L'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh. 

© 2019 Center for Human Rights in Iran (CHRI)

(Beyrouth, le 12 mars 2019) - La condamnation draconienne par les autorités judiciaires iraniennes d’une éminent avocate spécialisée dans la défense des droits humains est une véritable parodie de justice, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. La 28ème chambre du Tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Nasrin Sotoudeh, qui purge déjà depuis juin 2018 une peine de cinq ans de prison, à 33 ans d'emprisonnement supplémentaires ainsi qu’à 148 coups de fouet pour des motifs liés à son activisme pacifique en faveur des droits humains.

Le 11 mars, Reza Khandan, le mari de Nasrin Sotoudeh, a informé Human Rights Watch que les autorités avaient officiellement annoncé qu’elles avaient rajouté 33 ans de prison et 148 coups de fouet à la peine précédemment prononcée contre elle.

« Les autorités iraniennes ont apparemment décidé de donner suite à la Journée internationale de la femme en condamnant une activiste respectée à une peine supplémentaire d’une sévérité draconienne », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. "La condamnation de Sotoudeh est une menace qui pèse sur tous les défenseurs des droits de l'homme en Iran pour qu'ils cessent de défendre leurs droits."

Le 13 juin 2018, les autorités ont arrêté Nasrin Sotoudeh afin qu’elle commence à purger une peine de cinq ans de prison, à laquelle elle avait été condamnée le 3 septembre 2016.

Selon Mohammad Moghimi, un avocat qui a représenté Nasrin Sotoudeh dans d’autres affaires, elle a été condamnée pour sept chefs d’accusation, y compris  « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale », « propagande contre l’État », « appartenance au Centre des Défenseurs des droits humains, à l’association Legam [opposée à la peine de mort] et au Conseil national de la paix », « comparution devant les tribunaux sans port du hijab islamique », « trouble de l'ordre public et de la paix », et « publication de mensonges avec l'intention de perturber l'opinion publique ».

Avant son arrestation en juin 2018, Nasrin Sotoudeh avait représenté plusieurs femmes iraniennes qui avaient ôté leur hijab (voile islamique) en public, en dépit de la loi sur le code vestimentaire obligatoire. Nasrin Sotoudeh avait également critiqué la décision du pouvoir judiciaire de n'autoriser qu’un nombre extrêmement restreint d'avocats – et préalablement approuvés par le gouvernement – à représenter les personnes accusées de crimes liés à la sécurité nationale.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/03/12/iran-decades-long-sentence-womens-rights-defender

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