Vue intérieure du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies à Genève, lors d’une session tenue en février 2011.

© 2011 Reuters

(Genève, le 13 février 2020) - La publication par un organe des Nations Unies d’une liste d’entreprises qui contribuent au fonctionnement de colonies israéliennes considérées comme illégales permettra d’interpeller ces entreprises sur leur rôle dans certaines violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a annoncé la diffusion de cette liste le 12 février.

Les colonies en Cisjordanie sont à l'origine de violations graves et systématiques des droits des Palestiniens, sapant leurs moyens de subsistance et leur économie. Le transfert par une puissance occupante de membres de la population civile vers une partie du territoire occupé viole la Quatrième Convention de Genève (art. 49), et est susceptible de constituer un crime de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (art. 8).

« La publication par l’ONU de cette liste était attendue depuis longtemps et devrait servir de rappel aux entreprises qu’en menant des activités dans des colonies illégales, elles risquent de se rendre complices de crimes de guerre », a déclaré Bruno Stagno, directeur exécutif adjoint chargé du plaidoyer à Human Rights Watch.

La liste publiée par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) répertorie 112 entreprises, dont 94 sont basées en Israël et 18 dans six autres pays. Parmi les entreprises étrangères figurent Airbnb et Booking.com, dont les annonces permettent la location de logements construits sur des terrains confisqués à des habitants palestiniens. La liste cite  également les noms de plusieurs banques israéliennes qui participent au financement de la construction de colonies, ainsi que l’a précédemment documenté Human Rights Watch.

La liste rendue publique par la Haut-Commissaire des Nations Unies fait suite à une résolution adoptée à l’unanimité en 2016 par le Conseil des droits de l’homme, demandant l’établissement d’une « base de données de toutes les entreprises impliquées » dans ce genre d’activités dans les colonies. Cette base de données, tout comme une précédente liste d'entreprises facilitant les violations des droits des Rohingyas au Myanmar, publiée par l’ONU en août 2019, reflètent les efforts internationaux visant à faire respecter les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2020/02/13/israel-new-database-will-aid-corporate-accountability

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