Russie : Des responsables tchétchènes et dirigeants religieux menacent des journalistes
Ces menaces laissent craindre des actes des représailles suite aux révélations sur une campagne anti-homosexuels
(Moscou, le 17 avril 2017) - Des autorités tchétchènes ainsi que des dignitaires religieux tchétchènes ont proféré des menaces contre le journal ayant révélé les exactions commises par la police contre des hommes perçus comme homosexuels en Tchétchénie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités russes devraient condamner sans équivoque ces menaces, ouvrir une enquête à leur sujet, et veiller à la protection des journalistes visés.
Le 1er avril 2017, le journal russe Novaya Gazeta a publié un article révélant que la police tchétchène procédait à des rafles visant des hommes considérés comme homosexuels, et les détenait dans des lieux secrets où ils étaient humiliés et torturés. La semaine suivante, le journal a publié un deuxième article détaillé à ce sujet, comprenant des témoignages de victimes. Ces abus ont été condamnés par les Nations Unies, le Conseil de l'Europe, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l'Union européenne, les États-Unis, la France et par plusieurs autres pays.
« Les menaces proférées contre les journalistes de Novaya Gazeta pour avoir exposé les abus ignobles en Tchétchénie sont extrêmement graves », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Les antécédents en matière de menaces et de violences contre les journalistes de Novaya Gazeta ayant travaillé en Tchétchénie dans le passé rendent cette situation particulièrement alarmante. »
Dans un message adressé le 15 avril au rédacteur-en-chef de Novaya Gazeta sur son compte Instagram, le ministre de la presse et de l'information de Tchétchénie, Jambulat Umarov, a exigé que le journal « s'excuse auprès du peuple tchétchène » pour avoir évoqué la présence d’hommes homosexuels en Tchétchénie, ce qu’il a qualifié de « répugnante provocation ». Umarov a également exigé que le journal révèle ses sources, et a averti que si Novaya Gazeta n'arrête pas de publier des commentaires « hystériques » au sujet de « menaces inexistantes », alors des personnes qui sont encore « encore plus agacées […] que nous » s’occuperaient de ses journalistes.
Abus policiers à Calais contre les migrants, enfants et adultes
Le rapport montre que les forces de l’ordre à Calais, en particulier les Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ont recours de façon routinière à la pulvérisation de gaz poivre sur des migrants, enfants et adultes, alors qu’ils sont endormis ou dans d’autres situations où ils ne représentent aucune menace. Les policiers aspergent aussi régulièrement de gaz, ou confisquent, leurs sacs de couchage, couvertures et vêtements. Parfois ils aspergent même de gaz poivre la nourriture et l’eau des migrants – tout cela apparemment dans le but de les pousser à quitter la région. De tels agissements de la part de la police violent l’interdiction d’infliger un traitement inhumain et dégradant, mais aussi les normes internationales de comportement des forces de l’ordre, qui appellent les agents à ne faire usage de la force que lorsque cela est inévitable, et alors uniquement avec modération, de façon proportionnée aux circonstances, et toujours dans un objectif légitime de maintien de l’ordre.