(Paris, le 27 mai 2013) - Les autorités azerbaïdjanaises utilisent de fausses accusations de possession de drogue pour incarcérer des militants politiques critiquent à l’égard du gouvernement, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Human Rights Watch a documenté quatre cas récents, dont trois dans lesquels les détenus ont affirmé avoir subi des mauvais traitements lors de leur garde à vue.

« L’utilisation de fausses accusations de possession de drogue pour faire taire les voix critiques n'est pas nouvelle, mais les derniers cas reflètent l’intensification de la campagne menée par le gouvernement contre ses détracteurs à l'approche des élections », a déclaré Giorgi Gogia, chercheur senior sur le Caucase du Sud à Human Rights Watch. « Ces arrestations et passages à tabac envoient un message très clair à quiconque souhaiterait s'engager de manière sérieuse dans le militantisme. »

Les autorités devraient selon Human Rights Watch mener des enquêtes indépendantes et efficaces sur les allégations de mauvais traitements et libérer les militants dans l’attente des résultats de ces  enquêtes.

Human Rights Watch a étudié les cas des quatre militants suivants, en s’appuyant sur des entretiens menés avec leurs avocats et leurs proches :

Rashad Ramazanov (Rashad Hagigat Agaaddin), 31 ans, un blogueur arrêté le 9 mai après avoir critiqué le gouvernement sur Facebook et d’autres médias sociaux, victime par la suite de mauvais traitements ;
Taleh Bagirov, 29 ans, un imam arrêté le 31 mars après avoir prononcé un sermon critiquant le gouvernement azerbaïdjanais et le président Ilham Aliev et son gouvernement, victime par la suite de mauvais traitements ;
Dashgin Malikov, 22 ans, militant de Parti du front populaire de l'Azerbaïdjan, un parti d'opposition, arrêté le 26 mars après avoir critiqué le gouvernement sur Facebook et d’autres médias sociaux ;
Mohammad Azizov, 21 ans, militant du mouvement de jeunesse NIDA, arrêté le 7 mars et victime par la suite de mauvais traitements.

Dans chacun des quatre cas, les accusations de possession de drogue étaient fondées sur une petite quantité de stupéfiants qui aurait été découverte par la police dans les poches ou porte-monnaie des détenus. Toutefois aucun des accusés n’est un consommateur de drogue, ont affirmé leurs avocats.

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