Des travailleuses domestiques philippines victimes d'abus de la part de leurs employeurs jordaniens, réfugiées dans l'Ambassade des Philippines à Amman,le 6 octobre 2008.

© 2008 Nader Daoud/AP

(Amman, le 27 septembre 2011) – Le gouvernement jordanien doit faire appliquer les mesures législatives protégeant les travailleurs domestiques migrants mises en place au cours des trois dernières années, ont déclaré Human Rights Watch et le Centre d'aide juridique Tamkeen dans un rapport conjoint publié aujourd'hui. De nouvelles lois et réglementations adoptées en 2008 accordent en principe à ces personnes (en majorité des femmes) le droit à des horaires de travail réguliers et à un jour de repos hebdomadaire, et criminalisent la traite des personnes, mais leur mise en œuvre est inadéquate selon les deux organisations.

Le rapport de 111 pages, intitulé Domestic Plight: How Jordanian Laws, Officials, Employers, and Recruiters Fail Abused Migrant Domestic Workers, (« La souffrance des domestiques : Insuffisance des mesures visant à mettre fin aux mauvais traitement des travailleurs domestiques migrants en Jordanie »), documente les abus subis par les travailleuses et travailleurs domestiques dans ce pays, et l’impunité dont bénéficient les employeurs et recruteurs.

« Les réformes juridiques relatives aux travailleurs domestiques migrants en Jordanie resteront lettre morte tant qu’elles n’amélioreront pas la vie de ces femmes et de ces hommes », a observé Christoph Wilcke, chercheur senior sur le Moyen-Orient à Human Rights Watch.

La majorité des 70.000 travailleuses et travailleurs domestiques migrants en Jordanie est constituée de femmes originaires de pays asiatiques dont le Sri Lanka,  l'Indonésie et les Philippines. Un grand nombre d’entre elles subissent en Jordanie le même genre d’abus que les travailleuses domestiques migrantes dans d’autres pays au Moyen-Orient : coups, confiscation de leurs passeports, interdiction de quitter le domicile, insultes, non-paiement des salaires et horaires excessifs, sans jours de repos.

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