Un poste de contrôle sous la supervision de soldats syriens, mis en place dans un quartier de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie.

© 2018 Friedemann Kohler/picture-alliance/dpa/AP Images

(Beyrouth, le 21 mai 2019) - Les services de renseignement syriens procèdent à des arrestations arbitraires, des disparitions forcées et diverses formes de harcèlement dans les zones reconquises et précédemment contrôlées par des groupes antigouvernementaux, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces abus se produisent même dans des zones où le gouvernement a signé un « accord de réconciliation » avec les personnes concernées.

Human Rights Watch a documenté 11 cas de détention arbitraire et de disparition à Deraa, dans la Ghouta orientale et dans la banlieue sud de Damas. Le gouvernement a reconquis ces zones situées dans le sud du pays entre février et août 2018. Dans tous les cas, les personnes ciblées - anciens dirigeants politiques ou militaires de l’opposition, activistes des médias, travailleurs humanitaires, transfuges et membres des familles d’activistes et d’ex-combattants anti-gouvernementaux - avait signé des accords de réconciliation avec le gouvernement. Des organisations locales, comme Syriens pour la Vérité et la Justice, ont enregistré au moins 500 arrestations dans ces régions depuis août 2018.

« Malgré la fin des combats dans une grande partie de la Syrie, rien n’a changé dans la manière dont les services de renseignement piétinent les droits des opposants présumés au régime d’Assad », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Le gouvernement syrien devrait immédiatement soit libérer les personnes arbitrairement détenues, soit indiquer clairement le motif de leur arrestation, en cas de raison valable. Les autorités devraient présenter tout détenus à un juge dans les 48 heures suivant son arrestation, lui permettre de consulter un avocat et fournir des informations à sa famille.

La Russie devrait user de son influence auprès de la Syrie, son alliée, pour mettre un terme aux détentions arbitraires et au harcèlement, a déclaré Human Rights Watch.

Malgré les menaces actuelles de persécution dans les zones contrôlées par le gouvernement syrien, des pays ayant accueilli des réfugiés, notamment le Liban, le Danemark et l'Allemagne, subissent de fortes pressions politiques afin que ces réfugiés retournent en Syrie. Dans certains cas, les conditions d’accueil sont devenues beaucoup plus difficile, et dans d’autres, des réfugiés ont été expulsés vers la Syrie.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a exhorté les divers gouvernements à ne procéder à aucun renvoi forcé de réfugiés vers la Syrie.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/05/21/syria-detention-harassment-retaken-areas

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