(New York) – Les forces gouvernementales syriennes ont perpétré des attaques coordonnées à l’arme chimique à Alep, dans des quartiers contrôlés par l'opposition, pendant le dernier mois des combats dans la ville assiégée, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch.

En s’appuyant sur des entretiens avec des témoins, par téléphone et en personne, et l'analyse de séquences vidéo, de photographies et de messages diffusés sur les réseaux sociaux, Human Rights Watch a établi que des hélicoptères des forces gouvernementales ont répandu du chlore dans des zones résidentielles à au moins huit reprises entre le 17 novembre et le 13 décembre 2016. Les attaques dont certaines ont été menées avec plusieurs munitions, ont tué au moins neuf civils, dont quatre enfants, et fait environ 200 blessés.

Les forces gouvernementales syriennes ont mené des attaques chimiques au chlore contre des quartiers résidentiels d’Alep en violation du droit international. HRW appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à imposer des sanctions ciblées contre les hauts responsables syriens qui sont responsables de ces crimes de guerre.

Les attaques ont eu lieu dans des secteurs de la ville que les forces gouvernementales avaient l’intention de reprendre, en partant de l’est d’Alep vers l'ouest à mesure que les lignes de front se déplaçaient, a conclu Human Rights Watch.

« La récurrence des attaques au chlore révèle leur coordination avec la stratégie militaire globale visant à reprendre Alep, et n’est pas le résultat de quelques éléments hors de contrôle », a déclaré Ole Solvang, directeur adjoint de la division Urgences chez Human Rights Watch. « Le Conseil de sécurité des Nations Unies ne devrait pas permettre que l’utilisation d’armes chimiques par les autorités syriennes ou tout autre belligérant reste sans conséquences .»

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui n’a toujours pas pris de mesures donnant suite à l’enquête diligentée par l'ONU (« Mécanisme d'enquête conjoint »), a identifié des unités militaires responsables d'attaques antérieures utilisant du chlore en Syrie. Le Conseil de sécurité devrait imposer des sanctions aux responsables de la chaîne de commandement, a déclaré Human Rights Watch.

Image d’une vidéo montrant un nuage de fumée verte suite à une attaque chimique menée avec du chlore gazeux par les forces gouvernementales syriennes contre le quartier de Daheert Awwad d’Alep, en Syrie, le 22 novembre 2016.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement syrien à cesser immédiatement d'utiliser des produits chimiques comme armes et à coopérer pleinement avec le Mécanisme d’enquête.

Les 192 États parties à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques devraient également prendre des mesures pour remédier à la violation continue des interdictions les plus fondamentales de ce traité et veiller au respect des normes internationales en vigueur contre l’utilisation d’armes chimiques, a déclaré Human Rights Watch.

Depuis avril 2014 au moins, les hélicoptères du gouvernement syrien ont répandu du chlore sur les parties du territoire contrôlées par l’opposition. Le chlore est utilisé de nombreuses manières à des fins civiles, mais la Convention de 1993 sur les armes chimiques, à laquelle la Syrie a adhéré en octobre 2013, prohibe d’utiliser les propriétés toxiques de tout produit chimique à des fins militaires. Human Rights Watch a également documenté l’utilisation du gaz sarin par les forces gouvernementales syriennes lors d’attaques menées en août 2013, et l’utilisation d’ypérite (« gaz moutarde ») par les forces de l'État islamique en août 2016.

Les attaques chimiques au chlore les plus récentes ont eu été commises lors de la dernière offensive des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés pour reprendre aux groupes d'opposition armés le contrôle de l'est d’Alep. Après une période de calme relatif, les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés ont repris les opérations militaires à Alep le 17 novembre, en commençant par un bombardement aérien soutenu. L’offensive s'est poursuivie jusqu’au 13 décembre, date à laquelle les parties ont convenu d’un cessez-le-feu et de nombreux combattants et civils ont été évacués de l’est d’Alep.

Le nombre réel d'attaques chimiques à Alep entre le 17 novembre et le 13 décembre pourrait être plus élevé que les huit documentés dans ce rapport, a indiqué Human Rights Watch. Sur les réseaux sociaux, les journalistes, les secouristes, le personnel médical et d'autres ont signalé au moins 12 attaques perpétrées au cours de cette période. Human Rights Watch ne fait figurer dans ce rapport que les attaques qu’il a été possible de corroborer à la fois par des informations en temps réel sur les réseaux sociaux et des entretiens avec au moins un témoin.

Identifier avec certitude le produit chimique utilisé lors des attaques sans analyses en laboratoire est difficile, mais l’odeur, les signes avant-coureurs et les symptômes manifestés par les victimes et le personnel médical indiquent que les forces gouvernementales ont utilisé du chlore. Les résidents vivant à proximité du site d’impact et le personnel médical sur place ont signalé une forte odeur de chlore, semblable à celle des nettoyants ménagers à base d'eau de Javel.

« Les personnes touchées éprouvaient des difficultés à respirer, elles toussaient violemment, étaient prises de nausées, certaines s’évanouissaient, d'autres avaient de la mousse leur sortant de leur bouche », a déclaré un secouriste après plusieurs attaques. « Les enfants sont les plus gravement affectés par ces produits chimiques…ils inhalent ces odeurs et finissent par suffoquer ».

Décrivant l’odeur comme une version plus âcre des détergents de nettoyage, un résident local a déclaré :

Ce n’est pas une odeur supportable. Dès que vous êtes exposée à elle, votre gorge brûle, c'est comme si un tison vous rentrait dans la gorge. Vous êtes empêché d’avaler ou de respirer. Votre cou commence à bouillir. Vous vous sentez nauséeux. Vos yeux brûlent et vous ne pouvez pas contrôler vos larmes. Finalement, vous ne pouvez plus respirer. Ce n'est pas comme avoir votre nez et votre bouche bloqués, mais plutôt comme si votre corps ne laissait plus passer l’air.

Un niveau élevé d'exposition au chlore peut conduire à l'étouffement, car les lésions chimiques causées par la dissolution du chlore dans les muqueuses des voies respiratoires est susceptible de provoquer un œdème pulmonaire. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement sensibles aux effets du chlore gazeux.

Des témoins ont également indiqué avoir observé une fumée jaune ou vert-jaune près du point d'impact d’au moins quatre attaques. Lors de deux de ces attaques, les journalistes se trouvant à proximité ont filmé la fumée. Le chlore est vert jaunâtre sous sa forme gazeuse.

Le chlore étant plus lourd que l’air, il coule, transformant en pièges mortels les sous-sols où les gens se cachent pour se protéger des attaques lancées avec des armes explosives. Un journaliste, qui a décidé de quitter son quartier après une attaque au chlore, a déclaré : « Nous nous sommes habitués aux bombardements et aux bombardements.

Mais avec du chlore, il n'y a aucun moyen de se protéger. Il vous étouffera ».

Pour cinq des attaques chimiques, Human Rights Watch a examiné des photographies ou des séquences vidéo postées sur Internet ou partagées directement avec Human Rights Watch, montrant des restes de munitions improvisées remplies de produits chimiques. Les témoins ont parfois qualifié les munitions de barils ou de bombes. Pour les cinq incidents, les images montrent le même type de bouteille de gaz jaune. Sur une des étiquettes encore visibles, figure un avertissement selon lequel le cylindre contient du gaz.

Les groupes affiliés à l’opposition, les secouristes, les militants et les journalistes ont affirmé que des attaques à l’arme chimique avaient également été menées par les forces gouvernementales ailleurs en Syrie.

S’il n’existe aucune preuve d’une implication directe de la Russie, seule autre partie à avoir lancé des attaques aériennes contre l’est d’Alep au cours de cette période, on sait que les avions russes ont joué un rôle crucial dans l’offensive militaire contre les combattants de l’opposition dans la partie orientale de la ville. En tant qu'alliée militaire de Damas, Moscou a bénéficié de l’utilisation d’armes chimiques par les forces syriennes.

En outre, le Mécanisme d'enquête conjoint des Nations Unies a constaté que les hélicoptères ayant déjà répandu de chlore opéraient depuis la base aérienne de Hmeymim, qui est sous contrôle russe. À la lumière de cette information, parmi tant d’autres relatives à l'utilisation répétée de chlore en tant qu’arme, les autorités militaires russes auraient dû prendre des mesures pour s’assurer que de telles armes n’étaient pas utilisées dans leur offensive militaire conjointe, a déclaré Human Rights Watch.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, dont la Russie, a condamné l’utilisation de tout produit chimique toxique, y compris le chlore, comme arme en Syrie, soulignant que les responsables doivent rendre des comptes. Le 7 août 2015, le Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité la résolution 2235 établissant l'enquête pour « identifier dans toute la mesure possible les personnes, entités, groupes ou gouvernements qui ont perpétré, organisé ou commandité l’utilisation comme armes, en République arabe syrienne, de produits chimiques, y compris le chlore ou tout autre produit chimique toxique ». À l'époque, la Russie avait déclaré que l'enquête permettrait d’identifier les responsables de l'utilisation du chlore comme arme en Syrie. Les États-Unis avaient insisté quant au fait que « pointer du doigt, ça compte ».

Le 21 décembre 2016, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution établissant un mécanisme pour aider à enquêter sur les crimes graves commis en Syrie depuis 2011. L’Assemblée générale a demandé au système des Nations Unies dans son ensemble de coopérer pleinement et de répondre rapidement à toute demande d’information.

Les pourparlers de paix entre les diverses parties au conflit en Syrie devraient reprendre à Genève le 20 février.

« L'Histoire montre que les accords de paix qui n’intègrent pas une forme de responsabilité pénale pour les abus commis sont souvent fragiles », a rappelé Ole Solvang. « Exiger des comptes aux individus responsables des attaques chimiques perpétrées en Syrie serait un bon point de départ. »

La Convention sur les armes chimiques interdit l'utilisation des propriétés toxiques des produits chimiques courants tels que le chlore pour tuer ou provoquer des blessures. Entre autres obligations, chaque Etat membre s’engage à ne jamais « aider, encourager ou inciter quiconque à entreprendre quelque activité que ce soit qui est interdite à un Etat partie en vertu de la présente Convention ». Les lois de la guerre applicables en Syrie interdisent l'utilisation d’armes chimiques. L’utilisation d'armes prohibées avec l’intention de donner la mort, délibérément ou imprudemment, constitue un crime de guerre. Avec 192 Etats parties, la Convention sur les armes chimiques est l’un des traités internationaux de désarmement les plus universels. Seuls quatre États membres de l'ONU ne sont pas parties à la Convention : l’Égypte ; Israël, qui a signé, mais n’a pas ratifié la Convention ; la Corée du Nord ; et le Soudan du Sud.

« Le monde entier ou presque a convenu que la guerre chimique est si méprisable qu’elle devrait être totalement interdite », a déclaré Ole Solvang. « Permettre au gouvernement syrien de contourner cette interdiction en toute impunité, c’est prendre le risque d’approuver implicitement les attaques chimiques commises en Syrie et de remettre en cause l’une des interdictions les plus respectées dans le monde en matière de désarmement, en faisant potentiellement reculer le seuil fixé pour empêcher d’autres pays de faire de même ».

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Attaques au chlore perpétrées en Syrie

Human Rights Watch a publié des informations relatives à l’utilisation de chlore par le gouvernement syrien en mai 2014, avril 2015, juin 2015 et septembre 2016.

Le Mécanisme d'enquête conjoint de l’ONU et de l’Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a conclu, dans un rapport rendu public le 27 octobre 2016, à l’utilisation, par les forces gouvernementales syriennes, de chlore à des fins militaires lors de trois incidents en 2014-2016. L’enquête a déterminé que des hélicoptères de la 63ème brigade héliportée de Syrie, opérant depuis les bases aériennes de Hama et de Hmeymim, ont mené les attaques. L'enquête a également établi la responsabilité de l’État islamique (EI) dans l’utilisation d’ypérite (« gaz moutarde »), un type d'agent vésicant.

Attaques chimiques à Alep en novembre et décembre

Human Rights Watch a interviewé en personne ou par téléphone 22 témoins directs d’attaques chimiques perpétrées dans l’est d’Alep entre le 17 novembre et le 13 décembre 2016. Ces témoins sont des secouristes, du personnel médical ou des résidents des quartiers touchés. Human Rights Watch a recoupé ces témoignages avec des photographies, des séquences vidéo et des informations postées en temps réel sur les réseaux sociaux. Plusieurs organisations telles que la Défense civile syrienne, l’Institut syrien pour la justice et la responsabilité et la Société médicale syrienne américaine ont aidé à identifier les principaux témoins. Le groupe d’investigation libre Bellingcat a dans un premier temps compilé et analysé de nombreuses vidéos et photographies d’attaques à l’arme chimique et leurs conséquentes immédiates.

Le bombardement intensif qui a accompagné la fin de l’offensive à Alep a compliqué la tâche consistant à documenter de manière exhaustive ces attaques. Certains témoins se sont efforcés de se rappeler les dates et d’opérer une distinction entre les différentes attaques. Les secouristes et le personnel médical ont déclaré à Human Rights Watch que les forces gouvernementales syriennes avaient confisqué des téléphones et des ordinateurs portables contenant des informations clés lors de l'évacuation et que les personnels de santé avaient dû renoncer à emporter les dossiers au moment d’évacuer les hôpitaux. Le tableau ci-dessous résume les informations actuellement disponibles. Les preuves pour chaque attaque sont présentées et analysées dans les sections suivantes de ce rapport.

Date/Heure

Secteur

Nombre de civils blessés ou tués

Eléments de preuve

18 novembre, matinée

Masaken Hanano/Ard al-Hamra

Plus d’une dizaine de blessés

Cylindre jaune, odeur, symptômes, fumée jaune-verte.

20 novembre 20, début de matinée

al-Sakhour

6 morts (dont 4 enfants), 25 blessés

Cylindre jaune, odeur, symptômes

20 novembre, après-midi

Tariq al-Bab

Au moins un blessé.

Cylindre jaune, odeur, symptômes, fumée jaune-verte.

22 novembre, après-midi

Karm al-Qaterji, Daheert Awwad, Karm al-Jazmati

Possiblement 15 blessés

Fumée jaune-verte Odeur.

23 novembre, soirée

Karm al-Jazmati

Un mort, entre 10 et 13 blessés

Odeur, symptômes

28 novembre, après-midi

Karm al-Qaterji

Plus de 40 blessés

Cylindre jaune, fumée jaune-verte, odeur, symptômes.

8 décembre, après-midi

al-Fardous al-Maghayer, Kallaseh

2 morts, plus de 70 blessés

Cylindre jaune, fumée jaune-verte, odeur, symptômes.

9 décembre, soirée

Kallaseh

Au moins 50 blessés

Odeur, symptômes, possiblement cylindre jaune.

18 novembre : Masaken Hanano

Dans la matinée du 18 novembre, le Centre des médias d'Alep, un réseau de journalistes locaux ayant documenté le conflit à Alep lorsque la ville était sous le contrôle de l’opposition, et l'Agence Thiqa ont fait état d’une attaque de chlore contre Masaken Hanano et Ard al-Hamra.

Abu Taim al-Halabi, caméraman du Centre des médias d’Alep, a déclaré à Human Rights Watch par téléphone que trois hélicoptères survolaient Masaken Hanano, où il résidait, le 18 novembre vers 20 ou 21 heures. À distance, al-Halabi a vu deux des hélicoptères larguer quatre objets, sans explosion, ce qui l’a conduit à penser qu’il s’agissait de munitions remplies de chlore.

Cinq minutes plus tard environ, le troisième hélicoptère a largué un objet ayant atterri beaucoup plus près d'al-Halabi, à la frontière entre Masaken Hanano et Ard al-Hamra. « Après quelques minutes, j’ai remarqué l’odeur de chlore, j'ai alors couru chez moi pour prévenir ma famille qu’il fallait rester à l’intérieur et respirer à travers un chiffon humide », a-t-il confié.

Environ une heure après l'attaque, al-Halabi s’est rendu à l’épicentre de l’impact avec son appareil-photo :

Le baril était tombé au milieu de la rue. Il y avait encore une très forte odeur, il était donc difficile de rester à proximité. Il est devenu difficile de respirer, mes yeux ont commencé à piquer et mon nez à couler. Les effets étaient pires pour les enfants.

Alaa Abu Ali, un membre du personnel de Syria Charity, une organisation d’aide basée à Paris, a fait un compte-rendu similaire par téléphone. Depuis son domicile, le 18 novembre au matin, il a vu des hélicoptères larguer cinq objets, dont aucun n’a explosé. Il a estimé que quatre personnes ont atterri à Masaken Hanano et une à Sheikh Najar, une banlieue voisine, qui se trouvait sur la ligne de front. Il a indiqué s’être rendu à l’épicentre de l’impact à la frontière entre Masaken Hanano et Ard al-Hamra.

Abu Ali a accordé des interviews vidéo depuis le site à Al-Jisr News, à Smart News Agency, et au Centre des médias d’Alep. Syria Charity a posté plus tard une photo d’Abou Ali avec un masque à oxygène.

Abu Ali et un membre du personnel de la Défense civile syrienne cité par l'agence de Smart News ont déclaré que 12 personnes avaient été blessées dans l’attaque. Ils n'ont pas signalé de décès. Al-Halabi a dit qu'une vingtaine de personnes avaient été blessées, dont une vieille femme et cinq enfants.

Al-Halabi et Abu Ali ont dit que certains des blessés ont été emmenés dans des hôpitaux dans le quartier voisin de Sha’ar. Al-Halabi a dit qu’il avait transporté trois civils à l'hôpital Daqaq à Sha’ar. Abu Ali a dit qu'il a emmené une femme et un enfant dans le même hôpital.

Syria Charity a publié sur sa page Facebook une vidéo de l’Hôpital pour enfants, également situé à Sha’ar, montrant un garçon portant un masque à oxygène. Le garçon, entre des quintes de toux, raconte qu’un avion a largué une bombe près d’Ard al-Hamra, qu’il y avait de la fumée jaune et que quelqu’un l’a emmené à l'hôpital. Orient News a publié une vidéo de ce qui semble être le même garçon. Celle-ci montre également que le personnel médical examine et met sous oxygène un autre enfant et un homme.

Mojahed Abu Joud, membre du personnel du Centre des médias d'Alep, a déclaré avoir vu environ 30 civils dans l’hôpital d'al-Sakhour qui avaient été blessées lors de l'attaque de Masaken Hanano. Il a dit que le peuple était pâle, toussait, et qu’au moins une personne avait de la mousse sortant de la bouche.

Al-Halabi a filmé et photographié les restes de la munition sur le site entre Masaken Hanano et Ard al-Hamra. La vidéo montre un morceau de cylindre jaune au bord du cratère, dans la rue. Une extrémité du cylindre est béante et le fuselage du cylindre est recourbé vers l’extérieur, ce qui indique la présence d’un explosif contenu à l'intérieur de cet engin qui, en se libérant, a recourbé le cylindre vers l’extérieur.

20 novembre: al-Sakhour

Dans la matinée du 20 novembre, le Centre des médias d’Alep, Shahba News Agency et Halab Today TV ont fait état d’une attaque de chlore ayant frappé al-Sakhour.

Abu Mohammed, un employé du centre médical d’Ikhlas, a déclaré à Human Rights Watch qu'au moins deux munitions sont tombées à al-Sakhour peu après minuit le 20 novembre. L’une est tombée à 75 mètres de son domicile, a-t-il précisé, et l’autre à environ 200-300 mètres. Mohammed a mis un chiffon humide sur sa bouche et est sorti pour vérifier le voisinage.

Dans une maison, il a vu cinq civils morts, une mère, un père et leurs trois enfants. Leurs visages étaient bleus. Vingt-cinq autres personnes ont été blessées, selon Abu Mohammed. Une jeune fille âgée de 22 ans a commencé à vomir. Abu Mohammed les a emmenées dans une maison voisine et leur a donné de l’oxygène, a-t-il relaté.

Mahmoud, un vendeur de parfums qui a vécu à al-Sakhour, a dit avoir entendu une bombe dans la nuit du 19 au 20 novembre. Il est allé au à l’épicentre de l’impact le lendemain matin parce qu'il avait des amis dans la région. Il a dit: « Quand je suis arrivé, il est devenu difficile de respirer, mon nez et ma gorge étaient en feu. La bombe avait touché une maison près d'un marché aux légumes. L’odeur était la même que celle du liquide que nous utilisons lorsque nous nettoyons la maison ».

Des amis de la région lui ont dit que l’attaque avait tué six membres de la même famille. Reuters, citant deux médecins à Alep, les a identifiés comme faisant partie de la famille Baytounji. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment les noms.

Une vidéo explicite diffusée sur Facebook par un membre de Shahba Press Agency le 20 novembre montre quatre enfants sans vie étendus les uns à côté des autres. Ils ne présentant pas de blessures externes visibles. La description indique qu'une attaque aérienne avec du chlore gaz a tué six personnes dans al-Sakhour. Une autre vidéo explicite postée par le Centre des médias d’Alep et archivée par Archives syriennes montre les corps des quatre enfants allongés à l’arrière d’un pick-up ainsi que le corps d'un homme.

Le 20 novembre dernier, les comités locaux de coordination en Syrie ont signalé que des hélicoptères avaient largué sur al-Sakhour deux bombes contenant du chlore gazeux, provoquant la mort de six civils d’une même famille.

L'Agence de presse Thiqa, Défense civile syrienne et le Centre des médias d’Alep ont posté des séquences vidéo et des clichés de ce qu’ils prétendent être le site d’une attaque de chlore perpétrée à al-Sakhour le 20 novembre. Les vidéos et photographies montrent les mêmes décombres d’une maison et les débris d’un cylindre jaune gisant au milieu des décombres.

20 novembre: Tariq al-Bab

Dans l’après-midi du 20 novembre, le Centre des médias d’Alep et la Shahba News Agency ont indiqué qu’une attaque au chlore avait frappé Tariq al-Bab.

Ismail Abdallah, membre de la Défense civile de Syrie, a déclaré à Human Rights Watch qu’il s’était mis à l’abri dans un sous-sol à Tariq al-Bab à cause des bombardements aériens lorsqu’il a entendu un bruit sourd. Il s’est précipité et a constaté qu’une bouteille de gaz jaune avait explosé dans une rue proche. Abdallah a décrit une odeur très forte près de l’épicentre et une fumée jaunâtre. « À proximité du site, j'ai commencé à avoir mal à la tête, mes yeux me brûlaient, et il est devenu difficile de respirer », a-t-il dit.

Mahmoud se trouvait avec un ami qui vivait près de l’épicentre de l’impact, à environ 500 mètres. Il a dit : « Environ une heure après l'attaque, nous avons tenté d’aller là-bas pour récupérer quelques-uns des biens de mon ami, mais nous n’avons pas pu nous approcher à plus de 100 mètres. On sentait le même gaz qu’à al-Sakhour [plus tôt dans la journée]. Nous avons dû faire demi-tour ». Mahmoud a expliqué qu’au moment de l'attaque, il y avait très peu de civils présents dans le district. Abdallah a déclaré que la Défense civile syrienne a conduit au moins une vieille femme à l’hôpital.

Othman Khodr, avocat de l’Institut syrien pour la justice et la responsabilité, a fait à Human Rights Watch un compte rendu similaire et a déclaré que l'attaque avait eu été perpétrée vers 15h30.

Le Centre des médias à Alep a posté sur sa chaîne YouTube une vidéo montrant un cylindre jaune ayant éclaté. L’Institut syrien pour la justice et la responsabilité a publié des photographies et une vidéo montrant les mêmes débris. Quelques lettres figuraient sur une étiquette partiellement visible sur le cylindre, lettres que l’Institut syrien a identifiées comme étant celles d’un producteur de gaz de chlore.

Sur la base de la vidéo de l’Institut syrien pour la justice et la responsabilité, Bellingcat a conclu que la vidéo avait été filmée dans la rue séparant les quartiers de Daheert Awwad et Tariq al-Bab.

22 novembre: Karm al-Qaterji, Daheert Awwad, Karm al-Jazmati

Dans l'après-midi du 22 novembre, le Centre des médias d’Alep et l'Agence de presse Shahba ont rapporté qu’une attaque au chlore avait frappé Karm al-Qaterji. Thiqa News a rapporté qu’une attaque avait également frappé Daheert Awwad.

Mojahed Abu Joud, membre du personnel du Centre des médias d’Alep, a déclaré avoir vu, avec un collègue, un hélicoptère larguer trois objets sur Daheert Awwad et un quatrième sur Karm al-Jazmati, entre 16 h 30 et 17 heures le 22 novembre. Il n’y a pas eu d’explosion, mais ils ont filmé une fumée jaune-vert s’élevant au-dessus de l’épicentre de l’impact. Abu Joud a indiqué qu’ils ont essayé de se rendre sur le site, mais l’odeur était trop forte.

Abu Ali, l'employé de la Syria Charity, a déclaré que plusieurs jours après l’attaque de Hanano, juste avant la prière du soir à 16h32, lui et Abou Taim al-Halabi, du Centre des médias d’Alep, ont vu des hélicoptères larguer deux objets sur le district de Qaterji, deux autres dans le district de Karm al-Myasser, et deux autres, bien qu’il ne parvienne pas à se rappeler du point d’impact. Ils se sont rendus à al-Qaterji, mais n'ont pas pu se rapprocher de l’épicentre, en raison de la forte odeur. « C'était la même qu’à Hanano », a-t-il assuré, corroboré par Al-Halabi. La chronologie et les emplacements donnés par Abou Ali et al-Halabi confirment qu’ils ont été témoins des mêmes attaques qu’Abu Joud et son collègue.

Othman Khodr, l’avocat de l’Institut syrien pour la justice et la responsabilité, a également affirmé avoir vu, fin novembre, trois hélicoptères larguer deux munitions chacune en l’espace d’une heure, au croisement des quartiers de Karm al-Myasser, Karm al-Qaterji, Karm al-Jazmati et Daheert Awwad.

Dans un rapport journalier, la Défense civile syrienne a précisé que les attaques au chlore perpétrées à Karm al-Qaterji et Daheert Awwad le 22 novembre, vers 8 heures du matin, ont fait 15 blessés parmi des civils. Il n'y a pas d’autres informations faisant d’attaques chimiques dans la matinée du 22 novembre, le rapport pourrait donc faire référence aux attaques commises l’après-midi.

23 novembre: Karm al-Jazmati

Dans la soirée du 23 novembre, Shahba News Agency et Halab Today TV ont signalé une attaque au chlore à Karm al-Jazmati.

Mojahed Abu Joud, membre du Centre des médias d’Alep, a déclaré s’être rendu le lendemain sur l’épicentre de l'attaque à Karm al-Jazmati, où flottait encore une très forte odeur de chlore. Le cylindre avait perforé le toit d’une maison. Selon les voisins, une femme s’y trouvait au moment de l’attaque, mais personne n’a été en mesure de lui venir en aide à cause du gaz. « L'odeur était si forte que j’avais l’impression d’avoir la gorge en feu quand je me suis approchée », a déclaré Abu Joud. « J'avais l'impression de toucher mes poumons. À un moment donné, quelqu'un a ouvert la porte de la maison pendant que j'interrogeais une fille dans la rue. L'odeur était si forte que nous avons dû arrêter l'interview pour nous éloigner. »

Othman Khodr, l’avocat de l’Institut syrien pour la justice, a déclaré s’être également rendu sur le site. Le cylindre était coincé dans le toit, a-t-il dit, mais du gaz s’en échappait toujours. Il a vu quatre ou cinq pigeons morts dans un nid à proximité. Quand il descendit du toit, dit-il, il inhala une partie du gaz. « Il avait une odeur suffocante. C’était impossible de respirer. C’était douloureux. J’ai toussé et reprenais ma respiration constamment ». Khodr a ajouté qu’il a dû aller avec un journaliste dans un hôpital voisin, où ils ont été placés sous oxygène.

La Défense civile syrienne a indiqué que, le 23 novembre à environ 10 heures du matin, une attaque au gaz toxique avait été perpétrée à Karm al-Jazmati et dans le district voisin Ard al-Hamra, faisant 10 blessés. Orient News a signalé que 13 personnes avaient été blessées dans les deux districts et a posté deux photos, chacune de deux jeunes enfants recevant de l’oxygène dans ce qui semble être un établissement de santé.

Dans une interview vidéo, un résident local a déclaré que l’attaque a tué leur voisine de 55 ans. Le Centre de documentation sur les violations a également signalé que des gaz toxiques avaient tué une femme non identifiée à Alep le 23 novembre. La Syrie a signalé le lendemain que des gaz toxiques avaient provoqué la mort d’une femme à Alep, qui a peut-être été tuée lors de l’attaque du 23 novembre, puisqu'il n’y a eu aucune attaque à l’arme chimique le lendemain.

28 novembre: Karm al-Qaterji, Qadi Askar

Le 28 novembre en début d’après-midi, le Centre des médias d’Alep et l’Agence de presse Shahba ont indiqué que des attaques au chlore avaient été commises à Karm al-Qaterji et Qadi Askar. Thiqa Agency et Halab Today TV ont également fait état de l’attaque contre Karm al-Qaterji. Les comités locaux de coordination en Syrie ont signalé l’attaque contre Qadi Askar.

Firas Badawi, photographe au Centre des médias d’Alep, qui résidait à Karm al-Qaterji, a dit qu'il avait couru se mettre à l’abri après avoir vu un hélicoptère approcher dans l'après-midi le 28 novembre. Un objet s’écrasant sur le sol a fait un bruit sourd, sans explosion. Quand ils sont ressortis de leur abri, ils ont constaté que le point d’impact se trouvait dans une aire de jeux située dans un parc public. Badawi a dit:

Il y avait de la fumée partout. Elle était jaunâtre, légèrement verdâtre, déplacée par le vent. L’odeur était incroyablement forte. Nous avons secouru 11 ou 12 personnes qui avaient cherché refuge dans les bâtiments environnants, craignant une attaque au baril explosif. La plupart avaient perdu conscience et de la mousse leur sortait de la bouche. Nous pensions qu’ils étaient morts. D’autres ne pouvaient pas respirer et criaient de douleur en se tenant la poitrine, en toussant et avec les yeux brûlants.

Badawi a indiqué que 11 autres personnes avaient été blessées plus loin après qu’un vent violent a propagé le gaz vers le sud. Badawi a également déclaré que deux personnes ont péri dans l’attaque, mais Human Rights Watch n’a pas été en mesure de vérifier cette affirmation de manière indépendante.

Badawi a partagé avec Human Rights Watch des photographies et des vidéos sur lesquelles on peut voir un cratère d’impact et une bouteille de gaz jaune déformée gisant dans ce qui ressemble à une aire de jeux pour enfants.

Omar Arnaout, un photographe, a dit avoir vu un hélicoptère larguer un objet près d’un cimetière à Qadi Askar le 28 novembre vers 15 heures :

Soudain, la fumée jaune a commencé à se répandre, suivie d’une odeur de chlore quelques minutes plus tard. C’est l’odeur du liquide que nous utilisons pour nettoyer les toilettes, mais plus forte, beaucoup plus forte. Les gens étaient incapables de respirer, ils toussaient. Certains enfants vomissaient. L’odeur était partout.

Arnaout a déclaré qu’une vingtaine de civils avaient été blessés dans l'attaque et évacués vers des hôpitaux.

Image d’une vidéo montrant une rue du quartier d'al-Fardous à Alep, en Syrie, suite à une attaque chimique recourant à du chlore gazeux menée par les forces gouvernementales syriennes le 8 décembre 2016.

8 décembre: al-Maghayer, al-Fardous, Kallaseh

Le 8 décembre, entre 16 et 17 heures, le Centre des médias d’Alep et Shahba News Agency ont rapporté que les attaques de chlore avaient eu lieu à Kallaseh et Bustan al-Qasr. Human Rights Watch estime que ces informations font référence à peut-être trois munitions de chlore ayant touché le quartier d’al-Maghayer dans le district de Bab al-Maqam et près de la clinique al-Hayat, située à Kallsehal-Fardous, et à Kallaseh.

Abu Nadim al-Khattat, qui vit à al-Maghayer, a déclaré qu'une attaque avait eu lieu le 8 décembre, vers 16 heures, dans la rue se trouvant devant chez lui. Environ 15 minutes plus tard, une seconde a été perpétrée près de la clinique médicale al-Hayat à Kallaseh, où il était situé à l'époque. Il a dit que des dizaines de personnes, y compris sa belle-mère, ses filles et leurs maris, s'étaient rassemblées dans la région, essayant de quitter la ville:

Quand les barils sont tombés, tout le monde est entré se cacher à l’intérieur, craignant d’être touchés par des éclats d'obus. Mais le baril n’a pas explosé. Du gaz de chlore s'en échappait et se répandait partout, s'infiltrant là où les gens se cachaient. Ils ont inhalé le gaz et commencé à se sentir essoufflés, de la mousse sortait de leur bouche, certains étaient étourdis, des maux de tête, ils se sentaient fatigués et somnolents, ils n’avaient plus la moindre énergie.

Al-Khattat a déclaré qu’une cinquantaine de personnes ont été blessées, dont 20 enfants. Abu Rajab, l’ancien administrateur de l’hôpital d'al-Sakhour, a confirmé qu'une attaque au chlore a été perpétrée le 8 décembre à environ 100 mètres de la clinique al-Hayat, affirmant que plus de 70 personnes y ont été évacuées pour être soignées. «On pouvait même sentir une faible odeur de chlore à l’intérieur de la clinique», a-t-il dit.

Al-Khattat a déclaré que l’attaque avait tué deux personnes: Ammar Shohaiber, une quarantaine d’années, et Mohammad Abrach, la cinquantaine.

La maison d’Ammar était très proche du point d'impact et remplie de gaz de chlore. Nous lui avons dispensés les premiers soins et son état semblait s’améliorer, mais la nuit venue, il s’est aggravé. Au moment où nous l’emmenions à la clinique Bustan al-Qasr, il était à peine vivant et il est finalement mort.

Abrach semblait mieux au début, mais son état a également empiré, a déclaré al-Khattat : «Nous l'avons emmené à l'hôpital Al-Quds, mais il était si bondé qu'ils pouvaient à peine l'aider. Il est mort aussi ».

Le docteur Salim Abu al-Nasser, un dentiste travaillant au Centre médical Bustan al-Qasr, a déclaré avoir accueilli, dans la soirée du 8 décembre, deux civils blessés par une attaque au chlore. Il a dit avoir vu le corps d’un patient, un homme d’environ une soixantaine d’années, étendu dans le couloir, manifestement sans vie. Le deuxième patient, a-t-il précisé, a été transféré à l'hôpital Al-Quds, où il est également décédé.

Le Centre de documentation sur les violations, le Centre des médias d'Alep et l'Agence de presse Shahba ont rapporté que le gaz toxique avait tué deux civils à Alep le 8 décembre, un homme et une femme. Les rapports font probablement référence aux décès de Shohaiber et d'Abrach.

Hazem, un employé de l'hôpital Al-Quds, a déclaré qu'il a également été témoin d'une attaque de chlore ce jour-là près du marché aux légumes à al-Fardous. « Nous pensions que la bombe n'avait pas explosé, avant de voir la fumée jaune s’élever au-dessus de la zone. Il y avait une forte odeur de chlore ».

Le site de Ground News, une organisation d’information militante, a posté une vidéo montrant un gaz jaune-vert en train de progresser au-dessus du sol, et qui aurait été filmée à al-Fardous. Hazem a confirmé que la vidéo était celle de l’attaque dont il avait été le témoin et a fourni les coordonnées géographiques de la zone de l’impact.

Le 8 décembre en début de soirée, un membre du Centre des médias d'Alep a posté une photo d’un cylindre jaune qui, dit-il, a frappé l’est d’Alep. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer le lieu exact où les débris ont été retrouvés.

9 décembre: Kallaseh

Le 10 décembre, peu après minuit, le Centre des médias d’Alep, l’Agence de presse Shahba, l’Agence Thiqa et Halab Today TV ont signalé qu’une attaque au chlore avait eu lieu à Kallaseh.

Abu Rajab, ancien administrateur de l’hôpital al-Sakhour, a déclaré qu'il avait entendu un bruit sourd à l'entrée de la clinique al-Hayat à Kallaseh le 9 décembre, vers 20 heures. Bientôt, une odeur très forte a commencé à se répandre dans la clinique. « Il est rapidement devenu très mauvais », a-t-il dit. « J'avais l'impression d’avoir un incendie dans ma poitrine, mes yeux devenaient injectés de sang. Je ne pouvais pas respirer correctement. Ça sentait le chlore ».

Environ 30 membres du personnel médical et des patients se trouvaient dans la clinique au moment de l’attaque, a-t-il dit. Ils ont tous été blessés, dont cinq sérieusement, a-t-il dit. Ils ont recouvert leur visage d’un linge humide et sont montés dans les étages supérieurs. Abu Rajab a dit que certains des blessés ont été évacués vers le centre médical de Bustan al-Qasr et l’hôpital d'al-Quds.

Abu Muatassim, un autre médecin travaillant à la clinique d'al-Hayat, a fait un compte-rendu semblable, estimant toutefois que l’attaque avait été perpétrée autour de 18 heures et que 50 civils avaient été blessés, notamment des personnes à l'extérieur de la clinique.

Abu al-Nasser, présent au centre médical Bustan al-Qasr, a dit qu’il avait entendu parler de l’attaque sur le talkie-walkie de l’hôpital. Les patients blessés ont commencé à affluer peu de temps après. Selon lui, le centre a traité environ 40 civils sous le choc et souffrant de difficultés respiratoires. « Beaucoup d’entre eux tremblaient », dit-il. Le centre a publié sur sa page Facebook quatre vidéos de patients recevant des traitements. Abu al-Nasser a montré à Human Rights Watch une photo d’un garçon en train de recevoir de l’oxygène et une autre photo de deux petits enfants, disant que tous trois avaient été intoxiqués par le gaz.

Abdallah Mahmoud, un administrateur de l’hôpital d’al-Quds, a dit que l’hôpital a traité 47 civils blessés. Leurs symptômes comprenaient des yeux rougis, des difficultés à s’exprimer et à respirer et des quintes de toux.

Le 10 décembre, la Smart News Agency a publié sur sa chaîne YouTube une vidéo montrant une bouteille de gaz jaune scindée en affirmant que des bombes contenant des gaz toxiques avaient tué cinq civils et blessé d'autres le même jour dans les districts de Bustan al-Qasr al-Fardous et Kallaseh, qui se rejoignent. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de vérifier indépendamment les pertes civiles ou les blessures causées par les attaques au chlore en date du 10 décembre.

Abu Rajab a partagé trois photographies avec Human Rights Watch montrant le même fragment de bouteille et le cratère où celle-ci a atterri. Human Rights Watch n’a pas été en mesure de déterminer si les débris proviennent de l’attaque du 9 décembre à Kallaseh ou d’attaques séparées commises le 10 décembre.

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