Déclaration présentée lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Geneve – Réunion du 26 février tenue en présence de Richard Bennett, Rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Afghanistan.
Monsieur le Vice-Président,
Nous remercions le Rapporteur spécial pour son rapport exhaustif sur les violations systématiques par les talibans des droits des femmes, y compris le droit à la santé.
Les talibans ont récemment adopté un nouveau code de procédure pénale qui renforce davantage encore la répression et la discrimination en Afghanistan. Cette nouvelle loi définit les musulmans comme étant exclusivement les adeptes de la jurisprudence hanafite et qualifie les autres groupes religieux, y compris les chiites, d'hérétiques. Elle prescrit des sanctions sévères pour réduire au silence toute dissidence et ne reconnaît que les coups « excessifs » comme violence domestique envers les femmes, laissant les victimes d'autres formes d'abus sans protection ni recours à la justice.
Nous exhortons les États membres de l'ONU à écouter les femmes et les filles d'Afghanistan, à mettre leurs voix au centre des préoccupations et à faire davantage pour protéger leurs droits et faire progresser l’obligation de rendre des comptes pour la persécution fondée sur le genre.
Le nouveau mécanisme créé par ce Conseil en octobre dernier sera un outil clé pour exiger des comptes aux auteurs de graves abus. Les États membres et les dirigeants de l'ONU devraient d’urgence le rendre opérationnel, et veiller à ce qu'il dispose des ressources nécessaires pour remplir son mandat.
En outre, les États devraient reconnaître l'apartheid sexuel comme un crime contre l'humanité, soutenir et protéger les efforts de la CPI visant à poursuivre les responsables de persécution fondée sur le genre et d'autres crimes internationaux graves en Afghanistan, soutenir l'initiative visant à tenir les talibans responsables des violations de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination Against Women, CEDAW) devant la Cour internationale de justice (CIJ), et engager des poursuites pénales en vertu du principe de compétence universelle.
Je vous remercie.
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