Depuis les conflits des années 1990 dans les Balkans, la Croatie a souffert du fléau des mines terrestres antipersonnel, qui ont tué des centaines de civils et rendu des milliers d’hectares de terres inaccessibles en raison de la contamination. En mars, le pays a enfin célébré son statut de territoire exempt de mines, à l’issue d’une campagne de déminage de 30 ans qui a coûté 1,38 milliard de dollars US.
L'histoire de la Croatie souligne l'importance la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel de 1997 (« Convention d’Ottawa ») et devrait encourager davantage de pays à y adhérer et à promouvoir ses objectifs. Alors que ce 4 avril marque la Journée internationale de sensibilisation au problème des mines et d'assistance à la lutte antimines, il convient de noter que la Convention est menacée par les retraits de certains pays et par de nouvelles utilisations de ces armes.
La forte contamination de la Croatie remonte à la période 1991-1995, lorsque les principales parties au conflit ont utilisé des mines terrestres. Plus de 20 % du territoire étaient alors contaminés, empêchant les communautés de revenir et entraînant une perte économique annuelle d’au moins 230 millions de dollars.
Le ministre croate de l’Intérieur, Davor Božinović, a déclaré : « Il ne s’agit pas seulement d’un succès technique, c’est l’accomplissement d’une obligation morale envers les victimes des mines et leurs familles. Une Croatie sans mines signifie des familles plus en sécurité, un meilleur développement des zones rurales, davantage de terres agricoles et un tourisme plus dynamique. »
Ce succès, qui témoigne du travail dévoué des démineurs et de l’intérêt portée de manière soutenue par le gouvernement croate à ce projet, correspond exactement à ce que la Convention vise à réaliser, et à ce que cette Journée spéciale de l’ONU célèbre.
Pourtant, plutôt que de tirer les leçons de l’expérience de la Croatie et des plus de 30 États parties à la Convention qui ont déminé leurs terres, certains pays ont abandonné cet effort.
En 2025, cinq pays – l’Estonie, la Finlande la Lettonie, la Lituanie et la Pologne – se sont retirées du traité, affirmant que les mines terrestres antipersonnel étaient nécessaires pour se protéger de l’agression russe. En juillet, l’Ukraine a également cherché à suspendre illégalement ses obligations en vertu de la Convention.
La reprise de l’utilisation des mines antipersonnel au Myanmar, en Russie et en Ukraine, ainsi qu’aux frontières de l’Iran avec l’Afghanistan et le Pakistan, à la frontière de la Corée du Nord avec la Corée du Sud et à la frontière contestée entre la Thaïlande et le Cambodge, menace la norme visant l’interdiction ces armes.
La Journée internationale de la lutte contre les mines offre l’occasion de réfléchir à l’impact effroyable des mines antipersonnel sur les civils, à l’amélioration significative des conditions de vie des civils que la Convention a déjà permis d’obtenir, ainsi qu’à l’importance de maintenir et de renforcer l’opposition à l’utilisation de ces armes. Les États qui ne sont pas encore parties à la Convention devraient y adhérer. Tous les pays devraient s’opposer à leur utilisation, et contribuer au financement du déminage et de l’aide aux victimes.
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