Des Rohingyas fuyant le Myanmar traversent la rivière Naf dans une embarcation surpeuplée afin de rejoindre le camp de réfugiés de Teknaf, au Bangladesh, le 12 novembre 2017.

© 2017 Reuters / Mohammad Ponir Hossain

(New York, le 8 mai 2018) - Le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait immédiatement saisir la Cour pénale internationale (CPI) de la situation au Myanmar, notamment au sujet des abus généralisés et systématiques à l’encontre des Rohingyas, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Durant la première semaine de mai, de hauts représentants du Conseil de sécurité, un organe composé de 15 pays membres, ont visité des camps de réfugiés au Bangladesh. Plus de 700 000 Rohingyas y ont cherché refuge afin d’échapper aux exactions commises par l’armée birmane depuis août 2017, rejoignant ainsi près de 200 000 réfugiés rohingyas ayant précédemment fui le Myanmar. Les diplomates se sont engagés à agir dès leur retour à New York. L'Ambassadrice du Royaume-Uni, Karen Pierce, a déclaré que tous les membres du Conseil considéraient la question des Rohingyas comme « l'une des questions les plus importantes relatives aux droits humains » auxquelles le Conseil a été confronté au cours des dix dernières années., et qu’il était « nécessaire d’agir ».

« Les représentants du Conseil de sécurité ayant pu entendre directement les témoignages de réfugiés rohingyas au sujet des horreurs infligées par l'armée birmane, la nécessité d’exiger des comptes aux responsables est devenue encore plus évidente », a déclaré Param-Preet Singh, directrice adjointe du programme Justice internationale à Human Rights Watch. « Or, les nombreux démentis invraisemblables de la part des autorités birmanes au sujet des atrocités ainsi que la culture d'impunité qui existe depuis longtemps au Myanmar, signifient que la Cour pénale internationale représente aujourd’hui le seul véritable espoir de justice pour les victimes. »

Le gouvernement birman et l'armée ont rejeté les rapports détaillés de l'ONU et d’organisations de défense des droits humains, ainsi que les informations fournies par les médias, au sujet des meurtres de Rohingyas, des viols et de la mise à feu de villages dans l'État de Rakhine, dans le nord du Myanmar. En novembre, une « équipe d'enquêteurs » de l'armée a déclaré qu'au moins 376 « terroristes » avaient été tués au cours des affrontements, « sans aucun décès personnes innocentes ».

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2018/05/08/un-security-council-refer-myanmar-icc 

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