Deux membres du personnel de l'Hôpital universitaire Rafic Hariri, dans la banlieue sud de Beyrouth, photographiés le 22 février 2020. C’est dans cet hôpital qu’a été traité le premier cas de coronavirus décelé au Liban.

© 2020 Anwar Amro/AFP via Getty Images

(Beyrouth, le 24 mars 2020) - La crise financière au Liban a entraîné une pénurie de fournitures médicales qui sont pourtant essentielles pour faire face à la pandémie de COVID-19, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. De nombreux membres des personnels médicaux, infirmiers et administratifs ont en outre exprimé leur inquiétude quant à l'incapacité du gouvernement et des hôpitaux à les protéger de manière adéquate contre le risque d’infection. Or, le gouvernement libanais a l’obligation de garantir le droit de chacun à la santé, reflété dans l’accès à des soins médicaux essentiels et aux traitements de maladies.

La crise financière du pays a provoqué une pénurie de dollars qui, depuis septembre, a fortement limité l’importation de fournitures médicales essentielles, notamment des masques, des gants et d'autres équipements de protection, ainsi que des ventilateurs et des pièces de rechange. Des organismes gouvernementaux comme la Caisse nationale de sécurité sociale n’ont toujours pas procédé au remboursement partiel de nombreuses factures déjà réglées par des hôpitaux publics et privés. Il est donc plus difficile pour ces hôpitaux d’acheter de nouvelles fournitures médicales, y compris le matériel de protection requis pour le personnel, et de procéder à de nouvelles embauches pour réduire la charge de travail considérable des membres du personnel infirmier.

« La pandémie de COVID-19 a mis à rude épreuve le secteur des soins de santé qui traverse déjà une crise au Liban », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Le gouvernement libanais a déjà pris d’importantes mesures qui lui ont fait gagner du temps, mais sa capacité à faire face à la pandémie dépendra de la façon dont il utilisera ce temps pour obtenir l’équipement nécessaire et fournir aux travailleurs de la santé les ressources requises. »

Une source de l'Hôpital universitaire Rafic Hariri (RHUH) de Beyrouth, le principal centre de dépistage et de traitement du COVID-19 au Liban, a déclaré que le gouvernement n'avait payé que 40 % du financement public dont cet hôpital  aurait dû bénéficier en 2019, et aucun montant à ce jour en 2020. Des représentants des hôpitaux publics d’Akkar et de Halba et ont également déclaré qu'ils n'avaient pas reçu qu’une partie du financement public qui leur était dû. Le gouvernement doit aux hôpitaux privés environ 1,3 milliard de dollars de factures impayées depuis 2011, selon Sleiman Haroun, chef du Syndicat des hôpitaux privés.

Les responsables des hôpitaux privés et publics de Beyrouth et du nord du Liban ont déclaré que le manque de fonds ainsi que la pénurie de fournitures médicales compromettaient leur capacité à répondre à la pandémie de COVID-19.

« À moins que le Liban ne prenne d'urgence les mesures nécessaires pour importer des fournitures médicales vitales, la crise du coronavirus risque de submerger le système de santé qui est déjà fragilisé », a ajouté Joe Stork.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2020/03/24/lebanon-covid-19-worsens-medical-supply-crisis
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