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Hong Kong : Arrestations massives d’activistes pro-démocratie

Les gouvernements étrangers devraient tenir Pékin responsable de cette action arbitraire

Des activistes pro-démocratie photographiés lors d’une conférence de presse à Hong Kong, le 15 juillet 2020. Certains d’entre eux, comme Joshua Wong (extrême gauche), ont dans les mois suivants été arrêtés ou soumis à un harcèlement judiciaire. © 2020 AP Photo/Kin Cheung

(New York, le 8 janvier 2021) - Le gouvernement de Hong Kong devrait s’abstenir d’engager des poursuites contre les 53 activistes pro-démocratie arrêtés arbitrairement le 6 janvier, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Tous ont été arrêtés selon le motif de « subversion » en vertu de la loi draconienne sur la sécurité nationale (loi NSL) de Hong Kong, que le gouvernement chinois a imposée le 30 juin 2020.

Les 53 personnes arrêtées sont des hommes et des femmes qui représentent diverses facettes du mouvement pro-démocratie de Hong Kong. Parmi elles figurent des personnes connues pour leur activisme politique depuis de nombreuses années, comme Leung Kwok-hung et Claudio Mo, ainsi que d’autres qui ont rejoint le mouvement lors des manifestations de 2019, comme le travailleur social Jeffrey Andrews et Lee Chi Yung, un défenseur des droits des personnes handicapées. Plusieurs personnes arrêtées représentent un échantillon de segments de la société civile qui sont exclus de la gouvernance de la ville.

« Les autorités de Hong Kong soutiennent que discuter au sujet de candidats et plaider en faveur de certaines actions gouvernementales constituent des activités subversives, ce qui est absurde », a déclaré Maya Wang, chercheuse senior sur la Chine à Human Rights Watch. « Il est de plus en plus clair que l’engagement de Pékin à respecter un haut degré d’autonomie pour Hong Kong n’était qu’une vaine promesse. »

La police de Hong Kong a déclaré qu'un sondage d'opinion publique réalisé en juillet 2020 concernant des candidats pro-démocratie pour une prochaine élection au Conseil législatif (LegCo) constituait une forme de « subversion ». Selon les autorités, les personnes arrêtées auraient violé l'article 22 de la loi sur la sécurité nationale, qui stipule que quiconque « organise, planifie, commet ou participe à » des actions susceptibles de « sérieusement interférer, perturber ou saper » le travail des organes du gouvernement central ou de Hong Kong est soumis à un peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie pour les « délinquants principaux ». Parmi les 53 personnes arrêtées, selon la police, six étaient des organisateurs.

Les définitions juridiques de « subversion » et d’autres crimes selon la loi NSL sont vaguement formulées, et peuvent donc même recouvrir l’exercice pacifique des droits inscrits dans la Constitution de facto de Hong Kong, la Loi fondamentale (« Basic Law »). Ces droits sont également protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui est incorporé dans le cadre juridique de Hong Kong tel que défini par la Loi fondamentale.

Sur les 53 personnes arrêtées, 52 ont été libérées sous caution, mais ont dû remettre leurs passeports aux autorités en tant que condition préalable. Wu Chi-wai, ancien président du Parti démocrate, est toujours détenu. Des accusations n'ont pas encore été officiellement portées contre les 53 personnes.

La police de Hong Kong devrait immédiatement libérer Wu Chi-Wai et restituer aux autres personnes leurs passeports, selon  Human Rights Watch.

Les gouvernements étrangers, notamment les pays de l'Union européenne, le Royaume-Uni et la nouvelle administration Biden aux États-Unis, devraient demander aux Nations Unies de nommer un.e expert.e disposant d’un mandat spécial pour surveiller l'évolution des droits humains à Hong Kong, selon Human Rights Watch. Ils devraient également imposer des sanctions ciblées à l’encontre des responsables gouvernementaux ayant violé les droits des habitants de Hong Kong.

Communiqué complet en anglais : en ligne ici.

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