Le footballeur bahreïnien Hakeem al-Araibi.

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(New York, le 29 janvier 2019) - Le gouvernement thaïlandais devrait immédiatement libérer le footballeur bahreïnien Hakeem al-Araibi et l’autoriser à rejoindre son épouse et son équipe en Australie, ou il bénéficie du statut de réfugié, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch lors du lancement d’une campagne visant cet objectif.

Malgré des appels lancés dans ce sens par la Fédération internationale de football (FIFA) ainsi que par le Comité international olympique (CIO), le gouvernement bahreïnien a au contraire accéléré le processus d'extradition afin de renvoyer al-Araibi vers le Bahreïn. Or, les statuts de la FIFA et sa politique en matière de droits humains visent à protéger les joueurs professionnels tels que al-Araibi contre les abus tels que ceux qu’il risquerait de subir dans son pays.

Les autorités thaïlandaises n'ayant pas répondu aux nombreux appels de gouvernements et de fédérations sportives visant la remise en liberté d'al-Araibi, Human Rights Watch a lancé sa propre campagne intitulée #SaveHakeem, encourageant des athlètes et toutes les personnes concernées envoyer directement des messages à ce sujet au Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-cha.

« Bien que le footballeur Hakeem al-Araibi ait obtenu le statut de réfugié en Australie, la Thaïlande envisage de le renvoyer de force au Bahreïn, où il risque d’être torturé ou de subir un sort encore pire », a déclaré Minky Worden, Directrice de projets internationaux à Human Rights Watch. « De nombreux athlètes, le gouvernement australien, la FIFA et le CIO ont tous réclamé sa remise en liberté, et la Thaïlande devrait l’autoriser immédiatement à rejoindre sa femme et ses coéquipiers en Australie. »

Al-Araibi, un ressortissant bahreïnien qui a obtenu le statut de réfugié en Australie en 2017, a déclaré à Human Rights Watch : « Le Bahreïn est un État qui ne respecte pas les droits humains. Ma vie est en danger. La FIFA devrait me protéger et protéger tous les joueurs. »

Al-Araibi a été arrêté pour la première fois au Bahreïn en 2012, selon lui en raison des activités politiques de son frère, et a affirmé avoir été torturé lors de sa détention. En 2014, il a été condamné à tort pour avoir vandalisé un poste de police, alors qu’au moment du crime présumé, il jouait dans un match de football télévisé. Il a été condamné par contumace à 10 ans de prison, peu avant sa fuite vers l’Australie.

Human Rights Watch a précédemment documenté les actes de torture et autres mauvais traitements à l'encontre d’activistes et de dissidents détenus par les forces de sécurité bahreïniennes à la suite des manifestations anti-gouvernementales de 2011.

Des responsables de l'immigration thaïlandaise ont arrêté al-Araibi à l'aéroport Suvarnabhumi de Bangkok le 27 novembre 2018, alors qu'il était arrivé d'Australie avec son épouse lors de leur voyage de noces. Les responsables ont informé al-Araibi que ceci était dû à une « notice rouge » d’Interpol diffusée à la demande du Bahreïn qui réclamait le retour d’al-Araibi vers ce pays.

Communiqué complet (en anglais) :

www.hrw.org/news/2019/01/29/thailand-free-bahraini-footballer

Site de la campagne #SaveHakeem (en anglais) :

www.hrw.org/SaveHakeem

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