Les autorités chinoises refusent systématiquement de respecter les droits aux libertés d’expression, d’association, de réunion et de religion, et persécutent des personnes ayant critiqué le gouvernement. Le renforcement du contrôle idéologique exercé par le Parti communiste chinois (« le Parti » ci-après) s’est accompagné d’une assimilation forcée et brutale des Tibétains et des Ouïghours, et de l’imposition d’un régime répressif de sécurité nationale à Hong Kong. Aucune obligation de rendre des comptes n’a été mise en œuvre pour les crimes contre l’humanité commis au Xinjiang, où plusieurs centaines de milliers d’Ouïghours restent injustement emprisonnés.
Des activistes se sont montrés prêts à prendre d’énormes risques pour critiquer publiquement le gouvernement et le Parti. En août 2025, un activiste qui avait quitté la Chine peu de temps auparavant a projeté à distance un message pro-démocratie depuis une chambre d’hôtel sur un gratte-ciel de Chongqing, avant le défilé militaire annuel de Pékin.
Liberté d’expression
Le gouvernement chinois contrôle l’ensemble des grands réseaux d’information et met en œuvre l’un des régimes de surveillance et de censure les plus stricts au monde. Il utilise le système judiciaire contrôlé par le Parti pour punir, faire disparaître de force et emprisonner ses détracteurs.
Parmi les cas notables en 2025, on peut citer la condamnation à trois ans et demi de prison du cinéaste Chen Pinlin, reconnu coupable en janvier d’avoir « cherché querelle et provoqué des troubles » pour avoir réalisé un film sur les manifestations du Livre blanc de 2022.
Un autre cas notable est celui de Fu Cha, citoyen taïwanais et rédacteur en chef de Gūsa Publishing, qui a publié à Taïwan des ouvrages traduits qui critiquent le gouvernement chinois. Fu était en visite en Chine lorsqu’il a été arrêté et condamné en février à trois ans de prison pour « incitation à la sécession ».
En avril, les autorités ont fait disparaître de force Mei Shilin pour avoir accroché trois banderoles antigouvernementales, dont l’une disait « le peuple n’a pas besoin d’un parti politique au pouvoir illimité », sur un pont routier à la sortie de la station de métro Chadianzi à Chengdu, dans la province du Sichuan.
En juillet, un tribunal aurait condamné Peng Lifa, connu sous le nom de « Bridge Man » (« l’Homme du pont ») à neuf ans de prison pour avoir accroché des banderoles pro-démocratie sur un pont de Pékin en 2022. Les banderoles de Peng ont inspiré des milliers de personnes et déclenché les manifestations du Livre blanc de 2022.
Les autorités continuent de réprimer les commémorations publiques du massacre de Tiananmen de 1989 à Hong Kong et en Chine continentale. Cependant, des groupes de la diaspora ont organisé 77 événements dans 40 villes de 10 pays.
En août, le harcèlement d’une jeune fille de 14 ans à Jiangyou, dans la province du Sichuan, a déclenché une vague de protestations dans la ville et suscité l’indignation dans tout le pays. Le gouvernement chinois a censuré l’incident et fait appel à la police, équipée de matraques et de bâtons électriques, pour réprimer les manifestants.
En août encore, quelques jours avant que le gouvernement chinois ne célèbre le 80ème anniversaire de la victoire de la Chine dans la Seconde Guerre mondiale avec une parade militaire à Pékin, un activiste a projeté des slogans géants sur un immeuble à Chongqing, appelant le peuple chinois à « sesoulever contre le fascisme » et à « reprendre ses droits ». L’activiste avait quitté le pays après avoir installé le projecteur et l’avait actionné à distance depuis l’étranger, mais la police a harcelé sa famille et ses amis en Chine.
En septembre, le gouvernement chinois a publié un projet de loi sur la promotion de l’unité et du progrès ethniques, qui vise à justifier la répression actuelle des minorités et à faciliter le renforcement des contrôles idéologiques tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
La censure exercée par le gouvernement chinois continue d’avoir un impact au niveau mondial. En septembre, des chercheurs basés à l’étranger ont publié des documents qui avaient fuité, révélant qu’une grande entreprise chinoise avait exporté certaines des technologies de censure et de surveillance de l’Internet utilisées dans le cadre du « Grand Pare-feu » chinois vers d’autres pays, notamment le Pakistan et le Myanmar. En août, des responsables chinois et thaïlandais ont fait pression sur un centre artistique de Bangkok pour qu’il retire d’une exposition les œuvres d’artistes tibétains, ouïghours et hongkongais. En novembre, les autorités ont fait fermer un festival de cinéma indépendant à New York.
En octobre, Pékin a annoncé l’ouverture d’une enquête contre le député taïwanais Puma Shen pour « séparatisme », en vertu de directives judiciaires chinoises visant à « punir les séparatistes indépendantistes taïwanais ».
Liberté de religion
Le gouvernement chinois n’autorise et ne reconnaît officiellement que cinq religions. Il exerce un contrôle strict sur leur gestion et leurs activités, notamment en matière de nominations, de publications et de finances.
La police harcèle et détient des dirigeants et des membres de divers groupes religieux « illégaux », notamment les congrégations catholiques et protestantes (connues sous le nom d’« églises de maison ») qui refusent de rejoindre les églises officielles, et perturbe leurs activités. En avril, un tribunal de la province du Shanxi aurait condamné plus d’une douzaine de personnes affiliées à l’église Golden Lampstand de Linfen pour « fraude ». Le cofondateur et pasteur de cette église, Wang Xiaoguang, a été condamné à neuf ans et sept mois de prison, et son épouse, la pasteure Yang Rongli, à 15 ans d’emprisonnement.
En juillet, dans la province du Zhejiang, les autorités auraient aussi arrêté Ma Xianshi, un prêtre officiellement reconnu mais considéré comme « insuffisamment loyal » envers le Parti.
En septembre, les autorités ont publié un code de conduite en ligne pour les professionnels religieux, qui interdit la diffusion de contenus religieux non autorisés sur Internet et qui empêchent l’accès du public aux enseignants et enseignements religieux non contrôlés par le Parti.
En octobre, les autorités ont arrêté près de 30 membres, dont 18 ont été officiellement inculpés en novembre, de l’Église protestante non officielle de Sion dans sept villes du pays, notamment son pasteur et fondateur Ezra Jin Mingri.
Le gouvernement continue de classer certains groupes religieux, notamment le Falun Gong, comme des « sectes maléfiques », dont les membres sont régulièrement harcelés, emprisonnés arbitrairement et torturés.
Défenseurs des droits humains
Le 9 juillet 2025 a marqué le dixième anniversaire de la « Répression 709 » contre les avocats défenseurs des droits humains en Chine, une décennie au cours de laquelle les avocats qui dénoncent les abus des autorités ont été persécutés et muselés.
Les défenseurs des droits humains en Chine sont fréquemment harcelés, torturés et emprisonnés. Dans une déclaration publiée en août, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les défenseurs des droits humains s’est dite « troublée par les allégations persistantes [...] concernant le traitement réservé aux défenseurs des droits humains emprisonnés en Chine, notamment en matière de torture, de refus d’accès à des soins médicaux adéquats et de droits de visite ».
En avril, le tribunal du district de Chenghua a condamné l’avocat défenseur des droits humains Lu Siwei à 11 mois de prison dans un procès à huis clos pour « franchissement illégal de la frontière ». Lu a été rapatrié illégalement du Laos en 2023 après avoir tenté de fuir la Chine.
En juillet, la police de Macao a arrêté Au Kam San, un ancien parlementaire et activiste pro-démocratie de longue date, pour avoir enfreint l’article 13 de la loi sur la Protection de la sécurité nationale de cette ville, qui prévoit une peine maximale de 10 ans de prison. C’était la première fois que cette loi draconienne était invoquée à Macao.
Également en juillet, les autorités ont arrêté Zhang Yadi (Tara), une étudiante âgée de 22 ans qui vivait à l’étranger, alors qu’elle rentrait de France en Chine pour rendre visite à sa famille ; elle a été accusée d’« incitation au séparatisme ». Zhang Yadi était coéditrice du site Chinese Youth Stand for Tibet, qui défend les droits des Tibétains. Elle risque jusqu’à cinq ans de prison, voire 15 ans si elle est reconnue coupable d’avoir joué un rôle de « meneuse ».
L’avocate devenue journaliste indépendante Zhang Zhan, libérée en mai 2024 après avoir passé quatre ans en prison pour ses articles critiques envers le régime, a de nouveau été arrêtée en août 2024 pour « avoir cherché querelle et provoqué des troubles ». En septembre, elle a été condamnée à quatre années de prison supplémentaires.
Droits des femmes et des filles
La discrimination fondée sur le genre au travail reste répandue. En mars, plusieurs syndicats chinois officiels ont appelé les entreprises à ne plus demander aux candidates à un emploi de révéler leur situation matrimoniale et leur statut parental, ce qui constitue un progrès.
Le gouvernement de Xi Jinping se montre de plus en plus hostile à la défense des droits des femmes et au féminisme. Alors que les taux de fécondité atteignent des niveaux historiquement bas, il promeut de manière croissante les normes hétérosexuelles et censure certains discours en ligne qui remettent en cause les valeurs dominantes. En janvier, les autorités de régulation d’Internet ont sévi contre « ceux qui propagent la polarisation des genres, le féminisme extrême et l’idée de ne pas se marier ni d’avoir d’enfants ». Dans la province du Zhejiang, les autorités ont adressé une mise en garde à l’humoriste Fan Chunli, connue sous le nom de scène « Fangzhuren », dont le spectacle sur son ex-mari violent et le divorce qui s’en est suivi est devenu viral. Certaines des publications de Fan sur Weibo, dans lesquelles elle critiquait cette mise en garde, ont été supprimées.
Les discussions sur le genre sont encore largement tolérées si elles ne remettent pas directement en cause le Parti. En juillet, un article de presse chinois sur un groupe de discussion sur l’application Telegram où les utilisateurs partageaient des images d’exploitation sexuelle de femmes, notamment des photos privées, des images pornographiques générées par IA et des vidéos prises à l’aide de caméras cachées, a suscité l’indignation du grand public.
Orientation sexuelle et identité de genre
Alors que la population accepte de mieux en mieux le principe de l’égalité des droits pour les personnes LGBT, les autorités, qui promeuvent de plus en plus les normes hétérosexuelles en matière de genre, ont notamment censuré certains contenus LGBT. Début 2025, les autorités chinoises ont arrêté et inculpé plusieurs femmes écrivains pour violation de la loi sur la pornographie après qu’elles eurent publié des romans homoérotiques sur Haitang Literature City, une plateforme taïwanaise. En septembre, un film australien mettant en scène le mariage de deux hommes a été modifié afin de représenter un couple hétérosexuel à la place.
Tibet
Le gouvernement chinois poursuit ses politiques ultra-répressives au Tibet, notamment celles qui obligent les Tibétains à s’assimiler, à l’instar du harcèlement et de la détention d’éducateurs tibétains, ou de la fermeture d’écoles qui assurent la promotion de la langue et de la culture tibétaines.
Xi Jinping s’est rendu au Tibet en août et a appelé le bouddhisme tibétain à « s’adapter à la société socialiste », signe d’une ingérence accrue de l’État dans la religion.
Les autorités ont pris des mesures répressives à l’occasion du 90ème anniversaire du Dalaï Lama, célébré au niveau international en juillet mais interdit au Tibet. Les rares informations qui ont filtré à l’extérieur de la région suggèrent que des arrestations ont eu lieu et que les restrictions ont été renforcées dans les monastères de Kirti, dans les préfectures de Ngawa et de Gannan, ainsi qu’au monastère de Tsang, dans la préfecture de Tsolho, où en août les intimidations des autorités auraient provoqué le suicide du moine de haut rang Geshe Sherzang Gyatso.
La mort suspecte d’un grand lama tibétain, Humkar Dorje Rinpoché, au Vietnam en mars, après que ce dernier eut fui le Tibet, est survenue alors que des informations faisant état d’une vague de répression transnationale de la part du gouvernement chinois se multipliaient.
Hong Kong
Tout au long de l’année 2025, le gouvernement de Hong Kong a fréquemment invoqué plusieurs lois draconiennes en matière de sécurité nationale — la loi de 2020 sur la Sécurité nationale et l’ordonnance de 2024 sur la Sauvegarde de la sécurité nationale — pour criminaliser toute forme d’expression et d’activité pacifique. Depuis 2020, selon les chiffres officiels, les autorités ont arrêté au moins 342 personnes et en ont condamné 169 pour avoir prétendument enfreint ces lois. Presque toutes les personnes inculpées ont fini par être condamnées.
Les activistes pro-démocratie sont surveillés par la police et se voient imposer des restrictions sévères. La Ligue des Sociaux-démocrates, l’un des derniers partis pro-démocratie actifs à Hong Kong, s’est dissoute en juin, invoquant « d’énormes pressions politiques ».
En mai, le gouvernement a promulgué des dispositions subsidiaires à l’ordonnance sur la Sauvegarde de la sécurité nationale, qui ont élargi les pouvoirs des agents de sécurité de l’État chinois continental et renforcé le secret autour du régime de sécurité nationale. En juin, la police de Hong Kong et les agents de sécurité de l’État continental ont mené leur première opération conjointe, en procédant à l’arrestation de six personnes pour « collusion avec l’étranger ».
En juillet, les autorités hongkongaises ont amendé le règlement pénitentiaire afin de permettre aux autorités carcérales de refuser plus facilement les visites aux détenus, notamment celles des avocats et des prêtres, et de réglementer plus strictement les lettres et les livres qui entrent et sortent de prison, tout cela au nom de la sécurité nationale.
En décembre, la Haute Cour de justice de Hong Kong a rendu son verdict lors du procès de Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily qui a été contraint à la fermeture ; il a été déclaré coupable de « collusion avec des puissances étrangères » et de « sédition ». Lai risque d’être condamné à une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie ; depuis décembre 2020, il a été détenu à l’isolement durant de longues périodes, ce qui constitue une forme de torture.
Le gouvernement de Hong Kong a continué à réprimer sévèrement toute expression pacifique. En juin, la police a averti que toute personne qui téléchargerait ou partagerait le jeu de rôle taïwanais sur téléphone portable « Reversed Front », dans lequel les joueurs cherchent à « renverser le régime communiste », serait passible de sanctions en vertu des lois sur la sécurité nationale. En août, un tribunal a condamné un étudiant à 180 heures de travaux d’intérêt général pour avoir tourné le dos pendant l’hymne national chinois – un geste considéré comme une « insulte » à la Chine – lors d’un match de football.
Le gouvernement a de plus en plus recours à des mesures administratives contre ceux qu’il n’apprécie pas. En mai, au moins huit médias et 20 personnes qui leur sont affiliées ont déclaré que le gouvernement leur avait demandé de payer ce qu’ils qualifient d’« arriérés d’impôts » abusifs.
Dans certains cas, le gouvernement de Hong Kong a ciblé des personnes après que des journaux d’État basés à Pékin, tels que Wen Wei Po, ont publié des articles dénonçant ces personnes. En juillet, une librairie indépendante a annulé son salon du livre après que Wen Wei Po eut qualifié l’événement d’acte de « résistance passive ». En septembre, après que Wen Wei Po eut critiqué un restaurant connu pour ses positions pro-démocratie, divers services gouvernementaux ont diligenté à plusieurs reprises une inspection du restaurant, ce qui a entraîné des amendes et un ordre de retrait de son enseigne.
En juin, la ligne téléphonique dédiée à la sécurité nationale mise en place par la police de Hong Kong, dont les autorités encouragent l’utilisation par les citoyens pour dénoncer leurs concitoyens, avait reçu plus de 920 000 signalements depuis sa création en 2020. Des librairies, médias et artistes ont été victimes de harcèlement de la part d’individus anonymes qui ont envoyé des fausses plaintes au gouvernement ou à d’autres institutions.
La censure est omniprésente. En juin, le gouvernement a interdit à au moins trois éditeurs de participer au plus grand salon du livre de la ville. En octobre, les autorités ont annulé la pièce de théâtre à thématique LGBT « We Are Gay » deux heures avant la mise en vente des billets, après que le Wen Wei Po eut accusé celle-ci de « résistance passive » et de « diffamation envers Hong Kong ».
Depuis que le gouvernement a introduit des exigences en matière de censure politique pour la projection de films en 2021, 50 films ont dû être modifiés et 13 ont été interdits pour des raisons liées à la « sécurité nationale ». En août, le film taïwanais « Family Matters » a été retiré du Festival international du film de Hong Kong après avoir été jugé non conforme aux exigences de la censure. Après plusieurs mois de retard dans son processus d’approbation, le film « Deadline » n’a finalement pu être projeté à Hong Kong.
La liberté académique a encore reculé. En octobre, le Bureau de l’éducation aurait demandé aux responsables des universités de veiller à ce qu’aucun membre du corps enseignant ne participe à la conférence sur les études hongkongaises organisée par l’Académie Sinica de Taïwan.
La répression transnationale du gouvernement s’est poursuivie. En juillet, la police de Hong Kong a émis des mandats d’arrêt infondés pour « subversion » contre 19 activistes étrangers dont la tête a été mise à prix pour leur implication dans le groupe « Parlement de Hong Kong ». En novembre, un juge chargé de la sécurité nationale a condamné une femme installée à Hong Kong à un an de prison pour avoir fait la promotion de ce groupe. À ce jour, la police a émis des mandats d’arrêt contre 38 activistes basés à l’étranger.
En mai, les autorités de Hong Kong ont engagé des poursuites pour atteinte à la sécurité nationale contre le père d’Anna Kwok, une activiste pro-démocratie « recherchée », qui a grandi à Hong Kong et vit aujourd’hui aux États-Unis. C’était la première fois que les autorités utilisaient la loi sur la Sécurité nationale pour poursuivre à Hong Kong un proche d’une personne critique du régime désormais basée à l’étranger.
En septembre, le Conseil législatif contrôlé par Pékin a rejeté un projet de loi qui visait à instaurer un cadre juridique de reconnaissance des unions entre personnes du même sexe, et ce malgré une décision en dernier recours de la Cour d’appel qui ordonnait au gouvernement de s’y conformer.
Xinjiang
Depuis fin 2016, le gouvernement chinois a commis toute une série de crimes contre l’humanité au Xinjiang. Les autorités ont assimilé les comportements de la vie quotidienne des Ouïghours, notamment leurs pratiques religieuses musulmanes, à de l’extrémisme et du terrorisme, et ont puni et forcé les Ouïghours à s’assimiler et à devenir des sujets loyaux du Parti communiste chinois.
Trois ans après la publication d’un rapport historique des Nations Unies sur le Xinjiang concluant que les abus commis dans la région « pourraient constituer des crimes internationaux, en particulier des crimes contre l’humanité », le gouvernement chinois continue de nier ces abus et de harceler ceux qui les dénoncent, sans prendre de mesures visibles pour y remédier. En septembre, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a constaté l’absence de progrès depuis la publication de son rapport. Les organisations de défense des droits humains ont continué à demander à l’ONU de faire un état des lieux complet de la situation au Xinjiang.
En octobre, un groupe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies a « fait part de sa profonde inquiétude face à la criminalisation croissante de l’expression culturelle des Ouïghours et d’autres minorités en Chine ».
En septembre, Xi Jinping a assisté à la célébration du 70ème anniversaire de la désignation du Xinjiang comme « région autonome », devenant ainsi le premier Secrétaire général du Parti communiste chinois à le faire.
Depuis 2022, dans le but apparent de présenter une image officielle de normalité dans la région, le gouvernement chinois a autorisé certains Ouïghours de la diaspora à faire des visites très encadrées au Xinjiang, où ceux-ci sont invités à participer à des activités de propagande. Les autorités ont par ailleurs autorisé certains Ouïghours à voyager à l’étranger dans des conditions tout aussi strictes.
Des recherches menées en 2025 par des organisations basées à l’étranger ont de nouveau révélé que le gouvernement avait recours au travail forcé des Ouïghours, notamment dans le cadre de programmes de transfert de main-d’œuvre financés par l’État, et que les chaînes d’approvisionnement mondiales étaient entachées par ces abus dans les secteurs de la production électronique et automobile, de la chaussure, des vêtements de sport et des minerais stratégiques.