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Comment Human Rights Watch limite les risques lors de la publication d’analyses issues de sources ouvertes

Une enquête sur l’Iran soulève des risques d’arrestations et de détentions

Des manifestants bloquent une route à Téhéran, en Iran, le 8 janvier 2026. © 2026 Anonymous/Getty Images

Shayan Sardarizadeh, journaliste avec la BBC Verify, a averti le 9 mars qu’il fallait faire preuve d’une grande prudence lors de la publication d’analyses de vidéos provenant d’Iran afin d’éviter d’exposer des personnes au risque d’être identifiées et détenues. Il a souligné le risque que la publication des coordonnées géographiques des vidéos puisse révéler les adresses personnelles des personnes qui les avaient filmées.

Il a illustré ce risque en mettant en avant deux vidéos récemment publiées par les services de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique. Toutes deux montraient l’arrestation de plusieurs Iraniens, prétendument pour avoir filmé et partagé des vidéos de frappes américano-israéliennes qu’ils avaient prises depuis les fenêtres de leur domicile. Les vidéos comprenaient des « aveux » obtenus sous la contrainte de la part des détenus, tandis que des agents des services de renseignement les menaçaient de longues peines de prison.

Il s’agit là d’un avertissement que Human Rights Watch prend très au sérieux. Depuis janvier, Human Rights Watch a documenté des massacres de manifestants et de passants ainsi que leurs arrestations arbitraires et disparitions forcées en Iran. En l’absence d’accès physique au pays et face à un gouvernement qui a imposé de sévères restrictions en matière de communication, les informations provenant de sources ouvertes sont essentielles à nos enquêtes. Les chercheurs ont minutieusement géolocalisé une vidéo clé filmée pendant cette période sur une route principale d’une petite ville. Conformément aux principes de transparence de notre organisation, les chercheurs ont envisagé de mentionner le nom de la ville. Cependant, la vidéo a clairement été filmée depuis un immeuble d’habitation.

Bahar Saba, chercheuse sur l’Iran, a documenté la manière dont les forces de sécurité se rendaient au domicile des gens, fouillaient leurs téléphones et menaçaient et arrêtaient les personnes qu’elles soupçonnaient de mettre des vidéos en ligne.

Compte tenu de ce risque, les chercheurs ont décidé d’omettre le nom de la ville dans la vidéo et de ne pas préciser le lieu. Cette décision s’inscrit dans la politique de Human Rights Watch consistant à ne pas créer de liens hypertextes vers des images sensibles, notamment en évitant de mentionner les coordonnées ou de donner des descriptions détaillées d’images prises depuis le domicile d’une personne ou d’autres lieux sensibles, par mesure de précaution.

En période de guerre et de crise, les informations accessibles publiquement sont essentielles pour documenter les violations du droit international des droits humains et du droit international humanitaire. Human Rights Watch est conscient que, bien que ces informations soient publiques, leur partage comporte toujours un risque de mettre des personnes en danger. Les chercheurs de l’organisation limitent ce risque en excluant les informations détaillées susceptibles de mettre des personnes en danger, tout en travaillant en étroite collaboration avec des personnes disposant des connaissances contextuelles nécessaires pour aider à prendre ces décisions.

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