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Déjà en février 2015, des milliers d'enseignants iraniens étaient descendus dans la rue dans 28 villes du pays, demandant de meilleures conditions de travail et des hausses salariales.   © 2015 Siavosh Hosseini, Sipa via AP Images

(Beyrouth, le 5 mai 2022) – Les autorités iraniennes ont intensifié leur répression contre les enseignants qui s'organisent pour faire valoir leurs droits, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités devraient libérer immédiatement et sans condition les enseignants détenus pour avoir participé à des manifestations pacifiques et à des activités syndicales.

L'agence de presse Emtedad a rapporté qu'au 1er mai 2022, les autorités iraniennes avaient arrêté au moins 38 enseignants à travers le pays au cours des deux dernières semaines. Au moins 17 d'entre eux sont toujours détenus, dont Mohammad Habibi, porte-parole de l'Association iranienne des enseignants (ITTA). Ces arrestations interviennent après que le Conseil de coordination des associations iraniennes de professeurs de culture a appelé à une manifestation nationale le 1er mai, un jour avant la Journée nationale des enseignants.

« Les autorités iraniennes ont une fois de plus décidé de mettre sous les verrous des personnes qui cherchent à s'organiser pour faire valoir leurs droits collectifs au lieu de travailler avec des associations indépendantes pour garantir le respect des droits économiques et sociaux des Iraniens », a déclaré Tara Sepehri Far, chercheuse senior sur l'Iran à Human Rights Watch. « Mais tenter de faire taire la mobilisation pacifique et les manifestations ne fera pas disparaître la triste réalité économique de l'Iran. »

Les associations d'enseignants en Iran ont mené des manifestations nationales contre les bas salaires au cours des deux dernières années. En réponse, les autorités iraniennes ont convoqué, arrêté et détenu des militants du syndicat des enseignants.

Depuis le début du Nouvel an iranien en mars, les autorités ont accru leur pression contre les enseignants militants, convoquant plus d'une dizaine d'entre eux pour interrogatoire. Le 30 avril, les autorités ont également arrêté Rasoul Bodaghi, un autre membre éminent de l'ITTA ; Latif Roozikhah, membre du conseil d'administration de l'ITTA dans la province d'Azerbaïdjan oriental ; et Jafar Ebrahimi, un inspecteur de l'ITTA qui a été condamné à quatre ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue d'agir contre la sécurité nationale » et « propagande contre l'État » en novembre 2021.

Le 18 avril, l'ITTA a rapporté que la branche 26 du tribunal révolutionnaire de Téhéran avait condamné Bodaghi à cinq ans de prison sur la base des mêmes accusations : « rassemblement et collusion en vue d'agir contre la sécurité nationale » et « propagande contre l'État ».

L'ITTA a également indiqué que les autorités ont engagé des poursuites contre Mahmoud Behesti Langroudi, vice-président de l'ITTA, et Rasoul Kargar, un autre membre du syndicat de la province du Fars. Le 2 mai, l'ITTA a signalé que les affaires d'au moins neuf enseignants avaient été renvoyées au bureau du procureur de la province du Kurdistan.

L'article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et l'article 8 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) protègent le droit de former et d'adhérer à des syndicats. L'Iran est un État partie à ces deux traités.

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Figaro   OLJ/AFP

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