Le gouvernement libérien a annoncé le 5 août la suppression de tous les frais d’inscription scolaire de la maternelle au CM2, à compter de la rentrée scolaire du 7 septembre. Cette décision supprime l’un des principaux obstacles à la scolarisation de centaines de milliers d’enfants.
Un rapport récent de Human Rights Watch, intitulé “Without Education, There Will Be Nothing” (« Sans éducation, il n’y aura rien »), montre que les frais d’inscription scolaire ont souvent rendu la scolarisation inaccessible ou imposé de graves difficultés, en particulier aux familles à faibles revenus et vivant en milieu rural. Human Rights Watch a constaté que ces frais ont contraint de nombreux enfants à abandonner complètement l’école. D’autres ont commencé leur scolarité avec plusieurs années de retard, ont suivi les cours de manière irrégulière ou ont été contraints de travailler pour aider à payer leurs frais de scolarité. Un tiers des enfants libériens n’ont jamais été scolarisés, et seuls 17 % ont terminé la 3e.
Des parents ont confié à Human Rights Watch qu’ils s’étaient endettés, avaient sauté des repas et consenti à des sacrifices importants pour payer les frais de scolarité dans les écoles publiques. Beatrice, une jeune fille de 17 ans originaire du comté de Nimba, a déclaré avoir été contrainte de quitter l’école lorsque ses parents n’ont plus pu payer ses frais d’inscription. « Je me sentais mal », a-t-elle déclaré. « Je restais à la maison et je pleurais quand je voyais mes amis aller à l’école. »
Fanell Decontee Dewee, une militante libérienne pour les droits des enfants qui a mené des entretiens entre pairs avec des enfants dans le cadre de ce rapport, a déclaré : « Pour les enfants libériens, la suppression de cet obstacle financier majeur constitue une avancée significative vers une éducation primaire plus accessible et plus équitable pour tous. »
Si elle est pleinement mise en œuvre, cette nouvelle politique contribuera à garantir que les enfants puissent s’inscrire à l’école et y rester, quelle que soit la situation financière de leur famille. Roberto Cooper Jr., un défenseur libérien des droits des enfants qui a participé aux recherches de Human Rights Watch, a déclaré : « C’est une victoire pour le Libéria et un investissement dans notre avenir. Chaque enfant mérite d’avoir la possibilité d’apprendre, de s’épanouir et de réussir. »