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Les attaques contre l'éducation ont augmenté de plus de 40 % dans le monde

Le nouveau rapport de la GCPEA recense plus de 8 500 attaques menées contre des écoles, des élèves et des enseignants en 2024-25

Le système éducatif de Gaza est en ruines, ainsi que l’observait l’ONG Plan International en novembre 2025. © Plan International / Ahmed Salama

(New York) – Au moins 8 500 attaques contre l’éducation ont été menées dans le monde en 2024-2025, soit une hausse de plus de 40 % par rapport à la précédente période de deux ans, selon le rapport « Education Under Attack 2026 » (« Attaques contre l'éducation 2026 »), publié aujourd’hui par la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (Global Coalition to Protect Education from AttackGCPEA). Ces attaques ont touché plus de 10 600 élèves, enseignants et autres membres du personnel éducatif dans 83 pays, dont 55 pays qui ne sont pas en situation de conflit armé actif.

« Nous pensons que l’augmentation réelle du nombre d’attaques est encore plus élevée », a déclaré Felicity Pearce, chercheuse principale pour la rédaction de ce rapport. « L’escalade des conflits, la restriction de l’accès humanitaire et les fréquentes censures de l’information signifient que de nombreuses attaques ne sont jamais signalées. »

Dans un contexte d’insécurité et d’instabilité accrues dans le monde, les niveaux de conflit ont atteint leur plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale. La GCPEA a recensé le plus grand nombre d’attaques en Colombie, en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Haïti, en Palestine et en Ukraine. Rien qu’en Ukraine, plus de 900 attaques contre des écoles ont été enregistrées. En Palestine, plus de 2 000 attaques ont visé le secteur de l’éducation, et à la fin de l’année 2025, presque toutes les écoles de Gaza avaient été endommagées ou détruites. Haïti, dont la situation est présentée pour la première fois dans l’édition 2026 de ce rapport, a subi plus de 400 attaques. Les plus grands nombres de personnes tuées ou blessées ont été recensés au Myanmar, au Nigeria, au Yémen et au Cameroun.

Les filles et les femmes ont été exposées à des risques accrus de violence et d’exclusion, notamment lors d’attaques ciblées contre des écoles de filles et des violences sexuelles liées aux conflits au Cameroun, en République centrafricaine, en Colombie, en Haïti et au Nigeria. En Afghanistan, les autorités ont fermé les écoles pour filles au-delà de la sixième année scolaire et ont arrêté des enseignantes, poursuivant ainsi leur offensive contre l’éducation des filles.

Le nombre de cas d’utilisation d’écoles à des fins militaires a presque doublé ; le GCPEA a recensé plus de 1 900 cas, la Colombie, la RD Congo et l’Éthiopie étant particulièrement touchées. L’occupation d’écoles par des forces armées ou des groupes armés perturbe non seulement l’éducation et endommage des infrastructures éducatives vitales, mais elle accroît également les risques de recrutement d’enfants, de violences sexuelles et d’attaques de représailles.

Le rapport souligne également l’utilisation croissante d’armes explosives dans les zones peuplées, y compris des explosifs lancés par des drones, lors d’environ 300 attaques contre des établissements scolaires. Plusieurs attaques ont été menées pendant les heures de cours, tuant des élèves et des enseignants et forçant la fermeture prolongée des écoles.

Le GCPEA appelle tous les États à adhérer à la Déclaration sur la sécurité des écoles, et exhorte les gouvernements, les agences des Nations Unies et les bailleurs de fonds à prendre cinq mesures urgentes :

 

  1. Renforcer les protections juridiques pour les enfants et les systèmes éducatifs.
  2. Mettre fin à l'utilisation d’écoles à des fins militaires.
  3. Maintenir et protéger la surveillance des attaques à travers le monde.
  4. Préserver l'éducation pendant les cycles électoraux.
  5. Financer les systèmes d'alerte précoce et d'action préventive.

« Ce à quoi nous assistons, c’est la destruction des espoirs et de l’avenir des enfants, l’éducation en soi étant prise pour cible », a déclaré Lisa Chung Bender, directrice exécutive de la GCPEA. « Il s’agit souvent d’attaques délibérées. Ne pas les empêcher relève d’un choix politique, et les conséquences marqueront les générations à venir. »

La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (GCPEA) est une coalition d’agences des Nations Unies et d’organisations non gouvernementales visant à protéger l’éducation dans les situations d’urgence. Ce rapport 2026 est le huitième de la série « Education Under Attack ». Il analyse les tendances mondiales et dresse le profil des attaques et de l’utilisation militaire d’écoles et d’universités dans 28 pays. Le rapport 2026 a bénéficié du généreux soutien de la fondation Education Above All, de l’ONG Education Cannot Wait, et du gouvernement norvégien.

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