(New York) – Les partenaires et sponsors de la Coupe du monde de la FIFA devraient se joindre aux appels en faveur d'une « trêve de l'ICE », un engagement public des autorités fédérales des États-Unis à s'abstenir de toute opération de contrôle de l'immigration sur tous les sites de matches et d’événements liés au tournoi, ont déclaré aujourd'hui Human Rights Watch et la Sport & Rights Alliance.
La Coupe du monde 2026, qui a débuté le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s’est ouverte dans un contexte derépression brutale de l’immigration par l’administration du Président américain Donald Trump. En mai et juin, des organisations de défense des droits humains, des groupes de supporters et des syndicats ont écrit à 19 sociétés les exhortant à inciter la FIFA et le gouvernement des États-Unis à soutenir une « trêve de l’ICE » (« ICE Truce ») comme première pas vers la fin des pratiques abusives de détention et d'expulsion aux États-Unis et afin d'atténuer les risques que les politiques d'immigration du gouvernement américain font peser sur les supporters, les travailleurs et les communautés locales.
« Les sponsors de la FIFA versent collectivement des milliards de dollars parce qu'ils veulent être associés au « beau jeu », et non à la répression cruelle du gouvernement des États-Unis en matière d'immigration », a déclaré Minky Worden, directrice des Initiatives mondiales au sein de Human Rights Watch. « Les sponsors et partenaires de la Coupe du monde devraient appeler à une trêve de l'ICE comme meilleur moyen de garantir que le tournoi ne soit pas terni par les politiques d'immigration abusives de l'administration Trump. »
Six entreprises — Adidas, Coca-Cola, Lenovo, McDonald’s, Unilever et Visa — ont répondu en évoquant un dialogue régulier avec la FIFA sur les droits humains, sans toutefois commenter directement leur soutien à une « trêve de l’ICE ». Les autres sponsors et partenaires de la FIFA — AB InBev, Aramco, Betano, Bank of America, DoorDash, Globant, Hisense, Lay’s, Hyundai, Mengniu, Qatar Airways, Valvoline et Verizon — n’ont pas répondu.
Les opérations de l’agence américaine de l’Immigration et des douanes (ICE) ont visé des communautés à travers les États-Unis, pays qui accueillera la majeure partie des matchs de la Coupe du monde. Les agents de l'immigration ont procédé à des détentions arbitraires et violentes, ciblant souvent les personnes de couleur et terrorisant les communautés immigrées. Des agents fédéraux de l'immigration ont illégalement tué deux citoyens américains, tandis que 19 personnes sont déjà décédées en détention administrative en 2026.
Parmi les organisations ayant écrit aux sponsors et partenaires de la FIFA figurent Human Rights Watch, la Sport & Rights Alliance, Amnesty International, Building and Wood Workers’ International (BWI), Equidem, Football Supporters Europe, FairPlay, ILGA World, OpenStadiums, Reporters sans frontières et Transparency International.
Les six entreprises ayant répondu ont indiqué avoir échangé avec la FIFA au sujet des questions de droits humains liées à la Coupe du monde. Coca-Cola, par exemple, a déclaré « dialoguer avec la FIFA lors de réunions de travail entre sponsors, en contribuant aux discussions sur les évaluations des droits humains, les processus de diligence raisonnable et la mise en œuvre du Cadre de la FIFA relatif aux droits humains pour la Coupe du monde 2026 ». McDonald’s a affirmé « échanger régulièrement avec la FIFA et les parties prenantes concernées sur les risques en matière de droits humains associés à ses tournois [...] et partager la volonté de faire de la Coupe du monde 2026 une expérience sûre, inclusive et respectueuse pour tous les supporters, travailleurs, joueurs et communautés ».
La FIFA, cependant, n’a jusqu’à présent fait que très peu pour remédier aux risques posés par les politiques d’immigration cruelles de l’administration Trump. En décembre 2025, l’instance dirigeante du football a décerné à Trump le « Prix de la paix de la FIFA », saluant son « engagement indéfectible en faveur de la paix et de l’unité dans le monde ». Aucun des plans d’action élaborés par les villes hôtes américaines pour le tournoi — un élément clé du Cadre de la FIFA relatif aux droits humains pour la Coupe du monde 2026 — n’aborde explicitement les risques que les opérations migratoires abusives du gouvernement américain font peser sur les communautés.
Des organisations de défense des droits des immigrants et des organisations communautaires apportent leur soutien aux communautés immigrées pendant la Coupe du monde. Deux sponsors de la FIFA, Coca-Cola et Visa, ont mentionné dans leurs réponses le soutien qu’ils apportent au Centre for Sport and Human Rights (Centre pour le sport et les droits humains), une organisation non gouvernementale ayant élaboré un guide destiné aux supporters et aux communautés (« World Cup Fan + Community Guide ») afin d’aider les supporters à comprendre leurs droits pendant le tournoi.
Certains partenaires de la FIFA ont affirmé n'avoir qu'une responsabilité ou un contrôle limités concernant les questions de droits humains liées à la Coupe du monde. Lenovo, par exemple, a déclaré : « Le rôle de Lenovo dans le cadre des tournois de la FIFA est celui d'un partenaire technologique. Les questions relatives à la gouvernance du tournoi, à l'organisation de l'événement, aux dispositifs de sécurité, aux politiques gouvernementales, à l'application des lois sur l'immigration et aux engagements en matière de droits humains associés au tournoi relèvent de la responsabilité de la FIFA et des autorités compétentes des pays hôtes. » Adidas a affirmé : « En tant que sponsor, Adidas n'intervient ni dans le choix des pays hôtes de la Coupe du monde de la FIFA, ni dans la définition des accords conclus entre les gouvernements et les pays hôtes. Ces responsabilités incombent à la FIFA ».
« Les sponsors et partenaires de la Coupe du monde font fausse route s’ils pensent que la FIFA plaidera seule, auprès de l’administration Trump, en faveur de politiques migratoires respectueuses des droits », a conclu Andrea Florence, directrice exécutive de la Sport & Rights Alliance. « Les entreprises ont une réelle opportunité de faire pression sur la FIFA pour qu’elle réclame une trêve de l’ICE et protège les supporters ainsi que les travailleurs tout au long du tournoi. »
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