Les militantes saoudiennes des droits des femmes (de g. à d.) Loujain al-Hathloul, Eman al-Nafjan et Aziza al-Yousef, qui ont arrêtées en 2018 tout comme d'autres activistes.

© Privé

(Beyrouth, le 1er mars 2019) - Le ministère public chargé des poursuites pénales en Arabie saoudite a annoncé le 1er mars que les principales militantes des droits des femmes détenues depuis une vague d'arrestations ayant débuté en mai 2018 feraient l'objet d'accusations formelles et seraient traduites en justice, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les procureurs n'ont pas précisé quelles accusations précises seraient portées contre ces personnes.

Des organisations de défense des droits humains ont signalé dès novembre 2018 que des interrogateurs saoudiens auraient torturé au moins quatre détenues, notamment au moyen de décharges électriques et de coups de fouet, et les auraient harcelées et agressées sexuellement.

« Le parquet saoudien compte porter des accusations contre des militantes des droits des femmes qui devraient à l’inverse être libérées sans condition », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les autorités saoudiennes n’ont entamé aucune enquête sur les graves allégations de tortures qu’auraient subies ces activistes, dont les tortionnaires devraient plutôt faire l’objet de poursuites. »

Le 1er mars, le ministère public saoudien a publié une déclaration sur leur intention de traduire en justice plusieurs personnes arrêtées pour avoir organisé « des activités coordonnées et organisées [...] visant à porter atteinte à la sécurité, à la stabilité et à l'unité nationale du Royaume ». Cependant, aucune enquête n’a été ouverte sur les allégations de tortures qu’auraient subies ces détenues.

La répression contre les militantes des droits des femmes a débuté quelques semaines avant la levée de l'interdiction de conduire auxquelles les femmes étaient précédemment assujetties, le 24 juin 2018. Plusieurs activistes avaient milité pour cette cause, avant leur arrestation. Certaines personnes ont été rapidement libérées, mais d'autres sont toujours détenues sans avoir été formellement inculpées. Il s’agit notamment des militantes des droits des femmes Loujain al-Hathloul, Aziza al-Yousef, Eman al-Nafjan, Nouf Abdelaziz, Mayaa al-Zahrani, Samar Badawi, Nassima al-Saada, Hatoon al-Fassi, Shadan al-Onezi et Amal al-Harbi, Des hommes qui ont soutenu leurs activités – comme l’activiste Mohammed Rabea – sont également détenus.

Le 26 février, Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump, a rencontré le roi saoudien ainsi que le prince héritier Mohammed ben Salmane à Riyad.

Femmes saoudiennes : 10 motifs de fuite

(Sous-titres via cc) - Courte vidéo animée qui récapitule 10 raisons poussant de nombreuses femmes saoudiennes à chercher à fuir leur pays.

 

----------------

Dans les médias

OLJ/AFP    Ici.Radio-Canada    RFI

LaPresse.ca (AP)

Tweets