Sombath Somphone

© 2013 Stephen Sautter

(Bangkok, le 16 décembre 2013) - Le gouvernement laotien devrait immédiatement fournir des informations au sujet de l’éminent militant des droits sociaux Sombath Somphone, qui a été appréhendé il y a un an devant un poste de police de la capitale, Vientiane, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.  L'enquête officielle sur sa disparition forcée survenue le 15 décembre 2012 a été inadéquate, et le gouvernement n’a toujours pas fourni d’explication crédible sur ce qu’il est advenu de Sombath.

« Un an après la ‘disparition’ de Sombath Somphone, le gouvernement laotien espère manifestement que le monde va simplement oublier ce qu’il est advenu de l’un des citoyens les plus éminents du pays », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de la division Asie à Human Rights Watch. « Les bailleurs de fonds étrangers devraient porter en priorité leur attention sur la disparition forcée de Sombath, jusqu’à ce qu’il puisse rentrer chez lui. »

Les images vidéo tournées par une caméra de vidéosurveillance montrent la jeep de Sombath stationnée devant un poste de police de la rue Thadeua à 18h03 le 15 décembre 2012. Des hommes l’onte emmené dans l’immeuble. Peu après, un motocycliste est arrivé, est entré dans la jeep de Sombath (à 2’58 de la vidéo) et a quitté les lieux, laissant sa propre moto garée devant le poste de police. Un peu plus tard (à 5’59 de la vidéo), un véhicule dont les feux clignotaient est arrivé ; deux hommes en sont sortis, puis ont emmené Sombath dans leur véhicule avant de repartir (à 6’30).

Deux délégations du Parlement européen, des diplomates étrangers basés à Vientiane ainsi que des représentants de gouvernements étrangers lors de visites officielles ont soulevé le cas de Sombath auprès du gouvernement laotien, mais sans recevoir de réponse concrète, selon Human Rights Watch .

Shui Meng, la femme de Sombath, a déclaré à des journalistes à Bangkok au sujet de cette affaire qu’un « mur du silence a été érigé à Vientiane et dans le reste du pays ».

Sombath est le fondateur et l’ancien directeur du Centre de formation en développement participatif au Laos. C’est un expert respecté dans le domaine de l'éducation et du développement dans ce pays et dans toute l’Asie, qui s’est vu décerner le prestigieux Prix Ramon Magsaysay en 2005,

Le Laos a signé - sans ratifier à ce jour - la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Cette convention définit une disparition forcée comme « l'arrestation, la détention, l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État… suivi du déni de la reconnaissance de la privation de liberté ou de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve, la soustrayant à la protection de la loi ».

Toute disparition forcée constitue une violation de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Laos est un État partie, et qui interdit les arrestations et les détentions arbitraires, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que les exécutions extrajudiciaires.

Pour lire le communiqué intégral en anglais, veuillez cliquer ici.

 

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