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Pour les civils dans le nord de la Syrie, il n'y a pas d'issue de secours

Publié dans: The Globe and Mail
Khalid al-Satuf, un homme syrien qui s'était réfugié à Hass, dans la province d'Idlib, entouré de ses quatre enfants – Maria (10 ans), Ahmad (2 ans), Aya (6 ans) et Rama (8 ans) – avant une frappe aérienne menée le 16 août 2019. Cette attaque a tué sa femme et deux de ses enfants, Maria et Aya, et blessé les deux autres, Ahmad et Rama. © 2019 Privé

Le 16 août dernier, peu avant la prière du coucher du soleil, Khalid al-Satuf était assis avec sa femme dans la cour d’une enceinte servant de camp pour personnes déplacées près de la ville de Hass, dans le gouvernorat d'Idlib situé dans le nord de la Syrie. Ils regardaient avec fierté leurs quatre enfants, qui jouaient : Ahmad, 2 ans ; Aya, 6 ans ; Rama, 8 ans ; et Maria, 10 ans.

Un avion de l'alliance militaire russo-syrienne a subitement survolé la cour et largué une bombe, détruisant la quasi-totalité de sa famille sous ses yeux.

 « Nous avons entendu un avion de guerre et tout à coup j'ai vu un éclair rouge », a ensuite raconté Khalid al-Satuf. « J’ai entendu une explosion et tout est devenu sombre. J'étais inconscient pendant quelques secondes. Puis j'ai vu ma femme et deux de mes filles gisant sur le sol. J'ai tout de suite su qu'elles étaient mortes. J'ai perdu connaissance et je me suis réveillé plus tard ce soir-là, dans un hôpital où mes proches m'ont dit que seuls deux enfants, Rama et Ahmad, avaient survécu… Rama avait été blessée par un éclat d'obus au visage. Les autres membres de ma famille ont été enterrés plus tard, dans la nuit. » 

Khalid al-Satuf était venu en septembre 2018 avec sa famille à cette enceinte, gérée par une organisation non gouvernementale syrienne pour des personnes déplacées par la guerre. Environ 1,5 million de personnes déplacées vivent actuellement dans le nord-ouest de la Syrie, la plupart dans des camps de réfugiés surpeuplés.

Cette attaque a tué au moins 20 personnes, en majorité des femmes et des enfants, et a blessé plus de 50 autres personnes. Selon les témoins, aucun combattant armé ni aucune autre cible militaire ne se trouvait alors à cet endroit, ou à proximité. Ce lieu est situé à environ 30 kilomètres de la zone de combats entre les forces syriennes ou pro-gouvernementales, et des groupes armés antigouvernementaux.

Les lois de la guerre interdisent les attaques délibérées ou imprudentes contre des civils ou des objets civils. Le crime de guerre présumé commis à Hass s’incrit dans une longue liste d’attaques commises par l’alliance syro-russe dans la province d’Idlib au cours des dernières années.

La dévastation subie par la famille de Khalid al-Satuf et de milliers d’autres personnes est irréversible. Mais d’autres pays préoccupés par ces incidents devraient presser la Syrie et la Russie de mettre fin à ces attaques illégales.

Texte complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/10/30/civilians-northern-syria-there-no-escape

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