(New York, le 27 février 2017) - La Russie et d'autres membres du Conseil de sécurité des Nations Unies devraient soutenir un projet de résolution qui imposerait des sanctions à l’encontre des membres du gouvernement syrien qui portent la responsabilité d'attaques chimiques menées en Syrie, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Un vote du Conseil de sécurité sur cette résolution est prévu le 28 février 2017.

Le projet de résolution fait suite à la publication en octobre 2016 d’un rapport issu d'une enquête menée conjointement par l'ONU et par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC). Ce rapport avait conclu que les forces gouvernementales syriennes avait utilisé des armes chimiques, même après l’adhésion par la Syrie à la Convention sur les armes chimiques en octobre 2013, et que les forces de l’État islamique avaient également recouru à ces armes interdites.

« Les conclusions claires de l'enquête selon lesquelles les forces gouvernementales syriennes ont utilisé des armes chimiques exigent une réponse du Conseil de sécurité de l’ONU », a déclaré Ole Solvang, directeur adjoint de la division Urgences à Human Rights Watch. « Opposer un veto à cette résolution proposée affaiblirait l'interdiction de ces armes qui est entérinée dans l’un des principaux traités de désarmement du droit international. »

Les forces gouvernementales syriennes ont mené des attaques chimiques au chlore contre des quartiers résidentiels d’Alep en violation du droit international. HRW appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à imposer des sanctions ciblées contre les hauts responsables syriens qui sont responsables de ces crimes de guerre.

La résolution imposerait une interdiction de voyager et le gel des avoirs à l’encontre de plusieurs hauts commandants de l’armée de l’air syrienne, créerait un comité chargé de surveiller l’application de ces sanctions, et prévoirait des sanctions à l’encontre d’individus identifiés comme des responsables de l’État islamique ayant joué un rôle dans les attaques chimiques.

La Syrie a adhéré à la Convention sur les armes chimiques le 14 octobre 2013, quelque mois après que des attaques chimiques menées près de Damas, probablement par des forces gouvernementales, eurent tué des centaines de civils le 21 août 2013. Cette Convention, à laquelle 192 Etats parties ont adhéré, est l'un des principaux traités internationaux de désarmement. Seuls quatre Etats membres de l'ONU ne sont pas parties à la convention : l'Egypte et Israël (qui l’ont signée mais pas ratifiée) ainsi que la Corée du Nord et le Soudan du Sud (qui ne l’ont ni signée ni ratifiée).

Human Rights Watch a précédemment publié des informations relatives à l’utilisation de chlore par le gouvernement syrien en mai 2014, avril 2015, juin 2015 et septembre 2016 et février 2017.

Communiqué intégral en anglais avec davantage d’informations :

www.hrw.org/news/2017/02/27/russia-dont-veto-sanctions-syria-chemical-attacks
 

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LExpress.fr / AFP 28.02.17