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Au Sénégal, douze hommes ont été arrêtés en vertu de lois anti-LGBT sévères

Ces hommes devraient être libérés, et les lois anti-homosexuelles et anti-VIH abrogées

Vue aérienne de Dakar, la capitale du Sénégal, le 21 mars 2024.  © 2024 Mosa'ab Elshamy/AP Photo

La récente mise en détention de douze hommes au Sénégal, fondée sur des lois homophobes, ravive les inquiétudes concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et la sécurité des personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Le 9 février, la gendarmerie de Dakar a annoncé l’arrestation de douze hommes pour des motifs variés, dont « actes contre nature » et « transmission volontaire » du VIH. Ces hommes risquent jusqu’à cinq ans de prison et des amendes de 100 000 à 1 500 000 CFA (environ 180 à 2 700 USD) pour relations homosexuelles, ainsi que jusqu’à dix ans de prison pour la prétendue transmission intentionnelle du VIH.

Le Sénégal pénalise les relations consensuelles entre personnes de même sexe à travers l’article 319 de son Code pénal, qui interdit les « actes contre nature ». Dans un pays où les gens risquent violences et discriminations en raison de leur orientation sexuelle ou de leur séropositivité au VIH, l’ampleur de la couverture négative par les médias sur ces arrestations accentue les craintes dans la communauté des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles et transgenres (LGBT). Un activiste a déclaré à Human Rights Watch que les travailleurs médicaux communautaires étaient extrêmement préoccupés des répercussions juridiques potentielles si leurs coordonnées étaient découvertes sur les téléphones des hommes détenus.

L’hostilité à l’égard des personnes LGBT s’est intensifiée au Sénégal ces dernières années. Des députés ont tenté sans succès à deux reprises – en 2022 et en 2024 – de faire durcir les peines de prison et les amendes dont sont passibles les « actes contre nature ». En octobre 2023, dans le village de Kaolack, à 200 kilomètres au sud-est de la capitale, Dakar, un groupe de personnes a exhumé le cadavre d’un homme soupçonné d’avoir été homosexuel, avant de le traîner dans la rue et de le brûler sur la place publique. Le spectacle a attiré une foule, et les vidéos de cet incident sont devenues virales dans tout le pays.

La pénalisation des relations entre personnes de même sexe et le fait d’arrêter les gens pour leur orientation sexuelle violent des droits protégés internationalement, notamment le droit à l’égalité et à la non-discrimination. Le fait de se servir de la possession de préservatifs, de lubrifiants ou de traitements anti-VIH comme preuve d’homosexualité, de forcer à faire des tests de VIH et de rendre publique la séropositivité de quelqu’un bafoue ses droits à la vie privée et les normes internationales à cet égard, mais aussi nuit aux efforts essentiels de prévention et de traitement du VIH/SIDA.

Le gouvernement sénégalais devrait respecter et protéger les droits des personnes LGBT, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, y compris en libérant les personnes arrêtées et en abrogeant les lois discriminatoires et homophobes.

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