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En vue d’endiguer la violence au cours des semaines à venir, 72 organisations congolaises et 15 organisations internationales de défense des droits humains ont publié, aujourd’hui une déclaration engageant les États-Unis et l’Union européenne à étendre les sanctions ciblées imposées à l’encontre des hauts responsables de la République démocratique du Congo mis en cause dans de graves violations des droits humains. Le Conseil des affaires étrangères de l’UE doit débattre de la situation en RD Congo lundi.

Pendant ce temps, la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue hier pour marquer le début des pourparlers entre les groupes d’opposition politique et les membres de la coalition au pouvoir devant se dérouler grâce à la médiation de l’Église catholique, donne une lueur d’espoir de voir les parties parvenir à une solution négociée avant la date butoir du 19 décembre (date à laquelle se termine le deuxième mandat du Président Joseph Kabila conformément à la limite imposée par la constitution). Les pourparlers ont été suspendus jusqu’à mardi tandis que les débats sur les listes de participants se poursuivaient aujourd’hui.

Tout accord devrait impérativement comporter des mesures concrètes visant à mettre fin aux mesures de répression orchestrées par le gouvernement, sur la liberté d’expression et de réunion pacifique. La répression du gouvernement s’est poursuivie cette semaine, la police de la ville orientale de Bunia ayant empêché une douzaine de membres du mouvement de jeunesse Filimbi d’organiser un sit-in, mercredi matin. Les activistes voulaient remettre une lettre appelant les députés provinciaux et autres administrateurs à se démettre de leurs fonctions le 19 décembre.

Le maire de Bunia a déclaré avoir interdit la manifestation pour se conformer aux ordres reçus dans une lettre du ministre de l’intérieur Évariste Boshab en date du 3 novembre, adressée à tous les gouverneurs, lettre disant que Filimbi et le mouvement de jeunesse LUCHA ne sont pas des groupes légalement enregistrés et donc pas autorisés à de quelconques activités. Cela va à l’encontre de la législation congolaise, qui n’exige pas des citoyens d’enregistrer leur organisation pour tenir une réunion pacifique.

La journaliste de la radio-télévision Adèle Uvon a été relâchée lundi après son arrestation en même temps que celle de cinq activistes de LUCHA la semaine dernière à Bunia. Elle n’a pas été inculpée. Les activistes de LUCHA – Franck Bahati, Deogratias Kiza, Lombo Bahati, Célestin Tambwe, et Luc Malembe – ont été transférés à la prison centrale de Bunia mercredi après avoir été inculpés « d’incitation à la désobéissance », chef d’accusation apparemment à motifs politiques.

À Goma, les agents du renseignement militaire ont arrêté jeudi l’activiste de LUCHA Justin Mutabesha, juste après la confiscation par des agents d’immigration d’un carton de T-shirts LUCHA et ont détenu le jeune homme qui s’était rendu en Ouganda pour les imprimer et les livrer. Selon les activistes de LUCHA, les T-shirts disaient « LUCHA – Lutte pour le Changement » sur le devant et « #FreeLUCHA » au dos. Mutabesha reste détenu à la prison du renseignement militaire T2, sans accès à son avocat, tandis que l’on ignore où se trouve le jeune homme qui a livré les T-shirts.

Trois autres activistes de LUCHA, Jacques Muhindo, Fiston Dunia, and Glody Ntambwe arrêtés à Goma le 24 octobre après avoir dénoncé le « dialogue national », restent en détention à la prison centrale.

À Bukavu, la suppression de la liberté de réunion et l’inquiétude apparente des autorités concernant toute mobilisation des jeunes s’est étendue aux manifestations d’étudiants débutées vendredi dernier pour protester contre une augmentation de 25 % des droits d’inscription à l’Institut supérieur pédagogique (ISP). Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les nombreux manifestants, blessant au moins deux étudiants et peut-être d’autres.

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En vue d’endiguer la violence au cours des semaines à venir, 72 organisations congolaises et 15 organisations internationales de défense des droits humains ont publié, aujourd’hui une déclaration engageant les États-Unis et l’Union européenne à étendre les sanctions ciblées imposées à l’encontre des hauts responsables de la République démocratique du Congo mis en cause dans de graves violations des droits humains.