décembre 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Lettre%20de%20HRW%20au%20Ministre%20de%20la%20Justice%20Burkinabe%20-%2022%20decembre%202025.pdf. Lettre de Human Rights Watch à Célestin Simporé, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, ministère de la Défense et des Anciens Combattants du Burkina Faso, 22 décembre 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Lettre%20de%20HRW%20au%20Ministre%20de%20la%20Defense%20Burkinabe%20-%2022%20decembre%202025.pdf.

[3] Lettre de Human Rights Watch au Comité chariatique du GSIM, 16 janvier 2026, en anglais, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/HRW%20letter%20to%20JNIM%20-%20January%2016%2C%202026.pdf.

[4] Lettre d’Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, à Tirana Hassan, directrice exécutive, Human Rights Watch, 28 avril 2025, transmis à Human Rights Watch par Kassoum Coulibaly, ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis, le 19 mai 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Reponse%20du%20gouvernement%20Burkinabe%20-%2019%20mai%202025.pdf.

[5] Conseil des ministres du 2 juillet 2025, Présidence du Faso, 2 juillet 2025, https://www.presidencedufaso.bf/conseil-des-ministres-du-2-juillet-2025/ (consulté le 29 janvier 2026).

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] Benjamin Roger, « Au Burkina Faso, avec les ministères de la guerre, des serviteurs du peuple et de la construction de la patrie, Ibrahim Traoré poursuit sa “révolution” », Le Monde, 13 janvier 2026, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/01/13/au-burkina-faso-avec-les-ministeres-de-la-guerre-des-serviteurs-du-peuple-et-de-la-construction-de-la-patrie-ibrahim-traore-poursuit-sa-revolution_6662052_3212.html (consulté le 16 février 2026).

[9] Human Rights Watch, « Le jour, nous avons peur de l’armée, et la nuit des djihadistes » : Abus commis par des islamistes armés et par des membres des forces de sécurité au Burkina Faso (New York : Human Rights Watch, 2018) https://www.hrw.org/fr/report/2018/05/21/le-jour-nous-avons-peur-de-larmee-et-la-nuit-des-djihadistes/abus-commis-par-des.

[10] International Crisis Group, « Burkina Faso : sortir de la spirale des violences », Africa Report n°287, 24 février 2020, https://www.crisisgroup.org/fr/rpt/africa/burkina-faso/287-burkina-faso-sortir-de-la-spirale-des-violences (consulté le 2 mai 2025).

[11] Center for Preventive Action, Council on Foreign Relations, « Violent Extremism in the Sahel », mis à jour le 4 septembre 2025, https://www.cfr.org/global-conflict-tracker/conflict/violent-extremism-sahel (consulté le 29 janvier 2026).

[12] Concernant la présence du GSIM, voir « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué de presse de Human Rights Watch, 18 septembre 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/09/18/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-terrorisent-les-civils. Concernant la présence de l’EIS, voir Guillaume Soto-Mayor et Boubacar Ba, CRTG Working Group, « Generational Warfare in the Sahel: The Khilafa Cubs and the Dynamics of Violent Insurgency within the Islamic State Province », novembre 2023, https://sahelresearch.africa.ufl.edu/wp-content/uploads/sites/170/The-Khilafa-Cubs_Sahel.pdf (consulté le 2 mai 2025).

[13] Banque mondiale, Burkina Faso, https://www.banquemondiale.org/ext/fr/country/burkinafaso (consulté le 29 janvier 2026).

[14] UNICEF, « Burkina Faso Humanitarian Situation Report No. 10 - 1 January-31 December 2024 », 22 février 2025, https://reliefweb.int/report/burkina-faso/unicef-burkina-faso-humanitarian-situation-report-no-10-1-january-31-december-2024 (consulté le 5 septembre 2025).

[15] HCR, Refugee Data Finder, https://www.unhcr.org/refugee-statistics/download (consulté le 3 décembre 2025).

[16] « Burkina Faso : Le coup d’État est une menace pour les droits humains », communiqué de presse de Human Rights Watch, 27 janvier 2022, https://www.hrw.org/fr/news/2022/01/27/burkina-faso-le-coup-detat-est-une-menace-pour-les-droits-humains.

[17] « L’insécurité, facteur déterminant du putsch de Ouagadougou », Q&A d’International Crisis Group, 28 janvier 2022, https://www.crisisgroup.org/fr/qna/africa/burkina-faso/linsecurite-facteur-determinant-du-putsch-de-ouagadougou (consulté le 29 juillet 2025).

[18] « Burkina Faso coup leader Damiba sworn in as president », Reuters, 17 février 2022, https://www.reuters.com/world/africa/burkina-faso-coup-leader-damiba-sworn-president-2022-02-16/ (consulté le 11 août 2025).

[19] « Burkina Faso: Coup Raises Serious Rights Concerns », communiqué de presse de Human Rights Watch, 30 septembre 2022, https://www.hrw.org/breaking-news/2022/09/30/burkina-faso-coup-raises-serious-rights-concerns.

[20] Mensah, « Togo-Burkina : Damiba, exilé au Togo, souhaite retourner au bercail », Koaci, 13 juin 2023, https://www.koaci.com/article/2023/06/13/togo/politique/togo-burkina-damiba-exile-au-togo-souhaite-retourner-au-bercail_170044.html (consulté le 27 janvier 2026). « Togo expels ex-Burkina Faso leader after coup plot claim, sources say », Reuters, 20 janvier 2026, https://www.reuters.com/world/africa/togo-expels-ex-burkina-faso-leader-after-coup-plot-claim-sources-say-2026-01-20/ (consulté le 27 janvier 2026).

[21] “Burkina Faso: les conditions de détention de Paul-Henri Damiba inquiètent ses proches,” RFI, March 12, 2026, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260312-burkina-faso-les-conditions-de-d%C3%A9tention-de-paul-henri-damiba-inqui%C3%A8tent-ses-proches?utm_slink=go.rfi.fr%2FxDy&utm_term=RFI&utm_campaign=twitter&utm_source=nonli&utm_medium=social (accessed March 12, 2026).

[22] « Qui est le capitaine Ibrahim Traoré, le plus jeune chef d’État au monde ? », VOA Afrique, 6 octobre 2022, https://www.voaafrique.com/a/burkina-ibrahim-traor%C3%A9-nouveau-putschiste-et-plus-jeune-chef-d-etat-au-monde/6778263.html (consulté le 5 septembre 2025).

[23] « Burkina Faso: Ibrahim Traoré proclaimed President, Damiba ousted », The Africa Report, 1er octobre 2022, https://www.theafricareport.com/245959/burkina-faso-ibrahim-traore-proclaimed-president-damiba-ousted/ (consulté le 29 juillet 2025).

[24] “Clôture des assises nationales : la Charte de la Transition signée, le Capitaine Ibrahim TRAORE Président du Faso,” Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso, October 14, 2022, https://www.sig.gov.bf/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=1333&cHash=c9ed1ec571f93c182b4525910caf0f1a (consulté le 6 mars 2026).

[25] « Au Burkina Faso, la charte de la transition adoptée, Damiba au pouvoir pour trois ans », TV5MONDE, 1er mars 2022, https://information.tv5monde.com/afrique/au-burkina-faso-la-charte-de-la-transition-adoptee-damiba-au-pouvoir-pour-trois-ans-130797 (consulté le 11 août 2025).

 

[26] « Burkina Faso: Elections not a ’priority,’ junta leader says », DW, 30 septembre 2023, https://www.dw.com/en/burkina-faso-elections-not-a-priority-junta-leader-says/a-66967872 (consulté le 11 août 2025). « Burkina Faso extends military regime by five years after national consultations », France 24, 25 mai 2024, https://www.france24.com/en/africa/20240525-burkina-faso-s-military-rule-extended-for-five-years (consulté le 29 juillet 2025).

[27] Nadia Colombe Gbane, « Burkina Faso: ‘elections not a priority compared to security,’ says military leader », Africanews, 13 août 2024, https://www.africanews.com/2023/09/30/burkina-faso-elections-not-a-priority-compared-to-security-says-military-leader/ (consulté le 2 mai 2025).

[28] « Burkina Faso extends military rule by five years », Al Jazeera, 26 mai 2024, https://www.aljazeera.com/news/2024/5/26/burkina-faso-extends-military-rule-by-five-years (consulté le 2 mai 2025).

[29] Samuel Benshimon, « Burkina Faso : Proclamation officielle de la Révolution progressiste populaire », Sahel Intelligence, 2 avril 2025, https://sahel-intelligence.com/37602-burkina-faso-proclamation-officielle-de-la-revolution-progressiste-populaire.html (consulté le 4 février 2026).

[30] Chris Ewokor et Damian Zane, « Burkina Faso military rulers scrap electoral commission, taking control of future polls », BBC, 17 juillet 2025, https://www.bbc.com/news/articles/clyzj2k2pmvo (consulté le 29 juillet 2025).

[31] « ‘General mobilisation’ declared in Burkina Faso after series of terrorist attacks », France 24, 14 avril 2023, https://www.france24.com/en/africa/20230413-general-mobilisation-declared-in-burkina-faso-after-series-of-jihadist-attacks (consulté le 29 juillet 2025). « Burkina Faso : La loi d’urgence cible les dissidents », communiqué de presse de Human Rights Watch, 8 novembre 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/11/08/burkina-faso-la-loi-durgence-cible-les-dissidents. Ilaria Allegrozzi, « Un éminent activiste burkinabè aurait subi une disparition forcée », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 19 mars 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/03/19/un-eminent-activiste-burkinabe-aurait-subi-une-disparition-forcee.

[32] Décret n° 2023-0475/PRES-TRANS/PM/MDAC/MATDS/MJDHRI portant mobilisation générale et mise en garde, https://lefaso.net/IMG/pdf/decret_sur_la_mobilisation_generale-1.pdf (consulté le 13 mars 2026).

[33] Ilaria Allegrozzi, « Des journalistes burkinabè précédemment “disparus” auraient été illégalement conscrits », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 7 avril 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/04/07/des-journalistes-burkinabe-precedemment-disparus-auraient-ete-illegalement. Ilaria Allegrozzi, « Un éminent activiste burkinabè aurait subi une disparition forcée », commentaire, point de vue de Human Rights Watch. « Burkina Faso : La conscription est utilisée pour punir des procureurs et des juges », communiqué de presse de Human Rights Watch, 21 août 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/08/21/burkina-faso-la-conscription-est-utilisee-pour-punir-des-procureurs-et-des-juges. « Burkina Faso : Possible disparition forcée d’un journaliste et de détracteurs de la junte », communiqué de presse de Human Rights Watch, 10 juillet 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/07/10/burkina-faso-possible-disparition-forcee-dun-journaliste-et-de-detracteurs-de-la. « Burkina Faso : Des magistrats auraient subi des disparitions forcées », communiqué de presse de Human Rights Watch, 22 octobre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/10/22/burkina-faso-des-magistrats-auraient-subi-des-disparitions-forcees.

[34] « Burkina Faso : libération de deux journalistes et un militant des droits de l’Homme », RFI, 19 juillet 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250718-burkina-faso-lib%C3%A9ration-de-deux-journalistes-et-un-militant-des-droits-de-l-homme (consulté le 29 juillet 2025). « Burkina Faso : libération de plusieurs journalistes arrêtés et détenus depuis plusieurs mois », RFI, 24 juillet 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250724-burkina-faso-lib%C3%A9ration-de-plusieurs-journalistes-arr%C3%AAt%C3%A9s-et-d%C3%A9tenus-depuis-plusieurs-mois (consulté le 30 janvier 2026). « Burkina Faso : l’avocat et homme politique Hermann Yaméogo a été “enlevé”, affirment ses proches », RFI, 27 juillet 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250727-burkina-faso-l-avocat-et-homme-politique-hermann-yam%C3%A9ogo-a-%C3%A9t%C3%A9-enlev%C3%A9-affirment-ses-proches (consulté le 5 septembre 2025). Ilaria Allegrozzi, « Deux activistes burkinabè ayant été enrôlés illégalement dans l’armée ont été libérés », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 10 octobre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/10/10/deux-activistes-burkinabe-ayant-ete-enroles-illegalement-dans-larmee-ont-ete. « Burkina Faso : Des magistrats auraient subi des disparitions forcées », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[35] « Burkina Faso declares UN coordinator persona non grata », Reuters, 18 août 2025, https://www.reuters.com/world/africa/burkina-faso-declares-un-coordinator-persona-non-grata-2025-08-18/ (consulté le 4 septembre 2025). Pour le rapport de l’ONU, voir Conseil de sécurité des Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé au Burkina Faso, S/2025/101, 19 mars 2025, https://docs.un.org/fr/S/2025/101 (consulté le 4 septembre 2025).

[36] Sam Mednick, « Burkina Faso expels top UN official in West African country », AP News, 23 décembre 2022, https://apnews.com/article/violence-united-nations-burkina-faso-f4dc3bd50b16bd49c74d95472d5ec5f6 (consulté le 3 septembre 2025).

[37] Ilaria Allegrozzi, « La junte burkinabè rétablit la peine de mort », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 8 décembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/08/la-junte-burkinabe-retablit-la-peine-de-mort.

[38] « Burkina Faso : L’abolition de la peine de mort, une victoire de haute lutte », communiqué de presse d’Amnesty International, 1er juin 2018, https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/06/burkina-faso-abolition-of-death-penalty-a-hardwon-victory/ (consulté le 9 décembre 2025).

[39] Ilaria Allegrozzi, “Burkina Faso’s Junta Pulls the Plug on Political Life”, commentaire, Human Rights Watch.

[40] Conseil des ministres du 29 janvier 2026, Présidence du Faso, 29 janvier 2026, https://www.presidencedufaso.bf/conseil-des-ministres-du-29-janvier-2026-2/ (consulté le 4 février 2026).

[41] Farouk Chothia, « Why Burkina Faso’s junta leader has captured hearts and minds around the world », BBC, 11 mai 2025, https://www.bbc.com/news/articles/c1egely9v3go (consulté le 29 juillet 2025).

[42] Ilaria Allegrozzi, « Des journalistes burkinabè précédemment “disparus” auraient été illégalement conscrits », commentaire, point de vue de Human Rights Watch. « Burkina Faso : Possible disparition forcée d’un journaliste et de détracteurs de la junte », communiqué de presse de Human Rights Watch. RSF, Burkina Faso, https://rsf.org/fr/pays-burkina-faso (consulté le 6 octobre 2025). Kate Hairsine, « Why Burkina Faso is muzzling foreign media », DW, 29 avril 2024, https://www.dw.com/en/why-burkina-faso-is-muzzling-foreign-media/a-68952181 (consulté le 6 octobre 2025).

[43] Quang Pham, « Hundreds of deepfake music videos are celebrating the president of Burkina Faso… why? », The Observers, France 24, 30 mai 2025, https://observers.france24.com/en/africa/20250530-deepfake-music-videos-burkina-faso-ibrahim-traore-beyonce (consulté le 11 septembre 2025). Voir aussi « Burkina Faso : révélations sur la propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traoré, » Jeune Afrique, 19 février 2026, https://www.jeuneafrique.com/1767257/politique/burkina-faso-revelations-sur-la-propagande-numerique-dactivistes-pro-ibrahim-traore/ (consulté le 22 février 2026).

[44] Selon une investigation menée par Jeune Afrique en janvier 2026, Kassoum Traoré – frère cadet du président Ibrahim Traoré et proche des partisans de la junte connus sous le nom de Wayiyans – occupe une fonction non officielle au sein du gouvernement visant à promouvoir une image positive du président. « Avec l’appui du BIR-C (Bataillon d’intervention rapide de la communication), il anime des campagnes d’influence diffusées par une toile de faux comptes sur les réseaux sociaux qui transfigurent son frère en héros de la Révolution progressiste populaire grâce à des montages et des vidéos réalisés par l’intelligence artificielle (IA). » Matteo Maillard, « Sécurité, propagande et business : au Burkina Faso, comment Ibrahim Traoré gère les affaires d’État en famille », Jeune Afrique, 25 janvier 2026, https://www.jeuneafrique.com/1758659/politique/securite-propagande-et-business-au-burkina-faso-ibrahim-traore-gere-les-affaires-detat-en-famille/ (consulté le 27 janvier 2026).

[45] Pour plus d’informations sur l’attaque de Titao, voir « Burkina Faso: Islamist Armed Group Commits New Atrocities, » communiqué de presse de Human Rights Watch, 12 mars 2026, https://www.hrw.org/news/2026/03/12/burkina-faso-islamist-armed-group-commits-new-atrocities.

[46] “Burkina Faso : révélations sur la propagande numérique d’activistes pro-Ibrahim Traoré,” Jeune Afrique.

[47] David Ehl et Monir Ghaedi, « Russian propaganda: How Moscow uses disinformation in Africa », DW, 3 février 2025, https://www.dw.com/en/how-russias-propaganda-machine-sows-disinformation-in-africa/a-71453082 (consulté le 29 juillet 2025). Torianna Eckles, « The Consequences of Russian Disinformation: Examples in Burkina Faso », publication sur Africa Up Close, Wilson Center (blog), 22 janvier 2024, https://www.wilsoncenter.org/blog-post/consequences-russian-disinformation-examples-burkina-faso (consulté le 29 juillet 2025). Cela fait partie d’un effort plus vaste de la Russie pour soutenir les juntes militaires dans le Sahel, notamment par la fourniture de matériel militaire et de formation. Georges Ibrahim Tounkara, « La propagande russe au Burkina : mode de fonctionnement », DW, 6 septembre 2025, https://www.dw.com/fr/propagande-russe-afrique-wagner-russie-burkina-sahel/a-73538457 (consulté le 9 septembre 2025).

[48] James Courtright, Megatrends Afrika, Stiftung Wissenschaft und Politik, « Fulani Responses to Pastoralist Crisis and Mass Violence », février 2025, https://www.swp-berlin.org/assets/afrika/publications/policybrief/MTA-PB32_Courtright_vers3.pdf (consulté le 11 septembre 2025). James Courtright, « Ethnic Killings by West African Armies Are Undermining Regional Security », Foreign Policy, 7 mars 2023, https://foreignpolicy.com/2023/03/07/mali-burkina-faso-fulani-ethnic-killings-by-west-african-armies-are-undermining-regional-security/ (consulté le 11 septembre 2025).

[49] Sophie Douce, « Au Burkina Faso, les Peuls de plus en plus stigmatisés : “Nous sommes devenus les premiers suspects” », Le Monde, 15 septembre 2022, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2022/09/15/nous-sommes-devenus-les-premiers-suspects-au-burkina-faso-les-peuls-de-plus-en-plus-stigmatises_6141793_3212.html (consulté le 11 septembre 2025). Nina Soyez, « Pourquoi une telle stigmatisation des Peuls au Sahel ? », TV5MONDE, 25 août 2022, https://information.tv5monde.com/afrique/pourquoi-une-telle-stigmatisation-des-peuls-au-sahel-1167546 (consulté le 11 septembre 2025). « Burkina : “Aujourd’hui, être Peulh est une source d’inquiétude au quotidien”, déclare Dr Daouda Diallo, Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés », LeFaso.net, 6 janvier 2020, https://lefaso.net/spip.php?article94181 (consulté le 5 septembre 2025).

[50] « Au Burkina, Ibrahim Traoré a “ses comités de vigilance” », Jeune Afrique, 10 mai 2024, https://www.jeuneafrique.com/1566613/politique/au-burkina-ibrahim-traore-a-ses-comites-de-vigilance/ (consulté le 11 septembre 2025). « Ibrahim Maïga, activiste burkinabè et âme damnée du Président », Mondafrique, 8 avril 2025, https://mondafrique.com/politique/ibrahim-maiga-activiste-burkinabe-et-ame-damnee-du-president/ (consulté le 11 septembre 2025). Laura Sanders, Katharine Dow et Victoria Scott, « Surge of Hate Speech in the Sahel, Including on WhatsApp, Signals Atrocity Risk », Just Security, 31 janvier 2025, https://www.justsecurity.org/107051/sahel-hate-speech-violence/ (consulté le 5 septembre 2025). Le terme « Wayiyans » vient de la langue mooré et signifie « sortez » (dans le sens d’un appel à la mobilisation).

[51] Entretiens téléphonique de Human Rights Watch avec un défenseur des droits humains peul, 8 avril 2025.

[52] Entretien de Human Rights Watch avec G.D., Bénin, 20 novembre 2025.

[53] Marie Toulemonde, « Burkina Faso : face aux jihadistes, quel est le vrai bilan des VDP d’Ibrahim Traoré ? » Jeune Afrique, 25 octobre 2025, https://www.jeuneafrique.com/1731794/politique/burkina-faso-face-aux-jihadistes-quel-est-le-vrai-bilan-des-vdp-dibrahim-traore/ (consulté le 19 mars 2026).

[54] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec N.P., 15 avril 2025.

[55] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un membre du système judiciaire burkinabè, 14 août 2025.

[56] « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 12 mai 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/05/12/burkina-faso-larmee-dirige-des-massacres-ethniques.

[57] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un défenseur des droits humains peul de la région du Sahel, 29 mars 2025.

[58] Entretien de Human Rights Watch avec P.M., Ghana, 9 mars 2025.

[59] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un juge burkinabè, 19 août 2025.

[60] « Le procureur ouvre une enquête pour “appels à extermination ethnique” », Burkina Yawana, 20 mars 2025, https://burkinayawana.com/2025/03/20/le-procureur-ouvre-une-enquete-pour-appels-a-extermination-ethnique/ (consulté le 11 septembre 2025).

[61] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un juge burkinabè, 19 août 2025.

[62] Concernant les meutres de Nouna, "Burkina Faso: Perpetrators of Nouna killings must face justice," Amnesty International communiqué, 10 janvier 2023, https://www.amnesty.org/en/latest/news/2023/01/burkina-faso-perpetrators-of-nouna-killings-must-face-justice/ (accessed September 5, 2025). Pour la rencontre avec le President Traoré : X, @BintaDeSIDIBE, https://x.com/BintaDeSIDIBE/status/1899877886728761547, 1 mars 2025 (consulté le 5 Septembre 2025)

[63] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un défenseur des droits humains peul, 8 avril 2025.

[64] Lettre d’Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, à Tirana Hassan, directrice exécutive, Human Rights Watch, 28 avril 2025, transmis à Human Rights Watch par Kassoum Coulibaly, ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis, le 19 mai 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Reponse%20du%20gouvernement%20Burkinabe%20-%2019%20mai%202025.pdf.

[65] Ibid.

[66] « Burkina Faso : les associations islamiques se mobilisent contre les discours haineux sur les réseaux sociaux », RFI, 14 juillet 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250714-burkina-faso-associations-islamiques-mobilisent-contre-les-discours-haineux-r%C3%A9seaux-sociaux-sensibilisation (consulté le 5 septembre 2025).

[67] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un membre de la société civile burkinabè, 12 janvier 2025.

[68] Département des opérations de paix des Nations Unies, « Manuel pour les missions des Nations Unies sur la prévention et la lutte contre la violence sexuelle liée aux conflits », 2020, https://peacekeeping.un.org/sites/default/files/un_crsv_handbook_french-compressed.pdf (consulté le 3 décembre 2025).

[69] UN Action Against Sexual Violence in Conflict, « Matrix: Early-Warning Indicators of Conflict-Related Sexual Violence », mars 2022.

[70] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un docteur faisant partie d’une organisation humanitaire, 26 novembre 2025.

[71] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un cadre d’une organisation humanitaire internationale, 1er décembre 2025.

[72] Conseil de sécurité des Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé au Burkina Faso.

[73] Ibid.

[74] Ibid.

[75] Ibid.

[76] « Ainsi, en juillet 2023, dans la province de Sanmantenga (région du Centre-Nord), plusieurs filles ont été attaquées par surprise par JNIM à un point d’eau situé à plus de 5 kilomètres de chez elles. Quatre des filles âgées de 13 ou 14 ans, qui tentaient de s’échapper, ont été attrapées, violées, battues et gravement contusionnées. L’une des victimes a subi de graves blessures à la colonne vertébrale. Les quatre filles ont reçu un soutien psychologique et des soins médicaux. » Conseil de sécurité des Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé au Burkina Faso.

[77] Corinne Dufka, Niccola Milnes et Rida Lyammouri, Cross-Border Conflict Evidence, Policy and Trends (XCEPT), « Peuhl women’s lives under JNIM in the Central Sahel », décembre 2025, https://www.xcept-research.org/publication/peuhl-womens-lives-under-jnim-in-the-central-sahel/ (consulté le 10 décembre 2025).

[78] « Burkina Faso : Des islamistes armés ont tué et violé des civils », communiqué de presse de Human Rights Watch, 16 mai 2022, https://www.hrw.org/fr/news/2022/05/16/burkina-faso-des-islamistes-armes-ont-tue-et-viole-des-civils.

[79] « Afrique de l’Ouest : La Force conjointe du G5 Sahel devrait donner la priorité aux droits humains », communiqué de presse de Human Rights Watch, 13 décembre 2017, https://www.hrw.org/fr/news/2017/12/13/afrique-de-louest-la-force-conjointe-du-g5-sahel-devrait-donner-la-priorite-aux.

[80] « Le cadre réglementaire du Groupe de cinq pays du Sahel (G5 Sahel) : 2021 », DIH en action, Comité international de la Croix-Rouge, consulté le 11 septembre 2025, https://ihl-in-action.icrc.org/fr/case-d-etude/cadre-reglementaire-du-groupe-de-cinq-pays-du-sahel-g5-sahel-2021.

[81] Dr. David Doukhan, International Institute for Counter-Terrorism (ICT), « The G5 Sahel: The End of the Road », février 2024, https://ict.org.il/wp-content/uploads/2024/03/Doukhan_The-G5-Sahel_The-End-of-the-Road_2024_13_02.pdf (consulté le 29 juillet 2025).

[82] « Mali, Niger and Burkina Faso establish Sahel security alliance », Al Jazeera, 16 septembre 2023, https://www.aljazeera.com/news/2023/9/16/mali-niger-and-burkina-faso-establish-sahel-security-alliance (consulté le 6 septembre 2025).

[83] Papa Atou Diaw, « Quels sont les défis de l’Alliance des États du Sahel (AES) ? », BBC News Afrique, 23 septembre 2023, https://www.bbc.com/afrique/articles/c72e2vrqn0po (consulté le 11 septembre 2025).

[84] Ilaria Allegrozzi, « Le retrait de trois États du Sahel de la CEDEAO sape l’obligation de rendre des comptes », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 4 février 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/02/04/le-retrait-de-trois-etats-du-sahel-de-la-cedeao-sape-lobligation-de-rendre-des.

[85] Premier Sommet des Chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel Niamey, le 6 juillet 2024, Présidence de la République du Mali, 8 juillet 2024, https://koulouba.ml/premier-sommet-des-chefs-detat-de-lalliance-des-etats-du-sahel-niamey-le-06-juillet-2024-communique-final/ (consulté le 11 septembre 2025).

[86] « Sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel : sécurité, économie, justice… où en est vraiment l’intégration ? », Jeune Afrique, 5 juillet 2025, https://www.jeuneafrique.com/1703103/politique/alliance-des-etats-du-sahel-ou-en-est-vraiment-lintegration/ (consulté le 6 septembre 2025).

[87] « La “Force unifiée” de l’Alliance des États du Sahel entre en phase opérationnelle au Niger », RFI, 2 octobre 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251002-la-force-unifi%C3%A9e-de-l-alliance-des-%C3%A9tats-du-sahel-entre-en-phase-op%C3%A9rationnelle-au-niger (consulté le 2 octobre 2025). Le 21 janvier 2025, le ministre de la Défense du Niger a annoncé la création d’une force militaire unifiée de l’AES de 5 000 soldats. Voir Damien Glez, « La Force unifiée de l’AES, un G3 Sahel défrancisé ? », Jeune Afrique, 22 janvier 2025, https://www.jeuneafrique.com/1650696/politique/la-force-unifiee-de-laes-un-g3-sahel-defrancise/ (consulté le 2 octobre 2025).

[88] « La “Force unifiée” de l’Alliance des États du Sahel entre en phase opérationnelle au Niger », RFI.

[89] Nicolas Haque, « A marriage of three: Will Mali, Niger, Burkina Faso bloc reshape the Sahel? », Al Jazeera, 31 décembre 2025, https://www.aljazeera.com/features/2025/12/31/a-marriage-of-three-will-mali-niger-burkina-faso-bloc-reshape-the-sahel (consulté le 27 janvier 2026). En février 2026, le chef militaire du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a annoncé que la force unifiée de l’AES, initialement prévue à 5 000 soldats, passerait à 6 000 soldats. Voir « AES : La Force unifiée passe à 6 000 hommes pour contrer les menaces "haute technologie", » MaliJet, 18 février 2026, https://malijet.com/actualite-sur-aes/308067-aes--la-force-unifiee-passe-a-6-000-hommes-pour-contrer-les-mena.html (consulté le 19 février 2026).

[90] « Alliance des États du Sahel : le divorce avec la Cedeao peut-il être évité ? », Q&A d’International Crisis Group, 5 décembre 2024, https://www.crisisgroup.org/fr/qna/africa/sahel/burkina-faso-mali-niger/splinter-sahel-can-divorce-ecowas-be-averted (consulté le 3 septembre 2025). Selon ICG, « [l]a création de l’AES a permis à ces régimes militaires de se mettre à l’abri, au moins en partie, des pressions extérieures demandant un retour à un régime civil. Dans les premiers temps, la Cedeao et les États occidentaux ont exercé une pression sur les régimes militaires pour qu’ils accélèrent la transition. Si les trois gouvernements ont déclaré qu’ils étaient disposés à transférer à un moment donné le pouvoir aux civils, ils n’ont pas pris de mesures concrètes dans ce sens. » Voir aussi David Baché, « Un an après sa création, quel bilan pour l’Alliance des États du Sahel ? », RFI, 16 septembre 2024, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240916-un-an-apr%C3%A8s-sa-cr%C3%A9ation-quel-bilan-pour-l-alliance-des-%C3%A9tats-du-sahel (consulté le 3 septembre 2025). « Sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel : sécurité, économie, justice… où en est vraiment l’intégration ? », Jeune Afrique.

[91] « Dozens Of Russian Military Instructors Land In Burkina: Sources », Barron’s, 18 juin 2024, https://www.barrons.com/news/dozens-of-russian-military-instructors-land-in-burkina-sources-c244872a (consulté le 7 septembre 2025).

[92] Clingendael Institute, « Unravelling Turkish involvement in the Sahel », juillet 2023, https://www.clingendael.org/sites/default/files/2023-07/Policy_brief_Unravelling_Turkish_involvement_in_the_Sahel.pdf (consulté le 8 septembre 2025).

[93] « Burkina Faso : Les frappes de drones contre des civils constituent des crimes de guerre apparents », communiqué de presse de Human Rights Watch, 25 janvier 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/01/25/burkina-faso-les-frappes-de-drones-contre-des-civils-constituent-des-crimes-de. « Le Burkina Faso étoffe sa flotte de drones achetés à la Turquie », RFI, 9 avril 2024, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240409-le-burkina-faso-%C3%A9toffe-sa-flotte-de-drones-achet%C3%A9s-%C3%A0-la-turquie (consulté le 1er septembre 2025).

[94] « Les États-Unis “collaborent toujours” avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger », Jeune Afrique, 26 janvier 2026, https://www.jeuneafrique.com/1759611/politique/les-etats-unis-collaborent-toujours-avec-les-armees-du-burkina-faso-du-mali-et-du-niger/ (consulté le 27 janvier 2026).

[95] Compte X du Bureau of African Affairs, @AsstSecStateAF, 12 mars 2026, https://x.com/AsstSecStateAF/status/2032149468422775249?s=20 (consulté le 17 mars 2026)

[96] « Burkina Faso’s secret peace talks and fragile jihadist ceasefire », The New Humanitarian, 11 mars 2021, https://www.thenewhumanitarian.org/2021/03/11/exclusive-burkina-faso-s-secret-peace-talks-and-fragile-jihadist-ceasefire (consulté le 5 septembre 2025).

[97] « Can local dialogues with jihadists stem violence in Burkina Faso? », The New Humanitarian, 16 décembre 2021, https://www.thenewhumanitarian.org/2021/12/16/can-local-dialogues-jihadists-stem-violence-burkina-faso (consulté le 3 septembre 2025).

[98] « Burkina Faso to support local talks with jihadists: A Q&A with the minister of reconciliation », The New Humanitarian, 27 avril 2022, https://www.thenewhumanitarian.org/interview/2022/04/27/dialogue-with-jihadists-interview-with-burkina-fasos-minister-of-reconciliation (consulté le 3 septembre 2025). Daouda Kiekieta, « Burkina Faso : Yero Boly, l’homme qui a toujours prôné la diplomatie dans la lutte contre le terrorisme », Libre info, 27 avril 2022, https://libreinfo.net/burkina-faso-yero-boly-lhomme-qui-a-toujours-prone-la-diplomatie-dans-la-lutte-contre-le-terrorisme/ (consulté le 3 septembre 2025). « Réconciliation au Burkina : “Des terroristes satisfaits du message du président du Faso”, affirme le ministre Yéro Boly », LeFaso.net, 12 août 2022, https://lefaso.net/spip.php?article115342 (consulté le 3 septembre 2025).

[99] « How Burkina Faso’s military junta outlawed local peace talks with jihadists », The New Humanitarian, 18 novembre 2024, https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2024/11/18/how-burkina-faso-military-junta-outlawed-local-peace-talks-jihadists (consulté le 3 septembre 2025).

[100] « RTB-Message du Capitaine Ibrahim TRAORÉ aux Forces combattantes au camp Thomas-SANKARA Pô/Centre-Sud », direct sur YouTube, Radiodiffusion Télévision du Burkina, 17 juin 2025, https://www.youtube.com/watch?v=6I4DiUrRPko (consulté le 28 novembre 2025).

[101] Charte de la transition, 14 octobre 2022, https://web.archive.org/web/20221015153729/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/10/CHARTE-ET-ACTE-1.pdf (consulté le 12 septembre 2025), arts. 4-5. Charte de la transition (modifiée), 25 mai 2024, https://web.archive.org/web/20240526050535/https://www.sig.gov.bf/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=1832&cHash=afb8ddaea2be62f10e92420ec40b5b4b (consulté le 12 septembre 2025), arts. 4-5. Plus récemment dans « Échanges entre le Président du Faso et les familles des forces combattantes tombées au front : – Des écoles pour les pupilles de la Nation – Soutien à l’insertion socioprofessionnelle des veuves et orphelins – Des fonds pour soutenir l’entrepreneuriat », Agence d’Information du Burkina, 13 mars 2025, https://web.archive.org/web/20250314033352/https://www.aib.media/echanges-entre-le-president-du-faso-et-les-familles-des-forces-combattantes-tombees-au-front-des-ecoles-pour-les-pupilles-de-la-nation-soutien-a-linsertion-socioprofessionnelle-des-veuves-et-o/ (consulté le 12 septembre 2025).

[102] Aly Asmane Ascofaré, « Burkina Faso : 10 choses à savoir sur Célestin Simporé, le “super ministre” de la Guerre d’Ibrahim Traoré », Jeune Afrique, 5 février 2026, https://www.jeuneafrique.com/1757508/politique/burkina-faso-10-choses-a-savoir-sur-celestin-simpore-le-super-ministre-de-la-guerre-dibrahim-traore/ (consulté le 15 février 2026).

[103] « Échanges entre le Président du Faso et les familles des forces combattantes tombées au front : – Des écoles pour les pupilles de la Nation – Soutien à l’insertion socioprofessionnelle des veuves et orphelins – Des fonds pour soutenir l’entrepreneuriat », Agence d’Information du Burkina.

[104] Décret n°2022-0943/PRES-TRANS/PM/MDAC portant organisation et fonctionnement de l’État-Major Général des Armées, https://web.archive.org/web/20221120221017/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/decret-portant-organisation-et-fonctionnement-de-lEMGA.pdf (consulté le 11 septembre 2025), art. 10. « Organigramme », L’Organisation, Ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants, consulté du 14 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250414153248/https://www.defense.gov.bf/le-ministere/lorganisation#c245. « L’organigramme », Ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants, créé le 13 octobre 2015, dernière mise à jour le 6 novembre 2017, https://web.archive.org/web/20171106145650/http://www.defense.gov.bf/index.php/le-ministere/2013-01-17-07-37-34/l-organigramme.

[105] Décret n°2022-0943 portant organisation et fonctionnement de l’État-Major Général des Armées, arts. 10, 20-21.

[106] Les BIR 1 and 2 ont été créés par le Décret n°2022-0659/PRES-TRANS/PM/MDAC du 29 aout 2022 portant creation du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (1er BIR) et du 2eme Bataillon d’Intervention Rapide (2eme BIR), qui a été abrogé par le prochain décret qui a créé les BIR 1 à 6 : Décret n°2022-0977/PRES-TRANS portant création de Bataillons d'intervention rapide (BIR), https://web.archive.org/web/20221201124439/https://netafrique.net/decret-portant-creation-de-bataillons-dintervention-rapide-bir/ (consulté le 13 mars 2026).

[107] Les BIR fonctionnaient techniquement comme une « réserve opérationnelle » du CEMGA et sont placés directement sous le CEMGA, mais ont été placés « à la disposition » de et sous le commandement opérationnel du COTN, voir le Décret n° 2022-0976/PRES-TRANS/MDAC/MATDS/MJDHRI/MEFP/MEEA portant organisation, attributions et fonctionnement du Commandement des Opérations du Théâtre National (COTN), https://web.archive.org/web/20221115210829/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_Portant-organisation-attribution-et-fonctionnement-du-COTN.pdf, art. 18 et 33.

[108] Pour les BIR numérotés de 1 à 6, voir le Décret n°2022-0977/PRES-TRANS portant création de Bataillons d’intervention rapide (BIR), https://web.archive.org/web/20221201124439/https://netafrique.net/decret-portant-creation-de-bataillons-dintervention-rapide-bir/ (consulté le 13 mars 2026).

[109] Pour les BIR numérotés de 7 à 12, voir le Décret n°2023-0606/PRES-TRANS portant modification du décret n° 2022-0977/PRES-TRANS du 14 novembre 2022 portant création de Bataillons d’lntervention Rapide (BIR), https://web.archive.org/web/20230531213512/https://lefaso.net/IMG/pdf/decret_modif_bir-min.pdf (consulté le 13 mars 2026). Pour les BIR numérotés de 14 à 20 (il n’y a pas de BIR 13), voir « Burkina : Création de sept nouveaux Bataillons d’intervention rapide dans l’armée », Minute.bf, 26 octobre 2023, https://web.archive.org/web/20240806200701/https://www.minute.bf/burkina-creation-de-sept-nouveaux-bataillons-dintervention-rapide-dans-larmee/ (consulté le 2 février 2026). Prisca F. Konkobo, « Burkina Faso : Le chef de l’État crée sept nouveaux Bataillon d’intervention rapide (BIR) », 24heures.bf, 26 octobre 2023, https://web.archive.org/web/20240222084140/https://www.24heures.bf/burkina-faso-le-chef-de-letat-cree-sept-nouveaux-bataillon-dintervention-rapide-bir/ (consulté le 2 février 2026).

[110] Décret n°2022-0977 portant création de Bataillons d’intervention rapide (BIR). Mensah Degbetchi, « Burkina Faso : Ibrahim Traoré crée 5 nouveaux Bataillons d’intervention rapide », Afrique sur 7, 7 janvier 2024, https://www.afrique-sur7.fr/burkina-faso-ibrahim-traore-cree-5-nouveaux-bir (consulté le 11 septembre 2025), inclut le Décret n°2024-0004/PRES-TRANS/MDAC portant création de Bataillons d’intervention Rapide. Décret n°2025-0001/PRES/MDAC portant création de Bataillons d’intervention rapide, https://web.archive.org/web/20250111043727/https://www.aib.media/wp-content/uploads/2025/01/DECRET-2025-0001.pdf (consulté le 13 mars 2026.

[111] Décret n°2024-0003/PRES-TRANS/MDAC portant création, organisation et fonctionnement d’une Brigade spéciale et d’intervention rapide, conservé dans les dossiers de Human Rights Watch, art. 7.

[112] Ibid, art. 15.

[113] Pour les BIR numérotés de 21 à 25, voir Mensah Degbetchi, « Burkina Faso : Ibrahim Traoré crée 5 nouveaux Bataillons d’intervention rapide », Afrique sur 7, qui inclut le Décret n°2024-0004 portant création de Bataillons d’lntervention Rapide. Pour les BIR numérotés de 26 à 28, voir le Décret n°2025-0001 portant création de Bataillons d’intervention rapide.

[114] Comme indiqué ci-dessus, les BIR numérotés de 7 à 12 ont été créés par décret le 31 mai 2023 et les BIR 14 à 20 ont été créés par décret le 25 octobre 2023. Même si aucun BIR 13 n'a été créé, le saut du numéro 13 dans la numérotation des BIR a engendré un comptage erroné des BIR dans de nombreuses sources, y compris les sources gouvernementales. Par exemple, avec la création des BIR 14 à 20, il y avait un total de 19 BIR, mais les sources gouvernementales indiquaient qu'il y avait un total de 20 BIR. (Voir « Plan d’action pour la stabilisation et le développement : les activités exécutées à 73,4% en 2023 », Agence d’information du Burkina, 17 mai 2024, https://www.aib.media/?p=84010 (consulté le 20 mars 2026).) Ce comptage erroné continue avec la dernière création des BIR 26 à 28 le 2 janvier 2025, entrainant des sources gouvernementales et d’autres sources à déclarer qu’il y avait un total de 28 BIR. (voir « Burkina : Le Premier ministre salue l’engagement du peuple burkinabè̀ à financer la lutte contre le terrorisme par les ressources endogènes et souveraines », Agence d'Information du Burkina, 14 mars 2025, https://www.aib.media/?p=109777 (consulté le 20 mars 2026).)

[115] Décret n°2022-0976 portant organisation, attributions et fonctionnement du Commandement des Opérations du Théâtre National (COTN), art. 4.

[116] Ibid., arts. 4-5.

[117] L’ancien président Paul-Henri Damiba a créé le COTN par décret en février 2022 et l’a chargé de concevoir, organiser et soutenir les opérations de sécurité sur le territoire du Burkina Faso. Le COTN était dirigé par un officier qui rendait directement compte au président et exerçait une autorité sur toutes les forces de défense et de sécurité, sur les VDP ainsi que sur leurs ressources engagées sur le terrain. Voir Daouda Zongo, « Attaques armées : le COTN, la nouvelle arme du Burkina », Wakat Séra, 4 février 2022, https://www.wakatsera.com/attaques-armees-le-cotn-la-nouvelle-arme-du-burkina/ (consulté le 11 août 2025).

[118] « Burkina Faso : Le Colonel-Major Célestin Simporé nommé Commandant des opérations du théâtre national », Faso7, 8 décembre 2022, https://web.archive.org/web/20221209144203/https://faso7.com/2022/12/08/burkina-faso-le-colonel-major-celestin-simpore-nomme-commandant-des-operations-du-theatre-national/ (consulté le 2 février 2026).

[119] Décret n°2022-0976 portant organisation, attributions et fonctionnement du Commandement des Opérations du Théâtre National (COTN), art. 16.

[120] Ibid., art. 32. Les Groupements de forces comprennent un éventail d’unités militaires, de police, de renseignement, de soutien et d’auxiliaires, y compris des VDP, ce qui leur permet de coordonner les forces de sécurité clés impliquées dans les opérations de lutte contre le terrorisme dans leurs régions. Les commandants des Groupements de forces sont chargés de commander toutes ces forces, de leur fournir un soutien logistique et administratif et de gérer les finances opérationnelles.

[121] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.O., 24 avril 2025.

[122] Ibid.

[123] Décret n°2022-0976 portant organisation, attributions et fonctionnement du Commandement des Opérations du Théâtre National (COTN).

[124] Cryspin Laoundiki, « Droits de l’homme et lutte anti-terroriste au Burkina : Des prévôtés sur les théâtres des opérations pour prévenir et réprimer », LeFaso.net, 16 février 2023, https://lefaso.net/spip.php?article119538 (consulté le 7 mars 2026).

[125] Carine Kaneza Nantulya, « Le Burkina Faso agit pour lutter contre les abus commis par les forces armées », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 17 mars 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/03/17/le-burkina-faso-agit-pour-lutter-contre-les-abus-commis-par-les-forces-armees.

[126] Décret n°2020-0115/PRES/PM/MDNAC/MATDC/MSECU/MINEFID portant statut du Volontaire pour la Défense de la Patrie, https://ekladata.com/Va7Pci2rclq53C7yjYwf4tPLlPA.pdf (consulté le 13 mars 2026).

[127] Fahiraman Rodrigue Koné et Hassane Koné, « Risks of Burkina Faso’s new military approach to terrorism », Institute for Security Studies, 9 janvier 2023, https://issafrica.org/iss-today/risks-of-burkina-fasos-new-military-approach-to-terrorism (consulté le 2 septembre 2025).

[128] Il est difficile de vérifier le nombre réel de VDP en raison de rapports incohérents, d’une supervision limitée et d’un déploiement dans certaines régions du pays. En mai 2023, le Premier ministre de l’époque, Apollinaire Joachim Kyélem de Tambèla, a annoncé que l’objectif initial de recrutement de 50 000 personnes avait été atteint et que le nombre de volontaires était « appelé à augmenter… pour assurer la sécurité même dans les régions les plus reculées du pays ». Le 28 août 2024, le ministre de la Justice du Burkina Faso a précisé à Human Rights Watch qu’à cette date, 90 000 VDP au total avaient été recrutés. Selon ACLED, depuis 2022, le nombre de combattants volontaires actifs sous l’égide des VDP était estimé à 28 000. Voir Héni Nsaibia, « Volunteers for the Defense of the Homeland (VDP), Detailed exploration of Volunteers for the Defense of the Homeland (VDP) in Burkina Faso », ACLED profile d’acteur, 26 mars 2024, https://acleddata.com/actor-profile/volunteers-defense-homeland-vdp (consulté le 17 mars 2026).

[129] Loi n°002-2020/AN portant institution de Volontaires pour la défense de la Patrie, https://www.assembleenationale.bf/storage/Loi/4V2N9d2UYWgCrXalXx7jjBDbzmKYQwQ4qEydFmOz.pdf (consulté le 13 mars 2026), art. 2.

[130] Décret n°2020-0115 portant statut du Volontaire pour la Défense de la Patrie.

[131] « Compte rendu du Conseil des ministres du 16 novembre 2022, » Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso, 16 novembre 2022, https://www.sig.gov.bf/actualites/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=1361&cHash=fa8ea255342de30f40dd7341bc539a8c (consulté le 11 septembre 2025).

[132] Lettre de Harouna Kadio à Human Rights Watch de la part du ministre de la Justice du Burkina Faso, « Réponses du Gouvernement aux conclusions des recherches menées par Human Rights Watch (HRW) au Burkina Faso entre février et juin 2024 », réponse aux questions 4 et 5, aout 2024, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2024/09/Africa_BurkinaFaso_ROR_Response.pdf.

[133] Loi n°028-2022/ALT instituant les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), https://web.archive.org/web/20250214221835/https://academiedepolice.bf/index.php/services-en-ligne/telechargement/category/32-securite-interieure?download=193:loi-n-028-2022-alt-instituant-les-volontaires-pour-la-defense-de-la-patrie-vdp (consulté le 11 septembre 2025). La loi stipule que les VDP opèrent sous le commandement direct des forces militaires ou de sécurité intérieure qu’ils soutiennent, voir Hamadou Ouedraogo, « Burkina : La loi instituant les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) adoptée à l’unanimité à l’ALT », Burkina24, 17 décembre 2022, https://web.archive.org/web/20241009105512/https:/burkina24.com/2022/12/17/burkina-la-loi-instituant-les-volontaires-pour-la-defense-de-la-patrievdp-adoptee-a-lunanimite-a-lalt/ (consulté le 2 février 2026), inclut Rapport n°2022-029/ALT/CAGIDH, Dossier n°32 : relatif au projet de loi instituant les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), Assemblée législative de transition, Commission des affaires générales, institutionnelles et des droits humains (CAGIDH), décembre 2022.

[134] Loi n°028-2022/ALT instituant les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), art. 6.

[135] Ibid., arts. 8-9, 11.

[136] Ibid., arts. 12, 14.

[137] International Crisis Group, « Burkina Faso : armer les civils au prix de la cohésion sociale ? », Africa Report n°313, 15 décembre 2023, https://www.crisisgroup.org/fr/rpt/africa/sahel/burkina-faso/burkina-faso/313-armer-les-civils-au-prix-de-la-cohesion-sociale (consulté le 4 septembre 2025).

[138] « Burkina Faso : Des milices pro-gouvernementales impliquées dans un massacre », communiqué de presse de Human Rights Watch, 14 mars 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/03/14/burkina-faso-des-milices-pro-gouvernementales-impliquees-dans-un-massacre.

[139] International Crisis Group, « Burkina Faso : armer les civils au prix de la cohésion sociale ? ». « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué de presse de Human Rights Watch, 18 septembre 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/09/18/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-terrorisent-les-civils.

[140] Décret n° 2022-0943 portant organisation et fonctionnement de l’Etat-Major Général des Armées, art. 22.

[141] Décret n°2022-0975/PRES-TRANS portant organisation du territoire national en Régions Militaires, https://web.archive.org/web/20241213001445/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_Portant-organisationdu-territoire-nationalen-region-militaire-RM.pdf (consulté le 11 septembre 2025). L’armée comptait auparavant six régions militaires entre 1985 et 1994, avant de passer à trois régions. Pour plus de précisions, voir « L’Organisation », Ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants, dernière mise à jour le 14 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250414153248/https://www.defense.gov.bf/le-ministere/lorganisation.

[142] Les commandants des six régions militaires ont été nommés en novembre 2022 et il y a eu des retards importants avant leur prestation de serment, allant de six mois à plus d’un an. Il s’agit d’une anomalie, car la plupart des cérémonies se déroulent quelques jours à quelques semaines après la nomination. Cependant, des sources indiquent que bon nombre de ces commandants étaient déjà en fonction avant les cérémonies de prestation de serment. Pour ces cas, Human Rights Watch utilise les dates attestées par ces sources.

[143] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l’Ouest, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) », octobre 2023, https://acleddata.com/system/files/2025-06/jnim-groupes-armes-non-etatiques-et-economies-illicites-en-afrique-de-louest-gi-toc-et-acled-octobre-2023.pdf (consulté le 12 février 2026).

[144] « Mapping armed groups in Mali and the Sahel – The Group for the Support of Islam and Muslims (Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM) », European Council on Foreign Relations, https://ecfr.eu/special/sahel_mapping/jnim (consulté le 29 juillet 2025).

[145] Centre for Information Resilience, « A hidden war: Violent extremism rules in the Sahel, and is spreading south », 30 juillet 2025, https://www.info-res.org/articles/a-hidden-war-violent-extremism-rules-in-the-sahel-and-is-spreading-south/ (consulté le 1er août 2025). Human Rights Watch, « Nous avons retrouvé leurs corps plus tard ce jour-là » : Atrocités commises par les islamistes armés et par les forces de sécurité dans la région du Sahel au Burkina Faso (New York : Human Rights Watch, 2019), https://www.hrw.org/report/2019/03/22/we-found-their-bodies-later-day/atrocities-armed-islamists-and-security-forces. « Niger : Hausse des atrocités commises par des groupes islamistes armés », communiqué de presse de Human Rights Watch, 11 aout 2021, https://www.hrw.org/fr/news/2021/08/11/niger-hausse-des-atrocites-commises-par-des-groupes-islamistes-armes. « Mali : Les groupes islamistes armés et l’armée prennent les civils pour cible, » communiqué de presse de Human Rights Watch, 1er novembre 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/11/01/mali-les-groupes-islamistes-armes-et-larmee-prennent-les-civils-pour-cible.

[146] Wassim Nasr, New Lines Institute, « ISIS in Africa: The End of the ‘Sahel Exception’ », 2 juin 2020, https://newlinesinstitute.org/nonstate-actors/isis-in-africa-the-end-of-the-sahel-exception/ (consulté le 11 septembre 2025).

[147] Paul Cruickshank, Combating Terrorism Center at West Point, « Answers from the Sahel: Wassim Nasr, Journalist, France24, on His Interview with Deputy JNIM Leader Mohamed (Amadou) Koufa », vol. 18, numéro 1, janvier 2025, https://ctc.westpoint.edu/answers-from-the-sahel-wassim-nasr-journalist-france24-on-his-interview-with-deputy-jnim-leader-mohamed-amadou-koufa/ (consulté le 12 septembre 2025).

[148] « Amadou Kouffa », Counter Extremism Project, consulté le 13 juillet 2025, https://www.counterextremism.com/extremists/amadou-kouffa.

[149] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et ACLED, « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l’Ouest, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ».

[150] Ibid.

[151] Samuele Minelli Zuffa et Moreblessing Takura Madzikatire, Intelligensis, « Extremism in the Sahel – Jama’at Nasr Al-Islam Wal Muslimin (JNIM) », 14 mars 2024, https://intelligensis.com/extremism-in-the-sahel-focus-on-jnim/ (consulté le 3 août 2025).

[152] Ibid.

[153] Rida Lyammouri et Niccola Milnes, Policy Center for the New South, « Countering JNIM’s Drone Proliferation in the Sahel », 14 juillet 2025, https://www.policycenter.ma/publications/countering-jnims-drone-proliferation-sahel?s=09 (consulté le 3 août 2025).

[154] Célia Cuordifede, « Starlink, le nouvel atout des groupes rebelles et djihadistes au Sahel », Le Monde, 12 juin 2025, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/06/12/starlink-le-nouvel-atout-des-groupes-rebelles-et-djihadistes-au-sahel_6612513_3212.html#:~:text=Du%20Mali%20au%20Tchad%2C%20les%20kits%20Starlink,le%20système%20d’Internet%20satellitaire%20du%20milliardaire%20Elon%20Musk (consulté le 20 septembre 2025). Solomon Ekanem, « Jihadist groups exploiting Starlink amid African expansion, new report warns », Business Insider Africa, 7 juillet 2025, https://africa.businessinsider.com/local/lifestyle/jihadist-groups-exploiting-starlink-amid-african-expansion-new-report-warns/qlsfzcm (consulté le 19 septembre 2025).

[155] WAMAPS, « JNIM in the Sahel: Recent Developments and Area of Influence », 24 avril 2025, https://westafricamaps.com/en/analysis/jnim-in-the-sahel-recent-developments-and-area-of-influence? (consulté le 2 septembre 2025). Compte X de Wamaps, @Wamaps_news, 16 avril 2025, https://x.com/Wamaps_news/status/1912525671189918002 (consulté le 2 septembre 2025).

[156] Africa Center For Strategic Studies, « The Shifting Front of Militant Islamist Violence in the Sahel », 7 avril 2025, https://africacenter.org/spotlight/militant-islamist-violence-sahel/ (consulté le 30 novembre 2025).

[157] Héni Nsaibia, ACLED, « Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) : A detailed profile of JNIM, their operations, economic warfare, and influence in the Sahel », 13 novembre 2023, https://acleddata.com/report/jamaat-nusrat-al-islam-wal-muslimin-jnim (consulté le 14 février 2026). Voir aussi International Crisis Group, « Le Jnim et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel, » Rapport Afrique 321, 20 février 2026, https://www.crisisgroup.org/sites/default/files/2026-02/321-jnim-expansion-sahel-fr%20%281%29.pdf (consulté le 21 février 2026). Selon le International Crisis Group, « le Jnim ne circonscrit pas son combat dans un territoire prédéterminé » et, aujourd’hui, « [l]a présence du Jnim en Afrique de l’Ouest se divise en deux grands types d’espaces. Les territoires sahéliens [Mali, Burkina Faso, Niger], d’une part, constituent le cœur de son combat[l]es pays côtiers, d’autre part, sont perçus jusqu’ici par le commandement du Jnim comme des espaces secondaires. Dans ces zones, le mouvement progresse néanmoins. »

[158] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[159] International Crisis Group, « Nord du Burkina Faso : ce que cache le jihad », Africa Report n°254, 12 octobre 2017, https://www.crisisgroup.org/fr/rpt/africa/burkina-faso/254-nord-du-burkina-faso-ce-que-cache-le-jihad (consulté le 23 avril 2018).

[160] Morgane le Cam, « Comment est né Ansaroul Islam, premier groupe djihadiste de l’Histoire du Burkina Faso », Le Monde, 11 avril 2017, http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/04/11/comment-est-ne-ansaroul-islam-premier-groupe-djihadiste-de-l-histoire-du-burkina-faso_5109520_3212.html (consulté le 3 février 2026).

[161] Human Rights Watch, « Le jour, nous avons peur de l’armée, et la nuit des djihadistes ».

[162] « Jafar Dicko », Counter Extremism Project, consulté le 20 septembre 2025, https://www.counterextremism.com/extremists/jafar-dicko.

[163] International Crisis Group, Le Jnim et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel.”

[164] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils », communiqué de presse de Human Right Watch, 15 septembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/09/15/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-ont-massacre-des-civils.

[165] Eleanor Beevor, Global Initiative Against Transnational Organized Crime, « Le JNIM au Burkina Faso, Un acteur stratégique de la criminalité », août 2022, https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2022/08/Burkina-Faso-JNIM_NEW-web.pdf (consulté le 2 septembre 2025).

[166] Ibid.

[167] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 8 avril 2025, https://x.com/SimNasr/status/1909546883288072663 (consulté le 2 septembre 2025) ; 13 mai 2025, https://x.com/SimNasr/status/1922255521664385380 (consulté le 2 septembre 2025).

[168] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 10 février 2026, https://x.com/simnasr/status/2021339938432876848?s=46&t=9JUlFzulX1hVuf2W4a82ng (consulté le 16 février 2026). Compte X de Brant, @BrantPhilip_, 15 février 2026, https://x.com/brantphilip_/status/2023057986155921746?s=48&t=kZk0dXsSJnKEbtZu6eZ31Q (consulté le 17 février 2026).

[169] Conseil de sécurité des Nations Unies, Lettre datée du 19 juillet 2024, adressée au Président du Conseil de sécurité par la Présidente du Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 1267 (1999), 1989 (2011) et 2253 (2015) concernant l’État islamique d’Iraq et du Levant (Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés, S/2024/556, 22 juillet 2024, https://docs.un.org/fr/S/2024/556 (consulté le 2 septembre 2025).

[170] Conseil de sécurité des Nations Unies, Rapport du Secrétaire général sur les enfants et le conflit armé au Burkina Faso.

[171] Corinne Dufka (Human Rights Watch), « Sahel : Les atrocités commises par des militaires favorisent le recrutement par les groupes armés », commentaire, Le Monde, 29 juin 2020, https://www.hrw.org/fr/news/2020/06/29/sahel-les-atrocites-commises-par-des-militaires-favorisent-le-recrutement-par-les. Human Rights Watch, « Le jour, nous avons peur de l’armée, et la nuit des djihadistes ».

[172] International Crisis Group, « Le Jnim et le dilemme de l’expansion au-delà du Sahel. » Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime and Armed Conflict Location and Event Data (ACLED), « Non-state armed groups and illicit economies in West Africa, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). »

[173] Entretien de Human Rights Watch avec un spécialiste du GSIM, 17 avril 2025. Voir aussi Eleanor Beevor, Global Initiative Against Transnational Organized Crime, « Le JNIM au Burkina Faso, Un acteur stratégique de la criminalité ».

[174] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et ACLED, « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l’Ouest, Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) ».

[175] Ibid. Voir aussi Maj. Ryan CK Hess, « Lassoing the Haboob: Countering Jama'at Nasr al-Islam wal Muslimin in Mali, Part I », Journal of Indo-Pacific Affairs, Air University Press, 24 novembre 2020, https://www.airuniversity.af.edu/JIPA/Display/Article/2425320/lassoing-the-haboob-countering-jamaat-nasr-al-islam-wal-muslimin-in-mali-part-i/ (consulté le 7 mars 2026).

[176] Héni Nsaibia et Rida Lyammouri, « Digital Dunes and Shrublands: A Comparative Introduction to the Sahelian Jihadi Propaganda Ecosystem », Global Network on Extremism & Technology, 27 octobre 2020, https://gnet-research.org/2020/10/27/digital-dunes-and-shrublands-a-comparative-introduction-to-the-sahelian-jihadi-propaganda-ecosystem/ (consulté le 8 mars 2026).

[177] Sebastian Vandermeersch, « Mali Under Siege: Tracking the Fuel Blockade Crippling Bamako », Bellingcat, 3 décembre 2025, https://www.bellingcat.com/news/2025/12/03/mali-under-siege-tracking-the-fuel-blockade-crippling-bamako/ (consulté le 7 mars 2026).

[178] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Héni Nsaibia, 18 mars 2026.

[179] « Situation au Mali : la CPI lève les scellés du mandat d’arrêt à l’encontre d’Iyad Ag Ghaly », communiqué de presse de la Cour pénale internationale, 21 juin 2024, https://www.icc-cpi.int/fr/news/situation-au-mali-la-cpi-leve-les-scelles-du-mandat-darret-lencontre-diyad-ag-ghaly (consulté le 2 septembre 2025).

[180] « Mali : La CPI lève les scellés du mandat d’arrêt à l’encontre d’un chef de groupe armé », communiqué de presse de Human Rights Watch, 26 juin 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/06/26/mali-la-cpi-leve-les-scelles-du-mandat-darret-lencontre-dun-chef-de-groupe-arme.

[181] « Iyad Ag Ghali », Résumés des motifs, Matériaux relatifs à la liste de sanctions, Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 1267 (1999), 1989 (2011) et 2253 (2015) concernant l’État islamique d’Iraq et du Levant (Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés, Conseil de sécurité des Nations Unies, dernière mise à jour le 14 novembre 2023, https://main.un.org/securitycouncil/fr/sanctions/1267/aq_sanctions_list/summaries/individual/iyad-ag-ghali.

[182] « Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) », Conseil de sécurité des Nations Unies, dernière mise à jour le 4 octobre 2018, https://main.un.org/securitycouncil/fr/content/jamaa-nusrat-ul-islam-wa-al-muslimin-jnim.

[183] Département d’État américain, Bureau du porte-parole, « State Department Terrorist Designation of Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) », Washington, 5 septembre 2018, https://2017-2021.state.gov/state-department-terrorist-designation-of-jamaat-nusrat-al-islam-wal-muslimin-jnim/index.html (consulté le 2 septembre 2025).

[184] Département d’État américain, Bureau du contre-terrorisme, « Executive Order 13224 », signé le 23 septembre 2001, https://www.state.gov/executive-order-13224/#current (consulté le 11 septembre 2025). « Specially Designated Global Terrorist Designations of Messaoud Belhireche, Talha al-Libi, Hamama Ould Khouier, and Hussein Ould Hammada », Federal Register, 9 juillet 2024, https://www.federalregister.gov/documents/2024/07/09/2024-14940/specially-designated-global-terrorist-designations-of-messaoud-belhireche-talha-al-libi-hamama-ould (consulté le 11 septembre 2025).

[185] « U.S. Targets West African Hostage Takers », communiqué de presse du Département du Trésor américain, 23 avril 2024, https://home.treasury.gov/news/press-releases/jy2293 (consulté le 1er décembre 2025).

[186] « Jafar Dicko », EU sanctions tracker, Commission européenne, https://data.europa.eu/apps/eusanctionstracker/subjects/141424 (consulté le 11 septembre 2025). « Lutte de l’UE contre le terrorisme : un groupe et trois personnes sont ajoutés à la liste des sanctions de l’UE en matière de terrorisme », communiqué de presse du Conseil de l’Union européenne, 20 juin 2022, https://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2022/06/20/eu-fight-against-terrorism-one-group-and-three-individuals-added-to-the-eu-sanctions-list-over-terrorism/ (consulté le 2 septembre 2025).

[187] Guillaume Soto-Mayor et Boubacar Ba, CRTG Working Group, « Generational Warfare in the Sahel: The Khilafa Cubs and the Dynamics of Violent Insurgency within the Islamic State Province », novembre 2023, https://sahelresearch.africa.ufl.edu/wp-content/uploads/sites/170/The-Khilafa-Cubs_Sahel.pdf (consulté le 2 mai 2025).

[188] Héni Nsaibia, ACLED, « Les tactiques de l’EI au Sahel provoquent des violences massives et arbitraires », 13 janvier 2023, https://acleddata.com/system/files/2026-01/French-Translation_IS-Sahel-s-tactics-cause-mass-indiscriminate-violence.pdf (consulté le 11 septembre 2025).

[189] Guillaume Soto-Mayor et Boubacar Ba, CRTG Working Group, « Generational Warfare in the Sahel: The Khilafa Cubs and the Dynamics of Violent Insurgency within the Islamic State Province ». Voir aussi « Niger : Un groupe armé islamiste a exécuté des civils et incendié des maisons », communiqué de presse de Human Right Watch, 10 septembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/09/10/niger-un-groupe-arme-islamiste-a-execute-des-civils-et-incendie-des-maisons.

[190] Héni Nsaibia, ACLED, « Les tactiques de l’EI au Sahel provoquent des violences massives et arbitraires ».

[191] Human Rights Watch, « Leur combat contre l’éducation » : Attaques commises par des groupes armés contre des enseignants, des élèves et des écoles au Burkina Faso (New York : Human Rights Watch, 2020) https://www.hrw.org/fr/report/2020/05/26/leur-combat-contre-leducation/attaques-commises-par-des-groupes-armes-contre-des. « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[192] Tom Wheeldon, « Sahrawi: The top Sahel jihadist killed in French ’opportunistic hit’ », France 24, 16 septembre 2021, https://www.france24.com/en/africa/20210916-the-assassinated-abou-walid-al-sahrawi-france-s-major-enemy-in-the-sahel (consulté le 5 septembre 2025).

[193] Héni Nsaibia, ACLED, « Newly restructured, the Islamic State in the Sahel aims for regional expansion », 30 septembre 2024, https://acleddata.com/2024/09/30/newly-restructured-the-islamic-state-in-the-sahel-aims-for-regional-expansion/ (consulté le 11 septembre 2025).

[194] « Burkina Faso : Les frappes de drones contre des civils constituent des crimes de guerre apparents », communiqué de presse de Human Rights Watch, 25 janvier 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/01/25/burkina-faso-les-frappes-de-drones-contre-des-civils-constituent-des-crimes-de.

[195] Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Droit international humanitaire coutumier, Volume I : Règles (Établissements Émile Bruylant, 2006), règle 146.

[196] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un analyste principal d'un groupe de réflexion (think tank) international, 19 février 2025.

[197] Amnesty International, « “La mort nous guettait” : Vivre dans des localités assiégées au Burkina Faso », Numéro d’index : AFR 60/7209/2023, 2 novembre 2023, https://www.amnesty.org/fr/documents/afr60/7209/2023/fr/ (consulté le 16 mars 2026).

[198] « Burkina Faso : un convoi minier tire sur des civils, au moins 30 morts », RFI, 3 février 2023, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230203-burkina-faso-un-convoi-minier-tire-sur-des-civils-au-moins-30-morts (consulté le 29 juillet 2025). Compte X de Wamaps, @Wamaps_news, 3 février 2023, https://x.com/Wamaps_news/status/1621446128435712000 (consulté le 3 septembre 2025).

[199] Compte X d’Elie Kaboré, @eliekabore, 3 février 2023, https://x.com/eliekabore/status/1621604022749696002 (consulté le 3 septembre 2025).

[200] Célian Macé et Agnès Faivre, « “Les soldats ont tiré sur tout ce qu’ils ont vu” : au Burkina Faso, des centaines de civils exécutés par deux convois militaires », Libération, 17 juillet 2024, https://www.liberation.fr/international/afrique/les-soldats-ont-tire-sur-tout-ce-quils-ont-vu-au-burkina-faso-des-centaines-de-civils-executes-par-deux-convois-militaires-20240717_I4YZVCPP4FHERO7IP6CS3D7FOM/ (consulté le 3 septembre 2025).

[201] « Burkina Faso : plus de 100 civils tués dans plusieurs villages dans le nord, l’armée et des VDP accusés », RFI, 29 mai 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250529-burkina-faso-plus-de-100-civils-tu%C3%A9s-dans-plusieurs-villages-l-arm%C3%A9e-et-des-vdp-accus%C3%A9s (consulté le 3 septembre 2025).

[202] « Burkina Faso : le ministre de la Défense conteste les accusations de massacre dans le nord », RFI, 31 mai 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250531-burkina-faso-le-ministre-de-la-d%C3%A9fense-conteste-les-accusations-de-massacre-dans-le-nord (consulté le 29 juillet 2025).

[203] Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023, et convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025.

[204] Entretien de Human Rights Watch avec K.L., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[205] Entretien de Human Rights Watch avec A.P., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[206] Entretien de Human Rights Watch avec K.L., 24 novembre 2024.

[207] Ibid/

[208] Entretien de Human Rights Watch avec M.E., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[209] Entretien de Human Rights Watch avec K.L., 24 novembre 2024.

[210] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.J., 25 janvier 2025.

[211] Entretiens de Human Rights Watch avec N.V. et G.F., Ghana, 9 mars 2025.

[212] Entretien de Human Rights Watch avec P.M., Ghana, 9 mars 2025.

[213] ACLED a consigné cet incident en date du 16 mars 2023. Le 16 mars 2023, des combattants présumés du GSIM ont attaqué le village de Gaoga (Namentenga, Centre-Nord). Un civil a été tué. Les combattants ont également mis le feu au marché local et aux installations de téléphonie mobile.

[214] Entretien de Human Rights Watch avec N.V., 9 mars 2025.

[215] Entretien de Human Rights Watch avec D.T., Ghana, 9 mars 2025.

[216] Entretien de Human Rights Watch avec P.M., Ghana, 9 mars 2025.

[217] Ibid.

[218] Selon ACLED, le 29 mars 2023, des combattants volontaires (VDP) ont affronté des combattants présumés du GSIM dans le village de Zambanga (Boulsa, Namentenga). Cinq VDP et une dizaine de combattants ont été tués. Huit VDP ont également été blessés. Le 7 avril 2023, l’armée de l’air burkinabè a effectué des frappes aériennes contre des combattants présumés du GSIM à bord d’une trentaine de motos dans le village de Zambanga (Boulsa, Namentenga). Plusieurs combattants ont été tués. Le nombre de victimes est chiffré à 10. [Des témoins ont confirmé le bombardement.]

[219] Entretien de Human Rights Watch avec D.T., 9 mars 2025.

[220] « Burkina Faso : L’armée serait impliquée dans le massacre de 156 civils », communiqué de presse de Human Rights Watch, 4 mai 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/05/04/burkina-faso-larmee-serait-impliquee-dans-le-massacre-de-156-civils.

[221] David Rich, « Au Burkina Faso, la société civile demande des comptes après le massacre de 150 villageois », France 24, 30 avril 2023, https://www.france24.com/fr/afrique/20230430-au-burkina-faso-la-soci%C3%A9t%C3%A9-civile-demande-des-comptes-apr%C3%A8s-le-massacre-de-150-villageois (consulté le 12 septembre 2025).

[222] « Burkina Faso : L’armée serait impliquée dans le massacre de 156 civils », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[223] « Forty dead in attack on army and volunteers in north Burkina Faso », Reuters, 16 avril 2023, https://www.reuters.com/world/africa/forty-dead-attack-army-volunteer-defence-forces-north-burkina-faso-2023-04-16/ (consulté le 29 juillet 2025).

[224] « Burkina Faso : L’armée serait impliquée dans le massacre de 156 civils », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[225] Entretien de Human Rights Watch avec R.G., Ghana, 16 mars 2025.

[226] Ibid.

[227] Ibid.

[228] Ibid.

[229] « Burkina Faso : L’armée a massacré 223 villageois », communiqué de presse de Human Rights Watch, 25 avril 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/04/25/burkina-faso-larmee-massacre-223-villageois.

[230] « RTB – Édition spéciale les Nouvelles du front du 25 février 2024 », direct sur YouTube, Radiodiffusion Télévision du Burkina, 25 février 2024, https://www.youtube.com/watch?v=GXwMegzWrX8&rco=1 (consulté le 5 septembre 2025).

[231] Ibid.

 

[232] Natasha Booty, « Burkina Faso says 170 dead in village ’executions’ », BBC, 3 mars 2024, https://www.bbc.com/news/world-africa-68462144 (consulté le 11 septembre 2025).

[233] Ibid.

[234] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec R.R., 2 mai 2025.

[235] Entretien de Human Rights Watch avec T.E., Côte d’Ivoire, 25 novembre 2024.

[236] Entretien de Human Rights Watch avec V.A., Côte d’Ivoire, 25 novembre 2024.

[237] Entretien de Human Rights Watch avec P.W., Côte d’Ivoire, 25 novembre 2024.

[238] Entretien de Human Rights Watch avec V.A., 25 novembre 2024.

[239] Entretien de Human Rights Watch avec E.R., Côte d’Ivoire, 25 novembre 2024.

[240] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.I., 18 janvier 2025.

[241] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.L., 20 janvier 2025.

[242] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.I., 18 janvier 2025.

[243] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec O.K., 20 janvier 2025.

[244] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.A., 20 janvier 2025.

[245] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.H., 17 janvier 2025.

[246] ACLED a consigné les deux incidents. Destruction de biens : le 8 octobre 2022, des combattants présumés du GSIM ont incendié une antenne de télécommunications dans le village de Pê (Koumbia, Tuy). Le 3 décembre 2022, des gendarmes ou des soldats présumés ont tué trois fermiers dans le village de Pê (Koumbia, Tuy).

[247] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.L., 13 mars 2025.

[248] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec G.E., 14 mars 2025.

[249] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec J.D., 20 juillet 2023.

[250] Base de données ACLED, destruction des biens : le 28 juillet 2023, des membres présumés du GSIM ont mis le feu à des granges dans la ville de Padéma (Padéma, Houet). Base de données ACLED, déplacement : le 9 août 2023, plusieurs habitants ont quitté le village de Banwali (Padéma, Houet) après que des combattants du GSIM les ont contraints à partir sous la menace.

[251] Base de données ACLED : le 21 septembre 2023, des combattants présumés du GSIM ont attaqué des VDP dans le village de Djigouéma (Padéma, Houet). Un responsable des VDP a été tué. À noter que, le 10 septembre 2023, toujours selon ACLED, des combattants du GSIM avaient déjà tenté d’attaquer des VDP à Djigouéma, mais l’attaque avait été repoussée.

[252] Entretien de Human Rights Watch avec S.M., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[253] Entretien de Human Rights Watch avec W.K., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[254] Entretien de Human Rights Watch avec Z.E., Côte d’Ivoire, 24 novembre 2024.

[255] Ibid.

[256] Selon ACLED, dans la nuit du 20 décembre 2023, des combattants du GSIM « ont tiré plusieurs coups de feu impressionnants à proximité du village » et le lendemain, « environ 3 000 habitants ont quitté Bassé en raison de la détérioration de la situation sécuritaire ».

[257] Entretien de Human Rights Watch avec L.Q., Côte d’Ivoire, 23 novembre 2024.

[258] Entretien de Human Rights Watch avec E.L., Côte d’Ivoire, 23 novembre 2024.

[259] Entretien de Human Rights Watch avec L.Q., 23 novembre 2024.

[260] Ibid.

[261] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.C., 17 janvier 2025.

[262] Entretien de Human Rights Watch avec K.A., Côte d’Ivoire, 23 novembre 2024.

[263] Entretien de Human Rights Watch avec R.D., Côte d’Ivoire, 23 novembre 2024.

[264] Ibid.

[265] « Burkina Faso : La conscription est utilisée pour punir des procureurs et des juges », communiqué de presse de Human Rights Match, 21 août 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/08/21/burkina-faso-la-conscription-est-utilisee-pour-punir-des-procureurs-et-des-juges.

[266] Hamadou Ouedraogo, « Réquisitions de magistrats : L’intersyndicale donne de la voix ! », Burkina24, 16 août 2024, https://burkina24.com/2024/08/16/requisitions-de-magistrats-lintersyndicale-donne-de-la-voix/ (consulté le 12 septembre 2025).

[267] En décembre 2023, Banfora était considérée comme l’une des villes avec le plus grand nombre de VDP au Burkina Faso. Voir International Crisis Group, « Burkina Faso : Armer les civils au prix de la cohésion sociale ? » Africa Report n°313, 15 décembre 2023, https://www.crisisgroup.org/fr/rpt/africa/sahel/burkina-faso/burkina-faso/313-armer-les-civils-au-prix-de-la-cohesion-sociale (consulté le 4 septembre 2025).

[268] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.Q., 18 janvier 2025.

[269] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec R.A., 18 janvier 2025.

[270] Ibid.

[271] Entretien de Human Rights Watch avec F.T., Mali, 20 avril 2025.

[272] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.E., 20 avril 2025.

[273] Ibid.

[274] Ibid.

[275] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec I.H., 24 avril 2025.

[276] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec U.D., 25 avril 2025.

[277] Ibid.

[278] Ibid.

[279] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec X.A., 26 avril 2025.

[280] Entretien de Human Rights Watch avec F.T., 20 avril 2025.

[281] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.E., 20 avril 2025.

[282] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec I.H., 24 avril 2025.

[283] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.E., 20 avril 2025.

[284] Ibid.

[285] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec I.H., 24 avril 2025.

[286] Entretien de Human Rights Watch avec Y.G., Ghana, 12 mars 2025.

[287] Entretien de Human Rights Watch avec B.A., Ghana, 12 mars 2025.

[288] Entretien de Human Rights Watch avec Y.G., 12 mars 2025

[289] Entretien de Human Rights Watch avec C.K., Ghana, 12 mars 2025.

[290] Entretien de Human Rights Watch avec Y.G., 12 mars 2025

[291] Entretien de Human Rights Watch avec Y.G., 12 mars 2025.

[292] Ibid.

[293] Entretien de Human Rights Watch avec B.P., Ghana, 12 mars 2025.

[294] Entretien de Human Rights Watch avec I.L., Ghana, 13 mars 2025.

[295] Ibid.

[296] Ibid.

[297] Ibid.

[298] International Crisis Group, « Burkina Faso : Armer les civils au prix de la cohésion sociale ? » Selon ACLED : le 20 août 2023, des combattants présumés de l’EIS ont attaqué le village de Guide (Gorgadji, Seno). Les combattants ont tué trois civils et ont mis le feu à des maisons.

[299] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.T., 27 février 2025.

[300] Entretien de Human Rights Watch avec L.H., Côte d’Ivoire, 23 novembre 2024.

[301] Ibid.

[302] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.T., 27 février 2025.

[303] Entretien de Human Rights Watch avec L.H., 23 novembre 2024.

[304] « Burkina Faso : Exécutions sommaires et disparitions forcées commises par l’armée », communiqué de presse de Human Rights Watch, 29 juin 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/06/29/burkina-faso-executions-sommaires-et-disparitions-forcees-commises-par-larmee.

[305] Ibid.

[306] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.D., 5 mai 2023.

[307] « Burkina Faso : Exécutions sommaires et disparitions forcées commises par l’armée », communiqué de presse de Human Rights Watch.

[308] Selon ACLED, le 22 février 2023, des combattants présumés du GSIM ont attaqué des soldats et des VDP à Mansila. Dans un rapport datant de septembre 2024, Human Rights Watch a établi que, lors d’une attaque le 11 juin 2024 contre une base de l’armée à Mansila, le GSIM a tué de nombreux soldats ainsi qu’au moins 20 civils. « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué de presse de Human Rights Watch, 18 septembre 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/09/18/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-terrorisent-les-civils.

[309] Entretien de Human Rights Watch avec G.H., Bénin, 25 novembre 2025.

[310] Entretien de Human Rights Watch avec A.T., Bénin, 25 novembre 2025.

[311] Entretien de Human Rights Watch avec G.H., 25 novembre 2025.

[312] Entretien de Human Rights Watch avec A.T., 25 novembre 2025.

[313] « Burkina Faso : au moins 40 civils tués dans une attaque jihadiste contre une base militaire à Djibo », vidéo, YouTube, France 24, 29 novembre 2023, https://www.youtube.com/watch?v=P7x0GU3n4Eo (consulté le 5 septembre 2025).

[314] « RTB, Lutte contre le terrorisme : Édition spéciale sur les nouvelles du front, ce 14 décembre 2023 », vidéo, YouTube, Burkina24 TV, 14 décembre 2023, https://www.youtube.com/watch?v=8zf7i8KWolo (consulté le 29 juillet 2025).

[315] « 52 sur la RTB : Opération tchèfari ou le miel des guerriers dans une zone à haut risque de djibo », vidéo, YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 19 janvier 2024, https://www.youtube.com/watch?v=vC2EV8l45Ew (consulté le 29 juillet 2025).

[316] Pour les publications sur les réseaux sociaux, voir le compte X de Nomade Sahélien, @Nomade_Sahelien, 17 décembre 2023, https://x.com/Nomade_Sahelien/status/1736345532870557698 (consulté le 11 septembre 2025). Les publications sur les réseaux sociaux ont indiqué que les 11 et 12 décembre 2023, l’armée burkinabè et les VDP ont tué entre 220 et 300 civils, principalement des femmes et des enfants, lors d’une « expédition punitive » dans plusieurs villages au nord de Djibo, notamment Baraboulé, Bouro, Fili-Fili, Hamdallay, Monde-Sô, Ndidia, Oukoulourou, Pétégoli, Pilade, Sè et Petega.

[317] Compte X de Sahel Strategic Center, @SahelStrategic, 14 décembre 2023, https://x.com/SahelStrategic/status/1735421120663200000 (consulté le 11 septembre 2025).

[318] « Djibo : “Le Gouvernement invite les populations à n’accorder aucun crédit aux images vidéos qui circulent” », Burkina24, 18 décembre 2023, https://burkina24.com/2023/12/18/djibo-le-gouvernement-invite-les-populations-a-naccorder-aucun-credit-aux-images-videos-qui-circulent/ (consulté le 2 octobre 2025).

[319] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.M., 24 janvier 2024.

[320] « Burkina Faso : Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient », communiqué de presse de Human Rights Watch, 15 juin 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/06/15/burkina-faso-les-atrocites-des-groupes-armes-islamistes-se-multiplient. « Severe humanitarian crisis persists for people living under blockade in Djibo », Médecins Sans Frontières Project Update, 5 mai 2023, https://www.msf.org/burkina-faso-severe-humanitarian-crisis-persists-people-living-under-blockade-djibo (consulté le 29 juillet 2025).

[321] « Burkina Faso : au moins 40 civils tués dans une attaque jihadiste contre une base militaire à Djibo », vidéo, YouTube, France 24.

[322] « News in Brief 28 November 2023 », reportage vidéo, UN News, 28 novembre 2023, https://news.un.org/en/audio/2023/11/1144037#:~:text=A%20large%20number%20of%20fighters%20from%20the%20militant,20%20shops%20and%20three%20sites%20for%20displaced%20people (consulté le 3 septembre 2025).

[323] « RTB – JT de 13H du 27 novembre 2023 », direct sur YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 27 novembre 2023, https://www.youtube.com/watch?v=5lQilHoIelE (consulté le 29 juillet 2025).

[324] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.V., 30 janvier 2024.

[325] « RTB, Lutte contre le terrorisme : Édition spéciale sur les nouvelles du front, ce 14 décembre 2023 », vidéo, YouTube, Burkina24 TV.

[326] « 52 sur la RTB : Opération tchèfari ou le miel des guerriers dans une zone à haut risque de djibo », vidéo, YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina.

[327] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.F., 3 décembre 2024.

[328] Entretien de Human Rights Watch avec J.E., Côte d’Ivoire, 22 novembre 2024.

[329] Entretien de Human Rights Watch avec W.R., Côte d’Ivoire, 22 novembre 2024.

[330] Ibid.

[331] Ibid.

[332] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.M., 24 janvier 2024.

[333] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Z.F., 9 mars 2025.

[334] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.L., 2 avril 2025.

[335] « RTB, Lutte contre le terrorisme : Édition spéciale sur les nouvelles du front, ce 14 décembre 2023 », vidéo, YouTube, Burkina24 TV.

[336] « 52 sur la RTB : Opération tchèfari ou le miel des guerriers dans une zone à haut risque de djibo », vidéo, YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina.

[337] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un employé d’une organisation non gouvernementale, 7 mars 2025.

[338] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec F.P., 27 mars 2025.

[339] Ibid.

[340] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.H., 27 mars 2025.

[341] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.S., 26 mars 2025.

[342] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec G.S., 26 mars 2025.

[343] Photos et vidéos conservées dans les dossiers de Human Rights Watch.

[344] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec F.P., 27 mars 2025

[345] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec E.M., April 15, 2024.

[346] Compte X de MSF Western & Central Africa, @MSF_WestAfrica, 22 décembre 2023, https://x.com/MSF_WestAfrica/status/1738158133443260646 (consulté le 2 septembre 2025).

[347] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.M., 24 janvier 2024.

[348] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.S., 18 janvier 2024.

[349] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.I., 7 janvier 2024.

[350] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Y.U., 24 février 2024.

[351] Ibid.

[352] Ibid. Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.I., 7 janvier 2024.

[353] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.I., 7 janvier 2024.

[354] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.R., 22 décembre 2023.

[355] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec F.G., 30 mars 2024.

[356] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.P., 23 décembre 2023.

[357] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec T.L.,23 janvier 2024

[358] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.D., 8 janvier 2024.

[359] Ibid.

[360] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Samer (nom fictif), 6 février 2024.

[361] Ibid.

[362] Ibid.

[363] Vidéo apparemment prise par le GSIM datant du 17 décembre 2023, conservée dans les dossiers de Human Rights Watch.

[364] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.V., 30 janvier 2024.

[365] Au cours du processus d’examen, tous les noms qui semblaient faire référence à la même personne ont été supprimés, y compris ceux avec la même orthographe ou avec une variation orthographique mineure. De même, lorsqu’elles étaient disponibles, les informations liées au sexe et à l’âge ont été utilisées pour distinguer les individus.

[366] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.P., 24 décembre 2023.

[367] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.M., 8 janvier 2024.

[368] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.D., 8 janvier 2024.

[369] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.R., 22 décembre 2023.

[370] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.M., 8 janvier 2024.

[371] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.P., 23 décembre 2023.

[372] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.P., 24 décembre 2023.

[373] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.M., 8 janvier 2024.

[374] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.P., 23 décembre 2023.

[375] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Samer (nom fictif), 6 février 2024.

[376] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec K.D., 8 janvier 2024.

[377] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.S., 26 mars 2025.

[378] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.P., 14 février 2025.

[379] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec L.P., 13 avril 2025.

[380] Célian Macé et Agnès Faivre, « “Les soldats ont tiré sur tout ce qu’ils ont vu” : au Burkina Faso, des centaines de civils exécutés par deux convois militaires », Libération, https://www.liberation.fr/international/afrique/les-soldats-ont-tire-sur-tout-ce-quils-ont-vu-au-burkina-faso-des-centaines-de-civils-executes-par-deux-convois-militaires-20240717_I4YZVCPP4FHERO7IP6CS3D7FOM/ (consulté le 3 septembre 2025).

[381] « RTB – Édition Spéciale sur les Nouvelles du front du 2 février 2025 », direct sur YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 2 février 2025, https://www.youtube.com/watch?v=-1dtWepFCg8 (consulté le 3 septembre 2025).

[382] ACLED a signalé au moins deux affrontements entre l’EIS et le GSIM en 2024 dans la province du Yagha, où se trouvent Titabé et Koulangou : un affrontement en novembre 2024 à Titabé au cours duquel neuf combattants du GSIM auraient été tués, et un autre en avril 2024 dans le village d’Ouro Yaro, à cinq kilomètres de Titabé. ACLED a également rapporté qu’en février 2024, des combattants de l’EIS ont attaqué les villages de Tyekanyebi et Obouga, respectivement à 13 et 20 kilomètres de Titabé, tuant respectivement 40 et 20 civils que l’EIS a accusés de collaborer avec le GSIM.

[383] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.C., 20 avril 2025.

[384] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec L.P., 13 avril 2025.

[385] Ibid.

[386] Ibid.

[387] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.A., 16 février 2025.

[388] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.B., 19 février 2025.

[389] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.P., 14 février 2025.

[390] « Burkina Faso : l’armée accusée d’avoir perpétré un nouveau massacre dans le nord-est du pays », RFI, 1er février 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250201-burkina-faso-l-arm%C3%A9e-accus%C3%A9e-d-avoir-perp%C3%A9tr%C3%A9-un-nouveau-massacre-dans-le-nord-est-du-pays (consulté le 29 juillet 2025).

[391] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.C., 20 avril 2025.

[392] Ibid.

[393] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.C., 7 mars 2025.

[394] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec R.T., 19 février 2025.

[395] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.C., 20 avril 2025.

[396] Page Facebook de l’Agence d’Information du Burkina (AIB), « Reconquête territoriale : Une délégation gouvernementale burkinabè, accompagnée d’autorités militaires du Mali et du Niger s’est rendue … », 2 février 2025, https://www.facebook.com/watch/?v=2631674677221956 (consulté le 29 juillet 2025).

[397] Déclaration conservée dans les dossiers de Human Rights Watch.

[398] Déclaration conservée dans les dossiers de Human Rights Watch. Des images satellites analysées par Human Rights Watch, prises à partir du 24 janvier 2025, montrent plusieurs maisons incendiées dans les parties est et ouest de Sebba et de grandes traces d’incendie au niveau du camp militaire situé au nord de la ville, probablement des destructions causées par les attaques du GSIM.

[399] « RTB – Édition spéciale sur les nouvelles du Front », direct sur YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 17 mars 2025, https://www.youtube.com/live/3TT4zuOdQaU (consulté le 27 janvier 2026).

[400] Vidéo filmée à Diagota diffusée sur Telegram le 6 mars 2025, montrant les corps de 15 personnes, conservée dans les dossiers de Human Rights Watch.

[401] « Burkina Faso : plusieurs positions militaires attaquées dans la province du Soum au nord du pays », RFI, 3 février 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250203-burkina-faso-plusieurs-positions-militaires-attaqu%C3%A9es-dans-la-province-du-soum-au-nord-du-pays (consulté le 3 septembre 2025).

[402] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.K., 1er avril 2025.

[403] Selon ACLED : Le 20 février 2025, les forces spéciales burkinabè du Bataillon d'Intervention Rapide 10 (BIR 10) ont mené une opération aérienne et terrestre dans le village de Gaskindé (Pobe-Mengao, Soum). Au moins 21 civils, dont des femmes, des enfants et des bébés, ont été tués.

[404] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec N.A., 3 avril 2025.

[405] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec B.B., 2 avril 2025.

[406] Ibid.

[407] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec N.A., 3 avril 2025.

[408] Benjamin Roger, « Burkina Faso – Attaque de Gaskindé : “22 ans, c’est trop jeune pour mourir” », Jeune Afrique, 8 octobre 2022, https://www.jeuneafrique.com/1383439/politique/burkina-faso-attaque-de-gaskinde-22-ans-cest-trop-jeune-pour-mourir/ (consulté le 12 septembre 2025).

[409] ACLED, destruction des biens : le 5 avril 2023, des combattants présumés du GSIM ont détruit des installations de téléphonie mobile dans la ville de Yaho (Yaho, Bale). ACLED a également rapporté des pillages : Le 7 avril 2023, des militants présumés du GSIM ont saisi des biens dans deux magasins d'une école primaire dans la ville de Yaho (Yaho, Bale). Les magasins ont été vandalisés par les militants avant leur départ.

[410] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.F., jour janvier 2025.

[411] Entretien de Human Rights Watch avec O.M., Côte d’Ivoire, 25 novembre 2024.

[412] Ibid.

[413] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.A., 21 janvier 2025.

[414] Ibid.

[415] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Z.A., 20 janvier 2025.

[416] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.B., 11 mars 2025.

[417] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.T., 20 janvier 2025.

[418] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Z.A., 20 janvier 2025.

[419] Ibid.

[420] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.T., 20 janvier 2025.

[421] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Z.A., 20 janvier 2025.

[422] Page Facebook de BurkinaWeb.net, « Boucle du Mouhoun~Une vingtaine de terroristes neutralisée… », 23 novembre 2023, https://www.facebook.com/burkinaweb.net/posts/pfbid035tWqNG2me28VNzqyL3yXMAH5LEjiw7zPxEQzQzbYMzbRC8cR1opUG6DbVUizXRAFl (consulté le 12 septembre 2025). ACLED a aussi rapporté que le 23 novembre 2023, des soldats et des VDPs ont mené une opération contre des bases de combattants du GSIM à Koumana, Bondokuy, Zanzaka, Hite, Wakul, Ouakara, Kera, Kovio et Tia (Bondokui, Moujoun). Un véhicule, 15 motos, des armes et des munitions ont été saisis. Les soldats ont aussi détruit sept engins explosifs. Une vingtaine de combattants ont été tués.

[423] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.L., 19 janvier 2025.

[424] Ibid.

[425] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.U., 19 janvier 2025.

[426] Ibid.

[427] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Q.L., 19 janvier 2025.

[428] Ibid.

[429] ACLED : le 29 janvier 2024, des combattants du GSIM ont tendu une embuscade à une patrouille de soldats et de combattants volontaires (VDP) dans le secteur de Sanakui (Solenzo, Banwa). Au moins dix soldats et VDP ont été tués. Le GSIM en a revendiqué la responsabilité, déclarant avoir tué 13 soldats et saisi 13 AK et deux fusils de chasse.

[430] Entretien de Human Rights Watch avec P.B., Mali, 19 décembre 2024.

[431] Entretien de Human Rights Watch avec R.M., Mali, 19 décembre 2024.

[432] « Burkina Faso : Des milices pro-gouvernementales impliquées dans un massacre », communiqué de presse de Human Rights Watch, 14 mars 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/03/14/burkina-faso-des-milices-pro-gouvernementales-impliquees-dans-un-massacre. « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 12 mai 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/05/12/burkina-faso-larmee-dirige-des-massacres-ethniques.

[433] « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[434] Pour les reportages des médias burkinabè, voir la page Facebook du FasoTimes, « Opération “Tourbillon Vert 2” : Un succès majeur contre le terrorisme dans la Boucle du Mouhoun… », 2 avril 2025, https://www.facebook.com/FASOACTUALITE/posts/op%C3%A9ration-tourbillon-vert-2-un-succ%C3%A8s-majeur-contre-le-terrorisme-dans-la-boucle/1069065048600435/ (consulté le 5 septembre 2025).

Pour les reportages des médias internationaux, voir Agnès Faivre, « “Ils portaient des treillis et des bérets rouges, ils nous ont vus et ont commencé à tirer” : à Solenzo, l’armée burkinabè accusée d’une nouvelle tuerie », Libération, 20 mars 2025, https://www.liberation.fr/international/afrique/ils-portaient-des-treillis-et-des-berets-rouges-ils-nous-ont-vus-et-ont-commence-a-tirer-a-solenzo-larmee-burkinabe-accusee-dune-nouvelle-tuerie-20250320_2N2T5GAQLFF2XAANZSS2SZHB74/ (consulté le 5 septembre 2025).

Concernant le BACIR, voir « Boucle du Mouhoun/Opération “Tourbillon Vert 2” : Un succès majeur contre le terrorisme dans la région », Aconews.net, 2 avril 2025, https://aconews.net/boucle-du-mouhoun-operation-tourbillon-vert-2-un-succes-majeur-contre-le-terrorisme-dans-la-region/ (consulté le 5 septembre 2025).

[435] Compte de SIG Burkina Faso sur X, @sigbf, 15 mars 2025, https://x.com/sigbf/status/1900907066820075567 (consulté le 5 septembre 2025).

[436] Courrier d’Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, à Tirana Hassan, directrice exécutive, Human Rights Watch, 28 avril 2025, transmis à Human Rights Watch par Kassoum Coulibaly, ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis, le 19 mai 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Reponse%20du%20gouvernement%20Burkinabe%20-%2019%20mai%202025.pdf.

[437] Compte de Wassim Nasr sur X, @SimNasr, 14 mars 2025, https://x.com/SimNasr/status/1900553561513017565 (consulté le 5 septembre 2025).

[438] « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[439] Pour les médias internationaux, voir « Burkina Faso : des attaques meurtrières menées contre trois villages de la province de Sourou », RFI, 5 avril 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250405-burkina-faso-des-attaques-meurtri%C3%A8res-men%C3%A9es-contre-trois-villages-de-la-province-de-sourou (consulté le 28 juillet 2025).

Pour les publications sur les réseaux sociaux, voir la page Facebook de MALI Infos « ANW KO MALI », « FASO : ATTAQUE ET MASSACRE TERRORISTE… », 7 avril 2025, https://www.facebook.com/photo/?fbid=1248587083937500&set=a.516247293838153 (consulté le 29 juillet 2025).

[441]Courier du Comité Chariatique du Burkina Faso à Human Rights Watch, le 31 mai 2025. Dans les archives de Human Rights Watch.

[441] Ibid.

[442] Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Droit international humanitaire coutumier, Volume I : Règles (Établissements Émile Bruylant, 2006), règle 145.

[443] Entretien de Human Rights Watch avec C.J., Ghana, 14 mars 2025.

[444] Entretien de Human Rights Watch avec N.B., Ghana, 14 mars 2025.

[445] Ibid.

[446] Page Facebook d’Infowakat.net, « Centre-Est : 06 personnes dont 03 VDP tuées à Bekoure… », 8 février 2023, https://www.facebook.com/infowakat.net/posts/5716437525071550/ (consulté le 29 juillet 2025). Voir aussi ACLED : le 8 février 2023, des combattants présumés du GSIM ont attaqué une position de combattants volontaires dans le village de Békouré (Bittou, Boulgou). Trois VDP et trois civils ont été tués.

[447] Entretien de Human Rights Watch avec M.C., Ghana, 10 mars 2025.

[448] Entretien de Human Rights Watch avec E.C.., Ghana, 10 mars 2025.

[449] Ibid.

[450] Entretien de Human Rights Watch avec M.S., Ghana, 10 mars 2025.

[451] Ibid.

[452] Entretien de Human Rights Watch avec M.C., Ghana, 10 mars 2025.

[453] Entretien de Human Rights Watch avec M.S., Ghana, 10 mars 2025.

[454] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 18 septembre 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/09/18/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-terrorisent-les-civils.

[455] « Burkina Faso : Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 15 juin 2023, https://www.hrw.org/fr/news/2023/06/15/burkina-faso-les-atrocites-des-groupes-armes-islamistes-se-multiplient.

[456] Global Initiative, « Vol de bétail et insécurité - Dans la zone des trois frontières entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire et le Ghana », juillet 2025, https://page.globalinitiative.net/vol-de-b-tail-et-ins-curit-dans-las-zone-des-trois-fronti-res-entre-le-burkina-faso-la-c-te-divoire-et-le-ghana/index.html (consulté le 22 septembre 2025).

[457] James Courtright, « How stolen cattle links Ghana to the jihadist conflict in the Sahel », The New Humanitarian, 16 juillet 2025, https://www.thenewhumanitarian.org/analysis/2025/07/16/stolen-cattle-ghana-burkina-faso-jihadist-jnim-conflict-sahel (consulté le 22 septembre 2025). James Courtright et Kars de Bruijne, Clingendael, « Cattle Wahala – How Ghana, Burkina Faso and Togo can jointly address the political economy of cattle rustling and smuggling in the tri-border region », 8 juillet 2025, https://www.clingendael.org/publication/cattle-wahala, 8 juillet 2025 (consulté le 22 septembre 2025).

[458] Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Droit international humanitaire coutumier, Volume I : Règles (Établissements Émile Bruylant, 2006), règle 129(b).

[459] Amnesty International, « ‘La mort nous guettait’ : Vivre dans des localités assiégées au Burkina Faso. » numéro d’index : AFR 60/7209/2023, 2 novembre 2023, https://www.amnesty.org/fr/documents/afr60/7209/2023/fr/ (consulté le 16 mars 2026).

[460] acaps, « Burkina Faso: Humanitarian Needs in Blockaded Areas », 28 mai 2025, https://www.acaps.org/fileadmin/Data_Product/Main_media/20250528_ACAPS_Burkina_Faso_Humanitarian_needs_in_blockaded_areas.pdf (consulté le 19 septembre 2025).

[461] « Burkina Faso : Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[462] Amnesty International, « ‘La mort nous guettait’ : Vivre dans des localités assiégées au Burkina Faso. »

[463] « Burkina Faso : Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[464] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.S., 29 mai 2023.

[465] Compte X d’AMANAR_ADVISOR, @amanar_advisor, 28 novembre 2022, https://x.com/amanar_advisor/status/1597269684646469632 (consulté le 25 mars 2026). Morgane le Cam, « Au Burkina Faso, la flambée des violences souligne les limites de la stratégie de lutte antiterroriste de la junte », Le Monde, 19 avril 2023, https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/04/19/au-burkina-faso-la-flambee-des-violences-souligne-les-limites-de-la-strategie-de-lutte-antiterroriste-de-la-junte_6170164_3212.html (consulté le 29 juillet 2025).

[466] « Burkina Faso : Un massacre met en évidence l’urgence de protéger les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 29 octobre 2024, https://www.hrw.org/fr/news/2024/10/29/burkina-faso-un-massacre-met-en-evidence-lurgence-de-proteger-les-civils.

[467] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils, » communiqué détaillé de Human Rights Watch, 15 septembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/09/15/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-ont-massacre-des-civils.

[468] Par ailleurs, Human Rights Watch a précédemment documenté le fait que le GSIM ciblait des élèves, des enseignants et des écoles car le groupe armé s’oppose à l’éducation occidentale, et insiste pour que les enfants n’étudient que l’arabe et le Coran, voire n’aillent plus du tout en cours. Le présent rapport ne couvre pas ces attaques mais, pour de plus amples informations à ce sujet, voir « Burkina Faso : Des islamistes armés attaquent le secteur de l’éducation », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 26 mai 2020, https://www.hrw.org/fr/news/2020/05/26/burkina-faso-des-islamistes-armes-attaquent-le-secteur-de-leducation. GCPEA, « Burkina Faso - Education Under Attack 2024 », eua_2024_burkinafaso.pdf (consulté le 27 novembre 2025).

[469] « Burkina Faso : Un massacre met en évidence l’urgence de protéger les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch. « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 12 mai 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/05/12/burkina-faso-larmee-dirige-des-massacres-ethniques.

[470] Entretien de Human Rights Watch avec S.S., Mali, 17 décembre 2024.

[471] La « parenté à plaisanterie » ou « cousinage à plaisanterie » est une relation entre deux personnes selon un mode de plaisanterie ritualisé reposant sur la taquinerie ou la moquerie. Il s’agit d’une particularité des relations sociales burkinabè.

[472] Entretien de Human Rights Watch avec D.W., Mali, 17 décembre 2024.

[473] Entretien de Human Rights Watch avec L.L., Mali, 17 décembre 2024.

[474] Entretien de Human Rights Watch avec S.S., Mali, 17 décembre 2024.

[475] Entretien de Human Rights Watch avec F.V., Mali, 17 décembre 2024.

[476] Entretien de Human Rights Watch avec C.N., Mali, 18 décembre 2024.

[477] Entretien de Human Rights Watch avec S.N., Mali, 18 décembre 2024.

[478] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec G.J., 14 mars 2025.

[479] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.U., 13 mars 2025.

[480] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.G., 12 mars 2025.

[481] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec G.J., 14 mars 2025.

[482] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec Y.T., 12 mars 2025

[483] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec J.P., 11 mars 2025.

[484] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.U., 13 mars 2025.

[485] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.G., 12 mars 2025.

[486] Marcelin Konvolbo, « Cheick Aboubacar Traoré de Sissamba : Près de 8 mois après son arrestation, ses proches implorent le capitaine Ibrahim Traoré de le libérer », Le Curieux d’Afrique, 7 janvier 2025, https://curieuxdafrique.net/cheick-aboubacar-traore-de-sissamba-pres-de-8-mois-apres-son-arrestation-ses-proches-implorent-le-capitaine-ibrahim-traore-de-le-liberer/ (consulté le 31 juillet 2025).

[487] OCHA, « Déclaration du Coordonnateur Humanitaire par Intérim au Burkina Faso sur les récentes violences à Séguénéga, région du Nord », Ouagadougou, 27 mai 2024, https://www.unocha.org/publications/report/burkina-faso/declaration-du-coordonnateur-humanitaire-par-interim-au-burkina-faso-sur-les-recentes-violences-seguenega-region-du-nord (consulté le 6 septembre 2025).

[488] Sahel News, https://sahelnews.io/fIgA1/neLezEpU78.jpg (consulté le 29 juillet 2025).

[489] Human Rights Watch a analysé des images satellitaires du 28 décembre 2024 montrant que le camp de PDI avait été complètement démantelé.

[490] Compte X de TRACTerrorism, @TracTerrorism, 20 mars 2025, https://x.com/TracTerrorism/status/1902689958810316896 (consulté le 12 février 2026). Compte X d’Eugène Djoko, @EugeneDjoko, 19 mars 2025, https://x.com/EugeneDjoko/status/1902341473191748032 (consulté le 12 février 2026).

[491] « RTB – Édition spéciale sur les nouvelles du Front », direct sur YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 17 mars 2025, https://www.youtube.com/live/3TT4zuOdQaU (consulté le 27 janvier 2026).

[492] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.R., 12 avril 2025.

[493] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec G.T., 12 avril 2025.

[494] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec W.T., 12 avril 2025.

[495] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.L., 12 avril 2025.

[496] Page Facebook d’Elkebir Alertes, « Suggestions... », 13 mars 2025, https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=pfbid0oxb1TnNpTUeoF5t2CYAZWwinRgnAD7WL3BYH7SBmsM7312pth4zoTC4ohoqBKZ7l&id=100080674125896 (consulté le 4 septembre 2025).

[497] Entretiens téléphoniques de Human Rights Watch avec B.F., 11 et 12 avril 2025.

[498] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec L.K., 12 avril 2025.

[499] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.L., 12 avril 2025.

[500] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.O., 12 avril 2025.

[501] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec W.T., 12 avril 2025.

[502] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec C.P., 12 avril 2025.

[503] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec T.R., 11 avril 2025.

[504] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec W.T., 12 avril 2025.

[505] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec A.L., 12 avril 2025.

[506] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec R.W., 12 avril 2025.

[507] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.Y., 8 mai 2025.

[508] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.I., 9 mai 2025.

[509] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec D.M., 8 mai 2025.

[510] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.I., 9 mai 2025.

[511] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec H.Y., 8 mai 2025.

[512] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils », communiqué de Human Rights Watch.

[513] Lettre du Comité chariatique au Burkina Faso duGSIM à Human Rights Watch, 15 août 2025, traduite de l’arabe vers l’anglais, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2025/09/R%C3%A9ponse%20du%20GSIM%20%C3%A0%20HRW%20le%2015%20aout%202025.pdf.

[514] Compte X de Wamaps, @Wamaps_news, 13 août 2025, https://x.com/Wamaps_news/status/1955641782009499678 (consulté le 4 septembre 2025).

[515] Compte X de Nomade Sahélien, @Nomade_Sahelien, 11 août 2025, https://x.com/Nomade_Sahelien/status/1954968818444636607 (consulté le 6 septembre 2025).

[516] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec E.E., 30 août 2025.

[517] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec E.V., 4 septembre 2025.

[518] « Burkina Faso : Un massacre met en évidence l’urgence de protéger les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch. Pour des informations concernant Barsalogho en tant que fief des VDP, voir International Crisis Group, « Burkina Faso : armer les civils au prix de la cohésion sociale ? », Africa Report n°313, 15 décembre 2023, https://www.crisisgroup.org/fr/rpt/africa/sahel/burkina-faso/burkina-faso/313-armer-les-civils-au-prix-de-la-cohesion-sociale (consulté le 4 septembre 2025).

[519] Lettre de Human Rights Watch à Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, 12 septembre 2024,

https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2024/10/Lettre%20de%20Human%20Rights%20Watch%20aux%20autorites%20du%20Burkina%20Faso_MOJ.pdf. Lettre de Harouna Kadio, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, 10 octobre 2024, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2024/10/Lettre%20des%20autorities%20Burkinabe%20FR.pdf.

[520] Lettre du Comité chariatique du GSIM au Burkina Faso à Human Rights Watch, 18 septembre 2024, traduit de l’arabe vers l’anglais, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2024/10/JNIM%20response%20to%20HRW.pdf.

[521] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec N.M., 8 octobre 2025.

[522] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec F.F., 8 octobre 2025.

[523] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec N.M., 8 octobre 2025.

[524] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec F.F., 8 octobre 2025.

[525] Compte X de Sahel Média, @SahelMdia, 8 octobre 2022, https://x.com/SahelMdia/status/1578828753106776064?s=20 (consulté le 7 janvier 2026).

[526] Entretien de Human Rights Watch avec A.S.D., Bénin, 25 novembre 2025.

[527] Entretien de Human Rights Watch avec L.T., Bénin, 25 novembre 2025.

[528] Ibid.

[529] Entretien de Human Rights Watch avec N.R., Bénin, 20 novembre 2025.

[530] Ibid.

[531] Entretien de Human Rights Watch avec N.F., Bénin, 20 novembre 2025.

[532] Des témoins ont signalé que la première attaque perpétrée par des combattants islamistes armés présumés s’était produite en décembre 2019 et avait entraîné la mort d’un berger. Voir également le compte X d’Issa B., @IssaBaouaga, 23 décembre 2019, https://x.com/IssaBaouaga/status/120912792389200691 (consulté le 2 décembre 2025). Des témoins ont aussi déclaré qu’en mars 2020, des hommes armés avaient incendié un centre de réhabilitation de personnes handicapées. Voir également « Burkina Faso : Le centre ‘Handicapés en Avant’ de Mahadaga incendié par des hommes armés », NetAfrique.net, 16 mars 2020, https://netafrique.net/burkina-faso-le-centre-handicapes-en-avant-de-mahadaga-incendie-par-des-hommes-armes/ (consulté le 2 décembre 2025).

[533] Entretien de Human Rights Watch avec N.R., 20 novembre 2025.

[534] Entretien de Human Rights Watch avec S.S.C., Bénin, 20 novembre 2025.

[535] Ibid.

[536] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[537] Ibid.

[538] Compte X de Wamaps, @Wamaps_news, 15 mai 2025, https://x.com/Wamaps_news/status/1923026186218709286?s=20 (consulté le 28 novembre 2025).

[539] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 13 mai 2025, https://x.com/SimNasr/status/1922405557106794743?s=20 (consulté le 28 novembre 2025).

[540] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[541] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 16 mai 2025, https://x.com/SimNasr/status/1923449037233045884?s=20 (consulté le 28 novembre 2025).

[542] Compte X de Wamaps, @Wamaps_news, 31 mars 2025, https://x.com/Wamaps_news/status/1906723658510303538?s=20 (consulté le 28 novembre 2025). Compte X de France 24 Français, @France24_fr, 10 avril 2025, https://x.com/France24_fr/status/1910340906420515090?s=20 (consulté le 28 novembre 2025).

[543] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 8 avril 2025, https://x.com/SimNasr/status/1909617489081679907?s=20 (consulté le 28 novembre 2025). Voir également « Burkina Faso : L’armée a dirigé des massacres ethniques, » communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[544] Entretien de Human Rights Watch avec J.G., Bénin, 21 novembre 2025.

[545] Entretien de Human Rights Watch avec G.P., Bénin, 21 novembre 2025.

[546] Ibid.

[547] Entretien de Human Rights Watch avec D.C., Bénin, 21 novembre 2025.

[548] Entretien de Human Rights Watch avec J.G., 21 novembre 2025.

[549] Entretien de Human Rights Watch avec D.C., 21 novembre 2025.

[550] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[551] Ibid.

[552] Ibid.

[553] Ibid.

[554] Entretien de Human Rights Watch avec C.F., Mali, 18 décembre 2024.

[555] Entretien de Human Rights Watch avec E.F., Mali, 18 décembre 2024.

[556] Entretien de Human Rights Watch avec K.T., Mali, 18 décembre 2024.

[557] Entretien de Human Rights Watch avec C.F., 18 décembre 2024.

[558] Entretien de Human Rights Watch avec E.F., 18 décembre 2024.

[559] Entretien de Human Rights Watch avec K.T., 18 décembre 2024.

[560] Entretien de Human Rights Watch avec D.D., Mali, 19 décembre 2024.

[561] Entretien de Human Rights Watch avec U.T., Mali, 18 décembre 2024.

[562] Ibid.

[563] Entretien de Human Rights Watch avec B.C., Mali, 18 décembre 2024.

[564] Ibid.

[565] Entretien de Human Rights Watch avec U.T., Mali, 18 décembre 2024.

[566] Entretien de Human Rights Watch avec R.F., Mali, 18 décembre 2024.

[567] Entretien de Human Rights Watch avec T.F., Mali, 18 décembre 2024.

[568] Entretien de Human Rights Watch avec R.F., 18 décembre 2024.

[569] Ibid.

[570] Entretien de Human Rights Watch avec E.W., Mali, 18 décembre 2024.

[571] Entretien de Human Rights Watch avec T.F., 18 décembre 2024.

[572] Entretien de Human Rights Watch avec R.F., 18 décembre 2024.

[573] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.W., 17 octobre 2025.

[574] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.L., 17 octobre 2025.

[575] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec S.W., 17 octobre 2025.

[576] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec P.L., 17 octobre 2025.

[577] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes terrorisent les civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[578] Compte X de Wassim Nasr, @SimNasr, 16 juin 2024, https://x.com/SimNasr/status/1802331466132603103 (consulté le 29 juillet 2025).

[579] « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils », communiqué de Human Rights Watch.

[580] « Burkina Faso : Les atrocités des groupes armés islamistes se multiplient », communiqué détaillé de Human Rights Watch.

[581] Concernant la prise de contrôle de la base militaire, voir Quang Pham, « Burkina Faso : des jihadistes ont bien posé devant le portrait d'Ibrahim Traoré », Les Observateurs, France 24, 15 mai 2025, https://observers.france24.com/fr/burkina-faso-jihadistes-posent-devant-portrait-ibrahim-traore (consulté le 4 septembre 2025).

[582] Entretiens téléphoniques de Human Rights Watch avec D.A., 1er juillet 2025 ; A.W., 30 juillet 2025 ; V.B., 30 juillet 2025 ; et A.R., 30 juillet 2025.

[583] Lettre du Comité chariatique duGSIM au Burkina Faso à Human Rights Watch, 15 août 2025, traduite de l’arabe vers l’anglais, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2025/09/R%C3%A9ponse%20du%20GSIM%20%C3%A0%20HRW%20le%2015%20aout%202025.pdf.

[584] Concernant ce reportage, voir « Une attaque jihadiste au nord du Burkina Faso fait ‘plusieurs dizaines’ de morts », France 24, 12 mai 2025, https://www.france24.com/fr/afrique/20250512-afrique-burkina-faso-attaque-jihadiste-nord-pays-plusieurs-dizaines-morts (consulté le 5 septembre 2025). Concernant le reportage de la RTB, voir « RTB – Edition spéciale : Les échos du front du 16 mai 2025 », YouTube live, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 16 mai 2025, https://www.youtube.com/watch?v=0LZGW7PCx9o (consulté le 5 septembre 2025).

[585] Wamini Sidwaya, « Djibo : 10 militaires tombés dans l’attaque du 14e Régiment interarmes », Sidwaya Info, 24 octobre 2022, https://www.sidwaya.info/djibo-10-militaires-tombes-dans-lattaque-du-14e-regiment-interarmes/ (consulté le 12 septembre 2025).

[586] « Dozens killed in attack by armed groups in Burkina Faso, UN says », France 24, 28 novembre 2023, https://www.france24.com/en/africa/20231128-armed-groups-carry-out-major-attack-in-northern-burkina-faso-say-security-sources (consulté le 12 septembre 2025).

[587] « Burkina Faso : plusieurs positions militaires attaquées dans la province du Soum au nord du pays », RFI, 3 février 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250203-burkina-faso-plusieurs-positions-militaires-attaqu%C3%A9es-dans-la-province-du-soum-au-nord-du-pays (consulté le 3 septembre 2025). Des résidents de Djibo ont expliqué à Human Rights Watch que la ville avait une signification symbolique pour le GSIM. Jafar Dicko, le leader du GSIM au Burkina Faso, et ses deux frères, Ousmane Dicko et Ibrahim Dicko, alias Malam (le premier des frères à être devenu un djihadiste au milieu des années 2000), vivaient dans cette ville. « La ville, c’était chez eux, ils dirigeaient une mosquée dans le Secteur 5 », a indiqué un résident de Djibo qui avait connu Jafar. « Quand Malam a rejoint les rangs des djihadistes, les autorités ont fermé la mosquée, contraignant la famille Dicko à quitter la ville. » Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec V.B., 30 juillet 2025.

[588] CICR, Les Conventions de Genève et leurs commentaires, https://www.icrc.org/fr/droit-et-politique/les-conventions-de-geneve-et-leurs-commentaires (consulté le 4 septembre 2025).

[589] Lettre de Harouna Kadio, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, à Human Rights Watch, août 2024, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2024/09/Africa_BurkinaFaso_ROR_Response.pdf.

[590] Lettre d’Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice et des Droits humains, ministère de la Justice et des Droits humains du Burkina Faso, à Tirana Hassan, directrice exécutive, Human Rights Watch, 28 avril 2025, transmis à Human Rights Watch par Kassoum Coulibaly, ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis le 19 mai 2025, https://www.hrw.org/sites/default/files/media_2026/03/Reponse%20du%20gouvernement%20Burkinabe%20-%2019%20mai%202025.pdf.

[591] CICR, Commentaire de la Première Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne (CICR, 2ème édition, 2020), https://ihl-databases.icrc.org/fr/ihl-treaties/gci-1949/article-3/commentary/2016?activeTab= (consulté le 20 mars 2026), art. 3, para. 387.

[592] CICR, Droit international humanitaire coutumier, Volume I : Règles (Établissements Émile Bruylant, 2006), règle 129(b).

[593] Ibid., règle 156.

[594] CICR, Les protocoles additionnels aux Conventions de Genève du 12 aout 1949 (CICR, 2010), https://www.icrc.org/sites/default/files/external/doc/fr/assets/files/other/icrc_001_0321.pdf (consulté le 17 février 2026), Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés non internationaux (Protocole II) du 8 juin 1977, art. 4(2)(b). Voir également CICR, Droit international humanitaire coutumier, règle 103.

[595] Claude Pilloud et al., Commentaire des protocoles additionnels du 8 juin 1977 aux Conventions de Genève du 12 aout 1949 (Genève: Comité international de la Croix-Rouge: Martinus Nijhoff Publishers, 1986), para. 3055.

[596] CICR, Droit international humanitaire coutumier, règles 152, 153 et 156.

[597] Conseil de sécurité des Nations Unies, Rapport final de la Commission d’experts constituée conformément à la Résolution 780 (1992) du Conseil de sécurité, S/1994/674, 27 mai 1994, https://docs.un.org/fr/S/1994/674 (consulté le 5 septembre 2025), Section III., B., para. 130.

[598] Ibid.

[599] Ibid., Section III., B., para. 129.

[600] History of the United Nations War Crimes Commission and the Development of the Laws of War (1943), p. 179, cité dans Rodney Dixon, “Crimes against humanity,” dans Commentary on the Rome Statute of the International Criminal Court, ed. Otto Triffterer (Baden-Baden: Nomos Verlagsgesellschaft,1999), p. 123.

[601] Statut de Rome de la Cour pénale internationale (Statut de Rome), A/CONF.183/9, 17 juillet 1998, entré en vigueur le 1er juillet 2002, https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Statut-de-Rome.pdf (consulté le 6 septembre 2025), art. 7.

[602] Ibid, art 7(2)(a).

[603] Le Procureur contre Jean-Paul Akayesu, Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Affaire ICTR-96-4-T, Jugement (Chambre I), 2 septembre 1998, https://francegenocidetutsi.fr/documents/AkayezuJugementEtCondamnation.pdf (consulté le 6 septembre 2025), para. 582.

[604] Ibid, par. 579. Le Procureur c. Dario Kordic & Mario Cerkez, Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), Affaire IT-95-14/2-T, Jugement (Chambre de première instance), 26 février 2001, https://ucr.irmct.org/LegalRef/CMSDocStore/Public/French/Judgement/NotIndexable/IT-95-14%232/JUD28R0000311562.pdf (consulté le 17 février 2026), par. 179. Le Procureur c. Clément Kayishema et Obed Ruzindana, TPIR, Affaire ICTR-95-1-T, Jugement (Chambre de première instance II), 21 mai 1999, https://francegenocidetutsi.fr/documents/KayishemaRuzindanaJugement21mai1999.pdf (consulté le 17 février 2026), par. 123.

[605] Prosecutor v. Dragoljub Kunarac, Radomir Kovac and Zoran Vukovic, TPIY, Affaire IT-96-23 & IT-96-23/1 A, Jugement (Chambre d’appel), 12 juin 2002, https://www.icty.org/x/cases/kunarac/acjug/en/kun-aj020612e.pdf (consulté le 17 février 2026), para. 98.

[606] Statut de Rome, art. 7(1)(g).

[607] Voir par exemple Le Procureur c. Vidoje Blagojevic, Dragan Jokic, TPIY, Affaire IT-02-60-T, Jugement (Chambre de première instance I, Section A), 17 janvier 2005, https://www.icty.org/x/cases/blagojevic_jokic/tjug/fr/050117.pdf (consulté le 6 septembre 2025), para. 556.

[608] Éléments des crimes (La Haye : Cour pénale internationale, 2013), https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Publications/Elements-des-crimes.pdf (consulté le 5 mars 2026), art. 7(1)(i). Statut de Rome, art. 7(2)(i).

[609] Statut de Rome, art. 7(2)(e).

[610] Accord concernant la poursuite et le châtiment des grands criminels de guerre des Puissances européennes de l’Axe et statut du tribunal international militaire, 8 août 1945, https://ihl-databases.icrc.org/assets/treaties/350-DIH-49-FR.pdf (consulté le 5 mars 2026), art. 6.

[611] Statut de Rome, art. 7(2)(g).

[612] Statut de Rome, art. 7(1)(h) et (2)(g).

[613] Statut de Rome, art. 7(1)(d) et (2)(d).

[614] Voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 5e région militaire (région administrative de la Boucle du Mouhoun), Opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025.

[615] Statut de Rome, art. 7(1).

[616] Ibid, art. 7(1) et (2)(a).

[617] Éléments des crimes (La Haye : Cour pénale internationale, 2013), https://www.icc-cpi.int/sites/default/files/Publications/Elements-des-crimes.pdf (consulté le 5 mars 2026), art. 7, Introduction, (3).

[618] Commission des droits de l’homme, « Rapport du Représentant du Secrétaire général, M. Francis M. Deng, présenté conformément à la résolution 1997/39 de la Commission des droits de l’homme, Additif, Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays, » E/CN.4.1998/53/Add.2 (consulté le 5 mars 2026), principe 28.

[619] Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (Convention de Kampala), adoptée le 23 octobre 2009, entrée en vigueur le 6 décembre 2012, https://au.int/sites/default/files/treaties/36846-treaty-0039_-_kampala_convention_african_union_convention_for_the_protection_and_assistance_of_internally_displaced_persons_in_africa_f.pdf (consulté le 6 mars 2026), arts. 3, 4, 9(2), 11 et 12.

[620] HCR, Refugee Data Finder, https://www.unhcr.org/refugee-statistics/download (consulté le 2 décembre 2025).

[621] Principes fondamentaux et directives concernant le droit à un recours et à réparation des victimes de violations flagrantes du droit international des droits de l’homme et de violations graves du droit international humanitaire, adoptés par l’Assemblée générale par sa résolution 60/147 du 16 décembre 2005, https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/basic-principles-and-guidelines-right-remedy-and-reparation (consulté le 6 mars 2026), art. 2(c).

[622] Commission internationale de juristes, « Le droit à un recours et à obtenir réparation en cas de violations graves des droits de l’Homme, Guide pratique, Édition révisée », octobre 2018, https://www.icj.org/wp-content/uploads/2012/08/right-to-remedy-and-reparations-practitioners-guide-2006-fra.pdf (consulté le 6 mars 2026), pp. 47-60. Theo van Boven, “Victims’ Right to a Remedy and Reparation: The New United Nations Principles and Guidelines,” dans Reparations for Victims of Genocide, War Crimes and Crimes against Humanity, ed. Carla Ferstman et al. (Netherlands: Koninklijke Brill NV, 2009), https://www.corteidh.or.cr/tablas/r26214.pdf (consulté le 6 mars 2026), p. 22.

[623] Observation générale n°4 : Le droit de réparation pour les victimes de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (Article 5), adoptée par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples le 4 mars 2017, entrée en vigueur le 4 mars 2017, https://achpr.au.int/fr/node/893 (consulté le 6 mars 2026).

[624] Principes fondamentaux concernant le droit à un recours, art. 8.

[625] Commission internationale de juristes, « Le droit à un recours et à obtenir réparation en cas de violations graves des droits de l’Homme », p. 115.

[626] Principes fondamentaux des concernant le droit à un recours, arts. 19 et 20. Assemblée générale des Nations Unies, « Rapport du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale »,A/51/18, 30 septembre 1996, https://docs.un.org/fr/A/51/18 (consulté le 6 mars 2026), Recommandation générale XXII (49), adoptée à la 1175e séance, le 16 aout 1996, pp. 134-135.

[627] Sous-Commission de la promotion et de la protection des droits de l’homme de l’ONU, « Principes concernant la restitution des logements et des biens dans le cas des réfugiés et des personnes déplacées (Principes Pinheiro) », E/CN.4/Sub.2/2005/17, 28 juin 2005, https://digitallibrary.un.org/record/552535?v=pdf (consulté le 16 mars 2026).

[628] « Clôture des assises nationales : la Charte de la Transition signée, le Capitaine Ibrahim TRAORE Président du Faso », Service d’Information du Gouvernement du Burkina Faso, 14 octobre 2022, https://web.archive.org/web/20230604224518/https://www.sig.gov.bf/actualites/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=1333&cHash=5ce32919813413850b04aff30ffec8ce (consulté le 5 septembre 2025).

[629] Charte de la transition, 14 octobre 2022, https://web.archive.org/web/20221015153729/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/10/CHARTE-ET-ACTE-1.pdf (consulté le 12 septembre 2025), arts. 4-5.

[630] Charte de la transition (modifiée), 25 mai 2024, https://web.archive.org/web/20240526050535/https://www.sig.gov.bf/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=1832&cHash=afb8ddaea2be62f10e92420ec40b5b4b (consulté le 12 septembre 2025), arts. 4-5.

[631] Abdoul Ouegraogo, « Gouvernement de la transition : Le ministre en charge de la défense officiellement installé, » Faso-actu, 3 novembre 2022, https://faso-actu.info/gouvernement-de-la-transition-le-ministre-en-charge-de-la-defense-officiellement-installe/ (consulté le 6 mars 2026).

[632] « Burkina: Le ministre de la Défense promu général », Agence d’Information du Burkina, 28 octobre 2023, https://web.archive.org/web/20250421211836/https:/www.aib.media/regions/2023/10/28/burkina-le-ministre-de-la-defense-promu-general/ (consulté le 6 mars 2026).

[633] “Le Burkina « portera les coups qu’il faut » aux terroristes, général Célestin Simporé,” Agence d’Information du Burkina, 9 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20241211234801/https://www.aib.media/le-burkina-portera-les-coups-quil-faut-aux-terroristes-general-celestin-simpore/ (consulté le 6 mars 2026).

[634] Il était ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants quand les incidents suivants ont eu lieu : Barsalogho, region du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 ; Békouré, région du Centre-Est, février 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023 ; Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023 ; Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Mansila, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023 ; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023.

[636] « Burkina Faso : Des nominations au sein de l’armée au lendemain de l’incident de Ouagadougou près de la présidence… », Tic infos, 2 avril 2023, https://web.archive.org/web/20250212212311/https://ticinfos.com/2023/04/02/burkina-faso-des-nomination-au-sein-de-larmee-au-lendemain-de-lincident-de-ouagadougou-pres-de-la-presidence/ (consulté le 6 mars 2026).

[637] « Burkina : Le général de brigade Célestin Simporé nommé ministre de la Défense », LeFaso.net, 8 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20241208223410/https://lefaso.net/spip.php?article134669 (consulté le 6 mars 2026).

[638] Il était CEMGAA quand les incidents suivants ont eu lieu : Békouré, région du Centre-Est, février 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023 ; Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023 ; Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023.

[639] « Burkina Faso : Le colonel-major Célestin Simporé est nommé Chef d’état-major général des armées », Faso7, 31 mars 2023, https://web.archive.org/web/20240725073909/https://faso7.com/2023/03/31/burkina-faso-le-colonel-major-celestin-simpore-est-nomme-chef-detat-major-general-des-armees/ (consulté le 6 mars 2026). Entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Békouré, région du Centre-Est, février 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023 ; Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Guide, région du Sahel, janvier-mars 2023 ; Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023.

[640] « Burkina : Les offensives contre les terroristes vont s’accentuer, Armée », Agence d'Information du Burkina, 6 avril 2023, https://web.archive.org/web/20240913042802/https://www.aib.media/burkina-les-offensives-contre-les-terroristes-vont-saccentuer-armee/ (consulté le 12 septembre, 2025).

[641] « Forces armées nationales : Le CEMGA, Colonel-major Célestin Simporé, reçoit ses attributs de Général de Brigade », LeFaso.net, 3 novembre 2023, https://web.archive.org/web/20231104155915/https://lefaso.net/spip.php?article125470 (consulté le 6 mars 2026).

[642] « Burkina : Le colonel Moussa Diallo élevé au grade de général de brigade. Agence d’information du Burkina », Agence d'Information du Burkina, 17 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20250421214724/https://www.aib.media/regions/2024/12/17/burkina-le-colonel-moussa-diallo-eleve-au-grade-de-general-de-brigade/ (consulté le 6 mars 2026).

[643] Il était CEMGA lorsque les incidents suivants ont eu lieu : Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Mansila, région du Sahel, 1 juin 2023 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin 2023 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023. Comme déjà noté, Simporé a officiellement pris ses fonctions de CEMGA le 6 avril 2023, ce qui chevauche partiellement avec les incidents dans la province de Sissili, région du Centre-Ouest, en avril 2023, et de Zambanga, région du Centre-Nord, entre le 29 mars 2023 et le début du mois d’avril 2023. Human Rights Watch, n’a pas été en mesure de déterminer si les abus se sont produits dans la période où Simporé occupait la position et par conséquent ces incidents n’ont pas été inclus dans le nombre total d’incidents pour cette position. 

[644] « Le Burkina « portera les coups qu’il faut » aux terroristes, général Célestin Simporé », Agence d’Information du Burkina.

[645] Evariste Yoda, « Ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants : le programme d’activités 2025 en examen », Sidwaya, 10 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250411001008/https://www.sidwaya.info/ministere-de-la-defense-nationale-et-des-anciens-combattants-le-programme-dactivites-2025-en-examen/ (consulté le 6 mars 2026).

[646] Il était ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants lorsque les incidents suivants ont eu lieu : Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, region du Sahel, janvier-mars 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025.

[647] « Burkina : Le colonel Moussa Diallo nommé chef d’État-major général adjoint des Armées (décret) », Agence d'Information du Burkina, 31 mars 2023, https://web.archive.org/web/20240908061252/https://www.aib.media/burkina-le-colonel-moussa-diallo-nomme-chef-detat-major-general-adjoint-des-armees-decret/ (consulté le 6 mars 2026).

[648] Gaoussou Ouegraogo, « Bobo-Dioulasso : Un mort et des blessés lors d’une expédition militaire », Minute.bf, 16 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230616180736/https://www.minute.bf/bobo-dioulasso-un-mort-et-des-blesses-lors-dune-expedition-militaire/ (consulté le 6 mars 2026).

[649] « Burkina/Chef d’État-Major : Le Général de brigade Moussa Diallo s’engage à servir avec loyauté et patriotisme », Agence d'Information du Burkina, 30 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20250122104830/https://www.aib.media/burkina-chef-detat-major-le-general-de-brigade-moussa-diallo-sengage-a-servir-avec-loyaute-et-patriotisme/ (consulté le 6 mars 2026).

[650] Il était CEMGAA quand les incidents suivants ont eu lieu : Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024. De plus, les incidents suivants se sont produits entre la date de sa nomination au poste de CEMGAA et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions : Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Mansila, région du Sahel, 1er juin 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023 ; Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023.

[651] « Burkina : « Nous devons demeurer professionnels et agir dans le strict respect des droits humains et de la dignité », exhorte le CEMGA, général de brigade Moussa Diallo », LeFaso.net, 30 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20250101113854/https://lefaso.net/spip.php?article135158 (consulté le 6 mars 2026).

[652] « Ouagadougou : Dr Arouna Louré arrêté à hôpital Schiphra par des militaires armés », aOuaga.com, 13 septembre 2023, https://web.archive.org/web/20250502183647/http://news.aouaga.com/h/150302.html (consulté le 6 mars 2026).

[653] « Le Général de Brigade Moussa Diallo prend officiellement les rênes de l’Etat Major Général des Armées », Toute Info, 30 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20250504184535/https://www.touteinfo.com/spip.php?article5222 (consulté le 6 mars 2026). « Burkina/Armée : Le colonel Théophile Nikièma nommé commandant de la Brigade spéciale d’intervention rapide », Agence d'Information du Burkina, 20 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20241221004231/https://www.aib.media/burkina-armee-le-colonel-theophile-nikiema-nomme-commandant-de-la-brigade-speciale-dintervention-rapide/ (consulté le 6 mars 2026). « Burkina/Chef d’État-Major : Le Général de brigade Moussa Diallo s’engage à servir avec loyauté et patriotisme », Agence d'Information du Burkina.

[654] Il était commandant du COTN quand les incidents suivants ont eu lieu : Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024. De plus, les incidents suivants se sont produits entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions : Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Mansila, région du Sahel, 1er juin 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 ; Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023.

[655] « Burkina : Le colonel Moussa Diallo prend la tête de la Brigade spéciale et d’intervention rapide Agence d'Information du Burkina, 10 janvier 2024, https://www.aib.media/regions/2024/01/19/burkina-le-colonel-moussa-diallo-prend-la-tete-de-la-brigade-speciale-et-dintervention-rapide/ (consulté le 6 mars 2026).

[656] Atiana Serge Oulon, « Force armée nationale : L’ascension du colonel Moussa Diallo », L'Evénement, 12 février 2024, https://web.archive.org/web/20250207081150/https://www.evenement-bf.net/forces-armees-nationale-lascension-du-colonel-moussa-diallo/ (consulté le 13 mars 2026).

[657] « Le Colonel Théophile Nikiema, nouveau commandant de la Brigade Spéciale et d’Intervention Rapide (BSIR) », Agence d'Information du Burkina, 10 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250111035021/https://www.aib.media/le-colonel-theophile-nikiema-nouveau-commandant-de-la-brigade-speciale-et-dintervention-rapide-bsir/ (consulté le 6 octobre 2025).

[658] « Burkina: Le colonel Moussa Diallo élevé au grade de général de brigade », Agence d'Information du Burkina.

[659] « Burkina/Chef d’État-Major : Le Général de brigade Moussa Diallo s’engage à servir avec loyauté et patriotisme, ». Agence d'Information du Burkina.

[660] Loi n°038-2016/AN portant statut général des personnels des Forces Armées Nationales, https://web.archive.org/web/20210812142452/https://www.defense.gov.bf/fileadmin/user_upload/stockage/images/loi_038_statut_general_fan.pdf (consulté le 13 mars 2026). Loi n°039-2024/ALT portant statut général des personnels des Forces armées nationales, https://web.archive.org/web/20250418190452/https://www.assembleenationale.bf/storage/Loi/Kge95VhUvAGgXqIDCSDzDxjYF9TxM5UdWfjer8Oe.pdf (consulté le 13 mars 2026).

[661] Il était commandant de la BSIR quand les incidents suivants ont eu lieu : Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024.

[662] « Burkina/Chef d’État-Major : Le Général de brigade Moussa Diallo s’engage à servir avec loyauté et patriotisme », Agence d'Information du Burkina.

[663] « Burkina/Education : Le Prytanée militaire du Kadiogo récompense ses meilleurs élèves », Agence d’Information du Burkina, 31 mai 2025, https://web.archive.org/web/20250403081242/https://www.aib.media/tournee-de-prise-de-commandement-le-cemga-en-visite-a-armee-de-terre-du-burkina-faso/ (consulté le 3 juin 2025).

[664] Il était CEMGA quand les incidents suivants ont eu lieu : Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février - 2 avril 2025 ; opération Tchéfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023.

[665] Cryspin Laoundiki, « Burkina : Le colonel Théophile Nikièma installé chef d’état-major de l’armée de terre », LeFaso.net, 7 avril 2023, https://web.archive.org/web/20230407181603/https://lefaso.net/spip.php?article120678 (consulté le 12 septembre 2025).

[666] Cryspin Laoundiki, « Burkina : Le colonel Hamed Hermann Rouamba installé chef d’état-major de l’armée de terre », LeFaso.net, 10 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250111042338/https://lefaso.net/spip.php?article135354 (consulté le 13 septembre 2025).

[667] Il était CEMAT quand les incidents suivants ont eu lieu : Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Mansila, région du Sahel, 1er juin 2023 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Touka, région du Centre-Nord, 13 juillet 2024 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023. Comme déjà noté, Nikièma a été nommé CEMAT le 7 avril 2023, ce qui chevauche partiellement avec les incidents dans la province de Sissili en avril 2023 et de Zambanga, région du Centre-Nord, entre le 29 mars 2023 et le début du mois d’avril 2023. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si les abus se sont produits pendant la période où Nikièma occupait la position et par conséquent ces incidents n’ont pas été inclus dans le nombre total d’incidents pour cette position.

[668] « Brigade spéciale d’intervention rapide : le Colonel Théophile Nikiéma prend le commandement », vidéo YouTube, Radiodiffusion Télévision du Burkina, 10 janvier 2025, https://www.youtube.com/watch?v=JXONLmlP1Dw (consulté le 25 mars 2026).

[669] Alice Suglimani Thiombiano, « Burkina Faso : Le Commandant COTN le Colonel Théophile Nikiéma encourage les troupes de la 6 Région Militaire », Faso7, 16 novembre 2025, https://faso7.com/2025/11/16/burkina-faso-le-commandant-cotn-le-colonel-theophile-nikiema-encourage-les-troupes-de-la-6%E1%B5%89-region-militaire/ (consulté le 11 mars 2026).

[670] Il était CEMGAA quand les incidents suivants ont eu lieu: Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, January-March 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025.

[671] Page Facebook de L’Observateur Paalga, « Le CL NIKIEMA Théophile, est nommé CEMGA adjoint… », 7 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250503160631/https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=899646449031609&id=100069587875094&_rdr (consulté le 11 septembre 2025).

[672] Alice Suglimani Thiombiano, « Burkina Faso : Le Commandant COTN le Colonel Théophile Nikiéma encourage les troupes de la 6 Région Militaire », Faso7.

[673] Il était commandant du COTN quand les incidents suivants ont eu lieu : Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février - 2 avril 2025.

[674] « Le Colonel Théophile Nikiema, nouveau commandant de la Brigade Spéciale et d’Intervention Rapide (BSIR) », Agence d'Information du Burkina.

[675] Alice Suglimani Thiombiano, « Burkina Faso : Le Commandant COTN le Colonel Théophile Nikiéma encourage les troupes de la 6 Région Militaire », Faso7.

[676] Il était commandant de la BSIR quand les incidents suivants ont eu lieu : Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février - 2 avril 2025.

[677] « Burkina/Lutte contre le terrorisme : Le colonel major David Kabré prône la conjugaison des efforts », Agence d'Information du Burkina, 9 février 2022, https://web.archive.org/web/20250421224425/https://www.aib.media/burkina-lutte-contre-le-terrorisme-le-colonel-major-david-kabre-prone-la-conjugaison-des-efforts/ (consulté le 14 septembre 2025).

[678] « Burkina : Les offensives contre les terroristes vont s’accentuer, Armée », Agence d'Information du Burkina.

[679] Il était CEMGA quand les incidents suivants ont eu lieu : Békouré, région du Centre-Est, février 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023 ; Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023 ; Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Guide, région du Sahel, janvier-mars, 2023 ; Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023. Comme déjà note, Kabré était le CEMGA jusqu’au 6 avril 2023, ce qui chevauche partiellement avec l’incident dans la province de Sissilii, région du Centre-Ouest, en avril 2023. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si tous les abus se sont produits pendant la période où Kabré était dans cette position ; par conséquent, l‘incident, n’a pas été inclut dans le nombre total d’incidents pour cette position. Kabré a servi en tant que CEMGA pendant les exécutions sommaires présumées du 29 mars 2023 à Zambanga, région du Centre-Nord ; d’autres évènements qui se sont produits à Zambanga, region du Centre-Nord, entre le 29 mars 2023 et le début du mois d’avril 2023, pourraient avoir eu lieu lorsqu’il était le CEMGA. Cet incident a été inclut dans le nombre total d’incidents concernant Kabré en tant que CEMGA.

[680] « Etat-major de l’armée de Terre : Le colonel Adam Néré prend les rênes », Sidwaya, 10 février 2022, https://web.archive.org/web/20241209123024/https://www.sidwaya.info/etat-major-de-larmee-de-terre-le-colonel-adam-nere-prend-les-renes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[681] Cryspin Laoundiki, « Burkina : Le colonel Théophile Nikièma installé chef d’état-major de l’armée de terre », LeFaso.net.

[682] Il était CEMAT quand les incidents suivants ont eu lieu : Békouré, région du Centre-Est, février 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février, 2023 Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023 ; Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Guide, région du Sahel, janvier-mars, 2023 ; Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars – début avril 2023. Comme déjà note, Néré était le CEMAT jusqu’au 7 avril 2023, qui chevauche partiellement avec l'incident dans la province de Sissili, région du Centre-Ouest, en avril 2023. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si tous les abus se sont produits pendant la période où Néré était dans cette position et par conséquent l'incident n’a pas été inclut dans le nombre total d'incidents pour cette position. Néré a servi en tant que CEMAT pendant la période où se sont produites les exécutions présumées à Zambanga, région du Centre-Nord, le 29 mars 2023 ; d’autres événements qui se sont produits à Zambanga, région du Centre-Nord, entre le 29 mars 2023 et le début du mois d’avril 2023 pourraient avoir eu lieu alors qu’il était CEMAT. Cet incident a été inclut dans le nombre total d’incidents concernant Néré dans la position de CEMAT.

[683] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées, https://web.archive.org/web/20221115210830/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_portant-nomination-de-commandants-de-regions-Militaires-et-Assimilees-CDT-RM.pdf (consulté le 12 septembre 2025).

[684] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d'Information du Burkina, 4 juin 2024, https://web.archive.org/web/20241110093451/https://www.aib.media/contingent-exceptionnel-complementaire-de-la-classe-2023-882-soldats-renforcent-les-rangs-des-forces-armees-nationales/ (consulté le 12 septembre 2025).

[685] « Garnisons de Banfora et de Bobo-Dioulasso : Une délégation gouvernementale galvanise les forces combattantes », Ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, 31 décembre 2024, https://web.archive.org/web/20250504152259/https://www.fonction-publique.gov.bf/accueil/actualites/details?tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&tx_news_pi1%5Bnews%5D=2247&cHash=c19d7fe1d394fed91507fae61e02e26a (consulté le 11 septembre 2025).

[686] “Journées nationales d’engagement patriotique :Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline,” Journées nationales d’engagement patriotique :Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline, 8 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250504000952/https://www.aib.media/regions/2025/04/08/journees-nationales-dengagement-patriotique-des-burkinabe-invites-a-promouvoir-lordre-et-la-discipline/ (consulté le 4 mai, 2025).

[687] « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net, 1er juin 2025, https://web.archive.org/web/20250605192645/https://aconews.net/securisation-des-examens-scolaires-le-ministre-en-charge-de-leducation-de-base-remercie-les-fds/ (consulté le 12 septembre 2025).

[688] Il était commandant de la 2e région militaire quand les incidents suivants ont eu lieu : Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre, 2023 ; Djigouéma, région des Hauts-Bassins, septembre 2023 ; Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; Niangoloko, région des Cascades, 14 juin 2024 ; Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023. De plus, certains incidents se sont produits entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions : Man, région des Hauts-Bassins, février 2023 ; Pê, région des Hauts-Bassins, mi/fin mai 2023.

[689] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[690] « Burkina/Défense nationale : Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net, 21 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230621181903/https://lefaso.net/spip.php?article122360 (consulté le 12 septembre 2025).

[691] Ali Mamoudou Maïga, « Centre médical militaire de Dori : Des infrastructures sanitaires, du matériel biomédical et bureautique réceptionnés », Agence d'Information du Burkina, 11 juillet 2024, https://web.archive.org/web/20240912084729/https://www.aib.media/regions/2024/07/11/centre-medical-militaire-de-dori-des-infrastructures-sanitaires-du-materiel-biomedical-et-bureautique-receptionnes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[692] Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya, 2 mars 2025, https://web.archive.org/web/20250405231216/https://www.sidwaya.info/4e-region-militaire-le-chef-de-bataillon-amadou-sanou-prend-le-commandement/ (consulté le 12 septembre 2025).

[693] De plus, entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Guide, région du Sahel, janvier – mars 2023 ; Ekeou, région du Sahel, 15 février 2023 ; Gangaol, région du Sahel, 3 avril 2023.

[694] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[695] Le 14 novembre 2022, six commandants (Abdoul Rachid Sawadogo, Bapio Narcisse Bassinga, Éric Constantin Tapsoba, Éric D. Some Dabiré, Jean Marie Syriouma et Lassané Porgo) ont été nommés à la tête de chacune des six régions militaires. Cependant, contrairement aux autres postes militaires, les cérémonies officielles de l’installation de ces six commandants à leur nouveau poste se sont déroulées bien après le décret de leur nomination. Concernant Dabiré, sa cérémonie n’a eu lieu que plus d’une année après, tandis que les cérémonies des autres hommes ne se sont passées qu’en juin 2023. Entre l’annonce de leur nomination et leurs cérémonies, deux commandants, Tapsoba et Porgo, auraient rempli leurs fonctions. Par conséquent, pour ces six hommes, la date de leur nomination est celle qui est utilisée dans l’analyse d’éventuels liens entre eux et les incidents signalés. Voir L’Observateur Paalga, Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées, https://web.archive.org/web/20250504154810/https://www.lobspaalga.com/2023/02/18/complexe-social-de-la-premiere-region-militaire-soutenir-les-fds-blessees-et-les-ayants-droits-de-celles-tombees/, 18 février 2023 (consulté le 14 septembre 2025).

[696] Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d'Information du Burkina, 25 juillet 2025, https://web.archive.org/web/20240912091518/https://www.aib.media/regions/2024/07/25/burkina-le-chef-de-bataillon-hamado-bambara-commande-desormais-la-1ere-region-militaire/ (consulté le 14 septembre 2025).

[697] Il était commandant quand les incidents suivants ont eu lieu : Barsalogho, region du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 ; Torobo et Ouahigouya, région du Nord, mai 2024 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023. De plus, entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, l’incident suivant s’est produit : Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023.

[698] Yacouba Sama, « Forces armées nationales : Sosthène Idrissa Coulibaly prend les rênes de la 5e Région militaire », LeFaso.net, 4 avril 2024, https://web.archive.org/web/20250404154421/https://lefaso.net/spip.php?article137207 (consulté le 10 octobre 2025).

[699] Hamadou Ouedraogo, « Le président Traoré nomme de nouveaux commandants de régions militaires », Burkina24, 15 novembre 2022, https://web.archive.org/web/20221115210530/https://burkina24.com/2022/11/15/le-president-Traoré-nomme-de-nouveaux-commandants-de-regions-militaires/ (consulté le 13 mars 2026).

[700] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[701] « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’Information du Burkina, 4 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250404135044/https://www.aib.media/mouhoun-5e-region-militaire-le-lieutenant-colonel-sosthene-idrissa-coulibaly-prend-les-commandes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[702] Ibid.

[703] Il était commandant quand les incidents suivants ont eu lieu : Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février - 2 avril 2025 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 août 2024 ; Yaho, région de la Boucle du Mouhoun, juin 2023.

[704] « Burkina : Le colonel Hamed Hermann Rouamba installé chef d’état-major de l’armée de terre », LeFaso.net.

[705] « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d'Information du Burkina.

[706] Il était CEMAT quand les incidents suivants ont eu lieu : Dô-Diassa et Fanfiéla, région des Hauts-Bassins, 31 janvier 2025 ; convoi Dori-Sebba-Dori, région du Sahel, janvier-mars 2025 ; Gaskindé, région du Sahel, 20 février 2025 ; opération Tourbillon Vert 2, région de la Boucle du Mouhoun, 27 février – 2 avril 2025.

[707]  Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces, https://web.archive.org/web/20221115210851/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_Portant-nomination-des-commaandants-de-groupements-des-forces-CDT-GFS.pd (consulté le 14 septembre 2025).

[708] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24, 25 octobre 2023, https://web.archive.org/web/20240910215129/https://burkina24.com/2023/10/25/reconquete-de-lintegrite-territoriale-au-front-avec-les-forces-combattantes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[709] Entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 ; Bonsonmoré et Goutoula, région du Nord, février 2023 ; Karma, région du Nord, 20 avril 2023 ; Zambanga, région du Centre-Nord, 29 mars 2023 – début avril 2023.

[710] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga, 2 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20250505172145/https://www.lobspaalga.com/2023/07/02/forces-armees-nationales-le-capitaine-ibrahim-Traoré-procede-a-des-nominations/ (consulté le 12 septembre 2025).

[711] « Le Commandant de la 5e Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations ». Gendarmerie Nationale du Burkina Faso, 21 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250208162020/https://gendarmerienationale.bf/le-commandant-de-la-5e-legion-aux-cotes-des-hommes-engages-sur-les-sur-le-theatre-des-operations/ (consulté le 12 septembre 2025).

[712]  « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’Information du Burkina. De plus, entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Konga, région de la Boucle du Mouhoun, janvier 2024 ; Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023 ; Sanakuy, région de la Boucle du Mouhoun, 15 aout 2024.

[713] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga. Carine P. Zongo, « Burkina Faso : des nominations dans l’Armée », 24heures.bf, 2 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20240228164204/https://www.24heures.bf/burkina-faso-des-nominations-dans-larmee/7 (consulté le 12 septembre 2025).

[714] « Mouhoun : Des jeunes sensibilisés dans la lutte pour la souveraineté nationale », Agence d’Information du Burkina, 10 février 2025, https://web.archive.org/web/20250325160641/https://www.aib.media/mouhoun-des-jeunes-sensibilises-dans-la-lutte-pour-la-souverainete-nationale/ (consulté le 12 septembre 2025). Wendpanga David Ouédraogo a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 4 octobre 2025. Voir « Mouhoun/Le Vent Républicain : La contribution des femmes à la Révolution progressiste populaire au cœur des échanges », Agence d’Information du Burkina, 6 octobre 2025, https://web.archive.org/web/20251007233516/https://www.aib.media/mouhoun-le-vent-republicain-la-contribution-des-femmes-a-la-revolution-progressiste-populaire-au-coeur-des-echanges/ (consulté le 13 mars 2026).

[715] Ibid.

[716] De plus, entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne ou des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, l’incident suivant s’est produit : Koumana, région de la Boucle du Mouhoun, 23 novembre 2023.

[717] « Succès Militaire : Les Forces Spéciales Intensifient la Lutte Contre le Terrorisme », Faso Times, 10 mars 2025, https://web.archive.org/web/20250427220822/https://fasotimes.net/succes-militaire-les-forces-speciales-intensifient-la-lutte-contre-le-terrorisme/ (consulté le 13 mars 2026).

[718] Matteo Maillard, Matthieu Millecamps et Mathieu Olivier, « Les Peuls face aux juntes du Sahel : enquête sur un peuple sacrifié », Jeune Afrique, 20 mai 2025, https://www.jeuneafrique.com/1688395/politique/les-peuls-face-aux-juntes-du-sahel-enquete-sur-un-peuple-sacrifie/ (consulté le 13 mars 2026).

[719] « Burkina : nominations des commandants des Groupements d’intervention rapide, Agence d’Information du Burkina, 19 janvier 2024, https://web.archive.org/web/20240119230304/https://www.aib.media/regions/2024/01/19/burkina-nominations-des-commandants-des-groupements-dintervention-rapide/ (consulté le 13 mars 2026).

[720] Matteo Maillard, Matthieu Millecamps et Mathieu Olivier, « Les Peuls face aux juntes du Sahel : enquête sur un peuple sacrifié », Jeune Afrique.

[721] « Succès Militaire : Les Forces Spéciales Intensifient la Lutte Contre le Terrorisme », Faso Times.

[722] « Banwa : Le nouveau commandant du 18e BIR s’engage à obtenir des résultats probants », Agence d’Information du Burkina, 9 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250110155313/https://www.aib.media/banwa-le-nouveau-commandant-du-18e-bir-sengage-a-obtenir-des-resultats-probants/ (consulté le 13 mars 2026).

[723] Salifou Ouédraogo, « Solenzo : Le BIR 18 offre 4 tonnes de riz aux PDI », Agence d’Information du Burkina, 30 mai 2025, https://web.archive.org/web/20250601073806/https://www.aib.media/solenzo-le-bir-18-offre-4-tonnes-de-riz-aux-pdi/ (consulté le 13 mars 2026).

[724] Décret N°2022-0980/PRES-TRANS portant nomination de chefs de Corps des Forces Armées Nationales, https://web.archive.org/web/20221115210842/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_portant-nomination-de-chefs-de-cops-des-forces-armees-nationales.pdf (consulté le 13 mars 2026).

[725]  « Burkina : Le pouvoir fait des « révélations graves » sur des entreprises immobilières », LeFaso.net, 27 novembre 2024, https://web.archive.org/web/20250318080530/https://lefaso.net/spip.php?article134456 (consulté le 13 mars 2026). Entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, l’incident suivant s’est produit : l’opération Tchèfari 2, région du Sahel, 11-14 décembre 2023. Selon certaines sources, le BIR 4 a pris part à l’opération.

[726] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[727] Kanliéyama Aboubakar Combary, « Gourma : La 6ème région militaire bénéficiera d’un complexe social », Agence d’Information du Burkina, 27 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230628075456/https://www.aib.media/regions/2023/06/27/gourma-la-6eme-region-militaire-beneficiera-dun-complexe-social/ (consulté le 12 septembre 2025).

[728] « 6e région militaire : Le colonel Éric Dabiré passe le commandement au chef d’escadron Aboubacar Dadijan », Burkina 24, 26 février 2025, https://web.archive.org/web/20250226200757/https://burkina24.com/2025/02/26/6e-region-militaire-le-colonel-eric-dabire-passe-le-commandement-au-chef-descadron-aboubacar-dadijan/ (consulté le 12 septembre 2025). Entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Békouré, région du Centre-Est, février 2023; Petit Zabré, région du Centre-Est, février 2023.

[729] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[730]  « Burkina Faso : Le CEMAT avec les unités de la 3e RM, » Burkina24, 4 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20230704101608/https://burkina24.com/2023/07/04/burkina-faso-le-cemat-avec-les-unites-de-la-3e-rm/ (consulté le 12 septembre 2025).

[731]  « Garnison de Pô : 546 recrues présentées au drapeau », Agence d’Information du Burkina, 14 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20240302230613/https://www.aib.media/garnison-de-po-546-recrues-presentees-au-drapeau/ (consulté le 12 septembre 2025). Entre la date de sa nomination et la date la plus ancienne où des sources confirment qu’il avait pris ses fonctions, les incidents suivants se sont produits : Gomboussougou, région du Centre-Sud, février 2023 ; Province de la Sissili, région du Centre-Ouest, avril 2023.

[732] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et ACLED, « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l‘Ouest, Jama‘at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), » octobre 2023, https://globalinitiative.net/wp-content/uploads/2023/10/JNIM-Groupes-arme%CC%81s-non-e%CC%81tatiques-et-e%CC%81conomies-illicites-en-Afrique-de-lOuest-GI-TOC-et-ACLED-Octobre-2023.pdf (consulté le 12 février 2026).

[733]  « Situation au Mali : la CPI lève les scellés du mandat d’arrêt à l’encontre d’Iyad Ag Ghaly », communiqué de presse de la Cour pénale internationale, 21 juin 2024, https://www.icc-cpi.int/news/situation-mali-icc-unseals-arrest-warrant-against-iyad-ag-ghaly (consulté le 2 septembre 2025).

[734] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et ACLED, « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l‘Ouest, Jama‘at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). »

[735] Département d’État américain, Bureau du contre-terrorisme, « Executive Order 13224 », signé le 23 septembre 2001, https://www.state.gov/executive-order-13224/#current (consulté le 11 septembre 2025).

[736] Héni Nsaibia, Dr. Eleanor Beevor et Flore Berger, Global Initiative Against Transnational Organized Crime et ACLED, « Groupes armés non étatiques et économies illicites en Afrique de l‘Ouest, Jama‘at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). »  Priya Sippy et Jacob Boswall, « JNIM in Mali: How an al-Qaeda offshoot became one of Africa's deadliest militant groups », BBC, 6 juillet 2025, https://www.bbc.com/news/articles/cg4r5wylwq6o (consulté le 30 novembre 2025).

[737] Entretien de Human Rights Watch avec R.M., Mali, 19 décembre 2024.

[738] Créée en 2021, la Commission nationale des droits humains du Burkina Faso est l’autorité publique de promotion, protection et de défense des droits humains. Elle se compose de 11 membres « nommés par décret pris en conseil des ministres pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois ». Voir « Organigramme. Qui compose la CNDH ? », Commission nationale des droits humains, consulté le 1er décembre 2025, https://cndhburkina.bf/organigramme/. En 2023, l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (GANHRI) a retiré l’accréditation de la Commission nationale des droits humains du Burkina Faso en raison d’un manque de conformité avec les Principes de Paris. Voir « Accreditation status as of 19 July 2024 », GANHRI, consulté le 1er décembre 2025, https://ganhri.org/wp-content/uploads/2024/07/StatusAccreditationChartNHRIs_July2024.pdf. Voir également Centre for Civil and Political Rights, « Burkina Faso : les entraves aux droits de l’homme », 11 mars 2025, https://ccprcentre.org/ccprpages/burkina-faso-les-entraves-aux-droits-de-lhomme-au-nom-de-la-lutte-contre-le-terrorisme-ne-convainquent-pas-le-comit-des-droits-de-lhomme (consulté le 1er décembre 2025).

[739]  Lucien Kambou, « Journées d’engagement patriotique : “Les ennemis de la patrie, ce sont les traîtres et leurs complices” (Capitaine Ibrahim Traoré) », 24heures.bf, 2 octobre 2024, https://www.24heures.bf/journees-dengagement-patriotique-les-ennemis-de-la-patrie-ce-sont-les-traitres-et-leurs-complices-capitaine-ibrahim-traore/ (consulté le 19 mars 2026). Matteo Maillard, « Grand oral d’Ibrahim Traoré : la Côte d’Ivoire est « la base arrière des ennemis du Burkina » », Jeune Afrique, 30 septembre 2025, https://www.jeuneafrique.com/1726327/politique/grand-oral-dibrahim-traore-la-cote-divoire-est-la-base-arriere-des-ennemis-du-burkina/ (consulté le 20 mars 2025). « Grand entretien avec le Capitaine Ibrahim TRAORÉ du 28 septembre 2025-BF1TV », direct sur YouTube, 28 septembre 2025, https://www.youtube.com/watch?v=WMdDghh5k8E (consulté le 23 mars 2026).

[740] Ramatoulaye, région des Hauts-Bassins, 8 juillet 2023 (voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 2e région militaire (régions administratives des Cascades, du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins)) ; Bassé, région des Hauts-Bassins, fin novembre 2023 (voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 2e région militaire (régions administratives des Cascades, du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins)).

[741] Karma, région du Nord, 20 avril 2023 (voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 1re région militaire (régions administratives du Nord et du Centre-Nord)) ; Nondin et Soro, région du Nord, 25 février 2024 (voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 1re région militaire (régions administratives du Nord et du Centre-Nord)) ; Barsalogho, région du Centre-Nord, 20 avril 2023 (voir III. Abus commis par les forces armées gouvernementales et les VDP, 1re région militaire (régions administratives du Nord et du Centre-Nord)).

[742] D’après Radio France Internationale (RFI) et le Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communautés (CISC), un groupe burkinabè de défense des droits humains, le 1er février 2023, des forces de sécurité qui escortaient un convoi logistique en direction de la mine industrielle de Boungou, dans la région de l’Est, ont tué au moins 30 civils, dont sept femmes et un jeune enfant, dans les villages de Piega, Sakoani et Kankagou. Voir « Burkina Faso: un convoi minier tire sur des civils, au moins 30 morts », RFI, 3 février 2023, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230203-burkina-faso-un-convoi-minier-tire-sur-des-civils-au-moins-30-morts (consulté le 14 mars 2026). Dans une déclaration publiée le 3 février 2023, le gouvernement a promis une enquête pour « établir les faits » et identifier les responsables. Il est difficile d’établir si une enquête a été menée ou de connaître son statut actuel. Voir le Compte X d’Elie Kaboré, @eliekabore, 3 février 2023, https://x.com/eliekabore/status/1621604022749696002 (consulté le 3 septembre 2025).

Le 12 novembre 2023, l’Union européenne a réclamé une enquête sur le massacre perpétré dans la région du Centre-Nord lors duquel une centaine de personnes auraient été tuées Voir « Burkina Faso : Déclaration du Porte-Parole sur un massacre dans le Centre-Nord », déclaration du Service européen pour l’action extérieure, 12 novembre 2023, https://www.eeas.europa.eu/eeas/burkina-faso-d%C3%A9claration-du-porte-parole-sur-un-massacre-dans-centre-nord_fr?s=86 (consulté le 12 septembre 2025).

Le gouvernement a déclaré que le 5 novembre 2023, des hommes armés avaient tué au moins 70 personnes dans le village de Zaongo et que l’incident faisait l’objet d’une enquête. Voir « At least 70 killed in attack on northern Burkina Faso village on Nov. 5 -prosecutor», Reuters, 13 novembre 2023, https://www.reuters.com/world/africa/least-70-killed-attack-northern-burkina-faso-village-nov-5-prosecutor-2023-11-13/ (consulté le 12 septembre 2025).

D’après Radio France Internationale (RFI), en novembre 2025, un tribunal militaire a condamné quatre VDP à des peines allant de deux à trois ans de prison pour « mutilation de cadavre et non-respect des égards aux morts », ainsi que deux autres VDP pour meurtre. Voir « Burkina Faso : six Volontaires pour la défense de la patrie condamnés pour meurtre », RFI, 28 novembre 2025, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251128-burkina-faso-six-volontaires-pour-la-d%C3%A9fense-de-la-patrie-condamn%C3%A9s-pour-meurtre (consulté le 29 novembre 2025).

[743]  « Burkina Faso : six Volontaires pour la défense de la patrie condamnés pour meurtre », RFI.

[744] Loi N°006-2017/AN portant création, organisation et fonctionnement d’un pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme, https://www.bing.com/ck/a?!&&p=3a6d2c8751a630081e7a850e1f4463775885f07af218c2194aad18666d471f6eJmltdHM9MTc2NDYzMzYwMA&ptn=3&ver=2&hsh=4&fclid=07977859-2449-60cf-3682-6c35254f6116&psq=P%c3%b4le+judiciaire+sp%c3%a9cialis%c3%a9+dans+la+r%c3%a9pression+des+actes+de+terrorisme&u=a1aHR0cHM6Ly93d3cuYWNhZGVtaWVkZXBvbGljZS5iZi9pbmRleC5waHAvdGVsZWNoYXJnZW1lbnQvY2F0ZWdvcnkvNTQtdGVycm9yaXNtZT9kb3dubG9hZD0xNDM6bGEtbG9pLXBvcnRhbnQtY3JlYXRpb24tb3JnYW5pc2F0aW9uLWV0LWZvbmN0aW9ubmVtZW50LWQtdW4tcG9sZS1qdWRpY2lhaXJlLXNwZWNpYWxpc2UtZGFucy1sYS1yZXByZXNzaW9uLWRlcy1hY3Rlcy1kZS10ZXJyb3Jpc21l (consulté le 2 décembre 2025).

[745] Ibid.

[746]  « Burkina Faso : Des groupes armés islamistes ont massacré des civils », communiqué détaillé de Human Rights Watch, 15 septembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/09/15/burkina-faso-des-groupes-armes-islamistes-ont-massacre-des-civils.

[747] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un membre du système judiciaire burkinabè 14 août 2025.

[748] Ibid.

[749] Ibid.

[750] Entretien téléphonique de Human Rights Watch un avocat burkinabè, 27 août 2025.

[751] Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec un avocat specialisé dans les droits humains, 21 septembre 2025.

[752] Ilaria Allegrozzi, « Le retrait de trois États du Sahel de la CEDEAO sape l’obligation de rendre des comptes », commentaire, point de vue de Human Rights Watch, 4 février 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/02/04/le-retrait-de-trois-etats-du-sahel-de-la-cedeao-sape-lobligation-de-rendre-des.

[753] Ibid.

[754]  « Hadijatou Mani v Niger, » Interrights, consulté le 7 septembre 2025, https://www.interights.org/niger-slavery/index.html#:~:text=In%20its%20judgment%2C%20the%20Community,its%20obligations%20under%20international%20law.

[755] « Pourquoi la Cour africaine devrait-elle compter pour vous ? », Amnesty International, 9 juin 2023, https://www.amnesty.org/fr/latest/campaigns/2023/06/why-the-african-court-should-matter-to-you/ (consulté le 4 septembre 2025). « Le retrait des États de la Cour africaine porte un coup dur à l’accès à la justice dans la région », communiqué de la Commission internationale de Juristes, https://www.icj.org/withdrawal-of-states-from-african-court-a-blow-to-access-to-justice-in-the-region (consulté le 4 septembre 2025).

Certains dossiers impliquant le Burkina Faso et/ou des individus burkinabè ont toutefois étaient traités par la Cour africaine. Citons notamment « Ayants droit de feus Norbert Zongo, Abdoulaye Nikiema dit Ablasse, Ernest Zongo et Blaise Ilboudo & Le Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples c. le Burkina Faso », Requête No. 013/2011 — Jugement (jugement le 28 mars 2014). La Cour a jugé que le Burkina Faso avait violé ses obligations (en échouant à enquêter sur le meurtre du journaliste en 1998) et ordonné des réparations. Voir Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, Beneficiaries of late Norbert Zono, Abdoulaye Nikiema alias Ablassé, Ernest Zongo and Blaise Ilboudou & the Burkinabè Human and People’s Rights Movement v. Burkina Faso, Application n°013/2011, jugement le 28 mars 2014, https://worldcourts.com/acthpr/eng/decisions/2014.03.28_Zongo_Beneficiaries_v_Burkina_Faso.pdf (consulté le 1er décembre 2025).

[756]  « Burkina Faso, » Cour pénale internationale, consulté le 5 septembre 2025, https://asp.icc-cpi.int/fr/states-parties/african-states/burkina-faso.

[757] Loi n°052-2009/AN portant détermination des compétences et de la procédure de mise en œuvre du Statut de Rome relatif à la Cour pénale internationale par les juridictions Burkinabè, https://cjad.nottingham.ac.uk/documents/implementations/pdf/Burkina_Faso_Implementing_Legislation.pdf (consulté le 7 septembre 2025).

[758]  « Sahel : Le retrait de trois pays de la CPI met en danger les civils », communiqué de Human Rights Watch, 24 septembre 2025, https://www.hrw.org/fr/news/2025/09/24/sahel-le-retrait-de-trois-pays-de-la-cpi-met-en-danger-les-civils.

[759]  « Niger, Mali, and Burkina Faso to withdraw from International Criminal Court », France 24, 23 septembre 2025, https://www.france24.com/en/africa/20250922-niger-mali-and-burkina-faso-icc-withdrawal (consulté le 23 mars 2026).

[760] Statut de Rome, art. 127. Par exemple, le Burundi et les Philippines ont tous les deux rédigé une notice écrite de retrait. Le Burundi a envoyé sa notification le 27 octobre 2016, et leur retrait est devenu effectif le 27 octobre 2017. Les Philippines ont envoyé leur notification le 17 mars 2018, et leur retrait est devenu effectif le 17 mars 2019.

[761] Statut de Rome, art. 17.

[762]  « Examens préliminaires », Cour pénale internationale, consulté le 26 novembre 2025, https://www.icc-cpi.int/fr/situations-preliminary-examinations.

[763] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées. Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina, 25 juillet 2024, https://web.archive.org/web/20240912091518/https://www.aib.media/regions/2024/07/25/burkina-le-chef-de-bataillon-hamado-bambara-commande-desormais-la-1ere-region-militaire/ (consulté le 14 septembre 2025).

[764] Dieu-Donné Windpouyré Ouédraogo, « Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées », L’Observateur Paalga, 18 février 2023, https://web.archive.org/web/20250504154810/https://www.lobspaalga.com/2023/02/18/complexe-social-de-la-premiere-region-militaire-soutenir-les-fds-blessees-et-les-ayants-droits-de-celles-tombees/ (consulté le 11 septembre 2025). Éric Constantin Tapsoba a occupé le poste de commandant au moins jusqu’au 12 juin 2024. Voir « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’Information du Burkina.

[765] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[766] Décret N°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces, https://web.archive.org/web/20221115210851/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_Portant-nomination-des-commaandants-de-groupements-des-forces-CDT-GFS.pdf (consulté le 14 septembre 2025).

[767] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24, 25 octobre 2023, https://web.archive.org/web/20240910215129/https://burkina24.com/2023/10/25/reconquete-de-lintegrite-territoriale-au-front-avec-les-forces-combattantes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[768] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées. Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’Information du Burkina.

[769] Dieu-Donné Windpouyré Ouédraogo, « Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées », L’Observateur Paalga. Éric Constantin Tapsoba a occupé le poste de commandant au moins jusqu’au 12 juin 2024, voir Émil Abdoul Razak Segda,« Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[770] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[771] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[772] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[773] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées. Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[774] Dieu-Donné Windpouyré Ouédraogo, « Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées », L’Observateur Paalga. Éric Constantin Tapsoba a occupé le poste de commandant au moins jusqu’au 12 juin 2024, voir Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[775] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[776] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[777] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[778] Décret N°2022-0980/PRES-TRANS portant nomination de chefs de Corps des Forces Armées Nationales, https://web.archive.org/web/20221115210842/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_portant-nomination-de-chefs-de-cops-des-forces-armees-nationales.pdf (consulté le 13 mars 2026).

[779] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées. Segda, “Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire,” Agence d'Information du Burkina.

[780] Ouédraogo, “Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées,” L'Observateur Paalga. Tapsoba a servi comme commandant jusqu’au moins le 12 juin 2024, voir Segda, “Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire,” Agence d'Information du Burkina.

[781] Il pourrait s'agir de la même personne qu'Amadou Sanou, qui est devenu commandant de la 4e Région militaire le 28 février 2025.

[782] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[783] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[784] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées. Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[785] Dieu-Donné Windpouyré Ouédraogo, « Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées », L’Observateur Paalga. Éric Constantin Tapsoba a occupé le poste de commandant au moins jusqu’au 12 juin 2024, voir Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[786] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[787] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[788] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[789] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées. Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[790] Dieu-Donné Windpouyré Ouédraogo, « Complexe social de la première région militaire : Soutenir les FDS blessées et les ayants droits de celles tombées », L’Observateur Paalga. Éric Constantin Tapsoba a occupé le poste de commandant au moins jusqu’au 12 juin 2024, voir Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[791] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[792] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[793] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[794] Émil Abdoul Razak Segda, « Burkina : Le chef de bataillon Hamado Bambara commande désormais la 1ere région militaire », Agence d’information du Burkina.

[795] Ibid.

[796] Il pourrait s’agir de la même personne que le Amadou Sanou qui a été nommé commandant de la 4e région militaire le 28 février 2025.

[797] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[798] Jules César Kabore, « Reconquête de l’intégrité territoriale : Au front avec les forces combattantes ! », Burkina24.

[799] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[800] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina, 6 juin 2024, https://web.archive.org/web/20241110093451/https://www.aib.media/contingent-exceptionnel-complementaire-de-la-classe-2023-882-soldats-renforcent-les-rangs-des-forces-armees-nationales/ (consulté le 12 septembre 2025). Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant et a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina, 8 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250504000952/https://www.aib.media/regions/2025/04/08/journees-nationales-dengagement-patriotique-des-burkinabe-invites-a-promouvoir-lordre-et-la-discipline/ (consulté le 12 septembre 2025). Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net, 1er juin 2025, https://web.archive.org/web/20250605192645/https://aconews.net/securisation-des-examens-scolaires-le-ministre-en-charge-de-leducation-de-base-remercie-les-fds/ (consulté le 12 septembre 2025).

[801] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[802] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[803] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[804] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[805] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[806] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant et a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[807] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[808] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[809] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[810] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[811] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[812] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[813] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[814] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[815] « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[816] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[817] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[818]  « Contingent exceptionnel complémentaire de la classe 2023 : 882 soldats renforcent les rangs des Forces armées nationales », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a été promu au rang de lieutenant-colonel depuis au moins le 3 avril 2025. Voir Adaman Drabo, « Journées nationales d’engagement patriotique : Des Burkinabè invités à promouvoir l’ordre et la discipline », Agence d’Information du Burkina. Lassané Porgo a continué à exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 1er juin 2025. Voir « Sécurisation des examens scolaires : Le ministre en charge de l’Éducation de base remercie les FDS », Aconews.net.

[819] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[820] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[821] « Burkina Faso : Le CEMAT avec les unités de la 3e RM », Burkina24, 14 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20230704101608/https://burkina24.com/2023/07/04/burkina-faso-le-cemat-avec-les-unites-de-la-3e-rm/ (consulté le 12 septembre 2025). Abdoul Rachid Sawadogo a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 12 juillet 2023. Voir « Garnison de Pô : 546 recrues présentées au drapeau », Agence d’Information du Burkina, 14 juillet 2023, https://www.aib.media/garnison-de-po-546-recrues-presentees-au-drapeau/ (consulté le 12 septembre 2025).

[822] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[823] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[824] « Burkina Faso : Le CEMAT avec les unités de la 3e RM », Burkina24. Abdoul Rachid Sawadogo a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 12 juillet 2023. Voir « Garnison de Pô : 546 recrues présentées au drapeau », Agence d’Information du Burkina.

[825] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[826] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[827] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net, 21 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230621181903/https://lefaso.net/spip.php?article122360 (consulté le 12 septembre 2025). Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya, 2 mars 2025, https://web.archive.org/web/20250405231216/https://www.sidwaya.info/4e-region-militaire-le-chef-de-bataillon-amadou-sanou-prend-le-commandement/ (consulté le 12 septembre 2025).

[828] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[829] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[830] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net. « 1re et 4e Régions militaires au Burkina Faso : Les commandants installés », Faso7, 21 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230621180716/https://faso7.com/2023/06/21/1re-et-4e-regions-militaires-au-burkina-faso-les-commandants-installes/ (consulté le 10 septembre 2025). Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya.

[831] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[832] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[833] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net. Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya.

[834] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[835] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[836] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net. Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya.

[837] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[838] Décret n°2022-0980/PRES-TRANS portant nomination de chefs de Corps des Forces Armées Nationales.

[839] « Burkina : Le pouvoir fait des « révélations graves » sur des entreprises immobilières », LeFaso.net, 27 novembre 2024, https://web.archive.org/web/20250318080530/https://lefaso.net/spip.php?article134456 (consulté le 13 mars 2026).

[840] Décret n°2022-0980/PRES-TRANS portant nomination de chefs de Corps des Forces Armées Nationales.

[841] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[842] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net. Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya.

[843] Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya. Amadou Sanou a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 10 mai 2025. Voir « Sahel : Immersion des jeunes de Dori dans la révolution progressiste et populaire burkinabè à travers une conférence publique », Agence d’Information du Burkina, 12 mai 2025, https://web.archive.org/web/20250513033219/https://www.aib.media/sahel-immersion-des-jeunes-de-dori-dans-la-revolution-progressiste-et-populaire-burkinabe-a-travers-une-conference-publique/ (consulté le 12 septembre 2025).

[844] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[845] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga, 2 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20250505172145/https://www.lobspaalga.com/2023/07/02/forces-armees-nationales-le-capitaine-ibrahim-Traoré-procede-a-des-nominations/ (consulté le 16 mars 2026).

Carine P. Zongo, « Burkina Faso : des nominations dans l’Armée », 24heures.bf, 2 juillet 2023, https://web.archive.org/web/20240228164204/https://www.24heures.bf/burkina-faso-des-nominations-dans-larmee/7 (consulté le 12 septembre 2025).

[846] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[847] « Burkina/Défense nationale: Le patron de l’Armée de terre échange avec la troupe à Kaya et à Dori », LeFaso.net. Bapio Narcisse Bassinga a occupé le poste de commandant jusqu’au 28 février 2025, date à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir Souaibou Nombre, « 4e région militaire : le chef de bataillon Amadou Sanou prend le commandement », Sidwaya.

[848] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[849] Décret n°2024-0003/PRES-TRANS/MDAC portant création, organisation et fonctionnement d'une Brigade spéciale et d'intervention rapide, document conservé dans les dossiers de Human Rights Watch, art. 7. « Succès Militaire : Les Forces Spéciales Intensifient la Lutte Contre le Terrorisme », Faso Times, 10 mars 2025, https://web.archive.org/web/20250427220822/https://fasotimes.net/succes-militaire-les-forces-speciales-intensifient-la-lutte-contre-le-terrorisme/ (consulté le 13 mars 2026). « Boucle du Mouhoun/Opération «Tourbillon Vert 2» : Un succès majeur contre le terrorisme dans la région », Aconews.net, 2 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250418230926/https://aconews.net/boucle-du-mouhoun-operation-tourbillon-vert-2-un-succes-majeur-contre-le-terrorisme-dans-la-region/ (consulté le 16 mars 2026).

[850] « Burkina : nominations des commandants des Groupements d’intervention rapide », Agence d’Information du Burkina, 19 janvier 2024, https://web.archive.org/web/20240119230304/https://www.aib.media/regions/2024/01/19/burkina-nominations-des-commandants-des-groupements-dintervention-rapide/ (consulté le 13 mars 2026).

[851] Matteo Maillard, Matthieu Millecamps et Mathieu Olivier, « Les Peuls face aux juntes du Sahel : enquête sur un peuple sacrifié », Jeune Afrique, 20 mai 2025, https://www.jeuneafrique.com/1688395/politique/les-peuls-face-aux-juntes-du-sahel-enquete-sur-un-peuple-sacrifie/ (consulté le 13 mars 2026). Abdoul Aziz Ouattara a continué d’exercer ses fonctions au moins jusqu’au 10 mars 2025. Voir « Succès Militaire : Les Forces Spéciales Intensifient la Lutte Contre le Terrorisme », Faso Times.

[852] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga. Carine P. Zongo, « Burkina Faso : des nominations dans l’Armée », 24heures.bf.

[853] « Mouhoun : Des jeunes sensibilisés dans la lutte pour la souveraineté nationale », Agence d’Information du Burkina, 10 février 2025, https://web.archive.org/web/20250325160641/https://www.aib.media/mouhoun-des-jeunes-sensibilises-dans-la-lutte-pour-la-souverainete-nationale/ (consulté le 12 septembre 2025). Wendpanga David Ouédraogo a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 4 octobre 2025.

Voir « Mouhoun/Le Vent Républicain : La contribution des femmes à la Révolution progressiste populaire au cœur des échanges », Agence d’Information du Burkina, 6 octobre 2025, https://web.archive.org/web/20251007233516/https://www.aib.media/mouhoun-le-vent-republicain-la-contribution-des-femmes-a-la-revolution-progressiste-populaire-au-coeur-des-echanges/ (consulté le 13 mars 2026).

[854] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[855] Jean Marie Syriouma a continué d’exercer ses fonctions de commandant jusqu’à son remplacement le 3 avril 2025. Voir « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina, 4 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250404135044/https://www.aib.media/mouhoun-5e-region-militaire-le-lieutenant-colonel-sosthene-idrissa-coulibaly-prend-les-commandes/ (consulté le 14 septembre 2025).

[856] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga.

[857] Souleymane Ouédraogo, « 5e Légion de Gendarmerie : Le Commandant de Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations », Aconews.net, 21 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250208162020/https://gendarmerienationale.bf/le-commandant-de-la-5e-legion-aux-cotes-des-hommes-engages-sur-les-sur-le-theatre-des-operations/ (consulté le 16 mars 2026).

[858] Yacouba Sama, « Forces armées nationales : Sosthène Idrissa Coulibaly prend les rênes de la 5e Région militaire », LeFaso.net, 4 avril 2025, https://web.archive.org/web/20250404154421/https://lefaso.net/spip.php?article137207 (consulté le 10 octobre 2025).

[859] « Boulsa : Une trentaine de terroristes neutralisés dans le Namentenga, des criminels défaits à Loropéni », Agence d’information du Burkina, 30 décembre 2023, https://web.archive.org/web/20240304095935/https://www.aib.media/boulsa-une-trentaine-de-terroristes/ (consulté le 2 septembre 2025).

[860] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga. Carine P. Zongo, « Burkina Faso : des nominations dans l’Armée », 24heures.bf.

[861] « Mouhoun : Des jeunes sensibilisés dans la lutte pour la souveraineté nationale », Agence d’Information du Burkina.

[862] Décret N°2022-0975/PRES-TRANS portant organisation du territoire national en Régions militaires. Agence d’information du Burkina. « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina.

[863] Décret n°2022-0976/PRES-TRANS/MDAC/MATDS/MJDHRI/MEFP/MEEA portant organisation, attributions et fonctionnement du Commandement des Opérations du Théâtre National (COTN), https://web.archive.org/web/20221115210829/https://www.sidwaya.info/wp-content/uploads/2022/11/Decret_Portant-organisation-attribution-et-fonctionnement-du-COTN.pdf (consulté le 13 mars 2026). Entretien téléphonique de Human Rights Watch avec M.O., 24 avril 2025.

[864] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions militaires et Assimilées.

[865] Jean Marie Syriouma a continué d’exercer ses fonctions de commandant jusqu’à son remplacement le 3 avril 2025. « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina.

[866] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga.

[867] Souleymane Ouédraogo, « 5e Légion de Gendarmerie : Le Commandant de Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations », Aconews.net,

[868] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[869] Jean Marie Syriouma a continué d’exercer ses fonctions de commandant jusqu’à son remplacement le 3 avril 2025. « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina.

[870] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga.

[871] Souleymane Ouédraogo, « 5e Légion de Gendarmerie : Le Commandant de Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations », Aconews.net.

[872] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[873] Jean Marie Syriouma a continué d’exercer ses fonctions de commandant jusqu’à son remplacement le 3 avril 2025. « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina.

[874] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga.

[875] Souleymane Ouédraogo, « 5e Légion de Gendarmerie : Le Commandant de Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations », Aconews.net.

[876] « Burkina : nominations des commandants des Groupements d’intervention rapide », Agence d’Information du Burkina.

[877] Maillard, Millecamps et Olivier, « Les Peuls face aux juntes du Sahel : enquête sur un peuple sacrifié », Jeune Afrique.

[878] « Succès Militaire : Les Forces Spéciales Intensifient la Lutte Contre le Terrorisme », Faso Times.

[879] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga. Carine P. Zongo, « Burkina Faso : des nominations dans l’Armée », 24heures.bf.

[880] « Mouhoun : Des jeunes sensibilisés dans la lutte pour la souveraineté nationale », Agence d’Information du Burkina.

Wendpanga David Ouédraogo a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 4 octobre 2025. Voir « Mouhoun/Le Vent Républicain : La contribution des femmes à la Révolution progressiste populaire au cœur des échanges », Agence d’Information du Burkina.

[881] « Banwa : Le nouveau commandant du 18e BIR s’engage à obtenir des résultats probants », Agence d’Information du Burkina, 9 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250110155313/https://www.aib.media/banwa-le-nouveau-commandant-du-18e-bir-sengage-a-obtenir-des-resultats-probants/ (consulté le 13 mars 2026). Papa Parfait Kambou a continué d’exercer ses fonctions de commandant au moins jusqu’au 25 mai 2025. Voir Salifou Ouédraogo, « Solenzo : Le BIR 18 offre 4 tonnes de riz aux PDI », Agence d’Information du Burkina, 30 mai 2025, https://web.archive.org/web/20250601073806/https://www.aib.media/solenzo-le-bir-18-offre-4-tonnes-de-riz-aux-pdi/ (consulté le 13 mars 2026).

[882] « Burkina : Les responsables des nouveaux BIR sont connus », Agence d’information du Burkina, 19 janvier 2024, https://web.archive.org/web/20240807153717/https://www.aib.media/burkina-les-responsables-des-nouveaux-bir-sont-connus/ (consulté le 16 mars 2026).

[883] « Le BIR 23 poursuit le nettoyage au Nayala : 11 terroristes neutralités, deux capturés », Agence d’Information du Burkina, 30 janvier 2025, https://web.archive.org/web/20250204151026/https://www.aib.media/le-bir-23-poursuit-le-nettoyage-au-nayala-11-terroristes-neutralites-deux-captures/ (consulté le 16 mars 2026).

[884] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[885] Jean Marie Syriouma a continué d’exercer ses fonctions de commandant jusqu’à son remplacement le 3 avril 2025. « Mouhoun/5e Région militaire : Le Lieutenant-colonel Sosthène Idrissa Coulibaly prend les commandes », Agence d’information du Burkina.

[886] Bernard Kaboré, « Forces armées nationales : le capitaine Ibrahim Traoré procède à des nominations », L’Observateur Paalga.

[887] Souleymane Ouédraogo, « 5e Légion de Gendarmerie : Le Commandant de Légion aux côtés des hommes engagés sur le théâtre des opérations », Aconews.net.

[888] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[889] Kanliéyama Aboubakar Combary, « Gourma : La 6ème région militaire bénéficiera d’un complexe social, » Agence d’information du Burkina, 27 juin 2023, https://web.archive.org/web/20230628075456/https://www.aib.media/regions/2023/06/27/gourma-la-6eme-region-militaire-beneficiera-dun-complexe-social/ (consulté le 10 septembre 2025). Éric D. Some Dabiré a continué à exercer ses fonctions de commandant jusqu’au 26 février 2025, date-à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir « 6e région militaire : Le colonel Éric Dabiré passe le commandement au chef d’escadron Aboubacar Dadijan », Burkina24, 26 février 2025, https://web.archive.org/web/20250226200757/https://burkina24.com/2025/02/26/6e-region-militaire-le-colonel-eric-dabire-passe-le-commandement-au-chef-descadron-aboubacar-dadijan/ (consulté le 12 septembre 2025).

[890] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[891] Décret n°2022-0978/PRES-TRANS portant nomination de Commandants de Régions Militaires et Assimilées.

[892] Kanliéyama Aboubakar Combary, « Gourma : La 6ème région militaire bénéficiera d’un complexe social, » Agence d’information du Burkina. Éric D. Some Dabiré a continué à exercer ses fonctions de commandant jusqu’au 26 février 2025, date-à laquelle il avait été promu au rang de colonel. Voir « 6e région militaire : Le colonel Éric Dabiré passe le commandement au chef d’escadron Aboubacar Dadijan », Burkina24.

[893] Décret n°2022-0979/PRES-TRANS portant nomination des Commandants de Groupements des Forces.

[894] “52 sur la RTB : Opération Tchèfari ou le miel des guerriers dans une zone à haut risque de djibo,” video clip, YouTube, RTB – Radiodiffusion Télévision du Burkina, 19 janvier 2024, https://www.youtube.com/watch?v=vC2EV8l45Ew (consulté le 29 juillet 2025).