Le 21 mai dernier, le président français Emmanuel Macron a évoqué la nécessité d’aborder la question de réparations liées au rôle de la France dans la traite transatlantique des esclaves.
Le président Macron a déclaré que la question des réparations pour les crimes liés à l’esclavage ne devrait plus être ignorée. Il a également mis en garde contre les « fausses promesses », soulignant que l’héritage de l’esclavage ne pourrait jamais être entièrement réparé, car cela est « impossible ». Emmanuel Macron a aussi soutenu l’abrogation symbolique du « Code Noir », qui n’a jamais été aboli, et qui consistait en une série de décrets royaux des XVIIème et XVIIIème siècles régissant l’esclavage dans les colonies françaises.
La France a été l’une des principales nations européennes impliquées dans la traite transatlantique des esclaves.
Les propos tenus par le président Macron, lors de la commémoration du 25ème anniversaire de la loifrançaise reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique des esclaves comme des crimes contre l’humanité, ont marqué un tournant rhétorique notable pour le gouvernement français. Emmanuel Macron s’est toutefois abstenu de préciser la nature des réparations qu’il envisage, et d’indiquer si celles-ci incluraient une compensation financière.
Le président Macron a mis l’accent sur des initiatives liées à la mémoire, à l’éducation et à la recherche, tout en apportant son soutien à un projet international de recherche scientifique lancé par le Ghana sur l’héritage de l’esclavage. Ces mesures, bien qu’importantes, ne sauraient se substituer à un cadre de réparation global prévoyant des réparations complètes, comprenant notamment des mesures visant à lutter contre les inégalités systémiques actuelles et le racisme enraciné dans l’héritage de l’esclavage.
Les organisations de la société civile, les descendants d’esclaves, ainsi que les États d’Afrique et des Caraïbes — y compris les départements français d’outre-mer— ont appelé à plusieurs reprises la France et d’autres anciennes puissances coloniales européennes à prendre des mesures de réparation qui touchent à la vie quotidienne des communautés, lesquelles continuent de subir les conséquences de l’héritage colonial et de l’esclavage. La pression internationale en faveur des réparations ne cesse de s’intensifier. En mars, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution présentée par le Ghana, qui qualifiait la traite transatlantique des esclaves de « crime contre l’humanité » et reconnaissait les réparations comme une voie vers la justice. La France, ainsi que d’autres États membres de l’Union européenne, se sont abstenus lors du vote, une décision qui a suscité des critiques, notamment de la part des représentants des territoires français d’outre-mer.
Alors que les réparations figurent désormais à l’ordre du jour politique, le gouvernement français devrait mettre en place un cadre national fondé sur le droit international des droits humains et les normes internationales, en vue d’octroyer des réparations complètes pour les préjudices passés et présents liés à l’héritage colonial et esclavagiste de la France.