(New York) - Le Conseil de Sécurité de l’ONU doit se concentrer sur la violence contre les civils en temps de guerre dans sa mission à venir dans la région africaine des Grands Lacs, Human Rights Watch a annoncé aujourd’hui. Une mission du Conseil de Sécurité enquêtant sur de récents actes de violence va aller en République Démocratique du Congo (RDC) et au Burundi dès demain. Ces deux pays ont au moins des accords partiaux de paix en place, mais les combats continuent avec les civils comme première cible.
Dans une lettre ouverte au Conseil de Sécurité, Human Rights Watch pousse également le Conseil à soulever avec les leaders de la région la question du besoin de justice contre ces abus.
Human Rights Watch a bien accueilli la récente décision du Conseil d'autoriser une force multinationale pour Bunia dans le Nord-Est de la RDC, mais soulève également ses craintes face aux dizaines de milliers de civils vivant en dehors de la ville dont le sort n'est pas connu. Au cours de ces derniers jours, il y a eu de nouvelles violences à Aru, Mogbwalu et Tchomia -chacune étant dans des zones hors du mandat actuel de la nouvelle force. Human Rights Watch appelle le Conseil de Sécurité à pousser les forces
intérimaires à se préparer à répondre à de telles attaques contre les civils.
« Des dizaines de milliers de civils continuent de vivre en craignant pour leur vie à la fois au Congo et au Burundi», a déclaré Alison Des Forges, conseillère dans la division Afrique de Human Rights Watch. « Le Conseil de Sécurité doit utiliser son influence pour arrêter les abus commis contre eux. »
Concernant le Burundi, Human Rights Watch conseille vivement le Conseil à s'assurer que le nouveau gouvernement du Burundi respecte ses promesses de mettre fin à la guerre et rende la justice. Dans plusieurs des massacres les plus graves, des soldats gouvernementaux ont échappé à des sanctions sérieuses. Du côté des rebelles, les Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD) et le Front de Libération National (FLN) ont tous deux exécuté sommairement des civils. Le Conseil de Sécurité devrait faire appel au gouvernement du Burundi et aux forces rebelles pour qu'ils arrêtent leurs abus et adhèrent strictement au droit international humanitaire.
Autant la RDC que le Burundi sont au milieu d'un processus de paix fragile et au cours de ces derniers mois ont souffert de nouveaux combats avec des conséquences dévastatrices pour la population locale. Le 30 mai, le Conseil de Sécurité a autorisé une force multinationale intérimaire d'urgence à apporter la paix à la ville de Bunia en Ituri. Cette force est censée arrivée dans les jours à venir. Au Burundi, la toute première mission de maintien de la paix de l'Union africaine est arrivée en avril 2003 avec des troupes d'Afrique du Sud, du Mozambique et d'Ethiopie pour contrôler le cesser le feu.