Le directeur de l’ONG vénézuélienne Provea, Rafael Uzcátegui, s’exprimait lors de la Conférence "Unis pour les droits humains" tenue à Caracas en 2018.

© 2018 Provea

Le gouvernement présidé par Nicolás Maduro a lancé une campagne de diffamation contre l’une des principales organisations de défense des droits humains au Venezuela. Ce n'est pas surprenant, si l’on considère la manière dont le gouvernement a renforcé sa répression contre les voix critiques, les opposants et les journalistes, alors même que les Vénézuéliens ont particulièrement besoin du travail des défenseurs des droits humains.

Cette prestigieuse organisation de défense des droits humains, Provea, dénonce les violations commises au Venezuela depuis des décennies, sous toutes les administrations, y compris celle de Maduro. Elle le fait, malgré les sacrifices et les risques personnels considérables auxquels sont confrontés les courageux membres de l’équipe, dans l'environnement actuel .

Le 4 mai, lors d'une émission nationale, Maduro a accusé Provea de recevoir de l'argent de l’agence américaine de renseignement CIA, et de défendre les droits des « terroristes » et « mercenaires » qui, selon lui, « font partie des forces de sécurité de Donald Trump ».

Maduro faisait allusion aux personnes arrêtées le 3 mai. Le ministre de l'Intérieur, Néstor Reverol, avait alors déclaré que les forces armées vénézuéliennes avaient bloqué une opération menée par des «mercenaires terroristes » en provenance de Colombie. Selon le ministre des Communications Jorge Rodríguez et le président de l'Assemblée nationale constituante, Diosdado Cabello, huit personnes ont été tuées et 23 personnes ont été arrêtées, dont deux anciens membres des Forces spéciales américaines.

Suite à ces événements, et compte tenu du bilan déplorable des forces de sécurité vénézuéliennes en matière de droits humains, Provea avait rappelé dans un tweet que « les droits humains des personnes détenues doivent être protégés ». Provea avait ajouté que ajoutant que l’organisation ne soutenait que « des moyens constitutionnels, pacifiques et civils » pour restaurer la démocratie au Venezuela.

On ne saurait trop insister sur l'importance de groupes qui expriment leurs inquiétudes concernant d'éventuels abus dans un pays où les forces de sécurité ont commis des exactions flagrantes - telles que des arrestations arbitraires et des actes de torture infligés à des détenus, des exécutions extrajudiciaires et des disparitions forcées - avec une impunité presque absolue.

Texte complet en anglais : en ligne ici.

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