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Des organisations de jeunesse congolaises multiplient les appels pour que le président Joseph Kabila abandonne le pouvoir le 19 décembre à la fin de son second mandat, comme le prévoit la constitution.

Jeef Mabika, un activiste du mouvement pro-démocratie Filimbi arrêté par les forces de sécurité congolaises le 24 novembre 2016. © 2016 Privé

Samedi, les mouvements de jeunesse pro-démocratie Lutte pour le changement (LUCHA) et Filimbi, en coordination avec les branches jeunesse du Rassemblement, une coalition d'opposition, et du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), un parti d'opposition, ont lancé une campagne intitulée « Bye Bye Kabila » et entamé un compte à rebours du temps qui reste jusqu'au dernier jour du second mandat de Joseph Kabila.

La police a tenté d'intimider et d'arrêter les organisateurs avant le déclenchement de cette opération, dans ce qui représente le dernier en date des efforts oppressifs de la police pour étouffer les manifestations publiques de protestation. Le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, a appelé les organisateurs à annuler leurs activités car leurs organisations ne sont pas légalement agréées, alors qu'il n'y a pas de nécessité juridique d'être homologué en tant qu'organisation agréée pour tenir une réunion politique pacifique en RD Congo. Les forces de sécurité ont arrêté un activiste de Filimbi, Jeef Mabika, jeudi matin à son domicile. Son sort demeure inconnu à ce jour.

Samedi, un membre de la branche jeunesse du Rassemblement, Bony Mputu Dikasa, a décidé de ne pas participer à la campagne de sensibilisation après avoir repéré des hommes d'allure suspecte qui observaient les activistes. Il a quitté les lieux mais a alors été suivi par trois hommes armés en civil. Ceux-ci l'ont ensuite interpellé, l'ont menacé avec un revolver, l'ont questionné sur son rôle dans la campagne, et l'ont gardé à vue pendant plusieurs heures. Un capitaine de la police lui a déclaré par la suite que les autorités surveillaient de près les mouvements de son organisation. Un membre de sa famille a été obligé de payer pour sa remise en liberté. Un autre activiste de Filimbi aurait été lui aussi arrêté le même jour, mais les détails de son arrestation et le lieu où il se trouve actuellement ne sont pas connus.

Un cameraman congolais, qui tentait de filmer des images de la campagne, a été arrêté et gardé à vue pendant deux heures par des hommes habillés en civils.

En dépit de ces arrestations, une vingtaine d'activistes des mouvements de jeunesse ont réussi à distribuer des tracts dans le quartier de Kasavubu, à Kinshasa, samedi, annonçant le lancement de la campagne « Bye bye Kabila ».

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