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G20 : Tenir l’Arabie saoudite responsable de ses violations des droits humains

Les dirigeants du G20 devraient appeler à la libération des activistes et dissident.e.s détenu.e.s

(Beyrouth) – Les pays membres du G20 devraient faire pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle remette en liberté toutes les personnes détenues illégalement et accepte de rendre des comptes pour les abus passés, avant le sommet virtuel du G20 le 21 novembre 2020, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. L’organisation lance sa campagne #G20SaudiArabia, exhortant les dirigeants du G20 à tenir leurs hôtes saoudiens responsables de leurs violations des droits humains, après leur avoir déjà adressé des courriers avec la même demande en juillet et en août.

Les pays du G20 ont attribué à l’Arabie saoudite la présidence du G20 pour 2020, malgré les atteintes incessantes de son gouvernement aux libertés fondamentales, comme l’emprisonnement et le harcèlement de dissidents et de défenseurs des droits humains, les attaques illégales contre des civils au Yémen, et le non-respect des appels internationaux à la justice pour le meurtre par des agents de l’État du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

« La présidence du G20 confère une marque imméritée de prestige international au gouvernement du prince héritier Mohammad ben Salmane », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord au sein de Human Rights Watch. « Au lieu de signaler sa préoccupation face aux graves abus commis par l’Arabie saoudite, le G20 soutient les efforts publicitaires bien financés du gouvernement saoudien pour se présenter comme un pays réformateur, malgré la répression fortement accrue depuis 2017. »

Au cours des deux ans qui se sont écoulés depuis le meurtre brutal du journaliste Jamal Khashoggi par des agents saoudiens en octobre 2018, aucun haut responsable impliqué dans ce meurtre n’a été tenu de rendre des comptes. Durant cette période, l’Arabie saoudite a dépensé des milliards de dollars pour accueillir des manifestations culturelles et sportives majeures, ainsi que d’autres événements, dans le cadre d’une stratégie délibérée pour détourner les regards de ses violations fréquentes des droits humains.

Les pays du G20 devraient aider à prévenir les tentatives de l’Arabie saoudite de dissimuler ses abus en accueillant le sommet, notamment en demandant au royaume de prendre les mesures suivantes :

Libérer sans condition tous les militants saoudiens des droits humains accusés de délits vagues en raison de leur activisme, notamment leurs contacts avec des organisations internationales des droits humains, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et les médias internationaux. Parmi ces activistes figurent d’éminentes défenseures des droits des femmes arrêtées en 2018 – Loujain al-Hathloul, Nassema al-Sadah, Samer Badawi et Nouf Abdulaziz – ainsi que les militants Salah Haidar, Waleed Abu al-Khair, Essam Koshak et Raif Badawi.

Permettre au Groupe d’experts éminents internationaux et régionaux sur le Yémen de s’acquitter de son mandat en facilitant son accès au Yémen, ainsi qu’à diverses entités en Arabie saoudite : notamment le siège de la coalition à Riyad, l’unité chargée de sélectionner les cibles, l’Équipe conjointe d’évaluation des incidents (JIAT), et  le ministère saoudien de la Défense.

Autoriser un organe international indépendant à enquêter sur le meurtre de Jamal Khashoggi, et à examiner tous éléments documents judiciaires du procès des personnes présumées responsables du meurtre, qui s’est achevé en septembre

« Les pays du G20 ont une occasion de faire une différence, et de jouer un rôle important pour convaincre l’Arabie saoudite de mettre fin à ses violations des droits humains », a conclu Michael Page.

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