Des combattants du groupe armé Hayat Tahrir al-Cham, lié à Al-Qaïda, participent à des exercices militaires dans la région d’Idlib, dans le nord de la Syrie, le 14 août 2018.

© 2018 Omar Haj Kadour/Getty Images

(Beyrouth, le 28 janvier 2019) - Un groupe armé lié à Al-Qaïda a arrêté arbitrairement de nombreux résidents de la région d'Idlib dans le nord de la Syrie au cours des derniers mois, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Human Rights Watch a documenté 11 tels cas dans lesquels le groupe, Hayat Tahrir al-Cham (« Organisation de libération du Levant »), a arrêté des résidents de la viIle d’Idlib qui avaient protesté de manière pacifique contre sa gouvernance dans certains quartiers, ou cherché à documenter divers abus. Dans six cas, les personnes détenues auraient été torturées. Des organisations syriennes de défense des droits humains ont documenté des centaines d'autres cas de détention par Hayat Tahrir al-Cham dans les gouvernorats d'Alep et d'Idlib, dont au moins 184 cas au cours des trois derniers mois, selon l’une de ces organisations.

« Les tactiques répressives employées par Hayat Tahrir al-Cham contre toute personne perçue comme opposée à son pouvoir sont comparables à celles utilisées par le gouvernement syrien contre ses propres adversaires », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Il n'y a aucune excuse légitime qui permettrait de justifier les arrestations arbitraires d’opposants présumés, ni les tortures infligées. »

Human Rights Watch a mené des entretiens avec sept anciens détenus, ainsi qu’avec des proches de quatre autres hommes qui sont toujours détenus par Hayat Tahrir al-Cham, dans des lieux tenus secrets. Huit hommes ont été arrêtés entre décembre 2017 et octobre 2018. Les trois autres arrestations – y compris celle d’un adolescent âgé de 16 ans – ont eu lieu avant décembre 2017. Les anciens détenus ont déclaré que des hommes qui se sont identifiés comme étant des membres de Hayat Tahrir al-Cham, ou affiliés à ce groupe, les avaient arrêtés chez eux, sur leur lieu de travail ou à un poste de contrôle. Ils ont affirmé avoir été emmenés dans des lieux où ils ont ensuite été interrogés et dans six cas – y compris celui de l’adolescent – torturés.

Le groupe Hayat Tahrir al-Cham devrait immédiatement libérer tous les prisonniers illégalement détenus et mettre fin aux arrestations arbitraires ainsi qu’aux actes de torture ou mauvais traitements, a déclaré Human Rights Watch. La Turquie devrait utiliser son influence sur ce groupe pour mettre fin à ces pratiques abusives.

En vertu du droit international, les traitements cruels, la torture et les traitements humiliants ou dégradants infligés à des détenus dans le cadre d'un conflit armé sont susceptibles de constituer un crime de guerre.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/01/28/syria-arrests-torture-armed-group 

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Dans les médias

Figaro/AFP        OLJ

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