Image satellite enregistrée le 21 septembre 2017, montrant la destruction quasi-totale d’un village rohingya du canton de Maungdaw dans l’État de Rakhine, en Birmanie. Le village voisin, habité par des membres de l’ethnie locale arakanaise, est pour l’essentiel intact (partie inférieure de l’image, à droite).

© 2017 Human Rights Watch

(New York, le 17 octobre 2017) – De nouvelles images satellite révèlent qu'au moins 288 villages ont été partiellement ou totalement détruits par des incendies dans l'État de Rakhine dans le nord de la Birmanie depuis le 25 août 2017, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Des dizaines de milliers de bâtiments – principalement des maisons de membres de l’ethnie musulmane Rohingya – ont été détruits.

L'analyse de l'imagerie satellitaire mène au constat que les incendies ont eu lieu essentiellement dans des villages rohingyas, même après les déclarations de hauts responsables birmans selon lesquelles les « opérations de déblaiement » (« clearance operations ») menées par les forces de sécurité avaient cessé. L'imagerie montre la destruction de villages rohingyas situés près de villages arakanais dans l’État de Rakhine, qui sont restés intacts. Les images montrent qu'au moins 66 villages ont subi des incendies après le 5 septembre, date à laquelle les opérations des forces de sécurité auraient en principe pris fin, selon un discours prononcé le 18 septembre par la conseillère d'État Aung San Suu Kyi. L'armée birmane a riposté aux attaques lancées le 25 août par l'Armée de salut des Rohingyas d'Arakan (ARSA), en menant une campagne de nettoyage ethnique qui a incité plus de 530 000 Rohingyas à fuir vers le Bangladesh.

« Ces nouvelles images satellite montrent pourquoi plus d'un demi-million de Rohingyas ont fui vers le Bangladesh en seulement quatre semaines », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch. « L'armée birmane a détruit des centaines de villages rohingyas tout en commettant des meurtres, des viols et d'autres crimes contre l'humanité qui ont forcé les Rohingyas à fuir afin de survivre. »

Les pays membres de l'ONU et les organismes internationaux devraient presser le gouvernement birman d’autoriser la mission d'établissement des faits mandatée par l'ONU à enquêter sur ces abus. Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait également imposer d'urgence un embargo sur les armes vendues à la Birmanie, ainsi que des sanctions ciblées à l’encontre des commandants birmans responsables de graves violations, selon Human Rights Watch.

Communiqué intégral et détaillé en anglais :

www.hrw.org/news/2017/10/17/burma-new-satellite-images-confirm-mass-destruction

Articles :

Le Monde 18.10.17    Libération

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