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Laos : Enquêter sur la mort d'un activiste de premier plan

Bao Mor Khaen’s Body Found 6 Days after His Enforced Disappearance

L'activiste laotien Sisay Luangmonda (également connu sous le nom Bao Mor Khaen sur les réseaux sociaux).  © Privé

(Bangkok) – Les autorités laotiennes devraient mener une enquête urgente et impartiale sur la mort suspecte d'un activiste qui avait ouvertement critiqué le gouvernement, et poursuivre en justice les responsables, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

Le 20 février, le corps de Sisay Luangmonda, un activiste âgé de 32 ans connu sous le nom Bao Mor Khaen sur les réseaux sociaux , a été retrouvé sur le bord d'une route dans le district de Hadxayfong, près de la capitale Vientiane ; quatre jours auparavant, sa famille avait signalé sa disparition aux autorités locales. La Fondation Manushya, qui surveille les droits humains au Laos, a rapporté que Sisay n'avait pas été revu depuis que des soldats l'avaient arrêté à l'extérieur de Vientiane entre 21 h et 22 h le 14 février, et l'avaient emmené à la prison de Phonthan.

« Les autorités laotiennes devraient mener immédiatement une enquête impartiale sur la mort suspecte de Sisay Luangmondaun éminent détracteur du gouvernement », a déclaré Elaine Pearson, directrice pour l'Asie à Human Rights Watch. « La mort de Sisay envoie un message effrayant aux personnes qui critiquent le gouvernement laotien, renforçant le climat de peur dans ce pays. »

Sisay avait reçu des menaces de mort liées à ses commentaires sur les réseaux sociaux, critiquant la corruption et la mauvaise gestion du Parti révolutionnaire populaire lao au pouvoir.

Après l'arrestation de Sisay, les autorités laotiennes n'ont fourni aucune information à sa famille sur le lieu où il se trouvait, et n'ont pas répondu aux allégations selon lesquelles il aurait été victime d'une disparition forcée. La famille de Sisay a déclaré que depuis la découverte de son corps, les autorités laotiennes n'avaient pas ouvert d'enquête, ni procédé à un examen médico-légal de sa dépouille.

Le gouvernement réprime les activistes et les dissidents depuis sa prise de pouvoir en 1975, dans le cadre d'un système autoritaire à parti unique. Sombath Somphone, un pionnier du développement communautaire et de l'autonomisation des jeunes, a disparu de force après avoir été placé en garde à vue à Vientiane en décembre 2012. En avril 2023, à Vientiane, un tireur non identifié a grièvement blessé par balle Anousa «Jack» Luangsuphom, un activiste qui avait critiqué le gouvernement sur Internet. Saysomphone Chilikham, membre du groupe Alliance pour la démocratie au Laos, a été victime d'une disparition forcée en février 2024.

Le droit international définit la disparition forcée comme la détention d'une personne par des agents de l'État ou leurs représentants et le refus de reconnaître cette détention ou de révéler le sort ou le lieu où se trouve la personne. Les disparitions sont particulièrement douloureuses pour les familles des victimes. En septembre 2008, le Laos a signé la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, mais ne l'a pas encore ratifiée.

Les activistes qui ont fui les persécutions au Laos pour se réfugier dans les pays voisins restent en danger, selon Human Rights Watch. En mai 2023, un activiste politique laotien en exil, Bounsuan Kitiyano, a été abattu dans la province d'Ubon Ratchathani, dans le nord-est de la Thaïlande. Od Sayavong, un éminent défenseur laotien des droits humains et de la démocratie vivant à Bangkok, est porté disparu depuis août 2019.

Aucune des attaques contre des dissidents et des détracteurs du gouvernement laotien au Laos ou dans les pays voisins n'a été élucidée et personne n'a été traduit en justice.

Lors de l’Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies en 2025, le Laos a « accepté » plusieurs recommandations visant à enquêter sur les disparitions forcées, mais s'est contenté de « prendre note » des cinq recommandations relatives à la protection des défenseurs des droits humains. En août 2025, les experts des droits humains de l'ONU ont exhorté le gouvernement laotien à respecter son obligation d'enquêter sur tous les cas d'homicides illégaux.

« Le gouvernement laotien procède depuis longtemps à des arrestations arbitraires, à des disparitions forcées et à des exécutions extrajudiciaires d’opposants », a conclu Elaine Pearson. « Les gouvernements concernés et les organes des Nations Unies chargés des droits humains devraient saisir toutes les occasions qui se présentent pour faire pression sur les autorités laotiennes afin qu'elles mènent des enquêtes approfondies et poursuivent en justice les responsables de graves violations. »

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