Le 20 juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a signalé un « risque imminent d’atrocités de masse » à El-Obeid, la capitale de l’État du Kordofan du Nord, dans l’ouest du Soudan ; cette région est depuis des mois l’épicentre de combats acharnés entre les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées soudanaises (FAS).
Ce conflit, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts, contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers et provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.
Le 18 juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également lancé un « avertissement sévère » concernant le risque de nouvelles atrocités, alors que les FSR encerclaient El-Obeid selon les médias.
Lors de sa réunion concernant le Soudan prévue le 26 juin, le Conseil de sécurité devrait examiner la prise de mesures urgentes visant à empêcher les attaques des FSR. Le Conseil devrait imposer de nouvelles sanctions à l’encontre des commandants des FSR et de leurs principaux partisans, notamment aux Émirats arabes unis.
Tout au long du conflit, les FSR ont bénéficié d’un soutien militaire apporté par les EAU. Human Rights Watch a récemment révélé que des centaines de contractuels militaires privés colombiens, apparemment engagés par une société émiratie, ont transité par des installations militaires aux EAU avant d’être déployés au Soudan pour soutenir les FSR.
Certains gouvernements haussent le ton face à la multiplication des atrocités et des crimes de guerre au Soudan. Le 18 juin, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, la Norvège, s’exprimant au nom de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, a exhorté les FSR à « cesser immédiatement » leur assaut contre El-Obeid.
Le soutien des Émirats arabes unis aux FSR doit être mis en lumière. Les preuves de plus en plus nombreuses du soutien matériel apporté par les EAU aux FSR ont conduit à des appels de plus en plus pressants pour que des pressions soient exercées sur ce pays. Les dirigeants du monde entier, en particulier les dirigeants africains et les membres de la Coalition susmentionnée, devraient rompre leur silence sur le rôle insidieux joué par les EAU dans l’attisement de ce conflit, et exiger que ce pays cesse de soutenir les FSR ; à l’inverse, les Émirats devraient user de leur influence sur les FSR pour empêcher de nouvelles atrocités.
L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du sort des civils soudanais, en agissant pour empêcher que les ceux-ci ne continuent de payer un prix incommensurable du conflit.
L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du conflit soudanais, en agissant pour empêcher que les civils ne continuent de payer un prix incommensurable.
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