(Bangkok) – Le gouvernement chinois a intensifié sa répression dans tout le pays en 2025, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026.
Le président Xi Jinping a mobilisé le gouvernement de son pays pour imposer une stricte conformité idéologique et une loyauté sans faille envers lui-même et le Parti communiste chinois. Les droits des Tibétains, des Ouïghours et d’autres communautés affichant une identité distincte, notamment les membres d’églises non officielles, font l’objet d’une répression particulièrement sévère. La répression exercée par le gouvernement à Hong Kong s’est également intensifiée.
« Sous la présidence de Xi Jinping, le bilan du gouvernement chinois en matière de droits humains est de plus en plus désastreux, élargissant et intensifiant la répression des libertés fondamentales », a déclaré Maya Wang, Directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Les gouvernements étrangers se sont montrés largement réticents à s’opposer aux menaces que le gouvernement chinois fait peser sur le système international des droits humains, sans parler de la Chine elle-même. »
Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
- Xi Jinping s’est rendu au Tibet en août 2025, puis au Xinjiang, où vivent de nombreux Ouïghours, en septembre 2025, principalement pour illustrer le contrôle strict que son gouvernement exerce sur ces régions. Le gouvernement prévoit d’adopter un projet de loi visant à justifier la répression des minorités, à faciliter le renforcement du contrôle idéologique sur celles-ci et à renforcer leur contrôle à l’étranger. Des milliers d’Ouïghours restent injustement emprisonnés. Le gouvernement a interdit la célébration du 90ème anniversaire du Dalaï Lama, le chef religieux tibétain, au Tibet.
- La répression s’est rapidement intensifiée au cours des cinq années qui ont suivi l’imposition par les autorités de la loi draconienne sur la Sécurité nationale à Hong Kong. Le dernier parti prodémocratie encore actif à Hong Kong, la Ligue des sociaux-démocrates, a été dissous. Pour la première fois, les autorités ont utilisé la loi sur la Sécurité nationale pour poursuivre à Hong Kong un membre de la famille d’Anna Kwok, leader prodémocratie et personnalité critique qui vit à l’étranger. De nombreux leaders prodémocratie sont toujours emprisonnés, notamment Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily, aujourd’hui fermé.
- La campagne du gouvernement chinois visant à « siniser » les religions, c’est-à-dire à les restructurer pour qu’elles propagent l’idéologie du Parti, a conduit à une répression accrue des « églises de maison », ces congrégations protestantes qui refusent de rejoindre l’église officielle. En avril 2025, un tribunal de la province du Shanxi aurait condamné plus d’une douzaine de personnes affiliées à l’église Linfen Golden Lampstand pour « fraude ». En octobre 2025, les autorités ont également arrêté près de 30 membres de l’église Zion, dont son pasteur.
- Les autorités ont arbitrairement arrêté et emprisonné des personnes pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.
- Alors que les communautés de la diaspora se font de plus en plus entendre contre les abus du gouvernement, Pékin a intensifié ses efforts pour les réduire au silence, en harcelant leurs familles et leurs amis en Chine et en emprisonnant ceux qui reviennent au pays, des actes connus sous le nom de répression transnationale. Parmi les exemples récents, on peut citer l’arrestation de Tara Zhang Yadi, une étudiante et activiste basée en France, et les menaces proférées à l’encontre de cinéastes afin de faire fermer le festival du film IndieChina à New York.
Le gouvernement chinois devrait immédiatement mettre fin à ses crimes contre l’humanité et autres violations commises au Xinjiang, abroger les lois sur la sécurité nationale à Hong Kong, autoriser des observateurs indépendants à se rendre au Tibet et au Xinjiang, et libérer les défenseurs des droits humains détenus dans toute la Chine, a déclaré Human Rights Watch.