Des passants marchent près d'une statue géante de Mao Zedong sur la place jouxtant la gare de la ville de Dandong (province de Liaoning), située dans le nord-est de la Chine à proximité de la frontière avec la Corée du Nord, le 23 février 2019.

© 2019 AP Photo/Dake Kang

(New York, le 14 mai 2019) - La Chine ne devrait pas expulser de force sept Nord-Coréens vers leur pays, ou ils seraient exposés à un sérieux risque de torture et d'autres abus, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les autorités chinoises devraient soit leur accorder l'asile, soit leur permettre de se rendre dans des conditions sûres dans un pays tiers.

Selon des sources sud-coréennes qui cherchent à porter assistance aux proches des sept Nord-Coréens, il s’agit de trois hommes, trois femmes et une fillette de 10 ans qui se trouvent actuellement en détention dans la province du Liaoning. Certains membres du groupe vivaient déjà en Chine près de la frontière depuis quelques années, et d’autres ont récemment fui la Corée du Nord afin de les rejoindre. Les autorités chinoises ont placé les sept personnes en détention le 28 avril.

« La Chine ne devrait pas renvoyer ces sept personnes en Corée du Nord, où elles seraient soumises au risque de torture, de violences sexuelles, de travail forcé et d’autres horreurs », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch. « Pékin devrait immédiatement leur permettre de voyager vers un pays tiers. »

En Corée du Nord, quitter le pays sans autorisation constitue une infraction pénale. Tout Nord-Coréen rapatrié de force après une tentative de fuite risque d’être incarcéré dans un camp de prisonniers politiques (« kwanliso »), un camp de détention d’autres prisonniers (« kyohwaso »), un camp de travaux forcés de courte durée (« rodong danllyeindae »), ou un centre de détention provisoire (« jipkyulso »). Toute personne ayant fui le pays est aussi confrontée au risque d’être exécutée.

Des recherches menées par Human Rights Watch et d'autres organisations ont révélé des abus omniprésents et des conditions abjectes dans les camps ou sont incarcérés les prisonniers politiques de la Corée du Nord. Parmi ces abus figurent les maigres rations qui laissent les détenus au bord de la famine, l’absence quasi-totale de soins médicaux, les conditions déplorables de logement et d’habillement, les mauvais traitements infligés par les gardiens, y compris des actes de torture et agressions sexuelles, ainsi que parfois des exécutions sommaires. Des anciens prisonniers et certains anciens gardiens ont signalé des taux de mortalité extrêmement élevés dans ces centres de détention.

La Chine qualifie régulièrement les Nord-Coréens entrés sur son territoire de « migrants économiques » illégaux et les soumet à des rapatriements forcés vers la Corée du Nord, en vertu d'un protocole de 1986 signé par les deux pays.

En 2010, le Ministère nord-coréen de la Sécurité de l’État a émis un décret qualifiant la défection de « trahison contre la nation », crime passible de la peine de mort.

Forcer des réfugiés nord-coréens à rentrer dans leur pays constitue un acte de « refoulement », c'est-à-dire le renvoi d’une personne vers un lieu où sa vie ou sa liberté sont en danger. En tant qu’État partie à la Convention sur les réfugiés de 1951 et à son Protocole de 1967, ainsi qu'à la Convention contre la torture de 1984, la Chine est soumise à l’obligation de ne pas renvoyer de force des personnes vers des pays où elles risqueraient d'être persécutées ou torturées à leur retour.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/05/14/china-protect-7-north-koreans-fleeing-oppression

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