Un homme transporte le corps d'un jeune garçon, recouvert d’une couverture, qui a perdu la vie lors d’une attaque contre le quartier de Sheikh Khodr à Alep, dans le nord de la Syrie, le 30 septembre 2014. Selon des activistes locaux, le quartier a été touché par une « bombe-baril » larguéee par les forces fidèles au président Bachar al-Assad.

© 2014 Reuters

(New York, le 24 février 2015) - Le gouvernement syrien a mené des centaines d’attaques aériennes aveugles au cours des douze derniers mois, en larguant des barils d’explosifs et en recourant à d’autres types d’armes improvisées, a indiqué Human Rights Watch aujourd'hui. Ces attaques ont eu un effet dévastateur sur la population civile, tuant ou blessant des milliers de personnes.

Human Rights Watch a documenté de telles attaques dans le gouvernourat d’Alep dans le nord de la Syrie, ainsi que dans le gouvernorat de Daraa, dans le sud du pays, en s’appuyant sur de nombreux témoignages et sur l’analyse d’images satellite, de  vidéos et de photos. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a condamné ce genre d’attaques dans une résolution adoptée il y a un an, mais n’a toujours pas réagi directement à la nouvelle vague d'attaques.

« Au cours des douze derniers mois, le Conseil de sécurité de l’ONU n'a rien fait pour faire cesser les frappes aériennes meurtrières menées par les forces du président Bachar al-Assad contre des quartiers tenus par les rebelles, terrorisant et tuant des civils ou les forçant à fuir », a déclaré Nadim Houry, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Alors que des discussions ont été entamées sur un arrêt provisoire  des frappes contre Alep, la question est de savoir si la Russie et la Chine vont enfin permettre au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions afin de faire cesser l’utlisation de bombes-barils. »

Dans une interview accordée à la BBC le 10 février dernier, le président Assad a affirmé que ses forces n’utilisaient pas de « bombes-barils »,  en dépit des nombreux éléments de preuve indiquant que c’est pourtant le cas.

Le Conseil de sécurité se réunira le 26 février pour sa prochaine série de rapports sur la Résolution 2139 du 22 février 2014, qui exigeait que toutes les parties au conflit en Syrie mettent fin à l'usage indiscriminé de barils d’explosifs et d'autres armes contre des zones peuplées. Les groupes armés non étatiques ont également mené des attaques indiscriminées, y compris par le biais de voitures piégées et d’armes explosives dans des zones contrôlees par les forces gouvernementales. Le Conseil de sécurité devrait imposer un embargo sur les armes livrées au gouvernement ainsi qu’aux groupes rebelles impliqués dans des attaques aveugles généralisées ou systématiques, selon Human Rights Watch.

Selon un rapport publié le 22 février 2015 par le Réseau syrien pour les droits de l'homme, 6 163 civils, dont 1 892 enfants et 1 720 femmes, ont été tués dans le cadre d’attaques lors desquelles les forces gouvernementales ont largué des barils d’explosifs, au cours des douze moins qui ont suivi l'adoption de la Résolution 2139 interdisant ce genre d’attaques.

Au-dela d’un embargo sur les armes, le Conseil de sécurité devrait également imposer une interdiction de voyage et un gel d’avoirs à l’encontre de toute personne impliquée de manière crédible dans de graves violations des droits humains dans le cadre du conflit en Syrie, et saisir la Cour pénale internationale de la situation dans ce pays, selon Human Rights Watch.

Pour lire le communiqué intégral en anglais, veuillez cliquer ici.

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