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La sortie progressive des énergies fossiles à l'échelle mondiale doit être guidée par les droits humains

La conférence de Santa Marta devrait placer les personnes au cœur de ses discussions

Des militants pour le climat organisent un rassemblement pour dénoncer l'utilisation des énergies fossiles à l'occasion de la Journée de la Terre, devant la Maison Blanche, le 22 avril 2023, à Washington, DC. © 2023 AP Photo/Carolyn Kaster, File

Les habitants vivant à proximité d'une centrale à charbon à Dimitrovgrad, en Bulgarie, respirent un air si toxique qu'ils se décrivent comme des prisonniers dans leur propre maison. En Louisiane, les communautés situées le long du corridor pétrochimique connu sous le nom de « Cancer Alley » (l'allée du cancer) sont confrontées à certains des taux de cancer les plus élevés des États-Unis. En Ouganda et en Tanzanie, les militants opposés à l'EACOP (Oléoduc d’Afrique de l’Est) ont été arrêtés et poursuivis pénalement pour s’être élevés contre l’expansion des énergies fossiles. Il ne s’agit pas de statistiques abstraites mais de problèmes concrets liés aux droits humains et à la production d’énergies fossiles.

Pourtant, alors que plus de 50 gouvernements se réunissent cette semaine à Santa Marta, en Colombie, pour la première conférence internationale sur la transition énergétique et l’abandon des énergies fossiles, ces questions relatives aux droits humains sont absentes de l’ordre du jour.

La conférence, co-organisée par la Colombie et les Pays-Bas, intervient à un moment critique. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a averti que notre dépendance aux combustibles fossiles déstabilise à la fois le climat et la sécurité mondiale, rendant urgente une transition juste. La récente conférence sur le climat COP30 s’est également terminée sans décision sur les énergies fossiles, malgré les appels de plus de 80 pays en faveur d’une feuille de route pour leur élimination progressive.

La réunion de cette semaine devrait accélérer les progrès en matière de transition. Ce qu’elle ne doit toutefois pas faire, c’est traiter les droits humains comme une considération secondaire.

La combustion des énergies fossiles est un facteur majeur de pollution atmosphérique, que l’Organisation mondiale de la santé identifie comme la plus grande menace pour la santé humaine à l’échelle mondiale, tuant environ sept millions de personnes chaque année. Mettre les droits de côté risque de laisser pour compte des communautés déjà victimes de l’extraction des énergies fossiles et de ses effets dévastateurs.

La Cour internationale de justice a clairement établi que les États ont l’obligation légale de protéger le système climatique. Santa Marta devrait traduire ces obligations en actions concrètes. Ne pas parvenir à sortir progressivement des combustibles fossiles porte atteinte aux droits à la vie, à la santé, à l’alimentation, à l’eau et au logement des populations du monde entier.

Les gouvernements réunis à Santa Marta doivent veiller à ce que la transition vers l’abandon des combustibles fossiles s’appuie sur le droit relatif aux droits humains et tienne compte des contributions des communautés les plus exposées pour aider à élaborer les plans de sortie progressive. Pour que la conférence soit couronnée de succès, les communautés les plus exposées devraient enfin voir leurs droits et leur santé protégés.

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