Un homme âgé marche devant un bâtiment endommagé dans la ville assiégée de Douma, en Ghouta orientale, en Syrie.

© 2018 Reuters

Déclaration de Human Rights Watch :

Nous exprimons notre vive préoccupation au sujet de la situation en Ghouta orientale, en Syrie, qui continue de se détériorer fortement.

Nous nous réjouissons de la tenue de ce débat urgent. Ainsi que l'a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lors de la session d'ouverture du Conseil des droits de l'homme : « La Ghouta orientale ne peut pas attendre. Il est grand temps d'arrêter cet enfer sur terre. » Lorsque des civils continuent de mourir, le Conseil doit réagir sans tarder.

Depuis le 19 février, une offensive menée par les forces syriennes et russes  a entraîné la mort de plus de 600 civils en Ghouta orientale. Des secouristes ont indiqué à Human Rights Watch que des hôpitaux ainsi que d’autres infrastructures médicales ont fait l’objet d’attaques. Dans un cas, le 21 février, une bombe a directement touché une ambulance qui arrivait sur les lieux d'une frappe. Au moins 23 centres médicaux ont été attaqués depuis le début de l'offensive, selon des médecins locaux.

Le 24 février, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté, à l’unanimité de ses membres y compris la Russie, la Résolution 2401 qui exige la cessation des hostilités et des garanties permettant l'acheminement d’aide humanitaire dans l'enclave assiégée ainsi que l’évacuation de personnes nécessitant des soins médicaux urgents.

Or, depuis l'adoption de cette résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, de nouvelles attaques contre des civils et des objets civils en Ghouta orientale ont été signalées, et aucun convoi humanitaire n'a pu accéder à cette enclave assiégée.

HRW demande au Conseil des droits de l'homme de l'ONU à exhorter le Conseil de sécurité – et en particulier la Russie – à s’assurer de la mise en œuvre immédiate et intégrale des clauses de la Résolution 2401 relatives à l’accès humanitaire et à la protection des civils en Ghouta orientale.

Nous saluons l'appel à l’établissement des responsabilités, contenu dans le projet de résolution du CDH, mais estimons que le texte manque de clarté à cet égard. Nous soutenons donc la demande que la Commission d'enquête internationale « ouvre urgemment une enquête sur les événements récents dans la Ghouta orientale », mais recommandons en outre que les résultats de cette enquête soient présentés à l'Assemblée générale des Nations Unies ainsi qu’au Conseil de sécurité, et que tout élément de preuve soit remis aux membres du Mécanisme international, impartial et indépendant sur la Syrie (International Impartial and Independent Mechanism, IIIM). Des mesures concrètes pour exiger des comptes aux responsables sont indispensables pour mettre fin au climat d'impunité totale qui est au cœur de la poursuite des atrocités.

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