Le gouvernement américain prévoit d’importants investissements dans des minéraux critiques en République démocratique du Congo, tout en affirmant que les entreprises américaines contribueront à « la paix, la prospérité et la dignité » de la région. Mais pour qu’une telle contribution au développement économique soit efficace, les gouvernements américain et congolais devraient s’attaquer aux schémas persistants de corruption et d’atteintes aux droits humains dans le secteur minier.
Lors d’une réunion de son conseil d’administration qui s’est tenue le 3 juin, l’US Development Finance Corporation, une institution financière du gouvernement américain, a décidé d’ajouter 900 millions d’USD à un investissement existant de 600 millions d’USD dans l’Orion Critical Mineral Consortium, un fonds basé à New York. Le consortium a annoncé plusieurs investissements majeurs en RD Congo, dont un projet de participation dans des mines appartenant à la multinationale Glencore.
La RD Congo dispose de vastes gisements de minéraux critiques utilisés pour la défense, l’intelligence artificielle, les transports et d’autres industries, mais son secteur minier est depuis longtemps marqué par la corruption. Lors d’une audience publique avant la réunion du conseil d’administration, Human Rights Watch et Resource Matters, un groupe basé en RD Congo et à Bruxelles, ont appelé à consulter les communautés et les activistes congolais sur les risques liés aux droits humains et à la corruption avant la finalisation des investissements.
Nous avons également exprimé des inquiétudes sur le fait que, pour faciliter une transaction entre Orion et Glencore, le gouvernement américain pourrait assouplir les sanctions contre l’homme d’affaires israélien Dan Gertler. En 2017, le département du Trésor américain a sanctionné Dan Gertler – qui touche toujours des redevances liées à la production dans deux mines appartenant à Glencore – en vertu de la loi américaine Global Magnitsky Act. Le département du Trésor américain a déclaré que Dan Gertler « a amassé sa fortune grâce à des centaines de millions de dollars de transactions opaques et entachées de corruption dans le secteur minier et pétrolier » en RD Congo.
L’assouplissement des sanctions contre Dan Gertler porterait atteinte à la responsabilisation en matière de corruption en RD Congo, et affaiblirait la crédibilité des sanctions anti-corruption américaines dans le monde entier. Si le gouvernement et les investisseurs américains tiennent réellement à favoriser une paix et une prospérité durables en RD Congo, ils devraient lutter de manière efficace contre la corruption et renforcer le respect des droits humains dans le secteur minier.