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Le gouvernement congolais menace la continuité des activités des stations de radio et de télévision étrangères, dernière en date de ses tentatives de limiter la liberté d'expression dans le pays.

Samedi, le ministre de la Communication, Lambert Mende, a publié un arrêté ministériel proclamant que les stations de radio et de télévision étrangères devraient désormais avoir une majorité d'actionnaires congolais, sous peine d'être fermées dans les 30 jours. Les radios étrangères n'ayant pas de présence physique dans le pays doivent émettre par l'intermédiaire d'un partenaire congolais agréé par le ministre. Elles auront 45 jours pour se plier à ces nouvelles conditions, sans quoi elles se verront interdire de diffuser des informations.

Il y a neuf jours, les autorités ont coupé le signal émetteur de Radio France Internationale (RFI) à Kinshasa à l'approche de manifestations. La station est toujours occultée, ce qui prive de nombreux Congolais d'une source essentielle d'informations. 

Ces nouvelles mesures restrictives ont été annoncées lors d'une rare visite en RD Congo d'une délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies. Lors de rencontres avec le président Joseph Kabila et avec d'autres responsables congolais, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leurs inquiétudes au sujet de l'interdiction des réunions politiques publiques dans plusieurs villes du pays, de la décision des autorités de suspendre les émissions de RFI, et du maintien en détention de prisonniers politiques.

Ces rencontres n'ont pas permis d'éclaircir la question de savoir si le président Kabila a l'intention de rester en fonction au-delà de la limite de son second mandat, qui se termine le 19 décembre. Quand les membres du Conseil ont demandé à Kabila comment il entendait quitter la présidence, il s'est contenté de remarquer que la constitution n'autorisait actuellement que deux mandats mais qu'elle pouvait être amendée.

Dimanche, la police a continué de réprimer l'exercice du droit à la liberté de réunion pacifique en dispersant des membres d'un parti d'opposition, le Mouvement de libération du Congo (MLC), qui se rassemblaient pacifiquement dans une église dans le district de Mont-Amba à Kinshasa.

Pendant ce temps, les autorités semblent aller de l'avant avec l'accord du « dialogue national », qui a été rejeté par la plupart des principaux dirigeants de l'opposition et des activistes de la société civile. Augustin Matata Ponyo a annoncé sa démission du poste de Premier ministre lundi matin, ouvrant la voie à la mise en place d'un prétendu « gouvernement d'unité nationale. » Kabila doit aborder cette question dans un discours au parlement mardi. 

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Le gouvernement congolais menace la continuité des activités des stations de radio et de télévision étrangères, dernière en date de ses tentatives de limiter la liberté d'expression dans le pays.