Une chambre endommagée d’un hôpital d’Alep, en Syrie, photographiée le 1er octobre 2016, suite à une frappe aérienne ayant touché cet hôpital.

© 2016 Reuters/Abdalrhman Ismail

(New York, le 3 octobre 2016) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait exiger que les forces syriennes et russes mettent immédiatement fin à leurs attaques illégales contre des quartiers de l'est d’Alep, et garantir que les travailleurs humanitaires puissent acheminer en toute sécurité une aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes bloquées dans cette ville, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Depuis le 19 septembre, les forces russes et syriennes ont bombardé divers quartiers d’Alep contrôlés par l'opposition, recourant à des barils d’explosifs, des bombes à sous-munitions et des armes incendiaires, Au moins cinq hôpitaux ont été endommagés ou partiellement détruits lors de six attaques distinctes, selon les recherches effectuées par Human Rights Watch. Selon les Nations Unies, les récentes attaques ont tué près de 320 civils, dont plus de 100 enfants.

« Le recours à une intense puissance de feu contre des zones résidentielles assiégées où des milliers de civils sont pris au piège est non seulement irresponsable mais est susceptible de constituer un crime de guerre », a souligné Louis Charbonneau, directeur de plaidoyer auprès des Nations Unies pour Human Rights Watch. « Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait immédiatement adopter une résolution exigeant la cessation de ces tueries. La Russie, impliquée dans ces bombardements, devrait s’abstenir d’utiliser son droit de veto, ce qui souillerait davantage encore son rôle en tant que membre permanent du Conseil. »

Depuis 2011, la Russie et la Chine ont fait usage de leur droit de veto à quatre reprises pour empêcher l’adoption de résolutions du Conseil de sécurité qui auraient permis de condamner les actions du gouvernement syrien, d’imposer des sanctions ciblées et de saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation en Syrie.

Le Conseil de sécurité devrait en outre formellement approuver l’annonce par le  Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, le 30 septembre, de la création d'une Commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'attaque contre un convoi d'aide humanitaire menée près d’Alep le 19 septembre, et demander la tenue d’une session publique du Conseil concernant les futurs constats de cette enquête.

La Résolution 2254 du Conseil de sécurité, adoptée le 18 décembre 2015, exige « de toutes les parties qu’elles mettent immédiatement fin à toutes attaques contre les populations ou les biens civils, y compris celles dirigées contre les installations et le personnel médicaux, ainsi qu’à l’emploi aveugle d’armes, tels que les tirs d’obus et les bombardements aériens ».

Communiqué intégral en anglais :

https://www.hrw.org/news/2016/10/03/un-demand-end-unlawful-aleppo-attacks