Le 28 juillet, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a ordonné à l’armée israélienne de prendre le contrôle d’un autre camp de réfugiés palestiniens en Cisjordanie, sans préciser lequel. Il a déclaré que l’opération devait suivre le « modèle de Tulkarem, Nur Shams et Jénine ».
Ces propos laissent présager de nouvelles expulsions de Palestiniens de leurs foyers et, par conséquent, un renforcement du nettoyage ethnique et des crimes de guerre.
L’armée israélienne a expulsé les résidents des camps de réfugiés de Tulkarem, Nur Shams et Jénine en janvier et février 2025, dans le cadre de l’opération « Mur de fer », une opération militaire brutale, voire meurtrière, qui a entraîné le plus grand déplacement massif de Palestiniens en Cisjordanie depuis 1967. Katz avait déclaré que ce déplacement durerait un an. Mais vingt mois plus tard, selon les Nations unies, plus de 33 000 réfugiés palestiniens sont toujours déplacés de leurs foyers dans les camps de réfugiés où ils vivaient il y a deux ans.
L’armée israélienne continue d’interdire tout accès aux camps, privant ainsi ces réfugiés du droit de retourner chez eux. Dispersés à travers la Cisjordanie, les réfugiés sont contraints de louer des logements, de séjourner chez des proches ou de solliciter un hébergement temporaire auprès d’organisations caritatives. Non seulement les camps ont été vidés, mais l’armée israélienne a également systématiquement démoli des habitations et des bâtiments pour faire place à un nouveau réseau de routes élargies et de voies d’accès, soi-disant pour des « raisons militaires ».
Human Rights Watch a constaté en novembre 2025 que ces actes de déplacement forcé constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
Dans le cadre de notre enquête sur l’opération « Mur de fer », Human Rights Watch a identifié des hauts responsables qui devraient faire l’objet d’une enquête et être poursuivis en justice pour ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment le Premier ministre Benjamin Netanyahou et le ministre de la Défense Israel Katz. Malgré l’abondance des preuves recueillies, les autorités israéliennes n’ont pas enquêté sur les agissements abusifs de leur armée, et les gouvernements étrangers concernés n’ont imposé aucune sanction pour les atrocités commises.
Cette absence de responsabilité envoie le message profondément inquiétant que des crimes graves peuvent être perpétrés en toute impunité. Les gouvernements devraient agir de toute urgence pour empêcher le déplacement forcé potentiel d’un plus grand nombre de réfugiés palestiniens, notamment en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des personnes impliquées dans les graves violations en cours, en suspendant les transferts d’armes vers Israël, en interdisant le commerce avec les colonies illégales, en envisageant de suspendre les accords commerciaux préférentiels avec Israël, et en soutenant la Cour pénale internationale et ses enquêtes en cours, notamment en exécutant ses mandats d’arrêt.
L’annonce de Katz montre que lorsque des crimes internationaux graves restent impunis, ils peuvent se reproduire.