Un navire de la Garde côtière italienne, assisté par un hélicoptère, lors de l'opération de recherche et de sauvetage menée suite au naufrage d’un bateau transportant des migrants en mer Méditerranée, le 19 avril 2015.

© 2015 Reuters

(Bruxelles, le 23 avril 2015) – La décision des chefs d’État de l’Union européenne de tripler les ressources financières allouées aux opérations de l’agence Frontex en Méditerranée constitue un pas important vers la prévention des décès de migrants en mer, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Cependant l’UE, lors de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 23 avril, est restée vague quant à savoir si les bateaux de Frontex seront déployés au large des côtes libyennes, où de nombreux bateaux de migrants font naufrage.

« Il ne suffit pas d’augmenter le nombre de bateaux de l’UE dans la Méditerranée si leur principal objectif reste de protéger les frontières de l’Europe plutôt que les personnes qui perdent la vie en mer en tentant de parvenir au continent », a indiqué Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Les dirigeants de l’UE devraient donner à ces opérations un mandat clair de recherche et sauvetage. »

Dans une lettre ouverte et un message vidéo publiés le 22 avril, Kenneth Roth a également exhorté les dirigeants de l’UE à faire preuve de davantage de générosité concernant la réinstallation des réfugiés, et à s’assurer que toute coopération en matière de migration ou d’asile avec les pays d’origine ou de transit n’engendre ni n’aggrave les atteintes aux droits humains.

Depuis le début de l’année 2015, plus de 1 750 migrants et demandeurs d’asile ont péri en mer en tentant d’atteindre les côtes européennes, selon l'Organisation internationale pour les migrations – soit plus de trente fois le nombre de décès pour la même période l’année dernière. Les statistiques de l’agence de l’ONU pour les réfugiés, le HCR, indiquent que la moitié des personnes arrivant par la mer en Italie, à Malte et en Grèce sont originaires de Syrie, d’Érythrée, de Somalie et d’Afghanistan – des pays où sévissent des violences généralisées et une forte répression.

Les gouvernements européens continuent par ailleurs d’insister sur la nécessité de démanteler les réseaux de trafiquants, de détruire leurs bateaux et de décourager les départs, mais ils ignorent les facteurs qui incitent les personnes à prendre la mer.   

« Les nombreuses personnes fuyant les violences et la persécution continueront à courir le risque de périr en mer jusqu’à ce que l’Europe mette en place des voies de migration sûres et légales », a insisté Kenneth Roth.

 

Commentaire de Kenneth Roth :

 

Interview de Jean-Marie Fardeau (FR3) :

Migrants : que doit faire l'Europe ? by francetvinfo