Le site de Cesmin Lug au Kosovo, converti en 1999 par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en camp pour des centaines de Roms déplacés par des attaques dans la zone de Mitrovica. En octobre 2010, ce site a été démoli après la publication de rapports indiquant qu'il était contaminé par la pollution d'une mine voisine.

© 2010 Human Rights Watch

Cet automne au Kosovo, la Commission européenne et l'Agence américaine pour le développement international (USAID) ont commencé à fermer les camps contaminés au plomb où, depuis dix ans, des Roms déplacés vivaient dans des conditions sanitaires déplorables. Human Rights Watch a apporté les preuves de plus d'une décennie d'incapacité, tant des Nations Unies que d'autres, à fournir un logement et un traitement médical corrects aux Roms de ces camps. Notre organisation a également insisté auprès de la Commission et de l'USAID pour que les habitants soient relogés dans un environnement sûr et qu'ils aient accès à des soins médicaux.

À Pristina, Bruxelles, New York et Washington, nous avons communiqué nos constatations et recommandations aux autorités kosovares, aux donateurs internationaux et aux gouvernements en leur demandant instamment de prendre des mesures urgentes pour remédier à la situation. Nous avons mené d'importantes démarches d'information médiatiques, dont la production et la distribution d'un diaporama, qui se sont traduites par une couverture de premier plan dans le Guardian, l'Observer, ainsi que sur Deutsche Welle et dans les agences d'information. De plus, nous avons mis au courant des organisations comme l'Open Society Institute et le Centre européen pour les droits des Roms (ERCC) qui ont entrepris d'autres actions à cet égard. Pour finir, nous sommes intervenus auprès des collaborateurs du Rapporteur spécial de l'ONU sur la Situation des personnes déplacées internes, en les informant de la situation dans les camps roms de Mitrovica avant la visite de leur équipe au Kosovo. À la suite de celle-ci, le document du Rapporteur a mis en évidence la situation critique des Roms, tout en appuyant nos recommandations essentielles : fermeture immédiate des camps et mise à disposition urgente d'un traitement médical.

La Commission européenne et l'USAID sont actuellement en train de fermer les camps de Roms de Mitrovica et de construire des logements de remplacement dans le quartier de la ville appelé Roma Mahalla, d'où des familles Roms ont été expulsées pendant la guerre. Le projet reflète également nos principales recommandations : une surveillance sanitaire régulière de l'ensemble de la population réimplantée, avec une attention particulière portée à la santé des enfants dont le développement peut être affecté par une exposition au plomb ; une assistance sanitaire, y compris une aide alimentaire ; des programmes de génération de revenus et un accès équitable aux services publics.