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Égypte : Décès d’un prisonnier qui était injustement détenu

Ahmed Mahmoud était l’un de quatre détenus qui sont décédés en l’espace de trois jours

Ahmed Abdelnabi Mahmoud, un homme égyptien et sa femme Raia Abdallah, photographiés lors d’un séjour au domicile de leurs enfants à Dallas, aux États-Unis. Le 2 décembre 2020, Ahmed Mahmoud est décédé dans une prison au Caire.     © Privé / Page Facebook “Free Raia and Ahmed”

(Beyrouth, le 3 septembre 2020) - Un homme égyptien âgé de 64 ans est décédé dans la Prison II de Tora au Caire le 2 septembre, après avoir été détenu pendant près de deux ans dans cet établissement pénitentiaire de haute sécurité sans faire l’objet d’un procès, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Sa famille, basée aux États-Unis avait plaidé en vain à plusieurs reprises pour sa libération en raison de son état de santé fragile.

Ahmed Abdelnabi Mahmoud a été arrêté le 23 décembre 2018 avec son épouse, Raia Abdallah, 62 ans, et leur fille, Yosr Abdelnabi, 24 ans. Les deux parents ont été détenus au secret pendant près de trois semaines avant que les autorités ne les présentent devant un procureur suprême de la sûreté de l'État, le 10 janvier 2019. Leur fille a été détenue à l'aéroport du Caire pendant 22 jours, puis relâchée sans inculpation. Raia Abdallah a été libéré sous condition le 23 mai 2019 en attendant son procès.

« Lorsque les autorités égyptiennes placent une personne en détention, elles deviennent responsables de son bien-être », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Les autorités devraient ouvrir une enquête rigoureuse sur les causes de la mort d’Ahmed Mahmoud, afin de déterminer si l’absence de soins médicaux était un facteur crucial. »

Les autorités égyptiennes ont accusé Ahmed Mahmoud et Raia Abdallah d'appartenance à un groupe illégal non spécifié. Deux de leurs filles qui vivent aux États-Unis et ont la double nationalité américano-égyptienne ont déclaré à Human Rights Watch qu’il souffrait de plusieurs maladies chroniques, notamment le diabète, l’hypertension artérielle et l’asthme. Elles ont ajouté qu'il leur avait dit avoir été battu lors de la période initiale de sa détention.

Les filles de Mahmoud ont annoncé sa mort, survenue le 2 septembre, sur leur page Facebook. Par ailleurs, une ONG dénommée Coordination égyptienne pour les droits et libertés (ECRFEG), a signalé la mort de trois autres détenus égyptiens durant les deux journées précédentes, le 31 août et le 1er septembre. 

Depuis que le président Abdel Fattah al-Sissi a pris le pouvoir en 2013, des centaines de prisonniers seraient morts en détention selon certaines estimations, beaucoup probablement en raison de soins médicaux inadéquats ou de la torture. Selon l’organisation Committee for Justice, basée à Genève, 958 détenus seraient décédés dans des prisons égyptiennes entre juin 2013 et décembre 2019.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.

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Figaro/AFP     OLJ

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