French
Des leaders de mouvements citoyens, d’organisations de la société civile, des représentants de l'Église catholique, et d’autres leaders congolais indépendants lancent le « Manifeste du citoyen congolais », à Paris, le 18 août 2017. © 2017 Private

Aujourd’hui, une quarantaine de leaders de mouvements citoyens, d’organisations de la société civile, de représentants de l’Église catholique, et d’autres leaders congolais indépendants ont lancé le « Manifeste du citoyen congolais », après une réunion de trois jours à Paris pour discuter du « retour de l’ordre constitutionnel » en République démocratique du Congo.

Le document de deux pages soutient que le président Joseph Kabila a violé la constitution du pays par « la violence des armes et la corruption financière » pour se maintenir au pouvoir et « asseoir durablement son régime de prédation, de paupérisation et de pillage des ressources du pays à son bénéfice personnel, celui de sa famille, de ses courtisans et de ses alliés étrangers tant en Afrique qu’à travers le monde. »

Il soutient en outre que Joseph Kabila et « un groupe d’individus » ont « volontairement refusé d’organiser les élections », en contradiction avec la limite de deux mandats présidentiels inscrite dans la constitution et avec l’accord de la Saint-Sylvestre, conclu sous l’égide de l’Église catholique, un accord de partage du pouvoir appelant à la tenue des élections au plus tard en décembre 2017. Ainsi, des « zones d’insécurité » et des « tragédies meurtrières » ont émergé à travers le pays, « dans le but de décréter indûment l’état d’urgence » et de retarder les élections, alors que « la terreur est devenue un mode de gouvernance qui empêche le peuple congolais de revendiquer ses droits », selon le document.

Le manifeste appelle le peuple Congolais à « user de son devoir sacré de faire échec, avec des moyens pacifiques et non-violents, à la tentative du Président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà du 31 décembre 2017 en application de l’article 64 de la Constitution ». Il « exige le départ » de Joseph Kabila et appelle à une « transition citoyenne » dont l’objectif principal serait l’organisation d’élections crédibles, et qui serait dirigée par des leaders qui ne seraient pas candidats aux futures élections et qui seraient désignés au terme de consultations nationales.

Le document a aussi appelé à la libération immédiate et sans condition des prisonniers politiques et à la réouverture des médias fermés, et demande aux forces de sécurité d’assurer la « protection » des citoyens, et de ne pas « servir d’instrument de répression ».

« Tous les Congolais » sont alors appelés à « adhérer massivement » au manifeste, et à « prendre part active à la grande campagne d’actions pacifiques et non violentes devant mener au retour de l’ordre démocratique constitutionnel ».

Enfin, le document appelle à « un nouveau système de gouvernance, basé sur une justice indépendante, des services de sécurité protégeant les citoyens, assurant l’exercice effectif des libertés constitutionnelles, garantissant une gestion transparente et équitable de toutes les ressources nationales, des institutions fortes et démocratiques mettant les intérêts des citoyens Congolais au centre de tout projet politique ».

Les participants à la réunion de Paris, conviés par l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA), ont également travaillé à l’élaboration d’un « plan d’action » pour une mobilisation pacifique.

---------

À lire aussi :

Actualité.CD

 

Author