(Moscou, le 17 avril 2017) - Des autorités tchétchènes ainsi que des dignitaires religieux tchétchènes ont proféré des menaces contre le journal ayant révélé les exactions commises par la police contre des hommes perçus comme homosexuels en Tchétchénie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités russes devraient condamner sans équivoque ces menaces, ouvrir une enquête à leur sujet, et veiller à la protection des journalistes visés.

Le dirigeant de la république de Tchétchénie dans le sud la Russie, Ramzan Kadyrov, photographié le 13 décembre 2011.

© 2011 Government.ru

Le 1er avril 2017, le journal russe Novaya Gazeta a publié un article révélant que la police tchétchène procédait à des rafles visant des hommes considérés comme homosexuels, et les détenait dans des lieux secrets où ils étaient humiliés et torturés. La semaine suivante, le journal a publié un deuxième article détaillé à ce sujet, comprenant des témoignages de victimes. Ces abus ont été condamnés par les Nations Unies, le Conseil de l'Europe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l'Union européenne, les États-Unis, la France et par plusieurs autres pays.

« Les menaces proférées contre les journalistes de Novaya Gazeta pour avoir exposé les abus ignobles en Tchétchénie sont extrêmement graves », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les antécédents en matière de menaces et de violences contre les journalistes de Novaya Gazeta ayant travaillé en Tchétchénie dans le passé rendent cette situation particulièrement alarmante. »

Dans un message adressé le 15 avril au rédacteur-en-chef de Novaya Gazeta sur son compte Instagram, le ministre de la presse et de l'information de Tchétchénie, Jambulat Umarov, a exigé que le journal « s'excuse auprès du peuple tchétchène » pour avoir évoqué la présence d’hommes homosexuels en Tchétchénie, ce qu’il a qualifié de « répugnante provocation ». Umarov a également exigé que le journal révèle ses sources, et a averti que si Novaya Gazeta n'arrête pas de publier des commentaires « hystériques » au sujet de « menaces inexistantes », alors des personnes qui sont encore « encore plus agacées […] que nous » s’occuperaient de ses journalistes.

Communiqué intégral en anglais, avec davantage d'informations :
www.hrw.org/news/2017/04/17/russia-chechen-officials-and-clerics-threaten-journalists